‹ La France maritime (volume 2)Chapitre 19 sur 70 · partie de l'anQée est la pèche du poisson sur ce point · texte numérisé non relu

partie de l'anQée est la pèche du poisson sur ce point

Plusieurs savancèreut sur le rivage avec un pavillon portugais. — Us accablèrent les nau- *fragés de questions. — Heureusement qu'un des hommes, qui parlait leur langue, fut à même de leur donner toutes les explications possibles sur les événemens qui les amenaient dans ces parages.

ils parurent fort touchés du récit de tant d'infortunes, et s'intéresser vivement au sort des naufragés. — Ils les conduisirent dans leurs cabanes, dont la construction annonçait déjà le contact de la civilisation. — Ils préparèrent une grande quantité de poisson, dont ils chargèrent des tables où se pressèrent entremêlés Français et esclaves portugais.

Après le repas ils étendirent des nattes sur lesquelles ils voulurent faire coucher leurs hôtes ; mais le désir de parvenir plutôt à Benguela et de profiter de la continuation de la brise, fit qu'on se décida à partir, malgré les instances des nègres portugais.

Plein d'espoir et de confiance, ou s'embarqua bientôt pour faire route. — La brise fraîche et favorable faisait glisser les pirogues, Timpatience dévorait l'espace des lieux et du temps. Au moyen de quelques morceaux de peau de bœuf que les Portugais avaient donnés, chacun se fit une espèce de paire de semelles pour préserver les plaies envenimées du contact des pierres, ou des inégalités du terrain que l'on pouvait encore avoir à parcourir. — Puis vint le jour a travers le crépuscule; on cherchait à voir, à pénétrer dans la distance. — A huit heures environ on aperçut la pointe appelée SombrerOy à cause de sa forme pareille a celle d'un chapeau.

Le Sombrero était à deux lieues sud de Saint- Philippe de Benguela. — Peu après les embarcations arrivèrent à Benguela, et les deux équipages descendirent à terre.

Des flots de curieux entourèrent les nouveauxvenus à leur débarquement. — En peu de mots le matelot interprète instruisit les Portugais de ta position où étaient les naufragés; on les conduisit avec des acclamations jusqu'à la maison du gouverneur.

L'accueil que ce Portugais fit aux malheureux naufragés fut convenable. Il promit de s'occuper immédiatement du moyen à employer pour diriger vers leur pays ces vingt-quatre hommes, en les distribuant sur les différens navires de la petite rade.

Quelques jours après. Français et Américains voguaient vers leur patrie respective, entourés des égards et des soins qu'appelle Thumanité sur les grands malheurs.

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Après cette belle et riche Guyane que la mortalité, dont l'exil seul développe les germes dans le cœur du proscrit, a ruinée par les injustes préventions dont par suite s'est trouvé frappé son climat, la Martinique est le lambeau le plus important que la France ait conservé de ses fécondes colonies américaines.

Si nous avions à discuter sérieusement cette multitude de questions humaiqes et sociales que soulève ce mot colonies, nous commencerions à invoquer l'argumentation gr^ve des faits historiques. Qui nous donnera le secret de cette décadence lente, il est vrai, mais continue, où s'efface la prospérité de nos possessions caraïbes d'une manière favorable à la colonisation? Et pour constater cette décadence, rapprochons deux dates, comparons le commerce précaire qu'après vingt années, dont l'influence a dû féconder toutes les sources industrielles, la France et l'étranger font avec l'iie seule de la Martinique, dont l'importation et l'exportation occupaient en 1788 deux cent vingt-six bàtimens français et étrangers, d'un jaugeage de 35,740 tonneaux ', d'un fret de 49,640,000 en valeur.

Puis passant sur ces questions d'aristocratie de peau, résolues par la restauration elle-même, ce pouvoir du privilège, nous reprendrions cette cause à sa source première, et nous demanderions de quel droit une nation s'arroge-t-elle le pouvoir de régir à discrétion des populations séparées d'elle par un océan? des populations dont elle ne peut deviner ni le caractère ni les mœurs, mais qu'elle ploie , qu'elle façonne despotiquement, sans discussion, à priori, non d'après leurs nécessités de civilisation et de climat, mais selon ses propres besoins?

La question résolue ainsi ne le serait-elle point également sous son aspect économique?

Les millions qu'absorbent chaque année nos colonies ne pourraient-ils être employés d'une manière plus féconde pour notre industrie et notre navigation? Ne trouverait-on point dans cet archipel des Antilles, uni en fédération, les avantages que nous achetons par tant de sacrifices? Un système naturel d'échange n'ouvrirait-il pas entre ces pays tropitiques et nos régions tempérées des débouchés plus larges que n'en pratique notre mode tyrannique des prohibitions? Kos stations militaires ne trouveraient-elles point d'aussi sûrs

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abris dans ces ports amis que sur ces rades vassales?

Mais ces questions, dont Tavenir hâte la solution» nous entraîneraient sur un terrain de polémique ou nous ne voulons pas étendre le cercle de notre ouvrage.

Aucune île ne présente avec plus de variété et de profusion que la Martinique ces sites âpres et gracieux dont le rapprochement met en relief toutes les harmonies et tous les contrastes.

Ce sont tour à tour des côtes élevées dont les versans s'abaissent vers des criques cachées, fertiles, mystérieuses, ou vers des grèves de sables et»des falaises aux pentes rapides et aux abords • hérissés de rochers; puis des savanes dont les vastes champs de cannes courbant, soiis la brise, leurs feuilles vertes et leurs pahaches argentés, laissent apercevoir leur clôture de lilas fleuris; et, en fuyant de morne en morne, des collines boisées où les riches buissons de Yoléander et des roses d'Afrique s'enlacent en berceaux avec le jasmin jaune et la vigne de Grenade au milieu des cocotiers, des palmiers et des beaux plantains ; où les plumes argentées du bambou se balancent près des feuilles soyeuses de laportimndie: une nature admirable, tamarins, orangers, cordiumskloi pourpre vive et brillante, épines de Jérusalem aux milles variétés; et pour dernier plan, sur un ciel bleu, des montagnes irrégulières et sans cesse plus Mzar-^ remeat déchirées de précipices et de ravines. Yoilà l'aspect qu'au premier regard offre la Martinique ; mais c'est au lever du jour qu'il faut l'apercevoir si l'on veut qu'elle se révèle dans toute sa fraîche beauté^ alors que le soleil, se levant derrière les mornes , inonde tout d'un coup de lumière ce ciel limpide, et irise cette végétation toute baignée, toute rayonnante des rosées de la nuit.

Telle s'offre cette île toujours fraîche, toujours fécoftde comme an jour où pour la première fois elle apparut dans toute sa jeunesse aux regards des Européens. La belle végétation est restée fidèle à ses mornes, comme la fertilité à ses plaines : h nature est toujours la même; rien n'a changé que les habitans.

Que sont devenues les races indigènes auxquelles nous d vous porté le catholicisme et la destruction? Nous, hommes civilisés, au nom de la civilisation, ftous les avons anéanties?. .«

Sons la lourde chaleur de ce clhnat, le travail eAt été trop pénible pour les conqnérans habitués à la douce température des Bones tièdes ; il leur a ^ra bon de se soustraire à tout labeur par l'assepvissement des habitans du sol ; le droit que la poudre a canon avak donné sur ces riches contrées ne ie <io«inàît'«ne pas aussi bien sur leurs populattons? Elles furent rédsites en servage.

Alors disparurent, ensevelis dans les rumes ou enchsÉaés à la glèbe, ces peuples vertueux et paisibles ; mats ces générutions effdcées, les coudilioM de cravail se f e|>réseii»èreiH 4e nouveau ; on

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