‹ La France industrielleChapitre 47 sur 170 · SERRURES · texte numérisé non relu

SERRURES

soudé i une partie en fer ; le tranchant est pris dans l'acier et le fer forme le dos. Les faux laminées ont toutes un dos rapporté que l'on soude ou que l'on ajuste avec de petits rivets.

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On appelle serrure une petite machioc ordinairement en fer, quelquefois en cuivre, que l'on applique sur le bord d'un vantail de porte

oud'arniiiire, sur les cofTpes, tiroirs on secré(;iires, et qui sert à les fermer.

Une serrure complète se compose de trois parties : 1° le coffre, que l'un applique sur la porte; 2° la c/e/", qui sert, en faisant mouvoir les pièces contenues dans le coffre, à ouvrir et à fermer la porle; 3" la gâche, que l'on pose sur le battant ou partie fiw.

Le coffre est une boîte qui renferme ordinairementtout le mécanisme de la serrure.

Lefondde cette boite est nommé pahstre {f\g. Hâ). Sur ce fond s'adaptent des côtés relevés ; le plus haut, appelé rebord, est celui à travers lequel passera le pône de la serrure quand on fera jouer la def ; les trois autres, formés d'une seule pièce de tôle repliée et fixée à rivets sur le palastre, constituent ce qu'on nommela c/otson. Le pêne est une espèce de verrou qui peut être animé d'un mouvement de glissement dans le sens de la longueur de la serrure ; il se compose d'une tète, qui viendra s'engager dans ta gâche, et d'une queue, dont la face inférieure est munie de sailliex qu'on appelle barbes du pfne, ou d'une partie entaillée comme dans la ligure; sur la

1<» ^(M:ST1UE^ PBtPJUUTOIBES.

fvx rM\^nH»n: nTjtit des encoches dans lesquelles peut tranber un e^ot

<ju<r '•".nu'iuf. u(i ret^^rt appelé arril du pêne.

K'ifjij, diin" le coffre »« trouvent de: pièce- de tdie plus ou moias iiiiu\'AtTu{-t^ i\m -ficfyirdent a^ec les découpures faîleà dans la clef: w Wifil !<■* ffordes ou tjamilures de la serrure; elles s'opposent au ni'fiit'rinent de toute clef 'jui n'aurait pas les entailles correspoiidanl à |<rur i:uu\i>TU\niui%i.

\jii H'-fite omp'Hie de l'anneau A (6g. 115) où l'on applique la iituiri, df* la ti^^e 1T qui prend le nom de canon quand la clef est Urh-, i\t Imnt quand elle ne l'est pas, enfin du panneton, partie plate cl ty-i:ini\)i:(: que {'on voit en P.

La liffir lit! lu <:lft' peut i>lre forêt; ou pleine; quand elle est forée,

i-llc cf t f.'iiiili'ie, 1111 moment où on l'introduit dins la serrure, par ime

lifc i\\f-i- i]rT[r('iiiliriiliiiremenl au palaslre, et qui, à mesure qu'on

enfonce la clef, entre dans le trou de celle-ci

9| (c'est le cas des serrures à broches); quand

I la clef n'est pas forée, elle pénètre dans un

I tiihc qui la fluide, et, lorsqu'elle est arrivée

I au fond de ce tube, la partie ronde qui la

P termine tourne dans un trou pratiqué dans

iii iiii — s> !• h.v lepalaslre, C'estlecasdesscrruresÔCTifln/M. .Il- niiir-. Voyons maintenant comment fonctionne

une serrure. Quand on fait tourner la clef, 1(4 |iuiini'lon va litiler conlre les barbes du p^ne ou entre dans l'enlaillt*. lui louniiuit dans un sens on fait sortir le pêne à travers le rel)ur<l et on le luit iH'-nt'lrer dans In pAche : la porte est fermée. Lorsqu'on tourne dans l'autio sens, le (léne sort de la gflche, rentre dans lo coffre, et la |niile s'ouvre.

I/i'rfrot,dunt nous avons parlé, tombe dans les encoches après chat|UO lnou^ etnt'iit du piMie, de manière à te fixer dans la position qu'il a prisi'. IV'ur que lo |iétie puisse bouger, il faut que l'ei^t sorte de l'enniilii- : c'csl aussi ladef qui se chaîne de ce mouvement; avant que le imniu'Iiii) tians sa rotation tienne appuyer sur les barbes du pêne, il wMinintiv une piiVi- à ressort qu'il déplace, et qui, comme le représente la ligure, fait sortir l'ergot de l'encoche.

U > a plusieurs es[KVes de serrures ; nous citerons les principales.

1.»' ttec de cane est une serrure qui no fait qu'un tour (fig. 1 16), Son péih' est tiiilk^ en biseau et se trou\e toujours poussé en dehors du tt'irri' par l'm-tioit d'un rcsstirl intérieur. Quand on pousse une porte huinie d'un bw de cane, elle se ferme d'elle-même, parce que, au numient iiii le i)éiie \ient toucher la gâche, son biseau glisse sur le

SERRURES. m

rd de celle-ci et le fait rentrer en dedans; mais, aussitôt que le pêne devant l'ouvertupe de la giche, le ressort agit pour l'y pousser, et porte se ferme. Le bec de cane proprement dit n'a pas de clef; il u\Te avec un bouton.

La serrure d jo^ne dormant est celle dans laquelle le pêne ne sort « lorsqu'il est chassé au dehors par une clef. La serrure à un lotir et demi renferme, comme le bec de cane, un ne poussé par un ressort et disposé de tf lie sorte que, par un tour

Pk. 117. — Serrures i dcus tour» et iknii

rief, il peut sortir de la serrure et entrer dans la gAclie plus profonnent qu'il ne le ferait par l'action du ressort seul. ja serrure à deux tours et demi se compose de la serrure à pêne mant et du bec de cane réunis (fig. 117); le pêne est manœuvré une clef à deux tours et le bec de cane par une clef ou un bouton. I existe tin autre genre de serrures dans lesquelles le pône reste [ours enfermé dans le coffre; il faut alors que la pièce qui lui sert ^he porte des anneaux plats pouvant entrer dans le corps de la Tire. Les cadenas appartiennent à cette classe (Cg. 118). Enfin il des serrures plus compliquées et plus difQcilement crochetables ; s sont les serrures à gorges, que nous ne décrirons pas. A fabrication des serrures se fait principalement en Picardie, dans rondissement d'Abbeville, dans l'Orne et le Jura, h. Saint-Étienne,

IM)l STKIES PRÉPARATOIRES.

à Saint-lionnet-le-Cbftteau. Paris confectionne les serrures pour meubles.

La Picardie est le centre le plus important de cette industrie. Les communes d'Ault et d'Escarbotîn, de Béthencourt, Woîncourt, Fres-

senneville, etc., sont habitées par une population très-industrieuse qui s'occupe de la fabrication des serrures. Pendant longtemps le travail se faisait exclusivement chez l'ouvrier, qui découpait, façonnait et ajustait les pièces; la matière première lui était livrée par un i>alron, auquel il rendait ensuite les serrures fabriquées. Aujourd'hui la serrurerie ne s'exerce plus ainsi, i De grandes usines ont été fondées et les pièce8.J qui composent une serrure y sont fabriquées mé- ^ caniquement à Taide de diverses machines-outilfc ; Los unes découpent la tôle en morceaux destinés à former les parois du coffre; d'autres y percent les ouvertures qu'elles doivent présenter; d'autres encore découpent et taillent les différentei pièces qui entrent dans la construction de la se^ rure. Les clefs sont faites par étampage dans une matrice en acier. Toutes ces pièces sont ensuite livrées aux ouvriers qui, travaillant chez eux, les' ajustent et montent la serrure.

Certaines usines de Picardie sont parvenues, par la division du travail et par des machines habilement appropriées à la fiibrication de chaque pièce, à réduire dans une proportion étonnante le prix des différents articles de serrurerie. C'est ainsi qu'on arrive à faire des cadenas qui ne reviennent pas au fabricant à pto de 90 centimes la douzaine, et chaque cadenas est composé de diisept pièces distinctes ; on fabrique des serrures à 3 francs la douzaine; le coffre de ces serrures est fait par emboutissage dans un seul Ino^ ceau de tùle et d*un seul coup de balancier.

On emploie aussi dans la serrurerie à bon marché beaucoup de clefe fondues en fonte malléable.

Kiii. 118. — Cadonas.

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