TABAC A FUMER OU SCAFERLATI
On dislingue plusieurs sortes de gcaferlati : rorr/tw^iir^ est un mélange de tabacs indigènes, de Kentucky et de Maryland; lese/roxgers sont composés uniquement soit de Maryland, soit de Latakié, soit de tabac du Levant, etc. Les procédés de fabrication sont les mêmes.
Lorsque toutes les manoques ont été secouées, elles sont écabochées^ c'est-à-dire qu'à Taîde d'un large couteau manœuvrant autour d'une charnière on en coupe le sommet au-dessus du lien qui réunit les difle- 1 rentes feuilles. Ces caboches, ou tètes de manoques, sont utilisées dans la fabrication du tabac à priser.
Après Técabochage, les feuilles sont mouillées avec 28 pour 100 d'eau salée; au bout de vingt-quatre heures de mouillade, on les soumet hYécdiagCy travail destiné à enlever à certaines espèces les côtes qui ne doivent pas exister dans un scaferlati bien préparé. A récôtage succède le capsage^ opération qui consiste à superposer les feuilles dans le même sens et dans des mannes qui sont portées à Tatclier de hachage.
Les hachoirs sont très-différents de ceux qui sont employés dans la fabrication du rApé. Ils se composent essentiellement d'un eoutean oblique (fig. 17/j), monté dans un châssis animé d'un mouvement de va-et-vient vertical, et de deux toiles sans fin qui se meuvent d'un mouvement horizontal très-lent et viennent présenter les feuilles à l'action de ce couteau.
Le tabac livré à la partie postérieure de la machine est saisi parles deux toiles sans fin qui sont situées à une certaine distance l'une de l'autre. Serre entre elles dans le sens de la hauteur de la machine et entre deux plans fixes dans le sens de la largeur, il s'a vance lentement, Les feuilles sont disposées en long et se présentent perpendiculairement à l'action du couteau, de manière que les côtes soient hachées en tranches menues, dites œih de perdrix; on évite ainsi la présence dans le scaferlati des fragments trop volumineux auquels le consommateur a donné le nom de bfMies.
Le tabac haché doit être soumis h une torréfaction qui enlèvera l'excédant d'humidité et le fera friser. Autrefois, cette opération était très-pénible pour les ouvriers et se faisait dans des bassines de cuivre, par un procédé analogue h celui que Ton pratique pour la cuisson des marrons; aujourd'hui elle s'exécute à l'aide du torréfacteur invent' oar M. Rolland. Cet appareil se compose d'un cylindre formé d'une
r TARAC A f[»FA\ 01 SC.\rEHI.,VTI. iHi
flouble enveloppe de tôle et garni à son intérieur de nervures héli- Mlilales; ce cylindre, animi^ d'un mouvement de rotation aiitonrde son aie, est chauffé extérieurement et de plus est traverse dans lo sens il ta. longueur par un courant d'air chaud. Le tabac livré h l'entrée Iii cvlindri» est pris par les nervure^ iiélicoïdnles qui le font progresser
!ndant i[up lu rotation de l'appareil le retourne et Tagile en tous ins. Le courant d'air chaud non-seulement aide h l'Iever la tempéiture du tabac, mais il entraine avec lui diins la cheminée les vapeurs 'oduiteti.
La température du torréfacteur doit être réglée avec le plus grand lin, car le scaferlati prend un pinût désagréable dès qu'elle dépasse
282 INDUSTRIES PRÉPAKATOIHES.
sensiblement 100 degrés. Aussi M. Rolland a-t-il adapté à cette ma* chine un régulateur très-ingénieux dont voici le principe : un tiibe mélallique, placé dans l'un des conduits par lesquels s'échappent les gaz du foyer, est plein d'air; si la température de ces gaz devient trop élevée, l'air se dilate et agit par sa force élastique sur un levier qui ferme par une soupape l'entrée des foyers, empêche l'air extérieur dj arriver et par suite diminue l'activité delà combustion. Plus tard l'air du tube se contractera et la soupape s'ouvrant laissera rentrer dans le foyer l'air extérieur qui ranimera le feu. L'usage de ce régulateur maintient la température entre 92 et 97 degrés.
Du torréfacteur le scaferlati passe au sécheur^ grand cylindre de bois dans lequel il est soumis à un courant d'air froid lancé par un ventilateur. Refroidi par cette opération, il est ensuite l'objet d'un épluchage^ qui en extrait les parties les plus grossières; enfin il est mis en masses pendant un mois.
Au bout de ce temps, on le livre aux paqueteurs qui le pèsent et le mettent dans des paquets que Ton scelle avec une étiquette longue sur laquelle sont désignés la nature du tabac, le poids du paquet et la date de la fabrication. Le nombre 20, par exemple, placé sur l'étiquette, indique qu'an moment de la mise en paquet le tabac contenait 20 pour 100 d'humidité.
Ce paquetage, qui était exécuté autrefois à la main, l'est maintenant par des machines, grAce auxquelles un ouvrier peut faire 600 paquets à l'heure. Les paquets sont ensuite emballés dans des tonneaux qui contiennent 200 kilogrammes et sont expédiés dans les entrepôts.
La consommation des cigares a pris aussi depuis quelques années un grand développement. En 1857, elle était devenue telle qu'il était difficile de satisfaire aux demandes et les fabricants de la Havane menaçaient d'élever leurs prix. A cette époque, l'administration résolut
de ne plus borner sa fabrication à celle des cigares communs, roais d'acheter des tabacs en feuilles à l'étranger et de fabriquer en France les cigares, qui. comme les millares, les trabucos et les londrès, nous arrivaient tout faits de la Havane. Cet essai réussit parfaitement, et aujourd'hui la manufacture de Reuilly à Paris fabrique avec les tabacs achetés à la Havane des cigares de luxe, tels que les londrès^ trahuco^ ré(/alias de la reinoy vendus depuis 25 jusqu'à 50 centimes.
Un cigare est composé de trois parties : l'intérieur, ou trijie^ pré-