‹ La France industrielleChapitre 65 sur 170 · CAOUTCHOUC ET GUTTA-PERCIIA · texte numérisé non relu

CAOUTCHOUC ET GUTTA-PERCIIA

coraotîves, des courroies, la confection des nombreux objets faits I caoutchouc durci, etc., etc. La consommation annuelle de la rance dépasse 1 250 000 kilogrammes.

Le caoutchouc est le résultat de la dessiccation du suc laiteux de ?rtaîncs plantes exotiques, comme le Siphoiiia cautshu^ latropha asticaj Ficus elaslica^ que l'on rencontre aux Indes, VHevaea wjanensis qui est principalement exploité en Amérique, d'où nous povienneiït les meilleures espèces. Dans le bassin des Amazones, et >écialement dans la province de Para^ on rencontre d'immenses ►rets d'Hevaea. Tous les ans, h l'époque de la récolte, des bandes 'cmigrants appelés seringarios se b'vrent dans ces forêts à lextracon du caoutchouc. Armés d'une hachette, ils font sur les arbres des Misions d'où s'écoule immédiatement un suc laiteux; au-dessous de Btte incision, ils fixent, avec de la terre glaise, un vase dans lequel 5 liquide se rassemble ; au bout de trois heures le suc cesse de s'éauler et la plaie se cicatrise ensuite naturellement. Le seringario ôunit dans un plus grand vase le produit des différentes incisions u'il a faites et y plonge une planchette de bois qni se recouvre de uc laiteux ; il la présente ensuite à la flamme fumeuse d'un feu de ois vert qui dessèche le liquide et le coagule sous forme d'une mince dlicule. De nouvelles immersions, alternées avec la dessiccation au îD, finissent par recouvrir et envelopper la planchette d'une plaque te caoutchouc ; quand cette plaque a atteint une épaisseur suffisante, nia fend avec un couteau, on l'étend et on retire le moule. Le aoulchouc Para ainsi obtenu est certainement la meilleure espèce, ftree que le mode d'extraction que nous venons de décrire a favanagede n'y introduire, comme substance étrangère, que le charbon Provenant de la fumée avec laquelle il a été mis en contact. On le 'encontre aussi quelquefois sous la forme de poires, forme qui lui est louDée par des moules de terre glaise que l'on trempe dans le suc miteux; quand on les a recouverts de couches successives et que l'é- >aisseur produite est suffisante, on les trempe dans l'eau qui délaye ?cnà peu la terre et la sépare du caoutchouc.

Aux Indes et au Gabon, la récolte est faite avec beaucoup moins de >oins : ausrfi ne livre-t-elle qu'un produit impur et mélangé à des 'Ubslances terreuses et autres. Dans ces contrées le suc qui s'écoule, »oitde fentes naturelles, soit d'incisions faites à dessein, est recueilli ians des tranchées creusées dans le sol et s'y coagule. Ce mode tout Primitif d'extraction ne donne qu'un produit assez impur, car le iqnide ramasse et emprisonne loutes les matières étrangères qu'il

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rencontre sur son passage. Si l'on joint à cela que tes naturels introduisent souvent dans le caoutchouc des substances destinées ii en augmenter le poids, on comprendra facilement qu'avant d'être employé h la fa!)rication des différenls objets qu'il constitue, le caoutchouc devra être soumis à un traitement de purification.

Ce traitement, inventé par Nickel en 1837, est désigné soir^ le nom de régénéralioji. Il s'e^fécute en soumettant le caoutchouc impur et ramolli par l'eau chaude à l'action de deux cylindres de fonte qui tournent avec des vitesses inégales et le laminent ; on répète cinq «i six fois celte opération, en faisant couler sur lui un filet d'eau chaude qui rend le tiavail plus facile et entraîne toutes les matières étrangères. Le caontcliouc sort de cet appareil à l'état de lames minces,

Fie. les. — Loup 011 niacliinc ù pélrir le Moutchouc.

granuleuses, percées d'une infinité de petits trous qui olfriront iiM grande surface à l!aclion des liquides serviint h l'épurer et à ccjlede l'air employé à sa dessiccation. Ces trous sont produits par la différence de vitesse des cylindres; celui qui tourne le plus vite soiinifll^ caoutchouc à un étîroment violent, d'où résultent de nombreuses déchirures. Les lames ainsi produites sont étendues sur des toiles, !>*' elles sèchent très-facilement. Le caoutchouc est alors dans un élit très-propre à la préparation des dissolutions qui servent, comme nous le verrons, à certaines branches de cette industrie.

Mais lorsqu'il doit ôlrc employé sans être préalablement disoiiSt on lui fait ii^uliir un véritable pétrissage, qui a pour effet de soiider ensemble toutes ses prirties. Les lames produites par le laminafje sont mises à l'étuve ou seulement dans un endroit cliauffé, afin que 1» chaleur les rende plus souples et plus adhérentes h leur surface; pui> elles sont livrées à un appareil appelé loup ou diable. Il se comitW d'un cylindre massif A (fig. 165) en fonte de fer, dont la surface csl armée de chevilles et qui tourne dans une enveloppe cylindrique BC, Q:ie et garnie de cannelures ou de saillies eu forme de tête de dii-

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