KF
Ce qui est épouvantable, c’est qu’il vous est intert de protester et de répondre (1).
fl) Dans le procès de MM. Jules Guesde, Susini et Lafareue un nos conft.eres M. pertl,. fut pris à partie par M. Cnfppi’qui ■upait le siégé du ministère public; il voulut répondre. «Vous L 2 1,38 e d.roit de Parler> lui dit sévèrement le président — pourquoi parle-t-on de moi? » flt-il observer judicieu-
268 DEVANT L’OPINION
Vous n’écrivez pas une ligne un peu vive sur quelqu’un, sans être exposé à voir arriver le lendcmaii deux visiteurs qui, avec un geste très digne, vou1 font passer une carte.
Au point de vue humain seul, c’est excessivemen désagréable. Les vieilles bonnes s’inquiètent; elle ont lu dans les romans que cela se passait comme cel dans les duels.
Est-ce qu’on ne vient pas proposer une affair
à Monsieur? ;>|
— Pas du tout, mon enfant, c’est une affaire, mai
ce n’est pas ce que vous imaginez.... Vous n’avez ps compris. Ce sont des visiteurs bien intentionnés, ei voyés de la part de M. de Rothschild qui goût beaucoup mes écrits, pour me proposer de m att< cher à sa fortune, laquelle, vous le savez, est tn considérable.
Un avocat peut tout vous dire, sans que vous soy( autorisé à lui demander une réparation, même s’ a démoli votre maison. Vous êtes là pendant d( heures sous le feu d’une batterie devant laquel vous êtes contraint de rester l’arme au bras. ,
Membre du conseil de l’ordre, bâtonnier à la pr< chaine élection, je 1 espère, et c est le sentiment g néral au Palais, Me Lenté est dans une situation q lui commande de respecter les autres pour se faij respecter lui-même. Mais le premier banquier ji venu peut vous faire octroyer deux ans de priso 11 paye un avocat pour vous outrager : vos nei l’emportent, vous lui répondez par une insulte, qui est parfaitement votre droit, il se réfugie de
CE QU’ON VOIT DANS UN TRIBUNAL.-
rière les immunités de sa profession. Le président qui est dans le complot lui donne raison. Vous répliquez au président et, cette fois, il vous condamne à deux ans de prison pour outrage au Tribunal.
Ce n’est plus le jury qui vous juge, en effet, dans ce cas de flagrant délit, c’est le Tribunal. Sans doute, un avocat, même obscur, qui a un avenir honorable devant lui, refuserait les cinquante mille francs qu’on pourrait lui offrir pour cette campagne; mais un Franc-Maçon accepterait parfaitement, et il serait appuyé, bon gré mal gré, par toute la robe.
Tous ces gens-là, en effet, magistrats ou avocats, se tiennent comme les doigts de la main; ils se font le l’œil à l’audience, ils ont entre eux la complicité les crimes commis ensemble contre le Droit, le calavre du juste tant de fois égorgé en commun. Dès pie vous avez mis le pied dans ces régions, vous êtes comme un étranger égaré en certains pays, où tous es habitants, amis ou ennemis de la veille, se réconcilient pour tomber sur vous.
Pour défendre l’ordre des avocats, Ignotus, mon pirituel confrère et ami, n’a trouvé qu’une raison ilausible : il affirme que des règlements sévères régissent la corporation, puisqu’un avocat ne peut être Qscritau tableau, s’il n’a un appartement d’au moins leux pièces, de façon à ce que son lit ne soit jamais ans son cabinet de travail. J’avoue que je trouverais aoins choquant, pour ma part, de voir tous les avoats de Paris en chemise que d’écouter la moitié de e qu’ils disent....
Là encore on se heurte à l’aveuglement inouï des
DEVANT L’OPINION
conservateurs. Si une corporation a mérité qu’ proclame sa déchéance, c’est incontestablement corporation des avocats ; elle a fourni tous les ar sans de troubles, tous les sophistes, tous les prc teurs de révolution ; elle a lancé sur le monde Ferry, les Goblet, les Brisson, les Floquet, austèi dans l’opposition, corrompus jusqu’à la putréfacti une fois au pouvoir; elle a demandé la destructi des privilèges de tous les corps d’état et elle a s< gneusement conservé les siens.
Une occasion se présente pour les conservatei défaire enfin acte de justice sociale en se ralliant projet Michelin. Ils hésitent ou plutôt ils n’hésite pas: ils voteront contre....
En toute occasion ils sont ainsi : ils pourrais d’accord avec les radicaux, obtenir la magistrats élective, les jurys correctionnels; ils n’en font rit ils ont, au fond, un vague respect pour cette mag trature devenue absolument juive. Pareils à < riches déchus qui ont été chassés de leur château qui habitent la loge du concierge, ils regardent coi plaisamment cette vieille forteresse de la Constituti de l’an VIII, qui a servi à tous les régimes et d< les canons, c’est-à-dire l’arbitraire, la pression i ministrative, l!abu s de pouvoir sont retournés ruai tenant contre eux : ils se disent : « Je rentre peut-être là dedans quelque jour. »
Us n’y rentreront pas, car on sent un souffle mort sur tous ces débris d’un passé aboli.
Même aux meilleurs temps, la fonction qui c<j
CE QU’ON VOIT DANS UN TRIBUNAL
sislait à se faire juge de son semblable, non
pas une fois, mais pendant tous les jours de
1 année, avait quand même quelque chose d’in-
quielant pour la conscience. Les vieux magistrats
étaient parfois comme épouvantés de cette responsabilité. 1
Dans la livraison du Paris à travers les âges con- ! sacrée a Notre-Dame et au quartier Notre-Dame, j’ai parle d’une petite église, Saint-Landry, que les Parlementaires avaient prise sous leur protection spéciale et dans laquelle beaucoup, comme Broussel, comme
i Boucherat, taisaient préparer leur tombeau d’avance.
Ce n’était pas une église magnifique et visitée par
la foule, c’était une humble chapelle à demi cachée
jdans 1 ombre auguste de Notre-Dame et s’abritant
sous les murailles de la glorieuse basilique, comme
une pauvrette sous la protection d’une grande dame.
Dans le silence et la solitude, les Parlementaires venaient, là se recueillir le matin de quelque audience importante; ils songeaient à l’heure où ils îomparaî traient eux-mêmes devant le Juge suprême; ls méditaient près des mausolées de marbre de ceux* pu les avaient précédés en ces hôtels antiques du [uartier Notre-Dame qui abritaient de père en fils les générations de magistrats.
Si ceux-là parlois sentaient leur cœur défaillir deant le défilé des scélératesses humaines, quel ne oit pas être l’état d’âme de ces magistrats francslaçons d’aujourd’hui, auxquels la secte dicte d’a-
272 DEVANT L’OPINION
vance des verdicts et qui jugent sans jamais s’inspirer de la justice éternelle d’en haut?
Les magistrats d’autrefois avaient, au moins, pour se retremper, pour se faire une provision d’air plus sain, les joies de la vie de famille, les émotions pures d’un intérieur patriarcal. Repoussés avec dégoût de toutes les demeures qui se respectent, objets de mépris pour eux-mêmes, les magistrats contemporains, quand leur poitrine est comme saturée des miasmes de corruption qui se dégagent de ces longues audiences où la misère humaine se révèle sous tous ses aspects, ne peuvent espérer voir s’ouvrir devant eux que les salons de la rue Chabanais.
Si le roman naturaliste ne vivait pas exclusivement de la fdle, cherchait franchement la vérité, s’efforçait de fixer l’image de cette société nouvelle, si différente, déjà de celle d’il y a quelques années, il trouverait des éléments d’un poignant intérêt dans l’étude de cette redoutable et grandiose fonction de justice confiée maintenant à tous les va-nu-pieds, à tous les agents électoraux faméliques des députés de la majorité.
Les coquins qui nous oppriment en sont arrivés à faire de la candidature officielle avec des têtes coupées! Ils ne commuent que les condamnés à morl défendus par des avocats républicains....
Un avocat de grand talent du barreau de Caen.: qui est en même temps un des plus dévoués champions de la cause conservatrice dans Y Ami cle VOr dre , dut prier le président de ne jamais plus h désigner d’office pour la défense d’accusés sur les-
CE QU’ON VOIT DANS UN TRIBUNAL. 273
}uels pesait une accusation capitale. « Si mon client 3St condamné, il est sûr d’être exécuté, dit-il, et dans :es conditions la pensée de la responsabilité que j’assume me paralyse quand je parle. » Me Engerand îut la chance d’avoir affaire à un président qui avait encore un reste de sentiments humains et qui lui promit de tenir compte de sa demande.
Le dernier client que Me Engerand ait perdu ainsi, était un nommé Jeton que le cabaret avait mené au ;rime, et qui, avec un autre individu, avait assassiné .in homme en compagnie duquel il s’était enivré ians une auberge (1). Des deux condamnés, Jeton
(1) M° Engerand ne s’était même chargé de cette cause que jour rendre service à un confrère républicain, Me Guernier, conseiller général du Calvados, qui ne voulait plus plaider devant le conseiller qui présidait la session des assises à ce moment et avec equel il avait eu un différend très vif pour un motif assez utile.
Pendant une affaire, Me Guernier avait été obligé de sortir dans 'intention de s’isoler un peu. Au moment où il était heureux d’être ;eul, il aperçut un gendarme derrière lui.
— Que faites-vous là, gendarme ?
— Monsieur, je ne veux point vous quitter.
— Vos intentions sont bonnes, gendarme, mais pour ce que je nédite je n’ai besoin que de moi-même.
— C’est l’ordre du président. Il craint que vous ne corrompiez es témoins.
Sans même donner suite à ses projets, Me Guernier remonta en oute hâte et apostrophant le président, M. Hoffmann, un nom l’origine bien peu française encore, il lui déclara qu’il ne plailerait plus désormais devant lui.
N’est-il pas émouvant de voir à quel fil ténu, à quel bouton de lulotte comme dans ce cas, tient une vie humaine? Si Jeton eût :té défendu par Me Guernier, conseiller général républicain, la tête lu malheureux n’aurait pas roulé dans le panier. La presse, préendue démocratique, 11e parle jamais de ces meurtrières fantaisies te la justice. Pour elle, l’époque cruelle est celle où, sous l’action l’un tempérament violent, on frappait parfois brutalement;
DEVANT L’OPINION
était le plus intéressant et Coppée, qui le visita dans son cachot, ne put s’empêcher de le plaindre; il avail un fils sous les drapeaux et il lui écrivit une lettre] touchante avant de partir pour l’échafaud. Il méritait plus sa grâce que son complice et assurément il était plus digne de pitié que les fils qui violent leur mère après l’avoir étranglée, que les chenapans que M.»Grévy gracie par douzaines. La Cour avait émis un avis favorable à la commutation.
Il se trouva que Me Engerand avait dû remettre vertement à sa place Jacquin, directeur au Ministère de la Justice, qui s’était permis d’être insolent avec lui à propos de l’affaire de M. de Pont-Jest. L’affreu) Jacquin s’acharna sur Jeton, en haine de celui qu Pavait défendu, et n’eut de repos que lorsqu’il l’eut fait guillotiner.
Ce pauvre Jeton mourut admirablement ; il assiste au Saint Sacrifice de la messe avec une ferveur pro fonde et demanda pardon à Dieu et aux hommes’ du mauvais exemple qu’il avait donné. Tout en dé plorant peut-être à part lui, au point de vue de h, conservation de ses jours, d’avoir été défendu pai un conservateur, il pria son avocat de l’accompagner jusqu’au bout. Mc Engerand monta avec lui à côté du prêtre dans la voiture qui le conduisait à l’échafaud. C’était la première fois qu’on voyait ui condamné demander à son défenseur de pousseï'
l’iniquité lui plaît, quand elle ne fait pas plus de bruit qu’une feuille de papier au’on met dans une enveloppe et qu’on expédie ai
CE QU’ON VOIT DANS UN TRIBUNAL. 275
l’abnégation jusqu’à prendre place dans la voiture d’un condamné à mort. Arrivé sur la place Saint- Julien, Jeton pensa encore a son fils et aux démarches qu’il aurait à faire pour s’exonérer du service militaire : « 11 sera fils de femme veuve, » dit-il; mis se reprenant en apercevant la guillotine : « 11 3St fils de femme veuve, qu’il fasse une demande en :onséquence. »
N’est-ce pas macabre, ceJacquinqui se frotte les nains et qui dit sans doute en riant à ses intimes en pprenant l’exécution : « J’ai joué un bon tour aux ^actionnaires ! J’ai couché sur la planche un conamné à mort qui avait un avocat bonapartiste! » bus entendez d’ici tout ce bas personnel de Francsfaçons, qui peuple maintenant les ministères, tapant il cadence sur le bureau du chef pour exécuter ) triple houzé d’allégresse....
C’est à une race particulière qu’appartiennent des très comme Jacquin. Le besoin de faire souffrir ai constitue les criminels est doublé chez eux de [esprit de garantisme personnel qui les pousse à abriter, pour accomplir le mal, derrière la société, î sont des assassins domestiqués; ils boivent le ng dans une soucoupe, sous un meuble, comme s chats boivent leur lait....
Pour rendre la chose plus saisissante, il faudrait «uvoir mettre en regard de l’exécution de Jeton, pppant un rôdeur qui aurait été fort capable de ssassiner lui-même, la liste des crimes commis ! r ceux que Grévy a graciés.
Il y a à l’île Nou, raconte un correspondant du
DEVANT L’OPINION
Figaro , un homme qui a tué cinq personnes, qui a été trois fois condamné à mort et trois fois gracié par le président de la République !
Au mois d’août dernier, le Journal de l'Aisne a publié une lettre navrante de la malheureuse veuve d’un garde-chasse. Le mari avait été tué dam des circonstances horribles. L’assassin, un nomme Rollet, s’était vanté devant le jury «de n’avoir pa; fait grâce à sa victime alors qu’elle le suppliait ai nom de sa femme et de ses enfants, et de l’avoii achevée sur place ». La Franc-Maçonnerie prit pro bablement sous sa protection Rollet, qui lui avai rendu quelques services comme délateur, et h 14 juillet dernier, l’assassin traversait la gare d< Laon en fumant un cigare et en blaguant sa vie time. La protestation indignée qu’arracha à 1; veuve ce déni de justice éhonté est vraiment remuante....
On multiplierait les faits de ce genre à l’infini. Ui de mes amis mettait sous les yeux d’un haut fonc tionnaire du ministère de la justice le passage de 1; France juive dans lequel il est question de 1; grâce accordée à Meyer et refusée à Gaspard, qu était moins coupable que son complice dans l’assas sinat du marchand de malles de la rue d’Angoulême « Depuis l’avènement de Grévy, répondit le fonction naire, on n’a pas exécuté un seul Juif et on n’ei exécutera aucun sous le régime actuel. »
Un tel désarroi explique des jugements comim celui rendu par la 10e Chambre dans l’affaire Meye
CE QU’ON VOIT DANS UN TRIBUNAL
et qui semble rédigé par Jocrisse sous la dictée d’un faussaire....
— Faussaire! va s’écrier Barthelon. Ah! cette fois l’outrage est patent ! Je tiens le corps du délit : teneo lupum auribus.
J’avoue que je ne m’obstine pas au mot faussaire. C’est pécher que de dire ce qu’on ne croit pas certain en conscience, et je ne pense pas que Barthelon ait falsifié aucun acte public en cette circonstance, — peut-être parce qu’il n’y avait pas de documents de ce genre dans l’affaire. Il s’est contenté de subtiliser le procès-verbal. J'ai écrit le mot faussaire pour faire bon poids, pour mettre à l’aise le ministre de la Justice s’il veut poursuivre.
On ne publie pas un livre comme la France juive pour son plaisir, mais pour soutenir une thèse que l’on sait vraie. Or j’affirme que les Juifs jouissent en France d’une situation privilégiée, qu’ils sont audessus de toutes les lois, qu’ils peuvent se permettre impunément ce que l’on punit chez des Chrétiens.
Cette thèse, il faut la démontrer et j’en ai une excellente occasion.
A la date du 19 juillet 1882, M. Eugène Mayer, directeur de la Lanterne , écrivait à propos d’un jugement du Tribunal de Mont-de-Marsan, confirmé par la Cour de Pau :
Aujourd’hui plus que jamais nous disons :
M. le président Tourné a commis un faux sans compter les forfaitures.
Et de plus après l’arrêt de la Cour nous ajoutons:
Et du crime de M. Tourné, la majorité du Tribunal et la
DEVANT L’OPINION
Chambre correctionnelle de la Cour de Pau se sont rendues complices par recel, refusant de faire connaître la vérité.
Et il y a dans le Tribunal de Mont-de-Marsan, en la personne de MM. Garrelon, Marrast, Lacade, d’Uzer, quatre faux témoins.
A la date du 3 octobre 1882, la Lanterne ajoutait:
11 y a dans la Cour de Pau, dans la Chambre correctionnelle toute une bande de magistrats prévaricateurs.
Nous avons acquis le droit de dire, malgré les jugements et les arrêts, que le Tribunal de Mont-de-Marsan est présidé par un faussaire; que la justice y est rendue par quatre juges faux témoins et que les choses se passent sous la protection efficace de la Chambre correctionnelle de Pau, choisie et triée pour cette œuvre de brigandage judiciaire, œuvre qu’elle a amenée à bonne lin par un acte de prévarication collective.
M. Eugène Mayer n’a jamais été poursuivi.
Si vous me poursuivez pour un délit analogue, mais commis sous une forme moins grossière, j’aurai réussi à graver un peu plus profondément encore dans les cerveaux de mes concitoyens la conviction qui est la mienne. 11 n’y a pas en France un honnête homme, même s’il ne partage pas mes opinions, qui ne soit saisi de la force de ma démonstration. L’ouvrier le plus hostile à ma façon de voir sur certains points dira: « Drumonl est peut-être un esprit faux, mais il est citoyen français, il est plus citoyen français que Mayer, qui est né à Francfort. Pourquoi donc lui applique-t-on un droit différent de celui qu’on applique à Mayer? Pourquoi donc suffit-il à quelqu’un d’être un Juif allemand, un coreligionnaire de M. de Rothschild pour être au-dessus des lois ? »
Le jury partagerait très probahiement cet avis.
CE QU’ON VOIT DANS UN TRIBUNAL
J’ai une chance, il est vrai, conlremoi. Peut-être est-il possible de se livrer dans les mairies ou dans les justices de paix à des manipulations malfaisantes pour composer un jury servile ? Ceci, je l’ignore absolument et n’ai sur ce point aucun renseignement précis.
Ce que j’affirme, c’est que, si la liste du jury est dressée comme elle doit l’être et que l’on prenne les jurés parmi les citoyens français remplissant certaines conditions de domicile et d’âge, on ne trouvera pas douze braves gens pour me condamner (1).
(1) J’espère bien, du reste, que pour m’éviter de m’ennuyer, on fera asseoir à mes côtés mon excellent confrère M. Paul Dalloz, dont un des journaux, le Petit Moniteur , traitait si durement le jury à propos du jugement rendu dans l’affaire Guesde.
« Douze bourgeois, constitués en tribunal, ont décidé que provoquer à l’assassinat de M. de Rothschild était chose permise. Douze imbéciles ou douze lâches, par un oubli inqualifiable de tout sentiment de justice, par une oblitération inouïe du sens moral, ont affirmé qu’en République il est bien, il est bon, il est de droit d’appeler le peuple à voler la propriété d’autrui, à piller la maison du voisin, si le voisin est riche, à faire le partage de sa fortune, si la fortune est opulente.
«Nous en sommes là! La justice, à présent, est avec les voleurs contre les volés, avec les criminels contre les victimes. »
Faire admettre à des jurés qui constituent un tribunal sans appel qu’on a le droit de les traiter d 'imbéciles et de lâches, mais qu’on n’a pas le droit de critiquer le jugement d’une Chambre correctionnelle me paraît au-dessus des forces de M. Cruppi. J’ajoute que je n’ai pas dit que les juges fussent des imbéciles, je les ai trouvés, au contraire, d’une habileté qui était de la malhonnêteté ; je n’ai pas pré tendu davantage qu’ils fussent lâches, bien loin de là, je pense que pour rendre un jugement aussi brutalement partial il faut du courage, un courage d’un genre particulier, il est vrai.
J’ai cru rêver quand j’ai lu cela dans une des feuilles de M. Paul Dalloz. Je n’ai eu le plaisir de causer un peu longuement qu’une seule fois avec M. Dalloz, dont la conversation est, on le sait, très attachante, pleine d’idées un peu confuses peut-être, mais toujours originales. Je fus surpris, et presque effrayé, lorsque j’entendis sortir
DEVANT L’OPINION
J’irai avec grande confiance devant douze jurés qui seraient de vrais républicains (1); ils diront, eux aussi:
« Ce langage est peut-être regrettable, mais l’Égalité est le principe même de la société actuelle. Le Juif Eugène Mayer n’a été ni condamné ni même poursuivi ; nous ne pouvons condamner le Chrétien Drumont pour un délit exactement semblable. »
de la bouche de cet homme du monde, au ton habituellement très modéré et très doux, de véritables imprécations contre les Juifs dont, le nom seul lui rappelait les souvenirs cuisants de l’Union générale. Si la France juive eût été terminée, je lui aurais demandé immédiatement de^ la publier en feuilleton. On peut tout me faire, mais on ne m’empêchera jamais de rire aux éclats quand je suis tout seul, du spectacle exhilarant que 1 humanité donne à ceux qui savent regarder.
(1) Il ne s’agit pas ici des Francs-Maçons. Je parle de républicains, comme était mon père, qui voient dans la République la réalisation d un idéal de justice et de bonheur pour le monde. Les Francs- Maçons ne sont ni républicains ni monarchistes : les loges étant toutes aujourd’hui sous la direction de Juifs allemands, la Franc-Maçonnerie est un simple bureau de renseignements entre les mains delà Prusse; elle traque les Catholiques, non parce qu’ils sont catholiques, mais parce qu’ils sont Français. Vous pouvez discuter des heures entières avec les partisans les plus passionnés des théories anarch iques, vous n’avez rien à dire à un Franc-Maçon. C’est un séide de bas étage qui obéit à un mouvement de doigts d’un youtre quelconq ue baragouinant à peine notre langue. 11 est bien évident que si l’on parvient cà me mener devant un jury de Francs-Maçons, je suis certain d’avoir le maximum....
La Franc-Maçonnerie, du reste, lève complètement le masque maintenant et avoue qu’elle était un instrument de l’Allemagne.
La convocation datée de l'Or.-, de Vincennes, 24 août 1886 (E.\ V. .) de la lîesp. •. L.\ le Globe, porte à l’Ordre des Travaux, pour la Tenue ordinaire du vendredi 3 septembre, aux titres 4 et 5, dans la forme et les caractères suivants, l’Ordre du jour :
4. A 9 heures 1/2 très précises, conférence de n.\ t.*. ch.*. Fr.*. Trollet, gr.\ exp.*. de l’Atl.*. sur Les motifs devant faire désirer a la France, à la Franc-Maçonnerie française surtout, que l'Alsace- Lorrame demeure allemande.
CE QU’ON VOIT DANS UN TRIBUNAL
Avouez qu’un tel acquittement, après le retentissement de la France juive, sérail un maître soufflet sur la joue des princes d’Israël?
Israël est à ce moment psychologique où, quoi qu’on fasse, on est à peu près sûr de faire une bêtise. Je vois d’ici les Bédarrides, les Loew et la séquelle des magistrats juifs, les Bloch, les Rosenfeld, les Alphandérry tenant, avec les Rois de la Finance, un conciliabule dans le genre de celui que tint Panurge lorsqu’il « se conseilla à Pantagruel pour sçavoir s’il se debvoit marier ».
— Quel lamentable aveu d’impuissance que de laisser un tel langage impuni !
— Poursuivez doncques, de par Dieu !
— Quel scandale si l’auteur était acquitté comme Pont été Mariotte le bonapartiste et Jules Guesde le socialiste !
— Point doncques ne poursuivez....
Je n’ai pas d’opinion arrêtée sur ce qui sera décidé, mes amis non plus.
— Ce gouvernement est si infâme ! me dit l’un.
— Il est si lâche ! me répond l’autre.
CONCLUSION
Tous les Français sont égaux devant la loi. (i Constitution de 1793.)
Êtes-vous sûrs d’être allés jusqu’au bout de votre droit? (Guizot.)
Les deux épigraphes qu’on vient de lire plus haut résument ces pages. Combien de Français savent tirer toutes les conséquences du principe de l’Égalité inscrit dans nos codes par la Révolution? Combien, selon l’expression de Guizot, vont jusqu’au bout de leur droit?
S’il était appliqué, ce principe de l’Égalité serait la condamnation sans appel de tout ce que fait Israël, il arrêterait les Juifs dans toutes leurs usurpations.
Il suffit de me lire avec bonne foi pour être convaincu de cette vérité.
J’ai affirmé que le Juif était le maître en France, qu’il jouissait de droits supérieurs aux nôtres, qu’il avait réellement accompli sur nous une conquête en s’emparant de tous les ressorts de la vie sociale.
Je ne me suis pas contenté de l’affirmer, je l’ai prouvé avec les moyens qu’un Chrétien, tenu comme
DEVANT L’OPINION
tous les Chrétiens en dehors du gouvernement d( son pays, peut avoir à sa disposition.
Vos journaux attaquent nos congrégations religieuses et demandent qu’on les dépossède au nom de l’intérêt public. Je vous réponds qu’un seul de vous possède trois milliards avoués et que nul, dans la presse républicaine, ne songe à demander que cet argent retourne à la collectivité à laquelle il a été dérobé.
Vous prétendez que nous obéissons à un maître qui est à Rome. Je vous mets sous les yeux la liste1 du Comité central de Y Alliance Israélite universelle J dont la plupart des membres résident à Berlin, à1 Stuttgart et à Munich. !
Vous soutenez qu’il est juste de méconnaître les dernières volontés d’un mourant qui lègue ses biens à une œuvre catholique. Je vous prouve, par l’extrait du testament même de Crémieux, que le legs 1 fait par un des vôtres à une association non reconnue 1 n’a jamais été contesté.
Vous déclarez que nous devons nous abstenir' d’intervenir en Orient en faveur de nos missionnaires. Je vous démontre que le gouvernement a pesé de la plus odieuse façon sur un peuple, comme le 1 peuple roumain qui, seul dans toute l’Europe, nous avait témoigné quelque sympathie à l’heure des revers, pour le forcer à naturaliser des débitants d’eau-de-vie empoisonnée et des teneurs de maisons de tolérance.
Vous alléguez que vos incroyables succès en affaires s expliquent par votre habileté seule et que vous
CONCLUSION
combattez à armes loyales. Je vous réfute en vous prouvant que, lorsque vous n’êtes pas les plus forts vous appelez à votre aide la loi qui devrait être égale pour tous les Français et qui se met cyniquement de votre côté. Je vous rappelle, sans que vous puissiez me démentir, que l’on n’a arrêté préventivement ni Erlanger, ni Savary, ni aucun des fondateurs de sociétés suspectes, tandis que sur la plainte arrachée par un des vôtres, Loew, à un homme faible qui n’avait aucun motif de se plaindre, on n’a pas hésité à ruiner 40 000 familles en arrêtant, au mépris de tout droit, le chef d’un établissement qui gênait M. de Rothschild.
Vous insinuez que ceux des vôtres qui se jettent dans un mouvement révolutionnaire ne font qu’user de leurs droits de citoyen. Je vous réponds que, dans une insurrection, pas plus qu’à la Bourse, vous n’êtes dans les conditions des autres Français. Pro-
tégés par une Franc-Maçonnerie toute-puissante, vous ne courez aucun risque. Ceci, je l’ai prouvé encore. Je vous ai mis sous les yeux la lettre paternelle qui donnait rendez-vous à la Préfecture de Versailles à un Juif assassin de deux généraux, à l’heure où des femmes et des fdles pleuraient, dans leurs mansardes, de pauvres diables d’ouvriers fusillés uniquement pour avoir voulu gagner trente sous, afin de ne pas laisser la maison sans pain.
Même dans les manifestations secondaires de la vie sociale, dans les menus incidents de la vie parisienne, vous avez encore des privilèges. L’impunité vous est accordée, quoi que vous fassiez. J’affirme,