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qu'elles occupent dans renseignement, les applications dont elles furent Tobjet, la lumière qu'elles jetèrent autour d'elles, en ont fait les sœurs aînées de l'industrie. Sous leur influence vivifiante, celle-ci s'est développée à son tour, a trouvé ses lois et a pris rang au milieu des sciences : elle est devenue l'une des branches les plus importantes des connaissances humaines, l'élément presque essentiel de la prospérité des nations.
Si aujourd'hui la France, encore sous le coup ,des secousses terribles qui l'ont ébranlée, peut scruter l'avenir sans trop d'inquiétude, si elle peut espérer se libérer bientôt de la dette énorme qui l'accable, c'est que son peuple au goût exquis, à l'esprit délié et inventif, possède véritablement le génie industriel. Elle saura demander à son sol les richesses qu'il recèle, à celui de ses voisins celles que la nature nous a refusées, et,* appliquant à toutes le travail et lïntelligcnee de ses enfants, elle transformera la matière première et lui donnera une plus-value que l'étranger sera bien obligé de lui payer. On peut dire, sans crainte d'être accusé d'exagération, que l'industrie française est nécessaire au monde entier : nous n'en voulons pour preuve que le souvenir des événements que nous venons de traverser. La France avait été isolée pendant de longs mois de toutes ses relations extérieures; elle avait dû s'emprunter à elle-même ef créer, sous le feu de l'ennemi, presque toupies éléments de sa défense; la guerre était à peine terminée que l'étranger arrivait chez nous pour nous demander nos produits et rendre l'activité à ses marchés : chacun se mettait à l'œuvre, et cependant Tindustrie française manquait de bras pour satisfaire aux commandes qui lui parvenaient de toutes
parts.
Est^il besoin d'insister davantage^ pour montrer tout l'intérêt que présente la connaissance des procédés industriels? Appelé par nos
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fonctions à vivre depuis quinze ans au milieu des chefs d'usines et des ouvriers, nous avions été plus d'une fois frappé du bien que Ton pourrait faire en vulgarisant Tétude de ces procédés : il nous semblait utile que tous ceux qui se vouent à l'industrie en apprissent de bonne heure les principaux détails ; que les fils de l'ouvrier et du patron ne restassent pas étrangers, jusqu'au moment d'entrer dans la carrière, à ce qui devait faire la préoccupation de leur vie, qu'ils connussent les liens qui rattachent toutes les industries. N'est-il pas regrettable, en effet, que celui qui met la dernière main à un produit ignore le plus souvent les phases de sa fabrication et soit, par suite, privé des moyens de perfectionner le travail spécial dont il est chargé? N'est-il pas presque aussi fâcheux que ceux qui vivent en dehors des carrières industrielles, ne possèdent pas la connaissance des procédés employés à la fabrication des objets do consommation usuelle? Chaque jour nous nous servons de choses dont nous ne connaissons ni l'origine, ni la fabrication. C'est cette lacune que nous avons essayé de combler.
Loin de nous la prétention d'avoir voulu composer un traité de technologie ! Nous n'avions pensé d'abord qu'à faire un petit livre de lecture destiné aux enfants de nos écoles primaires. Mais pour lui donner de la vie, pour bien mettre en relief les grandes lignes de chaque industrie et laisser dans l'ombre les détails qui auraient pu nuire à la clarté de l'exposition, l'étude des ouvrages spéciaux n'était pas suffisante : il fallait voir, observer sur le vif et presque rédiger nos descriptions au milieu de l'atelier. Aussi nous sommes-nous décidé à entreprendre une série de voyages, qui nous ont mené dans tous les centres industriels et nous ont permis de rassembler les éléments de notre travail. Ces voyages ont bientôt accumulé dans nos mains des documents d'une importance telle, qu'il nous est devenu
impossible de les réunir dans un livre de petit format* et, sans abandonner ridée de la première publication, nous avons préféré réunir ces documents dans un ouvrage plus important : c'est celui que nous publions aujourd'hui.
Restait à grouper ces industries si diverses et à adopter une classification qui permît au lecteur de les étudier avec fruit, de saisir les liens et les analogies qui les rattachent, et de voir se dérouler sans confusion le tableau dont nous voulions lui présenter les principaux traits. Il n'y avait guère que l'embarras du choix, car les économistes ne sont pas absolument d'accord sur cette classification : nous n'avons pas cru pouvoir faire mieux qu'en adoptant, tout en la modifiant quelquefois pour les besoins de notre sujet, celle qu'a suivie M. Levasseur dans son excellent ouvrage de géographie commerciale, la France et ses colonies.
Nous croyons utile, nécessaire même, d'exposer ici en quelques lignes le plan général de notre travail, que nous avons divisé en six livres.
- L'homme vivant en société se trouve soumis à des besoins qui sont les uns matériels, les autres intellectuels, et Ton pourrait presque dire que l'industrie est l'ensemble des procédés concourant à la satisfaction des besoins de l'homme et à l'amélioration de sa nature physique et morale. Quand nous remontons à l'origine des sociétés, nous le voyons se préoccuper d'abord de préparer les moyens de satisfaire ses besoins multiples, et emprunter à la terre les premiers éléments de toute industrie. Le sol sur lequel il [vit renferme à des
profondeurs souvent considérables des richesses qu'il faudra d'abord lui arracher ; c'est là le but des industries extractivesj qui fournissent à l'homme les matières premières que son travail doit transformer et mettre en œuvre. Nous étudierons ces industries dans le
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premier livre, où nous plaçons Texploîtation des mines et des carrières, Textraction des matériaux servant aux constructions (pierre à bâtir, marbre, ardoise, chaux, plâtre, etc.), l'extraction des combustibles comme la houille et la tourbe, celle des minerais métalliques d'oii les procédés métallurgiques tirent les métaux nécessaires à la confection des machines. La métallurgie peut être considérée comme appartenant au groupe des industries préparatoires, mais nous Tavons placée dans les industries extractives à cause des liens intimes qui l'unissent à elles. Ici se place une remarque qui s'appliquera à beaucoup d'autres points : la nécessité de ne pas donner à notre travail de trop grands développements, de lui conserver les proportions d'un ouvrage qui pût être lu par tous, nous a forcé de laisser de côté certains points intéressants, de commettre des omissions volontaires, de n'appeler l'attention du lecteur que sur les choses les plus importantes, en un mot de faire un choix parmi les richesses que nous offrait la mine si féconde qui s'ouvrait à nos investigations. C'est ainsi qu'à propos de la métallurgie, nous n'avons traité avec quelques détails que les procédés largement représentés en France (comme l'industrie du fer), et n'avons donné que le principe de ceux qui nous ont paru d'une moindre importance.
Pour pouvoir approprier à leurs différents usages les matières premières qui lui sont fournies par les industries extractives, l'homme a besoin d'instruments de nature diverse, tantôt des outils, des machines, tantôt des ingrédients ou produits chimiques qui serviront eux-mêmes à la transformation d'autres corps. La fabrication de ces machines et de ces produits constitue l'objet des industries préparatoireSj que nous étudions dans le second livre et que nous diviserons en industries préparatoires mécaniques^ livrant à l'homme ses machines, ses outils, ses armes et ses ustensiles divers, et en industries
préparatoires chimiques^ comprenant la fabrication des produits chi miques, l'extraction des corps gras, la savonnerie, la préparation de cuirs, du tabac, du caoutchouc, etc. Là surtout les détails étaient in finis et le choix était nécessaire.
Le troisième livre contient la description des industries qui con courent à Talimentation de Thomme en transformant les matière premières que lui donne la nature (meunerie, boulangerie, fabri cation des pâtes alimentaires, des conserves, des sucres, du chocolat des dragées, des bonbons, des liqueurs alcooliques, etc.).
De tout temps Thomme a fabriqué des vêtements qui, d'abon grossiers et imparfaits, sont devenus de plus en plus aptes à le pro téger contre les intempéries. Le quatrième livre renferme les iiidus tries du vêtement et de la toilette^ qui comprennent la filature de li soie, du lin, du coton, de la laine, le tissage des étoffes, les apprêts la teinture et Timpression dont elles sont Tobjet, la fabrication de chaussures, des gants, des chapeaux, et d'un certain nombre de pro duits que Ton peut regarder comme se rattachant au vêtement et à 1; toilette. Mais ces vêtements, dont l'homme couvre son corps, ne suf fisent pas à le protéger ; il lui faut encore construire des maisons qu l'abritent, des meubles et des objets destinés à en rendre l'habitatioi plus commode et plus confortable. C'est là le but des industries di logement et de l'ameublement^ qui font l'objet du cinquième livre e comprennent la construction des maisons, Tébénisterie, la fabri cation des papiers peints, la céramique, la verrerie, la cristallerie la fabrication des bronzes d'art et d'ameublement, des corps destiné à l'éclairage, etc.
Enfin, dans le sixième livre nous décrirons les industries concou rant à la satisfaction des besoins intellectuels, la papeterie, l'impri merie, la lithographie, la gravure, etc.
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Nous n'avons pas, à l'exemple de M. Levasseur, fait de l'industrie des transports une classe spéciale. Ce qui était légitime à son point de \iie l'était moins au nôtre. Ces industries, les chemins de fer par eiemple, ont un caractère plus commercial qu'industriel, et, quand eDes s'occupent de fabrication proprement dite, elles rentrent dans la classe des industries préparatoires.
Dans l'exposé des procédés employés par les difierentes industries, nous avons toujours placé, à côté de la description que nous en faisions, les données g(^ographiques et statistiques qui s'y rapportent. On remarquera à ce propos que nous avons considéré comme appartenant encore à la France industrielle les industries de l'Alsace et de la Lorraine : notre ouvrage était presque entièrement rédigé au raoment où ont éclaté les événements de 1870. Nous n'avons pas cru devoir le modifier sous ce rapport, car ces industries ne restent-elles pas françaises, au moins par Torigine et par le caractère !
Ou il nous soit permis de remercier, en terminant, tous ceux qui nous ont aidé dans l'accomplissement de la tâche que nous nous étions imposée, et spécialement Messieurs les industriels chez lesquels nous nous sommes adressé pour rassembler les éléments de notre travail. Ils ont apprécié l'utilité de notre œuvre et nous ont communiqué leurs procédés avec une générosité et une confiance qui nous ont profondément touché.
Paul POIRÉ.
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