‹ La France maritime (volume 2)Chapitre 12 sur 70 · ZOOLOGIE · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE

fa 6alrin£ franclje*

Il est peu d'animaux dont les zoologistes aient basé l'histoire sur des suppositions plus erronées. Séduits par les idées merveilleuses qui s'attachent naturellement à tout ce qui semble sortir des espèces ordinaires par la grandeur des formes ou l'étrangeté des proportions, ils se sont livrés dans leurs traités avec plus de complaisance aux inductions trompeuses de l'imagination qu'à la logique sévère des faits.

Aussi les connaissances dont la pratique de la p<^che de ces animaux éclaire continuellement la science font-elles crouler chaque jour leurs beaux systèmes si péniblement élevés sur le sable des hypothèses.

La baleine est le plus grand des poissons, l'Océan est son empire.

La femelle est ordinairement plus grosse que le mâle. Chez tous les animaux qui ont des mamelles et qui mettent au jour des petits tout formés , cette différence est remarquable.

Vue de loin , la baleine présente une masse informe à laquelle il est impossible d'assigner un nom ou une espèce; cela ressemble aune chaloupe chavirée.

£n s'en approchant , pour mieux distinguer comment chaque partie est coordonnée , il faut que le caprice la porte à mettre au-dessus de l'eau ou sa tête immense et singulière , ou son énorme queue , ou enfin une de ses nageoires , pour qu'il soit possible d'en admirer la puissance, car son attitude familière consiste à ne montrer à la surface que la partie supérieure de son vaste dos.

La tête forme la partie antérieure de la baleine ; son volume égale à peu près le quart de la longueur totale de l'animal. Le dessus est convexe et tombe en arc sur le bout. La partie de la tête qui se prolonge vers le dos descend un peu vers l'aplomb de l'extrémité de la lèvre, et se termine par une bosse sur laquelle sont placés les orifices des deux évens.

Ces évens sont deux canaux qui , contrairement à toutes les opinions consacrées par l'autorité des savans, n'ont aucune communication avec la bouche. C'est à la partie supérieure du larynx, fermée par un diaphragme, qu'aboutissent ces organes, dont les conduits vonts'ouvrir au sommet de la tête par des orifices de huit à dix pouces environ.

Ils servent à rejeter l'eau qui entre par la gueule de la baleine , et à introduire jusqu'à ses poumons l'air nécessaire à sa respiration , quand, nageant entre deux eaux, les évens seuls restent à la surface.

Lorsque la baleine est animée par quelque vive affection ou parla douleur causée par quelque blessure, la rapidité et le volume d'eau qu'elle lance ainsi par les évens produit un bruit effrayant, et qui se fait entendre à plusieurs milles lorsque le temps est calme. On aperçoit à deux lieues et plus cette colonne d'eau, qui s'é» lève quelquefois à vingt et vingt-cinq pieds, et i*etombe en mille gouttes, parmi lesquelles le soleil brille. On ne saurait trop à quoi comparer l'espèce de mugissement causé par le jet de l'eau des évens de la baleine, si ce n'est au bruit d'un ébo'ulemcnt dans un lieu souterrain ou nu grondement d'un orage à travers des "échos.

Lorsque la baleine fait ainsi jaillir Feau par ses évens , elle donne à sa langue le mouvement nécessaire pour avaler cette eau; mais, comme elle ferme son pharynx , elle force cette eau à remonter par ses évens, après la filtration opérée par la valvule et les bourses. L'eau entrée par la bouche ne pouvant plus ressortir par cette partie , à cause de la disposition de la valvule, qui ne s'ouvre que de bas en haut, la baleine, en comprimant4es bourses qui la recèlent» la lance par les évens, d'où elle sort et s'élève à une hauteur proportionnée à la force de compression imprimée aux bourses.

L'ouverture de la bouche de la baleine franche est très-grande ; elle se prolonge jusqu'au dessus des orifices des évens, et vient dans la partie inférieure de l'animal rejoindre les nageoires. Les deux mâchoires sont à peu près aussi avancées l'une que l'autre ; celle du dessous est très large , et porte une graisse qui a principalement près de l'œil quinze et dix-buit pouces d'épaisseur. C'est cette partie que les baleiniers appellent la gorge. De chaque côté de la gorge montent les lèvres, qu'on nomme vulgairement lippes. Ces lèvres renferment une partie de la mâchoire supérieure , qui s'y emboîte. C'est cette partie de la mâchoire su^ périeure qui porte les fanons. La voùle du palais est formée d'un osduquel partent, de chaque côté , deux rangées de fanons ayant la figure d un toit. A l'extrémité antérieure de cet os longitudinal, de forme courbe, est une petite bosse connue sous le nom de couronne; c'est sur cette partie, à venir par le sommet de la tête jusqu'aux évens, que sont groupés, par petits monticules , les insectes marins connus sous le nom de pous de mer.

Chaque lèvre, qui vient en arc suivre la courbure de l'os de la charpente supérieure, en cachant les fanons , est aussi recouverte de petits groupes de ces insectes, dont la blancheur s'aperçoit à une assez grande profondeur dans l'eau.

En se supposant dans l'intérieur de la boi^ che d'une baleine franche (ce qui pourrait facilement se faire), on verra, au dessus de sa tête , deux rangées de lames parallèles et tran^ versales ; le bout de chaque fanon opposé à sa pointe entre dans la gencive, la traverse et pénètre jusqu'à l'os longitudinal. La frange de crin attachée au bord concave de chaque lanon fait paraître le palais comme hérissé de poils sur ses deux parois ; la partie de cettç frange qui garnit l'extrémité de chaque fanon » sortant au-delà des lèvreis , forme une sorte de barbe extérieure, qui a fait donner aux faaont de baleine le nom de barbes. Les fanons le$ plus grands sont ceux du milieu : c'est là que se trouve le plus grand diamètre transversal dç la bouche ; les fanons les plus courts sont vers

FRAffÇ» XARiniIE,

à çpUti.dfs IfkAXT^ff.llvfit tMtafptà. 4" fils nl^* ^9'4<^le& u^,<^s. avtKs dan* lex» de ù^ longueur, très rfippfoçhé^^ f^uftis ou cçàaiA eo^s Qarifiiç &iiba(iipcft,^ljifM^iwe,,qiii,; Ion* qi^'«Jll^ ^it,sècbe, liii donoe W propriétés iï^ U corne, doDt il a Tapparence, Cb«j[;ifn if.

«Ç*; rw»«*»( o»t •PM»^» allQMf», et très aen^-

fanlx. Use Goarb§.i|n.ppu dav s^lpng«f^^^, .

commii} c^HeUn«, dijBini|e,:gradiicileiDem de b^uteitr^t d'épf isseiff , se termjpeaD pointe,, et'a Ja câté c^ifcave traschaat, dans le geai-e de cet Jnstçumeiw, C'est oç bord coocav* qui, de-, puU. son départ dç U gencive. jiigq^'i la pointer. e^t.gafDtil^ cnqs.U9Jé«, qui devjenDeaf pl|i& longs et, pins qpais suivAfi^ qu'^ld ^e rapf^or;, chenj de 1^ pojMfrdji fanon,

JU cooleor dfl <^tte laififî est- ordinitireineu noif»,, ei,&oav]Oat. butIh'^ de poaac^s grisA-: tn^^ On envoie 4* paticoqeqs da^s toute leur loAgju^ur p^ dep ri^l*Wi«.^ oniJjr^ jf"q«'«ll, bUflft- Ki^ft^^ pi^ÏK, ces tsAons sp^f d'un beV effet»

Fi^m ^vvns, «j^t.quRiU palais prié^eal^U an os. qtii «.'étendaf^ dep^^ï. Ip bqùj, duipjiseiiit:' JV4tt'à,i'e^^i;ée dii gft^ig^c; ce» os, ^sj recauvect^ d'uue suft^tAnm bbwJiç, fsi, terim , à, Uq^ell^ ; on, a dootff -le qftai. de gencive» C'ejit. le Ioi|g etd^çiiaqiMcâté d« catgs quelos fanwuisont di#U9btt<âa.et iSltH^ t^aMVAr8ale«pn^

On VMt.8ouve0t des. fanon» dpnt la iQsgaeuJt éaS. dft buit. k «evif'pi«d^ Ctnq^e mAcboure ep. confient. 9rdinairea)enf:<^|tr« à ciqq «enta.

Apxi» h.asort de la bjtl^iae, coue genoîv«, ' qiii.:liept am^j' Ies,,{an9i)s. en. leu^ Sj^rvAU^ ^. racine, di^Mnt dure, et, coriace;, on a.queir.: qMfOHi d& la peine, à IfiS:' en.s4piii|eri, lo^qii';Oii ^' laits.e yif^if- ainsi, réunis piarcerr tateeA4lia#tikéa.-

V«Ud«l«b<Bl«i9f . sitpé tritfi pr^s d^ sosinaxil<lainwt est.pre»qne:^9«l«a)#iaL4e(gM d^4 éyenu et dft )'«xtfémi^^ de. U: boncl^ ;. il est on. peu av,.(^WIW,40' ii^ 9^ga«w«i à la aaiMatnpe, de la. UvM, qui, dan»; oeHe partie, a U forme d'un Si La disppMtîoa des yeux de la baleine M Itn |«enwi pas de voir desa^t ell«> Oa e^t rMIcneu it/maé, d> l^-fmaùèm vue , d^ trow- . TWiSrpfllitirœi^d'iwaQiBHlt^usti nfon^raeio.

Soi^4i«n^tfa,vmt»(e.n'« guère, i^ns de deux.

pwKcvt. U est garni cte piM4>4ères doHt la b^ bllitiA:D'4n.I»«sqw pw.appwwtei M^^^fla».

de cils.

L'opinion générale est que les organes des cens sont très pen développés chef CiCS ani^ ■)9ç^,.cari sil'œilept petjt, l'onlé ea( ég9l((maaf, fort obiuù : ù peuie parviendrait-dn V jÂster un brin de paille ^ns le conduit auditif. ToK« !•».

La balèisé n'exerce ancun travail de mastication. Elle se noDcrit de très petite proie, des moindres, poissons et surtout des mbllu»qneg, dont quelques parages de TOcéan sont couTert». Ce qu'on appelle vulgairement l>otle" ou manger à baleine , sont des sortes de petits ' globules sans corps et insaisissables, dont on voit des battes qui' ferment souvent des cor-doBs de pliisteurs mHlés de longneur. On les ' aperçoit, de loin à la raie rousse oa jauneAtre ' qu'ils forment suivant les parages , oA .ils s^étendeitt à la surface de Tean:

La qiK«e de cet animal est immense. Sa position «st remarqoaMe; cette nageoireeet h^:

rizontale au lieu d'être verticale comsKceUei des poissops ordinaires. Cette, queue, est figrmée. de deux.. lobes ovales, dtmt.- la. réùmmLi présente, parfaitement la %ace d'une acwn; ladfi. Les muscles qui la c«ra|ioaeBt sont trèai vigoureax. Une saillie longitndinle s'éUad.

dans la partie supériewe du. .dos, depais.;le> milieu.de sa longueur josqu'i l'extrémité oài aboutissent les tendons, nerfs, etc., qui; constituent tgute.kt force, de rmaÎDial daw cette partie;.

Ce grand iasLnmwii de natation e&t un de», plus puss^nsanxitiakaa de W baleine, nuM.r n'est point le seul : ses deux nageoiries, dont 1»; niovvwneqtpiiral^ presque noli l'œil. cMtrir boant éaef giqvsBKM à la rapidité de «a cwr»»; j ces nageoires ««nt.cfififios^ d'os , d«:mutclei, et d4,^ir tendineuse, recouTcirts por.uae pewi épaisse, semblable à celle qui enveloppe le gra»j dn, coqis;, cette, p^u, qni est foFiiaf^ d'uR.dpv«t ex^rémep^t ser^é et recouvert d'un autcçt, épidennè , Varie infifiime^ àfi ciwlenr , su|vU)^ rAge, le a«xe et la tempécatun; o^ vireatoes c^pc^.

Elle èJ|t,aaf^B«foi|t4'>M) noir tria pur, sanf^ mélaagç, , q'aulfesfqia. d'^up npir roussAtre oa

mêlé de ^tHy pltsesiedrs iMileineis soiK moiué blancUes et moilié bmnes. Ù est du reste fort ' commun d*ctt reticontrer qaî aient une partie du ' venti*e d'une blancheiia' éclatante; et nous voyons dans lia Voyage fait an Spitd>erg, et par conséquent à 10^ du pôle Boréal , qu'on y a- rencontré des bateinfes entièrement blanches. On affirmé, ce que nous avons peine à croire, que les blessures de ces cétacés après leur cicatrisation , forment une tache blanche. Nous avons vu bon nombre de baleines portant les traces d'anciennes blessures , mais la gerçure de la peau en indiquait seule la place.

Lacépède prétend que le gras de la baleine est moins épais dans la partie de l'animal dont la forme conique rejoint la queue; le contraire nous a été montré vingt fois. Tous les baleiniers savent que cette partie est celle où le lard est le plus abondant.

Les phénomènes de la génération sont enveloppés chez ces gigantesques animaux d'un vague mystérieux, que l'observation n'a point encore tenté de résoudre; les faits isolés qu'elle a pu seuls obtenir n'ont pour conséquences logiques que des hypothèses.

On suppose généralement que , dans leur accouplement, le mâle et la femelle se dressent l'un contre l'autre , enfoncent leur queue dans la mer, relèvent la partie antérieure de leur corps , portent leur tête au-dessus de l'eau , et se maintiennent dans cette situation verticale.

Nous avons été à même de voir cet accouplement, auquel on ne peut donner pour raison que l'union des sexes.

Quelques naturalistes prétendent que le mâle de la baleine est d'une si grande constance, qu'on a oru reconnaître pendant plusieurs années le même mâle assidu auprès de la même femelle.

Nous croyons qu'il est de toute impossibilité d'émettre une opinion quelque peu probable sur . un fait que personne ne peut examiner, et qui reste un problème.»

On prétend' encore (et tontes ces assertions ne reposent que sur des probabilités anatomiqiies) que la baleine porte son fœtus pendant six mois; que, pendant la gestation, elle est plus ; grasse et particulièrement lorsqu'elle approche du temps de mettre bas. Nous avons toujours remarqué. que les femelles étaient plus grasses ' que les mâles : nous supposerons alors que leur état prochain d'enfantement en est la èause générale.

Quoi qu'il en soit, elles ne donnent ordinaire-' ment le jonr qu'à un baleineau à la fois , et rarement elles en portent deux.

Lorsque la baleine veut donner à téter à son petit, elle s*élève à la surface de la mer , se retourne à demi , nage ou flotte surùncôté, et par de légères et fréquentes oscillations , se

«placé tantôt au dessous tantôt au dessus de son rbalejneaa, de manière que l'un et l'autre puissent alternativement rejeter par leurs évents . ll'èau salée trop abondante qulls ont dans Ja ^gueule et recevoir le nouvel air atmosphérique : nécessaire à leur respiration. (1)

' Le lait ressemble beaucoup à celui de-, ta vache , mais il contient plus de crème etde'snb- .stance nutritive.

Les naturalistes prétendent que le baleineau tété au moins pendant un an ; que plus tard on reconnaît' son âge à la longueur de ses fanons.

Toutes les observations que nous avons faites sur les lieux de pêche, nous font présumer qu'au bout de deux ans, le baleineau est dans sa grande proportion. Nous avons souvent vu dans les baies , le long des côtes d'Afrique , où ces cétacés viennent mettre bas , des petits qui avaient à peine huit jours, et dont la grosseur était déjà énorme , comparativement aux ' fœtus que noiis avons , pour ainsi dire , vu mettre à la lumière, au moment où poursuivant ' les baleines ,'nous les avons harponnées sur le sable, lorsqu'elles mettaient bas. Ainsi, selon Buffon (2) , lalbngueur de la vie detous les animaux étant , terme moyen , de sept fois la longueur de temps nécessaire à leur croissance jiisqu'à l'âge de procréation , nous devrions sup- ^ poser que la baleine peut vivre de vingt-cinq à trente ans... Mais qui oserait se prononcera

Lacépède prétend encore , suivant l'assertion de quelques navigateurs, qu'une baleine escorte quelquefois, pendant trois ou quatre ans ' son petit , sans l'abandonner. Nous demandons par quels moyens des navigateurs ont-ils cens- * tamment suivi pendant cette longue période de ^ temps, les courses innombrables d'un animal qui peut avoir parcouru , en quelques mois , ' toutes les mers où il trouve sa subsistance.

Tout le monde connaît l'extrême exiguïté du > gosier de ce gigantesque animal. Sans être cè«' ' pendant aussi étroit qu'on l'a dit , en le dé^i^ ^ gnant comme incapable de livrer passage à un volume plus considérable qu'une sardine , nous ' n'avons jamais remarqué dans les bancs dé nour- ^ riture où nagent ces cétacés , de morceaux plus ' gros qu'un hareng. Il est reconnu que la substance qui convient le mieux à la nourriture de là baleine est du genre animal. Les mollusques les crabes, et en général tonç les insectes de ' mer dont elle se nourrit, ont une qualité qri ' donné à ses éxbrémens'une' couleur d'un rouge '^ safrâné; on prétend que cette matière- qui eèl ; de la dernière fétidité , offre Une teibtnre' aussi ^

agréable que solide.

(I) Lacépède. . ,

.{2) Ce célèbre écrivain a pourtant dit : « Une balei^ie peut

bien vivre mille ans , puisqu'.une cafpe en vit plus de deux * cents. ' • ' . .-..-•,. ;\ • 'j

. r^A]^ HARITIHE.

Noos n'avons jamais ëpronvë qne la vitesse de la baleine frunche . excédit penf milles à l'heure (trois lieues), lôrsméme que la douleur lai donne sa plus grande célérité.

Pourtant les ouvrages les plus estimés sur les poissons disent : • En supposant que douze heu- « respar jour sufBsentà la baleine pour se repo-- ( ser, il ne lui faudrait que quarante-sept jours « ou environ , ponr faire le tonr du monde , et .« TÎngl-quatre pour aller d'un pAle A l'autre le t long d'un méridien, i

En retranchant ces douze heures accordées à .ranimai ponr se reposer, nous pourrons alors dire que vingt-quatre jours peuvent lui suffire pour faire le tour du monde. Quelle erreur!

Il nous est démontré, par la pratique jonmalière de la pèche' de la baleine, que sa plus grande vigueur et son plus puissant moyen de .célérité consistent dans son énorme queue.

;C' est le grand leviei* avec lequel elle ébranle, .fracasse etanéanlit , par son poids et sans effort, .tout ce qu'elle rencontre de flottant ; et lapreuve incontestable que c'est là que réside le grand .ressort de sa vitesse , c'est que , lorsqu'on a rénssi à harponner la baleine, elle entraîne, suivant son caprice et sans effort, la pirogue qui est tenue à la ligne du barpon. Eh bien ! il .arrive souvent qu'en deux ou trois coups de pelle tranchante vigoureusement appliqués à la jonction de la queue avec le col^s, on réusait à diminuer de moitié sa vitesse.

L'insecte auquel on a donné le nom de pou de mer, et qui tourrïieiite beaucoup la baleine .franche , est de la famille des crustacés. Il stat- , tache si fortement à sa peau , qu'on ne peut l'en arracher que par morceaux. Il se cramponné de .préférence au-dessus de l'œil, aux lèvres, aux .parties de la génération , enûn aux endroits les plus sensibles ûà la baleine ne peut , en se frottant , s'en débarrasser.

A' la suite de ces remarques, Lacépède dit :

; ( Que les pous de mer s'attachent' & la langue t de la baleine , la rongent et la dévorent au f point de la détruire presque en entier , et de . ( lui donner la mort. >

Tous les marins connaissent ce poisson célèbre par son goût prononcé pour la langoe .de la baleine, que les naturalistes appellent dauphin i/ladialeur. Nous croyons que c'est là le seul ennemi qui ose chercher h mordre la langue de la baleine vivante. Il s'y prend parfois avec une adresse contre laquelle éctwue .la force de son adversaire. Réunis par troupes , les dauphins gladiateurs se tiennent constam- .meut près de la tête du céueé, et attentjenl qu'il entr'onvre sa guenle potir s'y précipiter ,et manger cette partie de l'animal, dont ils -sont très friands. Hais si la baleine; avertie .par son instinct de |a présence de b£s ennemis, . se tient en garde contre leurs" icntatiTes, alors,

er

les dauphins. font tous leurs efforts pour faire

pénétrer leur nrasean , qui est long et pointa, entre la lèvre et ta pbrtié supërienre de la tète de la baleine. Le moindre écanement est aussitôt augmenté-, par le renfort des antres ,' et, par cette manœuvre vraiment singulière, en peu de temps la langue d« malheureux animal, dont la puissance et la force n'ont rien qui supporte la comparaison , est dévorée , et il expire au milieu des cranruIsioiH les plus terribles.

Quand une baleine , harponnée par un bAtiment , est amarrée le long de sao bord, il arrive souvent que les dauphins s'en approchent pour s'emparer de l'objet de leur goût. On est forcé d'être, constamment en veHIe avec des instrnmens tranchans pour le^ écarter. La baleine morte ayant Ja gueule ouverte', ils y pénètrent encore malgré l'altentios qu'on a de les repousser,' et souvent ils. empoilent ainsi des morceaux considérables de cette laqgue, ce qui cause parfois une perte de dix barils d'bnile. On a eu l'exemple de baleiues enlevées par les dauphins, lorsqu'on était obligé de les laisser une nuit le loogdu'bord, avant de ponvoir les dépecer.

Premier i»ai*«eatt français.

Ce qui n que les a laissés sni et sur les [ ce sont eei sompuleus mie d'une sont voués renaissaBO mander pi dont lenr i positions ; et le biblii avant de d ce que de la reprodu ficedétruii Aussi reg tune de pt Musi préc vieilles an

Le prei France a é de Dieppe était le ré:

s'en tira ,

nmm^iPiûm^E.

-dèesOBs de "la' fMhê'*BefiMrd, que b&vtflimHfu ' fut mis «a tAimtier, «a ' 4^7 , il'<[t«rla4t fS^ ca- •vmi enlmnerie.

LestltmetiBioAsqaele craatrihrtcur'doteiie à '«ette^HonneinBchiBe'degMiTe, i'an^B'chflb-' d'œonre de VMprit hOMaln,' aé npprttcbent Wl- "IcmMit de celles d'anvaisseaa de 74 de lios jours, qu'on est étonné de la précision des propctr- -tiom et des calenlsd 'après Ics^pwU oe gwmd travail fnt élabli. Ce vaisseau se nommait la Cou- •rimn»; tOnte son artillerie était en bronie; voici -quelles étaient ses dimensions.

Sa quille lâO pieds.

Db' léte en tète (la {rilus ^grande longueur). . . , "I9K

Sa largeur ~46

;3on crêUT -80

8o>g(«id'mM jusqu'à la

ijglrenette 1(7.

Le Jeu^des voiles eoBtènait} en ^^le. petite

Ixlse 36,OS0p.

'Le 'gros cible avait "M ponces do ciKonfé- ■leBce wO'pleds de long, erpesait. 14.0001.

La gratide avère 5,0DO I.

L'équipage était ainsi composé : tf .de Launay RosUly , capitaine de vaisseau, ayant par

mois 500 fr.

M. Coquet, lieutenant de vaisseau. lOOfr.

M- Prévost (d'Orléans), enseigne. . SOfr,

, ' Ces'trois ofCcferrétaient nonnné) par le roi , ;

et le commandant choisissait le co'mplémràt de !

l'équipage, qu'il nourrissait moyennant une;

Le lavireB'est pas senlcment l'tabitaUevdtt maria, c'est, àvraidire, sbavmvers^VBls^qtiV y trouve tout ce qui doâsoffireà stM-Mlsieocé, et que, sans changer d'habitudes, il ^ SHooft avec lui tous les points durjgWwi^ vai» les •mdeurs et les prodaetions des oliniM 'diVft% étaleniaux regards dunavigMeur leurs «Mleflb^ raé(aaaorphoses;lui ne cliaDf^ que «ieeiel.iit -seosles feux del'équateBr comme totslesglaces des pfties. ses jours , à quelques modlIcMiOM '.près, se Buccédeut avec la lOiiBe utajforwlté de travaux e« de régimei C'en pitié poifrle'lB»rin d'ebtewJre l'habitant des villes «eplM«drte de la gène iqu'il éfmmve dans ses itobits^Mb Kpocienteai auMindes rasaonrcea nialt^WÀ :de la civilisation , lorisque <lui, arec-ptutlteHft cantaioes d'bomnes enUssés dans «ne'éti>^e .prison de'fcbis et de'clwwrre, sak fivt«i(]^ anaées efatières, isolé du imnde^ ettso pr(H»Mr InlâmetcértaHcs-iouirisaBces de la vie,

PoarqprOcéder mrftliediqinmM, HO«s pi'e».

<d»Bsle Mtsment snrle «banticr-, oartla ebofx idesibeis<de«niHruciîoa pnut4épted4t«>sB-s«fii> brité future. Ces bots ont été cotasei^>ës sods «des haagards., ou pkwgéa wwlfeatft^» -pre* -aiiers sont préféi^les; les MtMs ine doIV«Bt -être mis en œuvre qu'a^iiés avoîrété com^Kteméntaéchtfsàl'airlteet autrdnentllA'Mnse^ve.

•raiemfUQ 'germe iildestrnotibled'hiMitdHét-Cést »Ians le niéne but qu'ondttit tabHOP'^nel^ témpS'b'MniiAruro expo»éB>i#ia^4B4rirm d^ppliqner Jes bardafet. Les ««Mfis defieâit«i«Ou de goudron ont pour effetd»«'Opp0B6l> an tfes- ^sécbemeat.

ehénin faisaatiaous nasamlndwas 4e8 Véltés :détailsde coastnntioB : pour le tMfliAit Mds 'flupposonsle «virecalCaië,^^ goudtMmév Mc'é aux bruyantes acclamatioM d« aottiiUn''p««ktle •B eitaset; pnsmnnéwigértaifé, gMé,'M»brorâloàné, prêt enfin à!fneitre44r«oil«.

Toqt>BanreitnnHéicMi|pMa nnwtnile, u ta- <4rapont :at;des.gaatorda (-|bs.ywdB. ^ <tW< . »it t rde^I^M'éeduttwiesiet'desdluiettHi PaMH &»

MUtnen de^(Mn0sie(dc diMMutloWs «lifeMea.

wmi'pfêitiÊimsUiitiémmtimmwifpt, sms ■le^poM de vM(de>la.MfaibHffiflt^ bfattfle'otH -MmttoD :éM ràglafds FhJ^dne.

CaMUeHçonatfocre-ipraawnade '8atiîtiiii<éMfr 4n paPtiss^siM^n'lMiMKiî^la'bHlft nOns >«»« îMi «Mte etnfihBément dOMb fârme est rHatiVe

('à«e}tede»MtdB^iis m nsoins fins ou ))lat« «t •éarré« du bAtùnent; «Ile plonge an-desaous'de la ligne d'eau, et m destination spéciale est de

mSHOed^OliTME^

<ietjpAee:tlflt mie tsl/Mlmi ithdnrmtfecMpiw- »«Hlftdeitf»^et la liiHe Mnikovaine iqurotrè- Hiîett h -ville ^dupérievre. La |Mnrtie la phis 'dehuître est ' cooupëe piar le leH qià est^ destiné. à ^fiîire MBlrepoids. à là pnissaoee des Tents et des Iflots^ii^e oompese de llngeta de fer, de fome cubi^oè , ^appelés : ji/eu«f9 » déheaiiintîon rU- «zaïvedontiMiûS'ne cheveheroiispasrorigiûè, ou -deîpierree et deealUooxîqa'il ccmvieDt *de 'laver fi l'ean^doiice et de faire exaotemeiit sécher évaat -de les placer à fond de cale. Le le^ est recovrvert d^un planeher ùapimie forme ^n madriers 'moWles» qui doitent s'adapter assez exaetermentipoQr cpe les éraaaatioas de l'eàa quicronfrit dans la seniine'ne poissent avonroif issde que dpar tey puits et les ttqFaux de pompe , et |^iseaier une Incliàaîsoii telle que les* Kqaides - réf^mudus puissent troUTer un écDutement iacile -v^ars le nénie pokH-eéntnL Sur ce point repose Farrimaige^ combinaisim sataateiiqui consiaie idaM Pordinatton miou^le de tons tes objets id^pprovistomement^ de ttiamère à ceque^sba- -«ttnooeiqiela^I^laee qui lui «cmwientv^ sans :qne 4n ^oonswnnation sucèessive puisse nirire à la 'Stabilisé du bAtiment. Là sont oasés, dads «in ^rdre admirable» les tonneaux ou les caisses en fer qui contiennentreau douce, les pièces de -i^in^futocoitpenf oncoaiffariiment «fui^calier ^iqne iW lénne i elef^ e^^^or causé ; t )te bois fde ^4dtaiifiiige , tes vitres de sente espace i^leigrée- 4taetit>de rédiangev les oidrieé , les munitionside -fuetre , leSimai^handisesstc.iQvdcpie^mnUde U9ds ^ol^eu sont tof^s :dans des «maâas partiiMlters^iAmpappetlei^oiiABSi dwa^esimès sont -6«aetenient i closes et ifliiat tesr^sntrea isont» à -«Mr^ôie/^ iAarrimage 'Oaigedes ^ ^aposiiicns ««eues ^MTair puisses «ircoter eattre itfûtes les cMnies , ^t'iqlfon'p«isse au Jbessni dé^er>ûn -ofefet^iaiK iMmngeriesialitPss.'Sur la l^fB^oeanfrale dtt^ natlre sbM dispesés d» fcorpsf'dé ^|M)ttipe^ ^1 plongent dans tav^sinaiM désigiiée ' |A«»«waMf«n«rment<suwleii«Kde|N^ -"Wêpott^i peint MDUis^ccaniakBt^lMrisawQLiiai ^ffMiéimit ^dMs la eale^'Oet'Bwixrfqulfro^iefl- ^kiimt àê la flkracioailQSla^mensm* teiÉloMiii9i^ <4lN)it4«(ges, deVinvasiioadesAocs parles écdutil- <4(i^i^ taf pliliet^ de^ latlkgwdes^ehbles (Inmid^ Âdè - Dit di^riâon de »d^ ^es «oneaiix^ les ^«imL^ni dîssol>imit PcadiraoUrdiit bois^^^laorouille *<^ botdets^eiides'ttisses etaiiwifMl^d'^nfii- -Wiéé^nt 4a ^éale^ est le /tifceptàole y^ «aè^MÉi* J fent pir la sfta^atiw 4^ ^épMtâi (déWtètaa , -%t a^[>Mént une fliaigeHiiOfriire^isenieitaie <:«btirc<è^rpétiièlle> dlMeetiè», ^nles «lowe- 'Hiens* du na^fiire 'et^^sa l]Moin*,fea«îfder9^ -lifctM adaptés an« pardisnde la «nie, n^ favorisait la liquéfaciibn et la seustrai^ioo , au moyen des pompes , ajoutez à cela que cette- partie du navire ne reçoit l'air et la lu-

-UKèiieis^^dM^haa^asfniriMe seide (mmiiré,

-Mspond M'''poIftt*eeiicrU de la plate fbHtie. ']Kdas verrons plus i tard ^ets tùnt les moyens 'que l'art peut opposer auit^^uses d'imMcibrRé dont1ai»}emt la source.

Sortons de «cet^antre obcur et mëphttiqlie,

)oà l'on 'respire à peine, pour entrer dansée

/atiir'jKMi^. Abord des navires sans batterie* dôli-

verte, le fa«9k>pont est , à proprëmeftl pailler ,

le doffltdle de réquipage ; c'est là qrif <;6uche,

mange et travaille dans les mauvais t^iinps;

c'est là que se trouvent la tuiêine, iefoitr^ la

-fmiAuse^ le^fMgaÊtngé^rul^ le poiêé ii^ màk"

'de$ : Tartière est occupé par le Ibjfèmèn^^Ae

V^f4Mijor ; ndus reviendrons sur ces "^détails

qui mëricent une attention paniotflière. £e

faux pont reçoit^'air et hi lumière par phmefti^s

ouvertures rapériévres dont trois principales :

nnet«urt«Hère-qui conduit au Ibg^m^t'^diss

oMeiers, uue éu4idlieii qui est le ^râfââ pMa-

neau, une troisième sur l'avant, qui corres|^^^id

-kla cuisitie. Les parois Paierais du làta pont

^sont percées d'ouvertures plus ou ^oittS*^mM-

ti|][liées, oiiyèrtal*es g^Mies de i)m^^ 9mitk-

^ftNrei fixes -ou Mchussés dans des^tiMM,

^petites 'fenéttes canrées qtrV^n tiém ^olivettes

lorsque la -mer est belle. A bord des ^aviMs

é batDSftes dbttvi^rtés» Karrfère du faux ^t^oM, ^eét

(occupé ipar là ' Séiim^BûÉrU dihis • laquelle ^tÉ-

vraift'dMx «s^beMs %eri ^xMieMrent puigsMU-

meut à' la salubrité dafMk:p^]lnt.

Les ^étages mipMeurs des ^ait^eaux de cNgne, fi^é^es et ^rvettès co^itaent -tes 4aii^Vr4)hse dépMe Oè fèmrM^ei^ippiiifèil de denx^Vkttgéës de eauéns ; mats qtiS nou^ 4uté* 4ie«9em^^lusi'part1<iuHèt'«mént ^n4cè i^^ltos -teanplissMi aussi les «^geBda'fau^4ënt 4m «avires^uMvieurs I k^r on 'f^tc^m^ la'<$ÉMbë ; «*ifritaL^i des logement j^r Témi^afor, et 4eaiMaieléts)riMaiigeiit,']r'0otldbëiH'^ 3^«ilci^|. lent ^mme idaus le ifa«r^)iént , Ms^ iiMwtimeb

deatimkrs> à i^evtïf l^eMbèMburb^Qlë^^èi^ d^anfilteriev ^t <ilir)Mrio#iWO^eifeMT(ë à'^mtë -aU' moyen #es mm n étêi ^\ o«« subtfMfe^'lé^îptaa.

necmx ^ti^rieurs, qur^iTdkft pvcfs^ètolfm^

mNrem vdèmient à ¥«)r^ti a^èi^fiàlc^dMiiia

^:fbtbkn»en>-jdîiÉft« à^l^ëtld^è^ Mi^qtMstMè de f i%m»ètë (fù^ôtt d»S«¥vë «hW le#{I«l%él*tes {4Wt ide> b€flleSJ«'«Mdl%ie^«LftàS>t#lMr^ dl^tlt-

'•ff#iÉ<arfi«HHis^^iiii sin \é pm défit la'ti^-

lomMiiMée #MtiWHë(^ftr%Éiknltti^ailte^il^

*laqtiellë %«^bll<^«Mue)0mflK^éè par^te« «««».

<«f^jf»SSJ'(^lM«B<l^fom»'otF >SëU|il«géè fi9fi»t|Mn-

(M^^4«f l»(]pit||9aifè; 4%ete ftWMIHe 'èsC< QHfèbi -pevcée de sU>oids î pou^ les pièces des 'ijiaUhtiê 'd'ùwi^ni eid*arriiPê qui <^ihmimiquent l'un av^ -Paulin piH^lèsi|NM«s^Ml^f paèsaf^qiObcMlMlt

I^RANCE ll!lKl1tlIE.

lesi^A^éd du gnittd pameaii/DeâifofiNRf praii-

. qués au tihreau du poBt servent à récoulemeiit

des eaux; il en exidte desemblables dans les bat-^

, teries. La dr<)meoiisoBt les faisceaux des màtset

vergnes de rechange, occupe les c6tés du grand

panneau au-dessus duquel la chaloupeestcomme

suspendue; à rexirémité du gaillard d'avant et

sous le mât de beau^pré se trouve la poulaine

. ou latrines des matelots ; l'extrémité du gaiUard

d'arrière est occupée par le coMTonnemài^surles

côtés duquel sont les bouteille$ ou latrines de *

• l'état-major; le gaiUard d'arrière des vaisseaux est surmonté de la dimette qui sert de logement

. aux o{ficiers supérieurs , la mature et lé grét-

. mtff>l fournissent peu de considérations relatives

à l'hygiène , bornons-nous à rappeler que pour

. se préserver de l'ardeur du soleil , on est dans

l'usage d'installer des imUeê et que pour éviter

les acclilens que peut causer la chute des corps

^ gravés on établit de mèipe au-dessus du pont des

, espèces de filets désignés sous le nom de edêBe-

Ponv ne pas interrompre cette esquisse à vot- ". d'oiseau y nous nous sommes réservé de revenir . sur quelques détails d^importance majeure, tels sont, 1^ La cuUine et le four. La plupart des .voyageur» ayant constaté les avantages de l'en- : iretien des feux dans l'intérieur des navires, on a jugé convenable d*y placer ces appareils qui d'abord étaient situés sur le pont ou dans la .batterie supérieure. Aujourd'hui le four occupe le faux-pont des frégates, et la première batterie des vaisseaux à bord des navires sans batteries, la cuisine et le four sontsitués dans lefaux-pont, afin que la chaleur qui en émane favorise le dessèchement et le renouvellement de l'atmosphère humide et viciée de cette partiedu navire. Voilà Hjni est bien pour les navigations sous les latl*tudes froides et humides ; mais dans les climats chauds , cesnouveaux foyers de chaleur rendent le séjour du faux-pont insupportable , surtout -pendant la nuit , lorsque l'équipage se trouvé entassé et que les écoulilles sont fermées ; ajoutez à cet immense inconvénient celui de la fumée et de la production des gaz non respira- . râbles engendrés par lacoml)ustion qui s'alimente du peu d'oxigène de l'air ambiant ,* et le .l>ienfait des foyers permanens de chaleur dans Je faux-*pont restera pour vous un problème dont ce n'est |ms ici le lieu de discuter les élémens. ^ Lh^al xmpi^le d€$ malade$ , à bord des navires sans batteries, est situé, dans le faux-pont', par le travers du ^raud panneau , , il faut faire ici de nécessité vertu et convenir ^que iualgré les incommodités du local il est impossible d'en trouver un meilleur; mais nous devons des actions de gracies au régleiuent de |g2K « qui place Thôpital sur l'avant dé la l>at-

• terie ^les grands navires : là les niaisidessont^ ^autant que possible » isolée du re^e de 1*4-

qttipage«t tMft k mMde.y Mgue^ JJu jeiussedt de Tair et de la Imoniére (fent le médeein a besoin autant qw le malade , f>ourFappréciatioii des symptâmes; et bien que le f racaa et les inondations de la mer; lesseoeusses du tangage , la (innée de la cuiaiâe , la manfiBUTre des cables soient encore de graves inconvéniens , il y a cependant bénéfice , en attendant mieu.

S^ En pénétrant jusque sur l'avant duiaiQxp<mt, vous pAcevez une odeur vmeuse .et nauséabonde qd vous annonce le voisinage de h eambuêe ou entrepôt des vivres eonrans. L'atmosphèredece réduit fétide^eomppsed'air non renouvelle ou brAle perpéteiellement une lampe sépulchrale et où se concentrent les émanations des boissons et alimens divers qu'on distribue trois fois par jour à Féquîpage. Si vous y restez quelque temps , tous courez risque d'en sortir asphyxié par rq)aisse et chaude vapeur qu'on y respire , ou enivré par les éma^tions alcooliques qui vous pénètrent par tous les porea.

A^ Parallèlement à la cambuse est le mofaiin général ou la foae aux lian$ , défioroination qui peut passer pour métaphorique bien qu'on y ressente peut-être moins de malaisé que dans la cambuse : ici c'est l'odeur de vieux chanvre « de goudron , de peinture et autres objets de consommation journalière qui vous saisit l'odorat.

&^ Nous terminerons par quelques considérations sur les emménagimens en général» Que leschambrtê de l'état^nsy or occupent le faux-pont ou les batteries, elles doivent être disposas de telle sorte que la ventilation soit le moins entravée. Il faut quel'airdela Sainte-Barbe pénétre dans le faux-pont par de larges coursives et par •des dair-voies uiultq»liées. A bord des vais- : seauxd'installation moderne , lesjchambres des officiers représentent des espèces de cages libres dans toute leur circonférence , et bien que cette disposition ait pour but de faciliter la siprveillance pendant le œmbat , THygiène y trouve son compte. Les écouiiUes^ source d'air et de lumière, seront aussi larges et nombreuses que possible ; les pmnneaua> qm les recouvrent seront^ clairvoie, ou du moins en châssis de glaces protégées par.des grillages. Des hiMre$ âevées, en dépit de l'élégance, formeront une digue k l'invasion de l'eau par les écoutiiles. Ce que nous disons de celles-ci peut s'appliquer aux sabords ainsi * qu'aux hublots, qu'on doit laisser ouverte aussi long-temps que la mer le permet, excepté pendant la nuit. Ces ouvertures doivent se correspondre , afin que l'air puisse enfiler directement tous les diamètres du navire, Qupnt aux dimen- - sions des m^reponis.&a espace^ compris entre les ponts supei|M>sés, elles. sont relatives ^ngabarri ou aux proportions des divers espècQS de navires; mais, en général, un b&timent est d'autant pUis sald^re qu^ ses entreponts sont plus spaefiottx. Enfin des ^e$les commodes et munies

FRANCE- miUTIlIBi

dé rampes on fife-^^l7w facîfilêr<Hit là circula* tion saris àccIdenC à travers cet îninfônse labymthé dont nouis n*avoris esquissé que les détails principaux et nécessaires à Tîntelfigence ; des préceptes que nous aurons occasion d'établir.

FOKGBT.

NAinrRiLGi;

^VLX la càk h'^fxiqtxe.

La nuit était faite; l'air était encore plus froid qu'il ne l'est h^ituellement après une chaude journée sur. les c(^tes d'Afrique. La lune » dans son croissant , presque sans cess^ voilée de nuages » ne jetait qu'à de rares intervalles une clarté métallique sur la m^er que creusait labrise. Le vent » S. 0. drossait si violemment vers la plage, que Je Woodrop^Sims fut contraint de se mettre en triavers, pour se maintenir à l'entrée de Great-Fisch-Bay.

he Woodrçp^Sims 9 était im des plus grands baleiniers que le Havre avant 1830 eût envoyé dans les mcirs dn S^. Fin de formes et puissant dç tonnage, iloffrait tous l^s avantages que. pouvait désirer la navigation à la quelle le. destinfiient ses armateurs; 500 tonneaux d'huile, recueillis en 10 mois , lui avaient donné son premier, chevron de pèche. C'était sous l'augure favoimble de cet antécédent que commençait sa seconde campagne; tout semblait lui promettre un prompt sucoàs > il était à peine arrivé depuis qiielques jours sur les parages fréquentés par les. baleines qu'il, en avait déjà viré six à son

bord.

Cependant il n'avait encore pu trouver un bon

mouillage ; les, baies qu'il avait tour à tour visitées étaient occupées par plusieurs bâtimens : celle ^Samfe-ÉlitiakemfW.nnhfigXmévicikin et le crois mats.du Hàv re , le Courrier des Indes; V aimable Marie et le Vaillant avaient jeté l'ancre dans celle dAngra Piqueana, etc. 11 avait donc été fofcé de continuer à longer la plage d'Afrique t pipge nue, aride, brûlée et dont les mornes de sabler n'ont pour rompre leur monotonie que des bandes de chats-tigres et rarement qijijelqne panthère,

^ A chi^que instant. la nuit devenait plus obscure^ la brisQ plus fraiche, la mer plus dure; ver» lê».4 heures on yenait de s'assurer du fond , e% 1^ sonde donnait dix brasses d'çau, lorsque Ton' crut entendre des brisans sur l'avant du navîre/Le vent halaît le sud-ouet, le navire tri-

J)ôrà-^mîiresavaitbeaûcoiip de dérive et courait rdt^oità terre. Bientôt on! ne .douta plus que le ' bleuit qu!o)[i..distiguait dans la partie où l'on sa* > v£lit qne.devait être la côte ne fût celui de forts brisons... Aussitôt Tordre est donné dé virer de ' b^rd, I4 voilure ne permettant pas de le faire vent devant et la mer étant d'ailleurs fort grosse , on ' halla la barre au vent, on diminua de toile der- " rière... mais il était trop tard; le navire,. qui ^ alors se trouvait déjà dans une barre, fut poussé par d'énormes lames qui le firent toucher si ru- . dément que dès ce moment on put juger que tout Jetait perdu et que rien ne pouvait |e sauver!

À ces deux premiers coups de talon , aux craquemens horribles qni les accoropagqèrent , .tout ce qu'il y avait d'hommes endormis à bord ' se réveillèrent saisis d'effroi ; les uns s'élancent en haut demi-vètus , d'autres cherchent si cette affreuse réalité n'est point un reste de leurs songes inachevés; on crie!, on se rue, on appelle les chefs; en vain ces derniers jettent quelques ordres dans cette confusion... et la mer couvre déjà l'avant du navire; d'énormes lames viennent en grondant se briser avec fracas sur le côté incliné du bâtiment et emportent avec elles les débris de tout ce qui se trouve sur leur passage... Et ne pas pouvoir s'assurer de la distance qui sépare de la terre!... M'y pas voir assez pour distinguer quelques rochers où se cramponner ! quelque espoir de salut sur du sable !... Une désolante obscurité , la mer seule qui toute phosphorescente se brise en millions ' d'étincelles aussitôt évanouies qu'entrevues et ' qui ne projettent aucune lueur sur cette scène de désolation! Le navire, après avoir talonné ! d'une manière épouvantable, s'inclina dans le . vide des lames , renvoya sur bâbord , puis bientôt au large , en livrant à la fureur d'une mer dé<^ chaînée son vaste pont , sur lequel il y avait bon nombre de pièces d'huile amarrées.

La première lame qui tomba à bord enleva cinq embarcations ; bientôt les pièces d'huile , dont les saisines furent rompues, partrrent avec . impétuosité , et traversant plusieurs fois la largeur du pont, roulèrent sur quelques malheureux , premières victimes de cette horrible catastrophe. — > Ou entendait leurs cris plaintifs et mourans déchjrer l'ame de cetix qu'ils invoquaient et qui n'auraient pu sans; danger de mott s'approcher d'eux. Bientôt les secours leur de ' vinrent inutiles, car leurs cris faiblissaient...» ^ C'était un nom jeté à la pitié, mais que le sentiment de la propreconserva tion faisait glisser sur : le Qceur à mesure que la mort devenait plus me- ! naçante....

• Les lames qui se multipliaient balayèrent . bientôt le pont de tout ce qu'il portait. Une plus tfurieuse et plus lourde le défonça même ; tes I hommes dont aucune blessure n empêchait la

FRANCBiIfllMnilffi^

ét^illMimiriii ^ uifrbiAaMiiiaiteettTafeppaUidb^

hanbMAf les pieds mm et^adolorift^» coupés, piuc I6tot9l4diine6j^.rttpim«t9to«d'uii..aîiftple panU^ lott^qudf^wde mero^ipllqittîiâurlwm forais ^ loê; pnwtas mariiift^saBi biu^ Mnft.consolaiioa.» càfippAMiaBtà: la via leurs, corp&.gbicé&f et. mftiicUiif ei leuntéie^ïluKgée des(diis«iiiMtreft peuséasi: déèfi&.d'horaine«âltuûbési.dt6jdëbris que broyait leiQwfrage. Que de doulâi|r&, dns ce^ tètes que. gkiealt Jsl présence de lamonl ici un instinct de conservation pour une mère , une amante^ uu enfant ; chez d'autres de&'Oris de douleur» de^traits>contraciés paroles angoisses^ lë désespoir, expansif. qui soulage; plusloiuv une morne torpeur , un silence de. cadavre... les OBglea crispés sur la pokrineu... oubieuehez. d'anittes encore des/cbantabachiques^des chants d*-apio«r.... L'ivresse ! Ikns la. confusion ce fui let premier jnstinot animal cfacO' eux.

Lansqueles palpitalions^da cœur le fantbat« troiviolfameiu coolns notre poitrine, lorsque les douleurs physiques soat<parveMies.au point d'Atve i^toléraUes, la sensibilité s'éteint, les souifmnseS'dtt'COfps-ei.de la pensée nous aban» domient« ^^cTestunioliaosv . .cesont-d^s régions inooi^npes où. l'on flotte étoiirdi , bonlowrsé , mais sans4o«l«qrs.

Puisvîoatle réveil» car cet état^Ka hi^ati an maatale et physiqaekuo' dure pas. Et pourtant! Dans ces instans rapides où tout l'aufoui d'un honme consiste quelquefois dans l'intervalle que mettra une lame à se briser sur l'autre > si l'on veut se raidir contre le désespoir^ échapper à cet ablmeoù suspendu l'on toembie ù chaque rafiale, il faut s'isoleV' de toutes les alTectioM du cseur. C'est un-renoncement auK facuités mo^ raies*, tout au profit do celle-ci : l'espoir L.. Il faut que les forces animales luttent contre la nrnrir juscpii'à ee4|ue, vainqueur, la lame vous jette sur lapbg^; vaincu, les flei» vous brisent le crftne contre les roeiiersK..'

Enfii, après deux heures d'ineitprimaMes angeisseet le jour parut* Avec- quelle avidité tous les jeux se ^Erigèrent alors vers la terre ( Quelle impatie«4^ de voir s'éclaircir ce tte brume épaisse , peur juger de la distance qui en séparait I Les yenablmés par Feau éalée , les nombres raidis deiroidt e'étaità quifcmitpénétrersa vue au travers du crépuscule, pour la signider aux autres avee so» reste de vont Ou l'a)^rçut bientôt, maïs à un boa mille 9 on en 4tait sépané par des barres ei.des brisans où la mer s'^engouffitilt et volait en écume à une hauteur prodigieuse. Ce fat alors qu^ou put juger de la vrate position du aaw^; les * trois . màtii el le beaupré* rompus. — » Le pont déCimcé , — » Le eale presque vide. -^ Leaavn e entouré ^e ses débris et de sa car-

aaisaa»Aielamar<baUaiL^ /ftatcoehiviuaif fit hrii- r sai^;è| u|ir*gKandr^pace,^ doutée; c^re, étwi 1 e restft de «e Jsieaii i^viré • .avec mèlquei mà^r heui;êuxt^efi^ansf ^ les.re|^iEdi»i^^ msTf d^ destjfuctie^

Et puis au loi^ le soleil se levant derrière les grands sables jaunes , puis se voilant de nuages lourds et à peine de temps en temps traversés de quelques rayons !

On essaya pourtant de parer une embarca* tion, la seule que la mer n'eût point brisée complètement; avec des peines et des précau* tions infinies on parvint à la mettre à la mer, et six hommes s'y élancèrent» Ils^'éloignèiynt de quelques toises; mais bientôt deux énormes lames qui, se rencontrant se brisèrent l'une sur l'autre , matèrent à pic la pirogue , dont tous les hommes furent précipités à un seul bout ; pourtant elle ne chavira pas y mais* une autre lame inévitablèla remplitd'eau et la ren*,; versa. Alors les six malheureux, vrais jouets des flots, furent tournés et roulés selon leur caprice avec le sable et les pierres 'du fond» A la surface , le courant terrible des brisans les entraînait , impuissans qu'ils étaient avec leur»membres glacés; cependant une longue laine les enveloppa daiis son tourbillon > puis étendit et laissa sur la plage quatre d^s hémmes de la pirogue. Les deux autres ne savent oonmient ils sont parvenus à terre.

Deux pores et^n chien> enlevés parles pi^»

mieiis coups de mer, étaient déjà sur le sable*

On avait inutilement essayé d'^établir* ua va-

ët^vient; la pirogue avait été brisée avant d^étre

éloignée du navire^

Beaucoup d'hommes se jetèrent à la mer ovec l'espoir de gagner aussi à la nage^ ou & l'aide de quekfne débris, cette plage eu déjà quel* ques malheureux étaient parvenus.*— On voyait • par moment des pièces de bois su^ lesquelles, des hommes se tenaient aussi fortemeat que le permettaient leurs forces épuisées ; sur le sôn^ • met (d'une lame, ils pouvaient voir ^ terre, à peu de distance d'eux, leurs camaradea^ les • mams exténuées, qui leur tendaient les bras»

et, quand ils s'abiniaieut , qui^ se précipitaient ^ du eèté où ils espéraient lés voir reparatiire; mais que de fois les trônons de mâts revinrent seuls !.... Et pour arrièrerplM è-ce déchirant tableau, un pauvre, navire rongée dispersé, englouti parla mert (^elques hommes arr^,^ valent pourtant encore à la nage » après- avoir < écliappéà mille morts ,^ parmi tous lesdébliS}' et objets de cargaison qui jonchaient da rive« — ^Eôfin deux heures après'lé navire était couvert par la mer , et »l n'y avait phts d'espoir pour ceux qui manquaient*., et il manquait quinso' honmes. Et parmi ces quinze tous les olliei^, excepté le capitaine américaia> et le obirurgion navire.

Pf(i/k{«6E4&^TliaE.

itofte fiibMtfateUt ^hysKlue. Pab«tt<lnieiit i «•m. iGkeE mAciuk Ifotnnfès, duas ces âë^ | sastreases coiqoBOUU'cs-, l'a)A<e s'iiéfeèt^ , 'et j JSnllftwinec'iââirfâeeiioc le tableata déchfrent j 4fii fieaoMr»; Mais îles besoias animanx ftmt •^ifin 'WSBMk< eeton&li de sOHto^e , et l'on mHlt'bieiicftt aasmiiment deses douleurs.

'Am monoM obJe'nhvfre aTàit tionnë «on pré- (niercoup'de'talAi, ««ssUftt .qne t'oQ TtValt i^e< ooaaB M positioD, qneiques personnes aérant des intérêts cherra à conserver ïrvâieiit voiïio essayer ^le ne s'en point séparer l'iMais dansve ■èaHotiemSD t des corps dans < les graittles' lames, tous ies objets légers 4ont en s'était muni STsieNt été dt^»èi'Sés. Reniement nn objet prëcîeiixponr des marins datts une poshion aussi 1>énAlc fut Qo bri<piet filiosphorique , dont le nfaikuvgien wail ea ta présence d'esprit de se |Mnrv»ir , et qae son poids avait retenu dans la ! -pnehe de son pannAm de toile. I

fin fusil de chasse avaicanssi'élle 'amarré sur : «ae plaacfas , malis il' «e vint' pas k terre. '

Si l6»SBbles d'Afrinfac n'ontfpoint de YCrdure ' A-étater aincjteux, Ms' portent des tAdfTes de. Jbrmtaaillësi ari)r«snatnB sattS strtv et sans vi< '^enriT»!' se peuvent s'élêMet'nî'TCrtKr. — On ^D «bautit «n HMmûenu, ^tost-Jaitlitbieatdt une Stùme^viiteet pénétrante; lés infortAnés auxquels leurs/bleuures retn^tiesile'BabtG et ie 'froid a*raetoiR«tit- dés "plaintes ftoebt étendus yvèsde ce foyer,' oji [teuàfteu leurs membres I -«ngourdisirèprirenf leur'soupiesse. — Leurs! -plaies, lavées etnétoyécs avec dé l'eau de mer, «nfurent soafa^es; d'autres plus alertes a\-aîent ■ttanvé sur la plage , parmi- les débris dont elfe jserlKHWlait, 0n petit baril d'eau-de-vie qu'ils dé-l 'foaoèreat, et'bientôt cette Scène de naUfra^el -conte parsemée des débris tout frais de leur! ttiHTÎre , couverte de» oerps mutilés -deleirs ca^! -MMradesqaéleslamesat^portaîcntety laissaieeti 1^ ' sec , ' FêteflVit de- citants 'divressc.... et des' -flflbities faibles et'dbleittes des blessés... C'était: >4i{deux t I

'lie reste de ce premier et terrible jour âe\ ^Mrvfrage s'écoula entre les Souffrances et lesj 'fMivations do toute nature.itiea encore ne pou-l ovltît donner c oh fiance dans l'avenir; on Savait la oôte fréquentée par dés naturels ; mais igno- ■raflt et leur nombre et le»

avait k redouter qa'areTtisi 4lâ'ne devinassent que f|iié .ordinaire se passait sur le 1 ! de 'leS' voir arriver en noibUr ■JêWBà tirer parti de l'état ( vd^ntiement «à étaient les -unit qui suivît cet affreux l'bieo crnelle. Le Teu bien .■d*uD côlé-cCBXqné le fToid ■c»r c'est an ëponvantable cl -«6te d'Afrique ! Le jour , à 1 TOMB I».

et brAlant échauffe ces plaines de sable, qui dans l'intérieur mulement conservent quelque chaleur pwir'latiuùt.'maîsaunvage, insupportable daïis le milieu du jour, la chaleur fait bientAt plùce à uoe-bcume faumideet fcoide qui s'étend sur la terre et «ur-ta ner , et attiédit, puis glace l'atmosphère. Les nuits sont longues, et le matin cette brume n'est dispersée que lorsque, par une transition subite du froid au chaud, le sole?! qui se lève derrière les monts'la dissont de ses rayons.

Dès que le jour le permit , on fit quelque ■reclierétrts qui Parent heureuses. Après avoir cétoyë pendant quelque temps le rivage, on aperçut un boucant de biscuK, trouvaille «ans prix pour les premiers besoins des iraufragés; en le'roulasur le sabte , n'ayant point dTautre moyen de transport , et après des peines infimes, on- parvint à le rendre au pointde réunion, et comme d'autres hommes aïaîent aussi trouvé une pièce d'eau, on fit un repas id)ondant dont les marins, atTaiblîs par les sotiffances et les privatioos ,avaTentie plus grand' besoin.

On continna les recherches pendant la nuit.

'hb Mer était tAon totalement ' tombée , et sur ■cette plage éoute jonchée de ntits, de vergues, 'deftkinches, debarriqnea et d'antres agrès , il devennï^&cfle deehoisir ce que l'on jugeait nécessaire poiii^le^besoins de Fous. — Une circonstance des ^lus heureuses- vint encore raiiimer 'les forces- des naufragés; on trouva une barrique pleine d'effets de mer, appartenant au ca* -pitinVie; ee-fm une inexprimable' joie. On fit aussitôt 4e partagé : -c'ët^ten partie des effets 'de htine , dont la possession inespérée fat vivé- 'Hient apprëdëe. Ce jonr-IA, on' trouva «ncore ■pi

di

(Dam un procbsin article, en cobtîuuaot les détails àe ce ariittge,' netu hrûnii connaître à nos lecteurs Ici tri- -iMit-GCHiiHiM MUle nomdeitottentoU.'qUi MHit dUpei- '^steinrUcteMcidenlak l'Afrique, et ave* leiifBeUet nos h i Wnw ii Itatfwen. «Mt en Mpports Mquini *uw Jei.lMi«i'<Hi iUpraliqueDt iBnryècbe).

Jûles-Lecomte.

FRAMCB MARITIME.

U est mouillé sur la rade de J^resi , à peu près où était son ancien, amarré avec deux ancres de corps-mort , auxquelles venait en aide » dan^ left gros temps» une troisième ancre qui n'était pas toujours l'ultima ratio de la prudence de notre bon commandant. Ce vaisseau s'appeUe l'Orion; le nôtre» celui que j'appelle son aumm et quiipar son âge» autant que par l'époque oùil servait de caserne aux élèves de l'école spéciale de la marine, justifie ce titre, le nôtre s'appelait le Tourville. Son frère de Toulon portait le nom de Duqueme.

Car alors» il y avait deux écoles spéciales»

l'une à Toulon , l'autre à Brest. Chacune de ces écoles pouvait admettre trois cents élèves ^ qu'elles ne reçurent ni l'une ni l'autre cependant» parce qu'on vit qu'il y avait exagération. Le Tourville eut plus de deux cents pensionnaires ; je ne me rappelle pas le chiffre » mais ce que je sais » c'est que le Duquesne eut un personnel étudiant moins considérable. Pourquoi cette différence? je l'ignore : d'ailleurs» qu'importe? Le document officiel serait ici de peu d'intérêt.

Quarante élèves suffisent aujourd'hui au besoin du renouvellement annuel d'un cadre » qui chaque année perd un nombre déterminé de sujets, promus au grade d'officiers. Lesélèvessont plus heureux que nous ne l'étions t Us ont un avenir certain ;'au bout de deux ans de grade^ils sont faits, de droit, lieutenants de frégate. lN[o$ chances étalent moins belles; on devenait enseigne de vaisseau quand il plaisait à Dieu» à l'ennemi, et à M. Decrès. U y avait des aspirans à barbe grise ; il y a maintenant des officiers qui ne se sont pas encore rasés. Le système actuel vaul.-îl mieux que l'autre? je n'ai pas cette, question à résoudre; il y a de bonnes raisons poui^ et contre , comme dans toutes celles qui partagent les hommes d'expérience.

L'Orion n'a cette année que quarante élèves ; mais le nombre sera porté à quatre-vingts environ , l'an prochain.

Les élèves de l'école navale ne demeureni à bord qu'un an: c'est trop peu; nous devions rester trois ans sur le Tourville .-c'était trop, peut-» être. Au fait » nous y avons été retenus trois ans et demi. Dans l'ivresse des fêtes de la restauration » on nous avait oubliés ; nous vieillissions à une des extrémités de la Frâ^oftv'saoê^on se doutât à Paris que nous existiom , tôtatrpréts à commencer la carrière active de la marine. On

s*en a(yisa à la fin» et le 10 février 4815» IL le Comte Beùgnot neus fit la grâce de nous âever au rang d'aspiraat de 1^ classe !

Des épandettest.... Les premières épiralettes^ fus^i^t-^lles barriolées d'or' et de soie blese, comqae les taquineries de l'amiral AUemmit nous lesavait faîtes, c'estunebiea belle chose! Aussi que nous étions heureux! 11 faut avoir éprouvé cette jouissance pour la bien comprendre. A plusieurs d^ mes camarades, la vie du bord avait été pénible» ennuyeuse ; ils recouvraient donc la liberté avec joie; moi, j'étais content pour une autre raison » car la captivité du Tourvilk va^stvait été douce ; je ne m'étais pas ennuyé ua moment. Ce qui me charmait dans ma sortie de l'école » c'était la pensée qu'enfin j'allais être quelque chose dans le monde! Aspirant de 1*^ classe! il n'y avait pas de quoi être bien fier; peu de considération s'attachait à ce titre dans les ports où il fallait être officier supérieur pour tenir un certain rang ; c'est égal , ma vanité était satisfaite : j'avais une épaulette et un grand ^ bre ! j'ai toujours su me contenter de peu.

L'école de la marine est encore un de mes meilleurs souvenirs ; je me la rappelle souvent avec délices ; j'en parle toujours comme d'un des plus agréables passages de ma vie , qui a été agitée ensuite plus que je n'ai voulu. Quel repos d'esprit» alors! quels doux rêves d'avenir! quel bon sommeil après de salutaires fatigues! quelle foi en l'Empire et en l'Empereur ! comme nous étions surs de notre carrière ! Tués ou dé* cprés de la croix d'honneur, c'était noire première chance ; et puis , monter en grade , être capitaines de vaisseau, jeunes, comme quelques jeunes capitaines de ce temps là qui s'étonnent aujourd'hui de l'ambition des lieutenans, quand à près de quarante ans ceux-ci gémissent de n'avoir p^s même l'espérance de doubler le cap à la grosse épaulette!.. Tout cela est bien loin de moi! je sais ce qu'il y a de décevant dans les folles espérances que la jeunesse se fait couleur de rose ; j'ai mesuré le vide de toutes les pensées ambitieuses ; j'ai connu ce bonheur vaniteux qui était comme le terjme de mes désirs d'homme de vingt-ans, ce grade d'aspirant de V^ classe qui me coûta bien des mois de travail ! eh ! bien je recommencerais, quoique je sois heureux maintenant : il faut dire que peu de mes camarades auraient le même courage.

Mais je quitte le Tourville, pour retourner à VOrion; je reviendrai souvent de l'un à l'autre.

Nous devions donc rester trois ans à l'école; le décret du 27 septembre 1810 l'avait voulu ainsi : une ordonnance de 1830 qui créa l'école navale de Brest à l'instar de l'ancienne école spéciale, détruite, par la restauration, limitait à un an le séjour , à bord du vaisseau , des élèves qu'un embarquemejfit attendait ensuite dans le grade d'élève de deuxième classe. On comprit que 'te

FJEUNGR MAEITIBIE.

temps était insuffisant , et qu*à peine les jeuHes gens pouvaient prendre quelques vagues notions des nombreuses branciies de la science dont le programme les écrasait ; et Ton a décidé qu*ils seraient désormais deux années à Técole flottante.

Et» puisque je parle des ciioses qu'on enseigne aux élèves de la marine , pendant qu'ils sont sur /'Ortem, que je fasse donc la longue énumération des choses dont ils doivent s'occuper. Ils ont professeur de langue anglaise, professeur de physique , professeur de géométrie descriptive» professeur de littérature, professeur de mathématiques et maîtres de dessin ; ce qui ne fait pas moins de six cours» six objets distincts qu'il faut apprendre, et sur la connaissance desquels on doit répondre à un examen définitif! vraiment» cela est effrayant. Ohl que nous étions loin d'être aussi savans, nous autres enfans de récole impériale ! Point de langue anglaise ; sous l'empire on détestait les anglais et ii y avait une sorte de patriotisme à ignorer leur langue. Cependant c'eût été pour nous une étude précieuse» car nous avions en perspective les pontons aussi bien que l'avancement! Point de physique» point de géométrie descriptive; nous avions assez à faire d'étudier ce qui nous était nécessaire de mathématiques pour arriver à comprendre les problèmes de la navigation; et nous faisions des sinus et des cotangentes pendant trois ans! La physique et la géométrie descriptive sont très imporiantes; mais au sortir de récole» les élèves en savent-ils vraiment beaucoup ? De littéé-^ature , comme dit le programme un peu trop pompeux, je pense au chapitre des dénominations » pas l'apparence » non plus ; et je l'avoue c'est surtout ce dont nous aurions eu besoin» au sortir deslycéesoù les études étaient Men loin d'être ce qu'elles sont maintenant dans les collèges. Qu'un maître de langue française nous eût été nécessaire ! et vous voyez que j'en rabats furieusement de la hauteur on les choses sont montées aujourd'hui; je ne regrette pas un professeur qui nous aurait enseigné la littérature ; — qu'est-ce qu'enseigner la littérature » s'il vous plait? Enseigne-t-on l'éloquence» la poésie» Fart comique ou tragique? Je crois qu'on analyse des orateurs» (teft> auteurs de tragédies et de comédies, les poètes didactiques ou autres; mais on ne saurait enseigner à les imiter. On enseigne le mécanisme des vers comme on enseigne la formation d'une formule algébrique» mais voilà tout. — Ce n'est donc pas un professeur de littérature que j'aurais regretté» mais un maître de langue française» homme de goût» sachant assez l'orthographe pour la montrer à ceux qui ne la savaient pas du tout (et ils étaient assez nombreux), s'il est vrai qu'on peut donner des règles générales pour une chose qui souffre tant d'exceptions; un maitre de langue qui nous

! aurait hi de bons auteurs ^ pour nous inspirer le .goûl de ces .lectures précieuses et nous faire comprendre un peu le mécanisme si difficile de notre langue si belle et si rebelle , comme disait Diderot. Au surplus» je suppose que le professeur de littérature de l'Orion n'est autre chose que le maitre de langue dont je parle» et c'est une bonne pensée de l'institution nouvelle d'avoir donné à l'éducation des élèves un complément un pen littéraire.

. Quant au dessin» nous l'apprenions aussi; c'est-à-dire nous avions un maître ayant mission de nous l'enseigner; bonhomme» qui semblable à l'apôtre » donnait le baptême sans l'avoir reçu! Hélas I s'il avait fallu que ce brave H. Houbler, professeur à l'école impériale de Brest, eût dessiné une tète ou un torse en concurrence avec le plus mince des élèves actuels de Ingres » pour défendre son titre» que serait-il devenu,, lui qui n'était pas même de force à lutter avec un des plus faibles rejetons de l'école de David? Mais il était si exellent» sicomique» sibanenfanif il nous foisait rire de si bon cœur avec ses allocutions un peu folles et ses drôles de reproches que nous l'aurions préféré à Girodet ou à David lui-même. D'ailleurs» qu'avions nons besoin de l'espèce de dessin auquel nous étions appliqués? Je me suis demandé bien souvent pourquoi M. Houbler m'avait tenu quinze jours à faire une copie coloriée d'une caricature de Carie Vemet? J'aurais bien mieux aimé apprendre à dessiner des navires» à rendre les effets du ciel et de la mer» à reproduire la forme exacte d'une côte et lesaccidens variés d'un paysage» à copier artistiquement et anatomiquement des animaux de toutes sortes » à faire enfin passablement de petites figures humaines propres à compléter l'easemble d'une de ces représentations qu'il est bon qu'un officier de la marine puisse entreprendre » soit pour expliquer mille choses qu'on analyse mal dans son journal » soit pour recueillir les matériaux pittoresques d'utiles publications «fruits de longs voyages aux pays peu connus* Entendu ainsi » le dessin est une des études les plus agréables et les plus nécessaires auxquelles puisse se donner un élève de la marine ; et je erois» par le nom du professeur distingué qui l'enseigne à bord de rOriofi, que cette dire ction a été donnée aux travaux graphiques cfe l'école. Ce professeur est M. Gilbert » qui dessine avec une finesse» une fidélité et un caractère remarquables les bàtimens de toutes les espèces ; artiste qu'un peu plus de chaleui* et de magie dans le coloris placerait à côté des meilleurs peintres de marine. 11 a un collègue que Je ne connais pas; mais bientbt il restera seul; bientôt aussi , des deux professeurs do langue anglaise et de mathématiques» un seul» dans chaque faculté » conservera ses fonctions.

Quand je songe que tout ce que les élèves sont

FBiiifCB aiàmnMB.

oUfgës cfapppettdK de Imfpe», de mathémoK ti|ue et de déissîn n*est p^» là moitié de et qpi'il fmit savoir peur sortir dm vaisB^au^éeoie et. en* ttfer dans la marime « je sui^ émerveillé d« tatent des directeurs de rétablissK^nvent et du dévelop* pe&ieùt de rimeliigenco des élèves ! Quel bon eitiploi du temps, qu^efte volonté ferme delà part de ceux qui étudient » cela suppose ! Si les rësuttats répondent aux espérauces qu*adA cooeevoir le ministre signataire du programme des .études , la- marine aura certain^nent de belles générations d'officiers. Je n'ai, au reste, qu'un vecHi h former dans l'intérêt du service de l'armée navale, c'est que l'école actuelle produise des hommes aussi capables du métier do la mer que le. sont, en grande majorité, les élèves des écoles spéciales de 18ii« le no les crois pas bien forts, sur les sections coniques et les difficultés intéressantes de la physique r mais je les sais habitués à manœuvrer un bâtiment, à le bien tetoir, à le bien conduire comme capitames, à le bien régir comme $ecfmd$ ; plusieurs ont obtenus dos succès dais l'hydrographie , plusieurs sont également propres à la manoeuvre et au maniement du calcul et des instrumens d'observations astroDomiques.il sont marins d'abord ^—^t c'est l'essentiel ; — ce qui ne les* empêche pas d'avoir des notions des sciences dont le concours importe à leur profession. Mais ces notions, il les oiit acquises depuis leur sortie du Taurville et dnDtêquesne.

:La partie de notre éducation qui nous pasoionnait le plus, c^était la partie pratique du métier; nous pensions que pour commandera des matelotsadroits, intellîgens, capables <Ie bien exécuter tons les travaux n>anuels> il fallait que nous les connussions, aussi faisîons*nous du matelotage en conscience et avec plaisir. Le goudronne nous répugnait pas plus que ne nous rebutait la fatigue des appareillages^ des manœuvres de voiles, des exercices du fusil et dn canon. Le Tourville, ce vieux vaisseau espagnol qu'on avait rebaptisé pour le placer sons l'invocation d'un saint du calendrier naval , dont le souvenir glorieux nous paraîtra toujours un objet d'émulation et de respect, cet invalide de la dernière guerre, était, comme je l'ai dît plus haut , aman*é solidement , ne faisant d'mitres évolutions que celle qui lui mettait le nez dans le lit du rent ou du courant. Il avait une mâture basse et un grément de frégate, dont Icsproporiionsétaient^plusenrapport que. ceux d'un vaisseau avec les forces des jeunes gens qui devaient garnir etdégamir les vergues, enverguer, serrer et changer les voiles , passer les manœuvres eouranteset capelenieshaubans, foire enfin snr place les opérations qu'on fait à la mer. Il flottait paisiblement , modeste, bien qu'il portât parfois la cornette du commandement, parce que notre gouverneur était chef de divi* sioo,— • et Dieu sait quels trésors de goémon

et 4e ooquitbgeB il amassa autour de sa earèife cuiirrée pendant su longue station en face du. goulet de Brest I Pour le suppléer, nons avions un navire naviguant , une corvette d'inslr«etien) un ancien je ne sais quel bateau à cul-de-pou(e, aux formes inélégantes, aux grosses joues, maté à trois mâts debouts, armé de quelques canons, et ayant nom \e Festin. Je ne sais pas d'où lui venait ce nom; mais assurément, il ne descendait pas du latin fesiinare (se hâter) , à moins qu'on ne le lui eut donné par moquerie ; car, c'était bien le moins pressé de tous les navires! Suivant le précepte dusage, ilsehâtaillentement, et quand la brise était jolie , quand il était en train , il faisait honorablement une lieue et demie à l'heure... comme un vrai fiacre ! Un jour pour nous être agréable , l'amiral AUemant s'imagina de lui imposer le métier de mouche de sa division , mais il ne recommença point. Quelle mouche en effet, que notre pesant FesHnl Une moucheà qui Ton a arraché les ailes.

Si notre corvette ne pouvait courir autant que les autres bâtimens de la rade , — et elle avait à côté d'elle la Diligente y la plus belle marcheuse de la flotte française! — ' son honneur n'avait pas trop à souffrir. Pour la manœuvre et les exercices sous voiles il n'y avait pas d'affrûnt, comme disait notre vieux maître Carel, qui nons aimait tant, qni était si fier de nous. Souvent dans nos joutes pour voir qui le plus vite aurait changé un hunier ou dépassé un mât de hune, nous avions fini les premiers : c'est qu'il y avait un ^èle en nous , une bonne volonté , un amour de la chose , une vanité intelligente dont on ne sut pas toujours assez profiter. Et puis, ce n'était pa seulement avec les matelots, de l'escadre que nous luttions. Bâbord avait son honneur à soutenir contre Tribord. Nous étions partagés en quatre compagnies ou brigades; la première et la troisième logeaient sur le rot«rt;i7/6 dans la batterie basse à Tribord; la seconde et la quatrième dans la même batterie de l'autre côté. Chaque bord faisait à son tourles exercices et manœuvrait la corvette ; et c'était à qui mieux-mieux . Je ne doute pas que nos successeurs de f Orton ne fassent aussi bien sur leur /ncon^ton^que nous sur le Festin; la jeunesse est toujours la même , ardente , active , poussée par un bon sentiment d'amour propre, précieux mobile quand les chefs qui ont à l'exploiter sont capables d'en apprécier toute là valeur.

Vous pensez bien qu'un vaisseau-école ne peut être distribué à l'intérieur comme un vaisseau de guerre. Les destinations sont trop différentes pour que les emménagemens se ressemblent.

L'Orion est installé à peu près comme l'était h Tourville; je vais décrire en peu de mots celuici, ce qui donnera une suffisante idée de l'autre. Je me reporte riar la pensée dans le Tourville; ' je n'ai pas vu VOrion depuis qu'il a été lancé , je

FAÙVEIC& MAftlTme/

ei&

! d»[ie4|iiepiirBnK)ogiè. Lés-gaitlards et In batterie de 18 da ToaniUk épientmal% armés, non pa» tont à fait ceipeadAm; cat, eatrelemAtdemis^ineetle grand inflt, était me large salis d'étude,- ferméepar de» cloisons à l'avant, à bâbord et à l'arrière. Aatourétaient nos armes; de cAié on avait pratiqué des chambres. C'est dans nue d'elles qu'un matin , nous ' trouvjtmes étendu , mort du poison , un de dos professears.' D'horribles clameurs conrurent à ce sujet, inventées sans doute par la calomnie pour déshonorer un vieillard, sans intérêt dans le trépas de son collègue. La salie d'études nous recevait pour les classes de mathématiques, quelquefois pour le dessin, pour le maniemeot du fusil quand le tems ne permettait pas qu'on montât sur le pont Mous y jouion»

aussi la comédîn ; et Cardin , le maitre-d'4ifttel du commandant , y donnait, aux canqnniers de marins , dos leçons de danse. Car il était préeât de datât t^—Vn prèvèt de danse sur un vaisseau, c'est quelque chose de di:( fois pins plaisant qu'au pi-évàl de danse de régiment ! -^^

Avec les canons de la batterie de 18 m les bouches à feu des gaillards , nous faisious l'école d'urtillerie ; puis nous allions à terre tirer au blanc. La batterie de trente-siK servait de logement. L'aumAnieret le chirurgien-major logeaient derrière , l'un à gavche , l'autre à droite. En arrière du grand màit était la ohambre du soas-officier diargé delà police, le capitaine d'armes, M. Davilaare, aujourd'hui capitaine' dans l'artillerie de marine. Sa charge était fort pénible, et il la remplissait avec mesure, convenance et fermeié.-OÎA-l^aiiRait peu, parce que les jeunes gens n'aiment guère les représentans de l'ordre et de la discipline; mais je me plais à lui rendre justice ici : il était trèsbien... A dreiteetà gauche, le leng du bord, entre chaque sabord , étaient des bureaux attribués à un certain nombre d'élèves. Les élèves de l'Orion doivent être plus au large qup uous n'étions, puisqu'ils sont à peine quatre-vingt quand nous étions près de trois cents. Des tables, suspendues au plafond de la batterie, où elles s'appliquaient avec des crochets , quand on les relevait après le repas, servaient au dîner et au souper que l'on prenait, par conséquent , assis. Le sîége de chacsn était unpliant de toile. Deux fontaînescoulaient près du grand cabestan. Des crocs vissés dan; les barreaux étaient destinés à supporter les cadres ou hamacs ii Vanglaïse , qu'on empilait , après le branlebas du matin, dans le faux pont, contre le bord et au-dessus d'une rangée de coffresvestiaires régnant tout au ton^ de cet étage du vusseau. Des chambres, des magasins, des soutes, et kl prison , occupaient l'avajit , l'arrière et la ntilîeu du faux-pont. Les cuisinos se trouvaient à la hauteur de la batterie de IB et

sHrl'arant; fenôtre à droite, celle daoommand»Ht et des officiers de l'autre côté, La cuisine du coHimandant-reconnaissait pour chef maitrc Hurel, un ancien rôtisseur du comte de Provence , à Versailles , avant la révoimion. C'était un conteur très-amusant des anecdotes de tancienne cour, et bien souvent je me suis exposé pour l'entendre à me briiler les yonx à la fumée de ses fourneaux. Il savait l'histoire fameuse du collier de la reine tout autrement qu'on ne l'avait racontée jusqu'alors; et il la savait très-bien, car il la tenait, disait-il, de je ne me rappelle plus quelle soubrette d'une dame d'atouis avec qui il avait été du dernier bien , quoiqu'il fut assez laid et qu'il eut des cheveux verts.

Les élèves du vaisseau VOrion vont quelquefois dans l'arsenal visiter les ateliers comme y aHaieot eeux du Tourville ; sans doute , ils vont aussi à terre faire l'école du b ; y al- -

lions, nous, très-souvent pen t fort

Saiiw-PiMTe était le but de n( s mi-

litairas et le terrain de nos e em-

barcations nous menaient au ,te le

plus rapproché du fort, et I» for^

mait en descendant à terre, i ,n jç

paysans nous recevait quelquefois les jours de congé : nous y allions manger du caillehotis ( lait caillé) avec des fraises que nous vendait la jolie ferwière, trop jolie pour le repos de beaucouD detfttesdelTàlSans! *^

L'école navale est , dit-on , très-bien tenue. C'est M. de Hell , capitaine de vaisseau , qui e» est le gouverneur. De bons officiers , dos officiers naviguant, toujours à la hauteur des connafssances actuelles , sont embarques sur le vaisseau pouiy diriger l'instruction. Une sévérité nécessaire préside à la police du bord. Nods fûmes moins bien partagés ; l'institution dépérissait de jour en jour dans les mains de ceux qui avaient mission de la perfectionner. M. Faure de la Creuze, ancien memr ' " '

nationale, était le meilleni mais peu fait pour être le école militaire. Il manqn:

notre discipline était-elle ti ponsabilité lui pesait ; au n Inquiet < rétait à | aimait A l' occupa c'était s:

tour à la ion nom qucfois cacher, de denei Valses 1; comme 1 nosmall

peu propres à prendre de l'empire sur la jeunesse qu'ils avaient à former, et trop au-dessous de la tâche qu'on leur avait confiée. Aussi, comme nous sentions nous-mêmes le besoin de la réforme !

Si je me laissais aller au charme des souvenirs f que de choses plaisantes ou sérieuses je pourrais dire du Tourville; mais je me suis peut-être laissé trop emporter déjà y comme si j'avais fait seulement un causerie avec mes anciens camai^des!... Et tout ces camarades que sont-ils devenus? Leurs rangs s'éclaircissent. Depuis vingt ans que d'alternatives dans nos fortunes, que de chaogemens de carrière, que d'absents ! Tous ceux qui sont restés dans la marine militaire sont généralement estimés comme officiers ; le plus grand nombre stationne au grade de lieutenaut de vaisseau; un seul est retardataire dans les rangs des lieutenans de frégate ; onze seulement sont officiers supérieurs ! Quand je fais dans ma mémoire , cet appel que tous les matins je faisais à haute voix sur le pont du vaisseau, à l'heure de l'inspection , combien ne me répondent plus! Mort à la mer, morts noyés , mort de maladie, mort dans la campagne de France, mort de mort violente; beaucoup de morts! Etpuis, en voilà dans toutes les positions, dans toutes les professions, dans la misère et dans la prospérité. En voilà deux qui deviennent députés; j'en sais quelques-uns qui jouissent d'une grande aisance et sont retirés au sein de bonnes propriétés; nous en avons un ouvrier en orfèvrerie à Paris, un autre charretier au Brésil et très fier de l'être , un autre raffineur de sucre, un médecin, un avocat; celui-ci est chef du secrétariat de la première préfecture de France ; celui-là arme pour la pêche de la baleine; quelques-uns naviguent honorablement pour le commerce ; d'autres en ont fini avec la traite des noirs ; quatre sont dans l'état-major de l'armée de terre ; il y en a un qui , après avoir été le Gil-Blas de la mer, se repose, heureux et riche , comme pour justifier certain héros de mon ami Eugène Sue; plusieurs font le négoce; tel est officier de cuirassiers en Hollande ; tel autre a été officier d'infanterie dans la garde royale; moins heureux, un troisième fut garçon apothicaire à Alençon ; plus original , un quatrième s'est fait jésuite missionnaire. Celui là, c'était le plus franc matelot du bord, le chanteur des plus ciniques chansons; il prêche maintenant, il chante des cantiques : le diable se convertira peut-être un jour; espérons!...

On a souvent demandé si une école à terre n'était pas préférable à l'école flottante ; la thèse a été longuement controversée. On a fait plusieurs Hssais et l'on en est revenu à l'institution modifiée de 1811 , contre laquelle il n'y a^peutêtre qu'une solide objection , c'est que le vaisseau-école coûte bien cher eu égard au petit

nombre de sujets qu'il donne chaque année à l'escadre. Pour moi, soit préjugé, soit partialité, qui tient peut-être aux fascinations de la première jeunesse , je suis pour l'école flottante, contre l'école à terre , fut-elle établie à Brest ou à Toulon, sur le bord de la mer. Je crois qu'on ne saurait accoutumer de trop bonne heure à la vie du vaisseau ceux qui doivent passer la moitié de leur existence sur des navires; je tiens qu'il n'est point indifférent d'habituer dès leur enfance, et voilà pourquoi la rade de Brest me parait préférable à celle de Toulon. — les élèvesdestinés à la marine , à travailler au branle d'un vaisseau iourmenté par la lame et le vent.

Cette opinion que j'appuierais si le terrain où je suis maintenant pouvait-être celui de la discussion, fut un jour celle de Napoléon. Le ministre Uecrès vint lui faire part des plaintes de quelques familles qui trouvaient trop dure, trop fatiguante pour leurs enfans la vie du Tourville. ^— Cependant nous eûmes peu de malades et le nombre des élèves qui nous quittèrent par dégoiU du métier fut très petit, c — Sire dit M. Decrès, on me demande de mettre l'école navale dans une caserne à terre. — C'est comme si l'on demandait au ministre de la guerre de mettre l'école de cavalerie sur un vaisseau.

-— Oh! pas tout à fait , Sire! — Tout à fait, tu contraire... M. l'Amiral, savez-vous un moyen d'élever ce» enfans sous l'eau. — Non , Sire. — Ehl bien, donc, jusqu'à ce que vous l'ayez trouvé , élevons les dessus. »

A. /al.

£e mal ht met.

« Ohl que trois et qiiatre fois heu- » reux sont ceux qui planteQt choux!

» Car lis ont toujours en terre un »pied; l*autre n'en est pas loing.

(Rasilau, Pantagrud,}

Un navire est un monde à part , un sol particulier dont les nouveaux habiuns ont à subir les influences spéciales. En passant des habitudes communes à celles du marin , l'organisation éprouve une série de phénomènes que nous avons désignée sous le nom ^acclimatement notfh'jtif, phénomènes dont le plus manifeste est le mal de mer, espèce d'épreuve par laquelle passent la plupart des navigateurs , avant d'être ce qu'on appelle amarxnés. Comme le mouvement est l'attribut inséparable de l'onde, le mal de mer , qui nait des oscillations du vais.

FRANCE maritime;.

seau 9 serait l'inévitable effet de la navigation» si certaines conditions de l'organisme, ignorées dans leur essence , n'en exemptaient quelques individus privilégiés.

Qu'un navire chargé de passagers, mette à la voile par uuemerun^peu houleuse, on les croirait d'abord tous empoisonnés, si on en jugeait parles soulèvemens des estomacs convulsés et les gé^ missemens douloureux qui s'élèvent de toutes parts. Bientôt, le tableau change d'aspect, et l'on dirait d'un hôpital où le typhus exerce ses ravages : les malades gisent épars , languissans , décolorés , se vautrant avec une complète indifférence dans leurs propres déjections. Au milieu de cette scène déplorable, contrastent les rires et les quolibets des vieux marins qui se complaisent impitoyablement à voir un malheureux compter ses chemises (i), comme ils disent en terme familier. Quel est donc ce mal bizarre , qui réduit l'homme aux apparences de l'agonie , et qui pourtant n'inspire ni crainte, ni pitié? C'est le mal de mer, affection accompagnée de troubles assez prononcés pour mériter le nom de maladie , si l'on ne savait que «es effets sont le plus souvent transitoires, et n'entraînent que fort rarement de graves conséquences. Cette indisposition est, dans son essence , la môme que celle éprouvée par les personnes qui se trouvent incommodées du mouvement de la voiture , de la walse ou de l'escarpolette, à cela près qu'ici le mal est moins intense , et qu'il est facile de le borner en suspendant la cause. Certains mouvemens du navire ont plus d'influence que d'autres dans la production du mal de mer; c'est ainsi que le roulis cause moins de malaise que le tangage; aussi les individus sujets à ce mal redoutent-ils Tallure au plus près, lorsque la mer est dure et la brise un peu fraîche.

Le premier degré du inalde mer est caractérisé par un vague sentiment de malaise accompagné de pâleur, de faiblesse, et d'un dégoût voisin de la nausée. Plus tard surviennent les vomissemens plus ou moins répétés, avec sAeurs froides, brisement des forces,' bourdonnémens et pulsations douloureuses dans la .tête; enfin, état complet de prostration physique et morale. Le mal peut rester borné à la première série de ces phénomènes qui ne se succèdent pas toujours dans le même ordre.

Nous avons Vu des individus supporter les tortures du mal de mer avec un certain stoïcisme, plaisantant eux-mêmes de leur déconvenue et continuant de vaquer à leurs occupations qu'ils n'interrompaient que pour lancer le renard ou

(t) Toutes les nations maritimes ont une expression figurée pour désigner raction de vomir sous l'influence du mal de mer ; 1^ Espagnols disent : cambiar la peceia , rendre la monnaie de la pièce.

la fusée; itiais la plupart des autres tombent bientôt dans un état de stupeur et d' anéantissement absolus, et paraissent plus morts que vifs. Un de ces malades reposait dans son cadre ; un mauvais plaisant file le raban de la tête , et le malheureux reste pendant un jour comme suspendu par les pieds, menacé de congestion cérébrale, incapable qu*il était de faire un mouvement pour changer de position.

Une goélette essuyait un coup de vent, dans la Méditerrannée ; affalée sur l'île de Cabrera, elle était sur le point de se perdre. On vient annoncer au chirurgien , en proie à la dernière période du mal de mer , que le bâtiment touche à la côte , et qu'il ait à faire ses préparatifs de sauvetage ; ça m'est égal, répond-il en gémissant: il voyait probablement dans le naufrage un terme à son martyre. La goélette doubla les ré-cifs , et l'annonce du salut commun ne l'émut pas davantage.

Un effet singulier du mal de mer, c'est la perturbation qu il apporte dans la plupart des sensations : l'odorat est vivement affecté des émanations de l'intérieur du navire, dont l'odeur est peu sensible pour ceux qui se portent bien; le fumet comme l'aspect des mets , et surtout des alimens gras , cause une répugnance extrême ; les yeux sont sensibles à l'éclat du jour, et le malade les tient fermés , peut-être par instinct, comme nous le verrons bientôt^ Le bruit environnant augmente les clancemcns douloureux de la tête; la sensibilité tactile est elle-mên^e pervertie, du moins, l'air stagnant des entreponts , ordinairement clos pendant les gros temps , cause une sensation de chaleur et de malaise, tandis que le. froid qu'on éprouve en plein air empêche de rester sur le pont, pour peu que la température soit basse. La bouche est pâteuse, la langue humide et blanchâtre; les mets acidulés sont' les seuls que le malade puisse prendre sans dégoût.

Bien que le mal de mer entraîne rarement de graves conséquences, on l'a vu cependant tlé- . terminer des accidens mortels : c'est ainsi qiie la violence et la durée des contractions de l'estomac peuvent occasionner des vomissemens de sang , des inflammations gastriques , provoquer des congestions, des phlégmasies cérébrales, etc. Quoique, le plus souvent, le mal cesse en mettant le pied à terre, il arrive quelquefois que le malaise se prolonge plus oa moins long-temps après le débarquement.

Si la cause occasionnelle du mal de mer est bien connue, il n'en est pas de même de sa cause essentielle ou organique. Deux viscères, l'estomac et le cerveau , sont spécialement affectés; mais auquel des deux appartient la priorité? C'est une question qui n'est pas encore résolue. L'analogie des symptômes du mal de mer avec ceux de l'embarras gastrique

rtbMGE, ukixaum

porterait' à jpenser qae le poîat de départ est daai l'estomac , douloureusemi^Bt afl«cté des MGOUftses qu'il éprouve T mais il e&t me foule «ie circonstances où ces secousses , tpioique plus vives, ne (fécerminent rien de semblable: telles soBl i'équiiation, la course, la danse. D'autres ont attribué le mal de mer au trouble ' que les mouvemeris du navire impriment à la circulation cércbrale; il est certain que c'est ^rociscihent lorsque le navire, soulevé parka lame, retombe ^ur lui-même, qu'on éprouve ce bruissement sourd , celte espèce de vertige «lui retentit ù Tépi^astre. Quant au souIag«- ■Hent que procure la position horiiontale, il est paiement favorable aux deux opinions. Enfin, on a prétendu que le mn\ de mer résultait sympailiiqucmcnt du trouble ilc la vue arfcctée par le mouvement continuel des objets eavironnans; il i<st certain encore qu'il sufËl de fixer le silta^o ponr sentir augmenter le malaise et hâter le vomissement, tandis qu'enfermant les j'eus on se trouve soulagé. Ces coasklératioDS , joatifiant notre expérience , nous admettrions volontiers que ces trois ordres de causes, secousses de viscères , trouble de la circulation cérébrale , pertubatioa visuelle , ont chacun leur part dans la production du désordre.

Quel que soit l'empire de l'habitude E:Hr l'affection qui nous occupe , il est des individus qui ne parviennent jamais à s'amariner c tel iétait un célèbre chirurgien de la marine, l>«ret, de Brest, qui , pendant trois camp;^oes, fat consummcnt malade. Nousconnaissons un lieutenant de vaisseau qui n'a jamais desoeodu la Charente sans souffrir horriblement du m«l de mer, et qu'on a fini par clouer dans un.port; an médecin de nos amis, qui navigue depuis 4}uinze ans , est constamment iualadc a»ssitôt qu'il sent kt houle. Le^eofans 'sont, en généra, moins sujets au mal de mer que les adulte^; mais ceci n'est vrai que pour les enfans turbulens qui prennent des distractiiHis et se donsent du mouvement; les enfans apatliïques , délicats et nerveux sont quelquefois très malades. La ; prédominance de ces dernières candîtions peut expliquer la sasceptibiUté plus grande au mal de mer -que nous avons observée «hez lès femmes. En général, le sujet est d'atitant pins malade elpluspromptemcnt abattu qu'il oppflae moins de résistance pkysiqiic «t morale.

Le remède ^pécilique du mal de a«r, le senl

peui-ètre, c'est A* mettre pied à terre, r««aède

dans (aai 4ii«l4nie£ab.ai!i ps»Mgi|rs4e disiâtttioq,. notanHB0«t. ^eadaM là. duréa des-ie^an. -B* maiUaurmoij'eii de avulagâneBigU dan^lA fmktion horizontale,' surtout daMMendradildhBS uuhamae, &spédieit.<|«énecoKTieniipeip(t«"le8 courtes traversées, et qui ne dininuel^iMeatifeé du mal qu'en proloagMat M daré«., oaraH'ft»

reste couché, l'on parviendra dififeitefMM i s'amwîner. Op eonseille-au malade de se teriiv su centre du vaiaaenu, c'«st-4i-dîre «ttx «■*«rems du grand m&t, oit les motfvemem, otmaate on le conçoit , sont moiris pronotcés tplwa exlrcmités du levier. Le» distritetÎAts et i'es«pcicc'cn plein «tr, ior«qu'oa {fread sur soi de s'j livrer, sont les meilleurs moyens de hAler les effets de l'habitude. Il convient doné de stimuler les malades qui selaîssekit abattre, et atéme de les porter, bon -gté mfti gré, tur te poDtv ■ le temps le permet; ils s'eu Irouveroni mieux, et l'on pourra plus facilement pourvoir aiix soins de propreté qu'ils exigeât. I) ne fa«t tsbpendant.. pas user de trop de violetKe «hven les malheureux ainsi vaincus jttr h dOiri^ir- A ce sujet , nous avons été t4«Miiii d'an aebideit qui faillit être funeste : un ooVic», aMéÎM dm mal de mer, reposait mit le pont ; l'ofiicier'daBna l'ordre de le faire gria^eT.ponruUe mMSurre; on parvint à fonce de r^ueur à hii fbire «aetttv les pléds dans les en&éefaures, tapis bientôt il licha prise , et allait étie eegloutî par'htsflats, lorsqu'onfarvtntheureuttaieBt à IbrtAter (fans sa chute.

. Les sucs acidulés, limonade, -<»tNiBS, raclée de groseille , calment «m peu les' onmpcs d'estomac , et tempèrent l'irriiabHité de ror^^ne qui Souvent se refuse à prendre autre oliMe.

La préhension feroée des etimelns sonlage maii quelquefois, soit que le chyle qu'ils . pomsiit fournir dans l'intervalle dtairamneeMencb»coure i -soutenir les feMee, soit plutôt ^t'ils offrent un point d'qppui evz oontraolio»» deolonrenses de l'estoatue. C'est . pnebabMneat' d^ cette manière qu'agit In œintnre ooweaiée par quelques auteurs , ceinture :<|ui tentieat les contractions de raM«aeD.<Les eioiuias lammatiques, la fleur d'orange, le tilleuH; le thé , la camomille peuveHl convenir aux conSthutiénB nenéuses,; cependant 'nous n'en atons retiré que. peu d'avantages auprès des Eemmesnox-

3uclles nous avons eu de fnéqaeiaes ocCasims e donner des seins.- lies sàclnns' de wfmB , 4e camphre, snr t'épigestre, asm det^rtmèdesta moins inutiles. Quant'aux. remèdes pré«ertaill« du mal denertilsserésHmentencdre dansUwblinde : il faudrait, -pouvoir J passer quelque temps en rade , et mettre à la voile par an beaa temps, afin de s'accoutumer graduellement aux -balmiQemens du rt3>'ire.

FOMKT.

LAPRANCE

3ac({\ie0 Cartier.

Les dates, indiquées de la manière la plus précise, encadrent ordinairement la vie d'un homme illustre. Il e§t rare que le biographe ne sache ni le jour de la .naissance, ni celui de la mort de son héros : c'est ce qui arrive pour Jacques Cartier. Mais on n'ignore pas que ce hardi navigateur quitta Saint-Malo avec deux petits bûtimens de soixante tonneaux et de cent vingt-deux hommes d'équipage,. le 20 avril ISSi, et qu'il découvrit le Canada. Qu'est-il besoin d'autres détails? La date d'un grand homme est le jour où il a commencé d'être utile à sa patrie et à la société. Nous trouvons même quelque chose de poétique à cette mystérieuse apparition au milieu d'un siècle. N'être connu sur la terre que par les bienfaits qu'on y a répandus, laisse aux hommes l'idée d'un esprit supérieur venu du ciel et remonté vers Dieu aussitôt après les avoir servis.

Jacques Cartier est né à Saint-Malo vers l'an 1500. Dans celte ville maritime, si admirablement située pour le commerce, et qui, au milieu des vaisseaux de tous pays dont elle est entourée, semble elle-même, avec sa chaussée, un majestueux navire à l'ancre, prêt à mettre à la voile pour découvrir quelque monde lointain, l'imagination du jeune Cartier se déploya en face de ces objets. Ainsi que tous les enfans malouins, regardant l'Océan comme son empire, il s'habitua de bonne heure à dompter les vagues auxquelles il devait commander un jour. C'était une époque favorable aux rêves du génie : Colomb avait trouvé l'Amérique, Vasco de Gama s'était ouvert un chemin vers l'Asie en doublant le cap de Bonne-Espérance; et ces découvertes excitaient sur tous les points l'ambition et l'activité européennes. François l^^ demandait : c Où donc est l'article du testament d'Adam qui me déshérite du Nouveau-Monde au profit des rois d'Espagne et de Portugal? >

Cartier grandit au milieu de ces dispositions générales qui répondaient si bien au besoin de $on âme, et après quelques rudes navigations à Terre-Neuve, déjà découverte par les Malouins et les Dicppois, il s'offrit pour former un établissement dans cette partie de l'Amérique septentrionale que le Florentin Verazzani venait d'entrevoir.

François I®*", qui voulait être admis à toute force au partage des terres américaines, écouta ses voeux, le munit d'instructions; et Cartier cingla vers les terres boréales, à travers les ouragans du Nord, soupçonnant que d'immenses régions pouvaient êu:e signalées et offertes en tribut à la France par le droit d'aubaine.

Cartier, empêché par les glaces et la sévérité

ToM I*'.

du climat de descendre à Terre-Neuve, décrit un immense circuit autour de l'Ile, traverse le golfe, s'enfonce dans une baie profonde, et touche enfin au continent qu'il avait rêv^ : c'était le Canada, ainsi nommé d'un mot de la langue du pays, Kannada^ qui veut dire amas de cabanes, vil^ lage. Voilà donc une conquête à rapporter dans sa patrie. Il en prend possession au nom de la France; et après avoir sillonné ces mers en tous sens, exploré les côtes, fait connaissance intime avec les mouillages, il revient à Saint-Malo.

François I®*", sur le rapport que ce célèbre navigateur fit de son voyage, lui donna de nouvelles instructions, et trois navires furent équipés et avitailléspour quinze mois, afin d'explorer d'une manière plus précise encore les terres que Cartier n'avait fait en quelque sorte que toucher. L'armement fut prêt pour la mi-mai 1535. Le capitaine et son équipage, après avoir fait leurs dévotions le jour de la Pentecôte, et reçu la bénédiction pontificale de l'évêque de Saint-Malo (François Bohier), tentèrent dte nouveau les hasaixls de la mer. Cette fois, les vents et les flots leur furent contraires. Chacun, battu par la tempête, prit une direction différente ; mais le hardi aventurier surmonta tous les périls, et regagna, après mille fatigue^, le golfe de Terre-Neuve , où ses amis ne tardèrent pas à le rejoindre. De là Cartier vogue vers le port Saint-Nicolas, à l'entrée du fleuve immense qu'il a baptisé du nom de Saint-Laurent, en l'honneur du martyr dont la fête était chômée ce jour-là. Après avoir reconnu Anticorti, le voyageur s'enfonce dans les eaux du fleuve, se baigne dans le lit de la Sagnay, en redescend le cours, repose quelque temps ses navires à l'abri de l'île de Bacchus, puis mouille encore dans une rivière a laquelle il donne le nom de Sainte-Croix, toujours en commémoration de la fête échéant au calendrier. 11 reçoit la visite d'un chef du pays (Donna-Cona), avec lequel il établit un traité. Toujours désireux de découvertes, Cartier pousse plus avant encore, et prend terre à Hochelaga , qui par la suite est devenu Mont-Réal, et dispute à Québec l'honneur de dominer le Canada.

Cartier rapporte une aventure singulière qui lui arriva dans ce lieu. Est-elle vraie ? Ses mémoires ne passent pas pour être très-véridiques. On l'accuse d'avoir un peu usé du droit des voyageurs, et cherché à frapper les imaginations de son temps par de fabuleux récits". Quoi qu'il en soit, il prétend que les sauvages le prirent pour le génie de la médecine, et lui amenèrent des malades à guérir. Notre Malouin, plus expérimenté dans l'art de conduire un navire à travers les périls de la mer qu'à pratiquer la science d'Hippocrate , se vit donc forcé d'employer des moyens de guérison quelconques. A défaut de remèdes ordinaires, il lut sur les malades l'Evangile selon S. Jean, la passion de Jésus-Christ, leur

lA FRANCE MABrrUtE.

iniNiMi les maitis ; pvis, faîKiat sur I^nrft tètes des sîgfles de croix, finit cette samte cérémonie par me fanfare de trompette qui remplit son auditùîre d'admiration : mais on ne dit pas que les Balades en recouvrèrent^ la satttë.

Cartier avait beaucoup de religion, pour nous servir des expressions du père Cbarlevoix, de k compagne de Jésus, qui ne voit guère de plus ^nd avantage (pie la conversion des infidèles dans la découverte de la Nouvelle-France.

Cartier, comme plusieurs passages de ce récit en témoignent, était effectivement superstitieux fit dévot. Presque tous les marins le sont. Étersellenient suspendus entre le ciel et l'Océan, œ ^sagniflque spectacle leur donne Tidée de l'infini, ^tla fragilité de leur existence, livrée au caprice de tous les vents, courbe leur tête aux pieds d'une puissanoe supérieure qui les protège sur Tablme.

Après avoer sondé et exploré les meilleurs ter- •nins pour fonder son établissement, Cartier s*ar« réta définitivement à Hochelaga. Pendant ce temps le scorbut tourmenta son équipage. Déjà il avait perdu une partie considérable de son inonde, quand les sauvages lui enseignèrent à leur tour un antidote contre le fléau qui décimait ses gens. L'évangile de S. Jean et la passion de Je- ^nis-Christ n'avaient aucune prise, à ce qu'il pa- Tuit; sur cette étrange et fatale maladie. Le scorbut continua ses ravages jusqu'à ce que les sauvages eussent indiqué à Cartier des simples dont l'usage rendit sur-le-champ la santé aux malades. Ce n'était antre chose qu'une infusion d'écorce et ^ feuilles d'épines blanches pilées ensemble. C'est ce même arbre qui produit la térébenthine et le baume blanc du Canada. Lorsque l'équipage fut entièrement sur pied, Cartier déploya de non* Teau ses vmles vers la France, emmenant avec lui le chef Donna-Ccma, envers lequel il avait usé de stratagème pour le forcer à l'accompagner.

Cartier avait eu la peine de découvrir le Canada : un seigneur de Roberval obtint des lettrespatentes du roi, qui hii en conférèrent le titre de vice-roi. Malgré cela» Cartier n'abandonna pas sa conquête ; il fit partie de Fexpédition en qualité de capitaine-général et de grand-pilote. M. de Aoberval, n'ayant pas encore achevé d'équiper deux vaisseaux qu'il armait à ses dépens, voulut même que Cartier partit d'avance, à la tête de cinq navires. Cette fois il essuya plusieurs tempêtes, et débarqua enfin à Terre-Neuve, dans le voisinage de Quirpon, sur la pointe nord de l'Me ; de là il se rendit à la rivière de Sainte-Croix, sur les rhres de laquelle il eut une entrevue avec Agorm^ iuccesseur de Donna-Cona^qui était mort en France. Quatre lieues plus loin il entra dans une petite rivière qui parut mieux lui convenir que celle de Sainte^roix. Il y bâtit une citadelle, qu'il nomma Charléêbourg^ et y arma deux canots, dans le dessein de passer, par les Cataractes à Saguenay ;

mais les naturels opposèrent la plus fraude difficulté à son projet.

Telle étaijt sa position, dit l'historien Manet, à qui nous empruntons une partie de ces détails, et pour surcroît de contrariétés, les provisions achevaient de m consommer, le froid se faisait sentir, et les sauvages devenaient des voisins extrêmement incommodes. Dans cette extrémité, la pati^icé des Français se trouva poussée à bout ; ils se mutinèrent, et contraignirent Cartier à se rembarquer avec eux pour passer en Europe ; mais, à la hauteur de Terre-Neuve, ils furent rencontrés parle lieutenant-général, M. de Roberval, quileur amenait un grand convoi, et les força de rétrograder. Roberval et Cartier regagnèrent le fort de Charlesbourg, et donnèrent quelque solidité à lenr établissement.

Ce que devint Cartier, à partir de cette épique, on l'ignore; il s'efface bientôt complètement: on ne retrouve pas plus de trpce de sa mémoire que du sillon de ^on vaisseau sur les vogues. Nous ne savons pas combien de temps il resta en Amérique, s'il y laissa même ses cendres, ou si ^ terre natale eut l'honneur d'en recevoir le dépôt. Il s'éteignit avec obscurité après avoir fixé les regards de ses contemporains, et découvert et légué à sa patrie une partie du monde double du continent d'Europe. Il n'a manqué à Cartier, qui possédât tout le génie de la navigation, que de se trouver dans des circonstances plus favorables pour égaler les Colomb, les Améric Yespuce et les Magellan.

Le Vice^Amipil

Comte n'AuGicn.

Ce Jeu k bov^.

Le feu à bord ! . . . Premier cri qui remue toutes les âmes, de quelque trempe qu'elles soient!... piremier cri qui fait bouillonner à la fois dans la tête de l'officier de quart Fidée du danger qui menace, du sang-froid imperturbable dont il faut feire preuve, des mesures préservatrices dont il doit faire usage en un clin-tfœil!... car cette première impression qui saisit Thomme malgré lui, son effet électrique, irrésistible, tout cela est maîtrisé par le courage moral du chef responsable aussi promptement que se perd dans le vague des airs le son de ces terribles mots : c Le feu à bord ! » Plus promptement encore jaillit de son rapide calcul d'esprit, sur ses lèvres, et de là dans le cuivre vibrant de son porte-voix, la manoeuvre de \^ panne.,. Le ton assuré du commandement parti au banc de quart a suffi pour ranimer cette masse d'hommes qu'tme hésitation peut dëconra-

UL FRANCE MABiTIME.

ger» mais q/OL^uu séal regahlde l'effîoier fmt voter souvent aveuglément ainlevâatcfai pérîL.. €haque homme court aux maaœuyrefl et ne pense plus qu'au travail... L2l panne,., c'est bien! c'est tuer un aliment au feu en lui enlevant la dévorante activité de l'air; c'est permettre an navire, devenu immobile, de chercher un moyen de secours facile dans l'élément qui l'entoure : les basses voiles sont carguées, tant pour,faeiliter la manœuvre ordonnée que pour ne pas offrir une proie assurée au feu s'il s'échappe par les panneaux ; la barre du gouvernail est mise sous le vent, le grand hunier et le perroquet de fougue sont masqués. . .Le navkre marche encore quelque temps, et finit par s'arrêter comme une masse inerte...; ses voiles de l'arrière, orientées de manière à le faire culer, contre-balancent à peu près l'effet des voiles de l'avant, orientées de manière à le faire marcher Le pauvre navire est presque immobile

sur l'eau, comme un accusé sur son banc, qui attend avec impassibilité sa sentence de vie ou de mort... Grâce à cette immobilité, on peut puiser facilement de l'eau de tous côtés le long du b(Nrd. . . Les hommes se sont rendus à leur poste d'incendie... On arme et on fait jouer les pompes

Toutes les communications avec l'endroit où se découvre le feu sont fermées,... sabords, panneaux, hublots, etc..

€ Alerte! enfans! C'est une chaudière de brai qui vient de s'enflammer et de se renverser près de la cuisine, dans la batterie. . . » Le pont ée cette dernière se couvre aussitôt d'une lave noire, dévorsmte, qui communique son embrasement au brai des coutures ! . . . Les flots d'une épaisse fumée

remplissent l'air, suffoquent les travailleurs

Quelques-uns mollissent et s'épouvantent de piétiner ainsi dans un bitume^ épais et bràlant

L'exemple des officiers, élèves et maîtres, les ranime... Des fauberts mouillés, du sable que les caliers jettent à pleins seaux de la cale, et au besoin des matelas et couvertures mouillés étouffent la chaleur dévorante du brai en lut interceptant toute communication avec l'air qui la vivifie... Le feu est éteint, et l'officier de quart va faire $ertfir, c'est-à-dire rétablir la voilure de manière à faire route. Si l'on est chassé par l'ennemi lorsque cet événement arrive, il faut faire en sorte qu'il n'en ait pas connaissance, et, à moins d'une nécessité pressante, on ne touche point aux voiles. On tâche alors d'éteindre le feu avec l'eau que fournissent les pompes du bord; si ces moyens ne suffisent pas., on vire de bord : on envoie vent devant, et en mettant exprès de la lentenr dans l'évolution, on puise une grande quantité d'eau par tous les sabords pendant que le bâtiment a perdu sa vitesse ; si Tincendie est considérable, il i^y a pas à bakmcer, il faut mettre en panne. E|ifin> après avoir employé tous les moyens indiqués pour éteindre le feu, si l'on ne peut s'en ntodcQ mailtve«. il faut no^er les poudres ; nuûs

c'est une mesure extrême, surtout en temps de guerre t.. . Les robmets de la cale sont ouverts, et l'eau pénètre dans Tint^ieur par cette 1^10 ar^ tificielle dont on peut arrêter le cours à volonté : les canons sont passés de l'avant à l'arrière pour mettre le bâtiment sur cul ; l'eau vient alors se réunir dans la soute aux poudres, et ces dernières étant noyées, on travaille avec plus de sécurité à arrêter les progrès de l'incendie.

ir.

Entendez-vous ces cris de joie dans la partie du faux-pont qui sert de logement aux joyeux élèves de marine, connus autrefois sous le nom

d'aspirans? Renfermés au nombre de douze

dans un espace de huit pieds de long sur cinq de large... ils vont terminer un gai repas, dont l'entrée fut un plat de fayots ou nageait un morceau de lard salé, le rôti, un poulet échappé de sa cage, et qui est terminé par un magnifique brèlot aux flammes bleuâtres. . . . . c Ft^d- VaSle, va-t'en cher* cher à la cambuse six bouteilles de cambuséum». trois-six, et dis au factionnaire de nous appor-*

ter la mèche! » La mèche! Vous l'entendez,

ils vont fun^er, les gaillards... ils vont braver la consigne sévère de leur Attentirkof lieutenant. •• Mais pour que la fumée ne pénètre pas hors du poêtôy ils bouchent lés claires-voies, ils ferment bien la porte ; et dans cette niche, presque sans jour et sans air, s(mt douze jeunes gens demi-nus, mis* selant d'une sueur tropicale, chantante tue-tête, et se lâchant réciproquement les ]x>uffées de douze pipes ou cigares... C'est à ne pas se voir

entre eux, tant le pauvre poste est enfumé

Tout-à-conp, saluée par leurs acclamations, la flamme du punch pétille dans la soupière sans

anses et sans buse c C'est comme les âmes

de Robert-le-Diable, dit l'un. — Si je suis jamais canonisé, dit l'autre, je veux monter au ciel avec une auréole de flamme de punch. . . > Et le chef de gamelle de remuer la liqueur chatoyante ; mais^ ô malheur 1 la soupière échauffée se brise, et le punch d'inonder le poste de ses flammes multicokv res en embrasant le brai des coutures du faux-pont. Gare, jeunes gens! la soute au charbon est audessous de vous I Mais, habitués de bonne heure à une présence d'esprit nécessaire dans le métier, ils couvrent les flammes de capotes, de cabans, de tapis, de matelas de caissons, et en un instant le feu est étouffé. . . c Chut ! messieurs ! on n'a rien vu, rien entendu,.... l'Attentirkof n'en saura rien... » Hélas l du faux-pont on avait crié au feu ! L'officier de quan avait déjà pris ses (Uspositions, quand le ch^ de poste, le responsable de la bande, vint lui annoncer l'extinction totale de rincendiâ>puneh.

Où fut-il passer la nuit, le pauvre malheureux? Vous le devinez.... A la fosse-aux-lions, où pen- , dani tro^ jours il n!eat d^aulres compagnons qu«.

le gardien des poulies et da filin de rechange, et te vieux maître d*équipage, qui puait comme un rat mort /et ronflait comme nn canon de trentesix à ses côtés pendant la nuit.

Ed. Bouet,

Lieutenant de frégate.

|J?cl)e U là Baleine»

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