‹ La France industrielleChapitre 49 sur 170 · partie du couteau est présentée h une autre machine qui façonne la · texte numérisé non relu

partie du couteau est présentée h une autre machine qui façonne la

bascule par élampagc et qui opère aussi avec une très-grande rapi-'

^ dite. Les lames sont ensuite limées avec des fraises ou limes méca-

^ niques et finies à la main.

Enfin on procède à la trempe^ qui doit donner à Tacier les qualités \oulues. Les lames sont chautfées au rouge plus ou moins \if, soit dans un feu de forge, soit dans un bain de plomb fondu; on les refroidit ensuite brusquement en les plongeant dans Tenu froide ou dans l'huile. La trempe rend le métal aigre et cassant; souvent môme il irrive qu'elle déforme la lame, qui ne peut être redressée au marteau que si on lui rend un peu de malléabilité. On lui restitue cette qualité par le recuit en portant lentement la pièce h une température assez élevée, mais toujours inférieure au rouge naissant. Cette opération exige une grande habitude de la part de l'ouvrier, qui est guidé par l'observation des couleurs différentes que prend l'acier pendant le recuit.

I^ lame forgée, limée et treminie doit encore être émoulue^ aiguifée eipotie^ ce qui s'exécute au moyen de moules de différentes grandeurs. Les meules à émouler et à aiguiser sont en grès fin des Vosîges; elles ont l'",30 de diamètre environ et sont mises en mouvement par une machine h vapeur ou par une roue hjdraulique. Elles sont continuellement mouillées par l'eau et, pendant qu'elles tournent, l'ouvrier appuie la lame sur leur contour. Le polissage s'effectue à l'aide de meules plus petites; elles sont en bois recouvert d'une lame de feutre ou de buffle sur laquelle on étend de l'émeri délayé dans un corps gras.

Les manches de couteau de table étaient autrefois faits à la main; aujourd'hui cette fabrication est exécutée par d'ingénieuses machines chargées de débiter l'ébène, l'ivoire ou l'os en prismes qui se trouvent rabotés sur les six faces, reçoivent des moulures faites aussi mécaniquement, et enfin sont percés, suivant leur axe, d'un trou destiné à recevoir la soie de la lame. Ce travail mécanique est beaucoup plus rapide et plus parfait que le travail à la main.

A l'extrémité voisine de la lame, le manche est garni d'une virole Vde consolidation (tig. 119). Cette virole est en melcliior ou en argent. Elle se fait, par étampage à froid, en deux pièces que Ton :»ude ensemble et que Ton fixe ensuite au manche.

Pour monter la lame, on entre la soie dans le trou pratiqué suivant laxe du manche, et on l'y consolide au moyen de matières rési-

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lieuses. Souvent le trou, au lieu de s'arrêter à une petite distance l'extréinité, va jusqu'au bout; la soie est alors un peu plus Ion que le manche et on la rive sur une petite plaque s encastrée d le bois.

La fabrication mécanique permet aujourd'hui de faire des couteam de table qui sont livrés au commerce au prix de A à 6 fr. la douzaioei

Plusieurs industriels de Châtellerault ont imité l'exemple de M. M»milliod, et ses machines ou d'autres analogues fonctionnent maintenant à Noirent, à Paris et à Thiers ; mais c'est à lui qu'on doith création de la fabrication mécanique du couteau de table. Ghàtelle* nuïlt fiibriqueauési les rasoirs, et les procédés employés sont analo* eues à ceux que nous venons d'exposer.

r.OlTELLERlE FERMANTE

Les détails dans lesquels nous sommes entré à propos de la coutellerie de table, nous permettront d'être plus succinct dans la descriptions des procédés employés pour la coutellerie fermante. Les moyens mécaniques n'ont pas encore une grande importance dans cette industrie, (|ui se pratique généralement à la main ; on comprend en otTot que la variété infinie des modèles est un obstacle à remploi des machines. Le forgeage, la trempe, l'émoulage, Taiguisage et le polis- .sage n'tïntrien de particulier. Ces opérations sont faites au marteau, à la lime et h la meule; la fabrication des pièces qui composent le manche s'exécute aussi à la main.

Thi(M's est, comme nous l'avons dit, le centre le plus important de celle industrie. Les fabricants fournissent aux ouvriers les matières pnMiiiéres, soit brutes, soit ébauchées; l'un forge la lame, Tautrefait \v n»ssort, celui-ci les platines, celui-là le manche, et d'autres sont chargés de la trempe et du recuit, de l'émoulage et du montage. Sauf qiiehpuîs ateliers oii les ouvriers sont réunis, chacun travaille sépan'^ment au milieu de sa famille, à raison d'un prix déterminé par grosse (l(î pièces. (La grosse est de 12 douzaines.) La coutellerie de Tliiers ^'est beaucoup améliorée depuis quelques années; outre la riMib^ilerie commune, on y fait aussi des articles plus fins, qui peuvent rivnlisiT avec ceux de Nogent.

Nogent fabrique la coutellerie fine et demi-fine. Les ouvriers, dont |r nombre dépasse 5000, sont disséminés dans soixante à quatre-mgts roninnines aux environs de Nogent. Chacun, après avoir acheté au détail les nïatières dont il a besoin, façonne lui-môme les différentes pi^^es et les monte. 11 vient ensuite, le dimanche, vendre à la ville le

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