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COITELLKRIE ET FABRICATION DES ARMES BLANCHES

Uant d'exposer les procédés employés pour la fabrication des objets eoutellerie, nous indiquerons la nature de ces objels en décrivant principales pièces dont ils se composent.

)n distingue deux espèces principales de coutellerie : la coutellerie 1 fermante, dans laquelle figurent les couteaux de table, et la couerie fermante, qui comprend les couteaux de poche. Un couteau non fermant (fig. HO) se compose d'une lameL, ordiiiement en acier, terminée par une queue ou soie S, plus étroite plus épaisse que la lame : la soie entre dans un manche en bois, ivoire ou en os; entre la lame et la soie se trouve une embase Hante appelée bûscule^ qui a pour but d'empôcher la lame de toufr la nappe et de la salir lorsque, pendant nos repas, après nous e ser^'is du couteau, nous le posons sur la table. Dn couteau fermant se compose d'une lame de forme variable, linairement en acier, et d'un manche. La lame est articulée sur le inche de manière à pouvoir basculer sur lui et venir enfermer la nie tranchante dans une cavité pratiquée pour la recevoir. Le inche est une espèce de petite boîte longue dont les parois laté- ^ sont constituées par des plaques P de tôle ou de laiton que Ton âgne sous le nom de platines. Le fond de cette boîte est un rest R, en fer ou en acier, dont nous verrons Tusage. Les platines it recouvertes par des plaques G dont la nature varie avec le prix couteau. Elles sont en écmlle, en ivoire, en os, en corne ou même lois. A Textrémité voisine de la lame, elles sont revêtues de plaques fer, en argent ou en melchior appelées garnitures. La lame peut imer autour d'un axe qui va d'une garniture à l'autre, et son extrélé opposée à la pointe est arrondie de manière à pouvoir glisser ilement sur le fond de la boîte quand on ouvrira ou quand on mera le couteau.

Voyons maintenant quel est le but du ressort dont nous avons parlé.

Mi INDUSTRIES PRÉPARATOIRES.

Il a pour effet d'emjiâcher le couteau de s'ouvrir ou de se fermer di lui-même. Oo comprend que, si la lame pouvait simplement bnseull^ autour de Taxe qui traverse les garnitures, au bout de peu de lend le jeu de cette lame deviendrait si facile que le couteau s'ouvriraita| se fermerait de lui-même à la moindre cause. Le ressort a pourbd d'obvier h cet inconvénient et de maintenir le couteau soit fermé, sdl

ouvert, jusqu'à ce qu'une force suflisante vienne agir sur lui. PM cela, le ressort est fixé aux platines dans sa partie la plus éloignéeA l'articulation, mais la moilié voisine de cette articulation peut osoUV entre les deux platines. Lorsque le couteau est fermé, le ressortol droit et appuie sur la lame en la maintenant dans sa positloo; p l'ouvrir, il est nécessaire d'exercer un certain effort, et, pendiotU rotation de la lame, le ressort s'itifléchit comme on le voit en r etn même un peu des pinlines. Le couteau une fois ouvert, le ressort i^ prend sa position droite en venanl se loger dans une entaille p quéo à l'extrémité de la lame qu'il maintient dans sa nouvelle p tion. Lorsqu'on voudra fermer le couteau, il faudra de nouveau h basculer le ressort.

Dans les couteaux dits couleaux-fmignards , les précautions pn> pour empêcher la lame de se fermer sont encore plus grandes. L'a

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é du ressort porte un trou dans lequel vient se loger un petit éperon

se trouve à rextrémité de la lame ; lorsqu'on veut fermer le cou-

, il faut, par un effort assez grand, faire sortir Téperon du trou

lequel il est logé.

La coutellerie française a quatre centres principaux de fabrication :

iers, dans le Puy-de-Dôme; Nogent, dans la Haute-Marne; Chft-

lerault, dans la Vienne, et Paris.

Thiers est le centre le plus important ; sa production annuelle dé- 12 millions. On y fabrique tous les articles des genres communs dmii-flns. Nogent fait surtout la coutellerie fine et demi-fine; sa luction annuelle est de 250 000 francs. Chûtellcrault était autrefcis renommée pour la coutellerie fermante et les ciseaux ; mais la ^part des ouvriers ont renoncé à la coutellerie pour travailler à la manufacture d'annes qui fut établie dans cette ville vers 1830. Aujourdliuî cette industrie est presque exclusivement concentrée sur la couleOerie de table, qui se fait dans des usines dont nous parlerons. A fèsiSy l'art du coutelier consiste surtout à monter les pièces faites en province, principalement pour ce qui regarde la coutellerie de luxe.

COIJTELLKHIE NON FERMANTE

Li fabrication des couteaux de table se fait à Thiers et à Chfttellemdt, mais c'est surtout dans cette dernière ville qu'elle est arrivée l un remarquable degré de perfection, grûce àM. Eugène Mermilliod, qui a fondé un important établissement, où il a installé d'ingénieuses machines servant à la fabrication mécanique des différentes pièces.

L'acier employé pour la fabrication des lames est parfaitement corroyé ; il est livré aux couteliers à l'état de barres, dont la longueur est l*,80 environ, et dont les autres dimensions sont variables. Quand l'ouvrier forge à la main, il façonne à chaud la barre d'acier en se lenrant d'un marteau et d'étampcs ; il amincit le tranchant en fortihiit le dos et étire la soie. C'est le moyen usité dans la plupart des Jkax de fabrication, mais il a l'inconvénient de produire souvent des ''(ièces manquées et de n'être pas rapide (un ouvrier habile ne pouvant I lûre plus de quatre douzaines de lames par jour).

M. Mermilliod a inventé des machines qui forgent la lame et lui Amnent sa forme avec une grande régularité. Voici le principe sur k^el elles reposent. Supposons un laminoir à deux cylindres : dans une direction perpendiculaire à l'axe, gravons, à la surface des cylindres et à la même distance des extrémités, une cavité représentant la moitié en épaisseur de la lame et de la soie. Il est évident que si l'on

I7i INUISTRIES PKEPARATOUES.

développait les deux cylindres du laminoir et qu'on superposj rouilles obtenues, on aurait par cette superposition une cavité n Mntant le cotil«au et telle qu'en y coulant du plomb on ferait un tnaii de plomb, avec sa lame, sa bascule et sa soie. Supposons roai nant que, jiendant ta rotation des cylindres l'un sur l'autre e moment où les deux cavitt*s commencent h se superposer, on e\^ entre elles une lame d'acier chaufTé; on comprend queleméult lamiiianl vu Ctre reruulé dans ta cavité et en reproduira successivei tous les détails, de telle sorte que, lorsque les deux cavités auront p suivant lAuto leur longueur sur la barre d'acier, eelle-ci en aura lu forme.

Au liou de nnweT sur les cylindres, M. Mermilliod a préféré a|

(juer à leur surface doiiv matrices courbes et saillantes (fig. i L'ouvrier prend a\ec des pinces la lame d'acier déjà ébauchée < pr^senlc h la machine ; dès que les matrices ont passé sur elle, redevient libre, il la relire, re\amine et, si elle a quelques défaut prt^enle une seconde fois pour acbever l'œuvre commencée.p premier j^ssa^ie. Cette machine donne facilement 100 douzaînf lames par jour.

La Hihstiluliori des deux matrices aux cavités dont nous avons a un avantage dont il est facile de se rendre compte. Si la fonr couteau était gravée eu oreux dans les cvlindres, la lame une engagée no redeviendrait libre que lorsqu'elle serait arrivée del'' ciMo du laminoir : un s^hniiuI ouvrier devrait la recevoir et la rep au {«remier qui I achèverait. Ici, au contraire, comme les deux triées font iMillio >ur les cylindn^s, la lame redevient libre dès qu ont iMulé l'une sur l'autre: elle n'a pas quitté la main de l'ouvr celui-ci la re|m'sento immédiatement k l'action de la machine, premier |«>s;»gt» n'a pa^ suffi à lui donner exactement la forme q doit avttir.

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L'appareil que nous venons de décrire a ménagé dans lu lame un

renflement qui est destiné à constituer Tembase ou bascule. Cette

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