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SUCRE

irgraff, chimiste allemand, reprit et continua les expériences d'OIi- 5r de Serres ; mais le marché européen se trouvait à cette époque londamment approvisionné de sucre de canne, dont le prix ne s'é- ?ait pas h plus de 90 centimes le kilogramme. Cette découverte ne résentait pas encore l'importance qu'elle devait prendre plus tard ; issi demeura-l-elle plus d'un demi-siècle sans recevoir d'application trieuse. Vingt ans après, un chimiste de Berlin, Achard (dont le. om révèle une origine française), fît à son tour des recherches sur î sucre de betterave et fut vivement encouragé dans ses études par Frédéric le Grand. Ses travaux, interrompus par la mort du roi, ne aient repris qu'en 1795.

Dans un mémoire publié à cette époque, Achard énumère tous es avantages que l'on peut tirer de la culture de la betterave tant au point de vue agricole que sous le rapport industriel, et en 1799 il présenta au roi de Prusse des échantillons de sucre indigène et un Bémoire qui provoqua un avis favorable de la commission nommée four examiner ses procédés.

Vers cette époque, en l'an VIII de la République, parvint en

^France la nouvelle des résultats obtenus par Achard, et l'Institut

soumit la question à l'examen d'une commission dans laquelle figu-

«dent les plus grands chimistes de l'époque, Chaptal, Fourcroy,

'*6uyton de Morveau et Vauquclin. Le rapport qu'elle fit fut favorable,

'ttûs le cours du sucre était encore trop bas pour permettre à l'in-

èistrie nouvelle de s'établir dans des conditions avantageuses. Les

essais, interrompus de nouveau jusqu'en 1810, furent repris sous la

foissante impulsion de l'empereur Napoléon.

La guerre avec l'Angleterre et le blocus continental, qui en était Il suite, avaient élevé le prix du sucre jusqu'à 6 francs la livre; il y mit dès lors espoir de bénéfices assez larges pour permettre à l'in- Justrie nouveUe de prendre naissance et de courir les chances des insuccès qui devaient inévitablement se produire dans les débuts. Barmel et Aimard furent chargés des expériences officielles, et Benjamin Dclessert arriva bientôt, dans son usine de Passy, à obtenir en grand le sucre de betterave.

f On ne se figure plus aujourd'hui, dit M. de Flourens dans son iVoyc historique de B. Delesserty à cinquante ans de distance, et çiiand d'ailleurs toutes les circonstances ont tellement changé, l'in- Krtl passionné qui s'attachait alors à ces grands travaux. Le 2 janvier 4e Tannée 1812, B. Delessert annonce son succès à Chaptal. Celui-ci en parle aussitôt à l'empereur. Napoléon ravi s'écrie : « Il faut aller

voir cela, partons. » Et en effet il part. Delessert n'a que le temps de

'ôti INDUSTRIES DE L'ALÏMENTATION.

courir à Passy, et quand il arrive, il trouve déjà la porte de soiji^ usine ouverte par les chasseurs de la garde impériale qui lui fermciA le passage. Il se fait connaître, il entre. L'empereur avait tout vu, tout admiré, il était entouré des ouvriers de la fabrique^ fiers de celte grande visite, l'émotion était à son comble. L'empereur s'approche de Delessert, et, détachant la croix d'honneur qu'il portait sur la poitrine, il la lui remet. Le lendemain, le Moniteur annonçait ^m'um f/rande révolution dans le commerce français était consomfnée. L'eiB* pereur avait raison, la science venait de créer une richesse nouveDe el qui s'est trouvée immense. >

Depuis Margraff, depuis Achard jusqu'à Delessert, depuis Delessrt jusqu'à nous, l'art d'extraire le sucre de la betterave a fait des progrés continus; il en fait chaque jour encore, et plus on étudie œtle belle découverte sous le rapport du commerce, de l'industrie cl de l'agriculture, plus elle paraît grande.

Après bien des vicissitudes, l'extraction du sucre indigène est devenue chez ni)!is une industrie de premier ordre, qui produit aonuelleraent plus de 400 millions de kilogrammes de sucre.

L'industrie suerière n'a pas encore atteint en France un développement en rapport avec l'importance du rôle que joue le sucre aa point de vue de Thygiène et de l'alimentation; cette substance est d'un prix trop olové pour qu'elle puisse rendre dans les carapapnts !

tous les services que l'on peut en attendre : la consommation ne?t ; enci^re en France que de S kilogrammes environ (par individu et par an), tandis qu'en Anïilelerre elle dépasse 13 kilogrammes, quoiqu'elle ne soit pas arrivée à son maximum. Il y a lieu de croire qu'en France les progrès de la richesse générale et de l'industrie suerière êlè\eront bientôt cette movenne.

lu: LV IIKTIF.R.VVE, SES VAKIÉIÉS. ClLTl'RE I>E CETTE PLANTE,

SES VVVMAOES POIR l'aMÉUORATIOX DU SOL.

L'espiVe de betterave qu'on exploite de préférence pour rextraetion du sui ïv est la betterave btanciie de Silésie, xariété à cullet roîf tîi:. h>7K On connaît ericore !a betterave de hi disette, oubetterau' à >aches, la bottoraxe rouge et lu betterave jaune. La récolte do lî» bottervi\e blanoliede SiKsie est d'un rendiment plus faible quec^^k* des autres xarii-tes, mais cette espèce donne beaucoup plus de sucre*, cullixto dans de bontios conditions, elle peut œntenir jusquà 12, 13, 14, et même lô pour 100 de ^ucre : eu movenne 10,5.

1 une composition très-complexe ; on peut la considérer comme ée en moyenne de :

jlture de la betterave présente pour l'agriculteur de nombreux ;es. Elle améliore le sol de diflërentes manières : à cause de de profondeur à laquelle pénèes racines, la betterave remue

perméable le terrain où elle est ;; de plus, cette culture n'épuise erre, car les sucres bruts et raft'on extrait de la planic sont presolument dépourvus des principes t lu fertilité du sol; et si la beti pris à celui-ci pendant sa \égéine certaine quantité de ces priii- !s lui sont bientôt rendus après cation du sucre, soit sous forme is directement fabriqués, soit •me de pulpe donnée comme aliux bestiaux et transformée par engrais fécondants,

ajouterons enlin que la betteiisant sa nourriture à une grande eur dans le sol, amène ainsi à la

des principes qui sans elle aU' Jté perdus pour les années sui-

Malgré les avantages de cettp , il ne faudrait pas qu'elle devltit i n^ n>:. — iicUciiHfi.

e dans une localilé, car les iii-

t les plantes parasites vivant aux dépens de la brtterave se peraient outre mesure et compromettraient gra\ement les

; mais lorsqu'elle ne revient dans l'assolement qu'au bout de

quatre années seulement, elle a pour le sol de grands avanelle le prépare pour d'autres cultures et peut accroître la jon des prairies artiliciellos et des céréales. Ème la betterave soit à la main, soit avec un semoir et en ce qui facilite toutes les façons ultéricuves. On doit choisir

:sti l>DL>THIE> DE LMUMEMATK».

de préférence les terrains proronds, arsilo-sableux, un peu cakaiies.

Pour é\iler les ra\ages considérables que les insectes exercenl sur les betteraxeS) il est bon de faire développer les graines rapidement; on y parvient en les laissant tremp-er dans Teau pendant vingt-quatre heures et en les mettant ensuite en las jusqu'à ce que la germination c^^mmence. Avant de les semer, on les roule encore humides dans du noir animal fin; cette esjièce de polissage facilite la distribution au semoir et active la végétation, puisqu'elle fournît de lengraisàla jeune plante.

Lrirsque les betteraves ont acquis un diamètre de 1 ou 2 centimètres, on les espace en arrachant un certain nombre d'entre elles, que Ton repique à la place des graines avortées ou détruites. On doit sarcler le sol plusieurs fois (lendant la végétation pour le débarrasser des plantes i>arasites, qui absorberaient une partie de la nourriture destinée à l'accroissement de la betterave.

Oiiarul la plupart des feuilles bien développées se fanent ou jaunir sent, la plante est arrivée à un degré de maturité convenable et Ion procède à Tarrachage. Il faut éviter de blesser les racines, ce qui produirait une altération rapide de la plante. On se sert avec avantage [Kiur cette opération d'une petite fourche à deux dents et à manche court que l'ouvrier manœuvre facilement: il l'enfonce dans le sol et, tandis (jue d'une main il pèse sur elle pour soulever la motte de terre qui entoure lu racine, il saisit de l'autre main les feuilles de la plante et Tarrache facilement. Il procède ensuite à Vétêtage^ opération qui consiste à couper hi tète ou ti^e conique portant les feuilles, soit avec un couteau, soit à Tuidc d'ime petite bêche que Ton appuie sur le? betteraves couchées à terre.

Les betteraves arrachées sont mises en tas dans les champs et c<mvertesde feuilles jusqu'au moment de leur enlèvement. Si Ton veut les conserver plus longtemps, on les jette dans des silos creusés dans des terrains un peu plus élevés que les champs contigus ; on les recou\re ensuite de terre pour les préserver de la gelée et on les retire de ces silos au fur et à mesure des besoins de la fabrication.

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