‹ La France industrielleChapitre 88 sur 170 · EXTRACTION DU SL'CIIE DE BETTERAVE · texte numérisé non relu

EXTRACTION DU SL'CIIE DE BETTERAVE

appelle le pousseur^ écrasées entre lui et la râpe, et réduites en bouillie rendue plus liquide par l'arrivée de minces filets d'eau lance un tube T. Ces filets d'eau facilitent l'action des dents et égagent de la pulpe qui s'écoule dans un réservoir G, d'où elle î ensuite dans des auges.

s pelles mues mécaniquement la prennent dans ces auges et la nt dans des sacs de laine que présentent des ouvriers. Ces sacs ensuite superposés horizontalement et séparés l'un de l'autre par laies métalliques de tôle de fer. Lorsqu'on en a superposé un reriiombre, on soumet la pile ainsi formée à l'action de presses hyiqiies mises en mouvement par la machine à vapeur de l'usine. 'ession exercée est considérable : elle est de 800 000 kilogrammes.

l'influence de cette pression, le jus de la betterave passe h rs les sacs et s'écoule dans des rigoles qui le conduisent dans de s chaudières. Quant aux matières solides et insolubles qui coment en quelque sorte la charpente de la betterave, elles restent

les sacs à l'état de pulpe très-compacte, qui est vendue à l'agriire et sert à la nourriture des bestiaux. Ordinairement les agriurs qui ont vendu la betterave au fabricant de sucre se réservent roit de lui racheter la pulpe.

vant d'examiner les procédés employés pour extraire le sucre enu dans le liquide que les presses ont fait sortir de la betterave, i devons examiner une modification importante introduite depuis que temps dans l'industrie sucrière. Nous voulons parler des lissements appelés rdperies,

es conditions économiques de la production du sucre ont singuîment changé depuis quelques années par suite de la concurrence ïuelle adonné lieu l'augmentation sans cesse croissante du nombre sucreries. On a cherché à répartir les frais généraux et les frais ablissement des usines sur la plus grande masse possible de pros. De là la nécessité de s'approvisionner largement de betteraves, itre part, il n'est pas toujours possible d'installer une usine, à la dans un centre de culture et à proximité des voies ferrées et des iux destinés à emporter les produits de la fabrication. 11 a donc i trouver des moyens économiques pour amener la partie utile des eraves prises à de grandes distances à une usine placée dans un roit convenablement choisi.

>e tous ceux qui ont été proposés, le suivant paraît être jusqu'ici lus industriel. On installe dans les centres de culture des établisents appelés râperiesy qui reçoivent les betteraves, les râpent et extraient le jus par la presse. Puis k l'aide de pompes et de tubes

3i8 INDUSTRIES DE L'ALIMENTATION.

souterrains en fonte qui relient les rftperies à la sucrerie, on en à celle-ci le jus sucré, après l'avoir tamisé pour enlever la pulpe qui pourrait se déposer dans les tubes et les obstruer. Il faut ai additionner le jus d'un lait de chaux à 25" Baume (5 0/0 en volume), lait de chaux a pour but d'empêcher l'altération que le jus s pourrait subir dans le transport. La distance des r&peries à ïm d'extraction est très-variable; elle ne doit pas être inférieure 6 kilomètres, et on a déjà dépassé 25 kilomètres sans incon nients.

Les tuyaux sont en fonte, on les réunit par emboîtement et on enterre à 80 centimètres environ de profondeur ; leur diamètre varie 65 à 120 millimètres de diamètre : le jus y circule avec une vi de 30 centimètres par seconde. Une conduite de 100 millimètns diamètre revient toute posée à 10 000 francs le kilomètre.

Le système des râperies a été appliqué pour la première te 1867 à l'usine de Montcornet dans TAisne.

Ce système présente de réels avantages : 1* il laisse la pulpe à portée des cultivateurs; l"" il évite les longs transports de betteravi qui sont toujours coûteux, toujours difficiles à l'époque de la k tion et qui dégradent singulièrement les routes ; 3° il permet de partir les frais de combustible employé à l'évaporation des jus si une plus grande masse de liquide et par suite de diminuer les perW de chaleur.

C'est du liquide obtenu par l'action des presses que s'extrait K sucre. Mais, comme la betterave est d'une composition très-corapleï«j le jus renferme aussi un grand nombre de substances étrangères qu'il faut d'abord séparer. Ces substances sont des acides, des matières gommeuses , de l'albumine , des matières grasses et i^ matières colorantes. Pour opérer la séparation de ces substance, on procède à une opération appelée défécation^ qui consiste à nwlanger le jus à 2 ou 3 pour 100 de chaux délayée dans reaiielàlc chauffer dans de grands bacs à l'aide de vapeur d'eau amenée an milieu du liquide par un tuyau correspondant avec une des chaiidii^ de l'usine. La chaux s'unit avec un certain nombre des principes* éliminer et produit des corps solides et insolubles. Parmi ces corps s« trouve l'albumine; elle forme avec la chaux une espèce de réseau quij dans sa chute, entraîne les autres uî a tières solides et clarifie leliqui'i^' Mais, comme le sucre lui-môme s'est uni à la chaux et a produit avec elle un corps qui s'est dissous et que l'on nomme saccharaiti^ chaux^ il faut maintenant opérer la décomposition de ce saccharal^ et séparer le sucre de la chaux. A cet effet, un appareil app^^

EXTRACTION DU SUCRE DE BETTERAVE. :m

konie-jtiSj fait monter le saccbarate <lans de grands bacs, où il est pauffé par la vapeur d*eau qu'y apporte un tube nommé ser- Èentin; en même temps une machine soufflante injecte dans le Iquide sucré un gaz appelé acide carbonique . Ce gaz est celui ^ se dégage de la craie quand on la chauffe pour faire de la ^aux. C'est de cette manière qu'il est fabriqué dans les sucreries où la chaux, que Ton obtient comme résidu, est utilisée pour Il défécation. L'acide carbonique en arrivant dans les chaudières déeompose le saccbarate dissous, sépare la chaux du sucre, reforme ivec elle de la craie en [loudre fine qui est insoluble; quant au sucre, il reste dissous. Pendant cette opération, qu'on appelle la carbonatalûvi, la dissolution est continuellement remuée à l'aide de pelles que manœuvrent les ouvriers.

La figure 200 représente la suite des appareils dans lesquels s'effectuent ces difféi'entes opérations. En AA, on voit le four à chaux où se fabrique l'acide carbonique. Ce gaz s'échappe par le tube FF' et va se parifier dans un épurateur divisé en plusieurs chambres L, M, N, 0, par des cloisons trouées sur lesquelles coule de l'eau qui arrive eu A et 88 déverse de Tune sur l'autre par les trop-pleins verticaux que représente la figure. Le gaz arrive par le tube h perce do trous, passe en L; sa pression soutient l'eau sur la première cloison ; il barbette à travers et passe dans les autres chambres, laissant au milieu de l'eau lescendres qui ont été entraînées par le tube de sortie; puis il se rend daiis un épurateur à sec P, où il est appelé par une pompe et où il i abandonne les gouttelettes d'eau entraînées. La pompe aspirante S refoule le gaz dans le récipient U sous une pression suffisante pour être distribué par le robinet u' dans les chaudières de défécation ; lune d'elles est figurée en V.

Après la carbonatation on lève une soupape de fond et le jus passe dans des bacs de dépôt X; lorsqu'il est clair, on le soutire par un tube de caoutchouc, dont une extrémité est maintenue à la surface par un flotteur et dont l'extrémité communique avec le robinet chargé de le déverser dans un filtre Y, où se trouve du noir animal en gros morceaux. Le liquide décanté et filtré est reçu dans un appareil appelé mmite-jus qui, par une pression de vapeur l'envoie dans un tube Z vertical destiné à le conduire dans des chaudières où il subit une seconde carbonatation. Cette seconde carbonatation a pour but de détruire les parties de saccbarate de chaux qui auraient pu échapper à la première.

Le liquide est alors très-coloré en brun ; il est ensuite envoyé dans de grandes tonnes verticales remplies de noir animal à travers lequel

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il est filtré (fip. 201), et sort de ces tonnes à l'état de sirop tiair en partie di'coloré ; c'est de ce sirop qu'il faut maintenant extnirel sucre.

Pour faire comprendre le traitement qui va suivre, nous i

préalablement exposer quelqn principes très-simples de phrsiqa expérimentale.

Lorsque l'eau contenue dus ■ vase ouvert est soumise & 1' de la chaleur, on ne tarde p>$ i voir s'élever au-dessus d'elle m brouillard formé par la vapeur 1 laquelle elle donne naissance; cftte vapeur se dissipe dans l'air eniironnant et peu à peu la quaaiitè de liquide diminue dans le vase et finit même par disparaître touti fuit, m le liquide emplovc tlaJI tinc dii:s<>liitioii de sucre, le phénomène se produirait aussi; nais 1 ou retrouverait dans le vase le siicrc que leau maintenait di*smis, ce dernier n'i'lant [i:i> sus- (T(itiljle do se traniforniiT en \apfnr,

ttn voit diinc qiio si l'on cliaiillf le sirop lorsqu'il .-orl des filtres à noir, on t-vaporern l'eau et il ne restera dans les cliiuidiùres, où mi l'aura cbanjrù que le sucre qu'il V'i'*** . renfermait, Mais, pour que celui-

[■ii, :;iii. - Kiiiir a ri.iii' cl uc s' altère pas diins celte opé-

raliiin, il est important de \apotiser l'eau eu élc\ant le okhiis possible la tem]>crature. C'est ce a quni on arrive en onli'vant du vaso, nù se fait l'cvaporation, l'air qu'il renferme et la vapeur à mesure qu'Hle s'y pnidnit. L'expérience suivante \a nous [lerinottie di- mettre ce fait e» {-videiice.

Soit un [lelit ballon de verre contenant de l'étlier et n'-uiii à nn enuid réservoir |iar nn tnyan de pinmii. Suiiiiosons que le réservoir soit mniiid'iui robinet et qu'on y ait fait le vide» l'aide d'une pompe pneumatique, c'est-à-dire qu'on ait enlevé l'air; si nous ouvrons le

EXTRACTIO» DU SUCRE UE ItETTERAVE. 333

t, l'air du b&llon se précipitera dans le réservoir et nous verrons bouillir avec autant d'activité que si nous avions posé les ballou foyer. Mais peu à peu la vapeur produite par l'éther s'accumue liquide cessera de bouillir. Si, au ]ieu de laisser la vapeur muler, OD l'enlevait à l'aide d'une pompe au fur et à mesure de

Fie. ace, — Apparei

roduction, l'éther continuerait à bouillir lant qu'il en resterait

i le ballon.

est en appliquant ces principes que les fabricants de sucre par-

nent à produire l'évaporation de leur sirop, à séparer l'eau du

e, sans que la chaleur ait altéré celui-ci. Ils se servent pour cela

pareils dont les meilleurs sont certainement les appareils à triple

de MM. Gail et G".

ins en donner la description détaillée, nous indiquerons rapide-

tla manière dont ils fonctionnent.

! liquide sucré des filtres à noir est introduit (Gg. 202) du réser-

R dans une première chaudière C, située h droite di: la lîgure.

! chaudière présente des tubes verticaux où descend le sirop ; au-

d'eus circule un jet de vapeur. La pompe P fait le vide dans cette

dière et y réduit la pression atmosphérique environ d'un quart.

suite de cette diminution de pression, le sirop chauffé par la va-

:];U INDlîSïP.IES DE l/ALIMENTATION.

peur qui circule autour des tubes entre en ébullition à niie tempén ture de 80 à 90 de^^és; la vapeur qu'il émet se rend dans uneespèl de cloche où arrÎNC un tube T. Cette cloche constitue un appareillj sûreté où s'arrêteront, pour retourner ensuite dans la chaudière, Ir* gouttelettes de sucre entraînées par la vapeur; celle-ci s'échapi alors par le tube T ira se répajidre dans Tintervalle des tubes d'i seconde chaudière C seml)lable à la première; le sirop s'échaufferai entrera en ébullition entre 50 ou 60 degrés. Sa vapeur ira ccIiaulTerl son tour les tubes d'une troisième chaudière, après avoir passé il un appareil de sûreté semblable à celui qui existe entre la prcniil et la seconde. Quant à la vapeur que donnent les sirops de la ti sième chaudière, elle se rend dans un appareil de condensation passe dans le gros tube central et s'y condense au contact do U froide qu'y amènent deux tubes que représente la figure. La condeDsi tion de cette vapeur entretient le vide dans les chaudières, vide qui en décroissant de la troisième à la première; c'est ce qui cxplk pourquoi la température d'ébullition va elle-même en docroissîint.

Ajoutons que, lorsque les siroj)s ont été amenés dans la prcraià chaudière h un certain deqré de concentration et qu'ils marquer 10 degrés au pèse-sirop, on los fait passer [vw \m tube de commun)niration dans la seconde, d*où ils sont conduits dans la troisième où obJ

les concentre à 25 degrés.

Kst-il besoin d'insiister sur les avantages de cet appareil qui, in»!»' seulement permet d'évaporer les sirops à une température as>(./ b^»?^ pour que la qualité du sucre no soit pas altérée, mais qui rcali^eimc économie notable de combustible en Utilisant |iour le cliaufTiViio b \apeur perdu*' des machines motrices et celle que fournit ré\a|MirJiliot des sirops.

Lorsque le liquide sucré est arrivé à un degré de concentratio suffisante, il est filtré de nou\eau sur du noir et envoyé à l'apivircil cuire. Cet appareil se com|»ose (ruiu>i;ranilc chaudière dans l.uiin'll on peut faire le vide et où le sirop est chaulfé à l'aide d'un courant (i >apeur cpii circule dans mi serpentin. Lorsque le sirop est assez ciii ce (pie Ton voit à travers une fcMiétre vitrée que [jortela chaudière, ti laisse rentrer l'air et l'on fait écouler la massif sucrée, cpii est pâteiH dans de lirandes cuves de refroidissement, (»ù elle si' solidifie ^! figun.^ '203 représente les chaudières il cuir(.' ie^ sirops") .

Le <urvc >e présente alors smis forme de petits grains ou cristîi (TuM jaune lirun assez foucé. dette couleur est due iiu mélange il sucre blanc avec des mélasses et des produits de qualité inferieiin Pour opérer la séi)aralion du sucre blanc, on se sert d'appareils appel»

EXTUACTION III SirCRE IIE liETTERAVE. :W5

les ou fiirliiiteit. Ils se cnniposeiit d'une enveloppe cylindrique de AA(IJp. 20à)doiitlernndporleun pivot surlequel peut tourner, une très-grandi! vilesse, une li^e CD, qui entraîne avec elle daus

latiun une e^pf-ce de panier LL dont les parois sont percées d'un d nombre de Irons. Le sucre est ptacii dans ce panier ; pondant !a

UoD, il se développe une force, dito/o;re ceiilrifnge, qui tond à sr aussi loin que possible de l'axe CD les matières que renferme se LL; le sucre se trouve donc appliqué contre les piirois, les ns solides ue peuvent passera travers les trous, mais les mélasses

et autres produits liquides et colorés, qui sont mélangés au sucre, passent en M et peuvent s'écouler au dehors dans le tube 0. Daw l'espace de huit à dix minutes la matière brune est éliminée et le sucre se présente sous forme de petits grains blancs qui conslituenlb sucre blanc indigène.

Les produits impurs extraits par le tube 0 sont traités à nouveau et î donnent des sucres de qualités inférieures. Il en est de même deii écumes et du dépôt qu'ont fournis les sirops à la sortie des cuves de| défécation ; le sirop contenu dans ce dépôt est extrait à l'aide de filtr» spéciaux appelés filtres-presses.

Le sucre brut indigène ou cassonade et le sucre de canne qui now arrive des colonies ont besoin d'être soumis à un raffinage avant d'être livres à la consommation à l'état de sucre blanc. On commence par délayer la cassonade avec un peu de sirop et on la soumet à l'action de turbines semblables à celle que nous venons de décrire. Puis elle est dissoute dans le moins d'eau possible avec du noir animd et du san^; de bœuf; le liquide est monté dans de grandes chaudières à double fond et chauffé par la vapeur qui circule entre les deux fonds L'ébullition coagule l'albumine contenue dans le sang de bœuf. Celleci monte à la surface comme une espèce de réseau emprisonnant entre ses mailles les matières solides en suspension dans la liqueur et produit une clarification de ba^^ en haut. On sépare les écumes et Ton fait passer le sirop dans des filtres de toile d'une nature particulière; il s'y clarifie et passe de là dans de grandes tonnes remplies de noir animal qui, par sa propriété d'absorber les matières colorantes, le décolore. Il est ensuite envoyé dans les apj)areils h cuire dans le vide et il y est amené à un état de conccMitration suffisante. A sa sortie il est réchauflé à nouveau et versé dans des vases coniques ou formes. Les formes sont placées le sommet en bas et portent à ce sommet un petit trou qiii est bouché par un tan^pon et par un clou appelé tapette. Le sirop se refroidit lentcinent et le sucre prend l'état solide en cristallisant. 11 a dû être réchauffé avant d'être coulé dans les formes, sans quoi la crisUillisation serait trop brusque, le sucre n'aurait pas do forain et serait trop compacte. Pour ralentir encore le refroidissement, on place les formes dans des greniers chauffés.

Le sucre ainsi cristallisé contient encore quelques impuretés; pour les lui enloNor, on procède à l'opération du clairçagcj qui consiste à verser sur la base du pain de sucre un sirop de plus en plus pur appelé clnivre. La dairco s'infiltre dans le j»ain, entraîne avec elle les impuretés et s'écuulepar le trou inférieur que l'on a débouché; puis on laisse égoulter. Autrefois Tégouttage des dernières parties de

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