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tord Btrom.
C'est du côté où le château regarde la ville que s'ouvre son entrée.
Il est peu de morceaux d^archîtecture dont Faspect excite un phis profond sentiment de ter* rear que celte embrasure de voAte protégée par deux tours â créneaux qui la dominent de leur culasse en saillie.
En suivant de l'œil cet escalier de granit, dont les marcbes montent, fuient et se perdent dans l'ombre, on sent un effroi involontaire vous saisir. Comme les souveDir& vous assiègent en foule ! Que dl^nnocentes victimes, chargées de fers» pow qui ce seuil fatal fut celui de la tombe î — Et libres, vous ne le franchissez qu'avec terreur.
Le feu du ciel et les ravages de la guerre ont ruiné plusieurs fois cet édifice^ Les plus anciens bâtimens que Ton voit aujoui^dliui remontent à peine au dixième siècle; les autres. ont été bâtis^ à des époques différentes, selon le goût et les Éncultés pécuniaires des moines.
De là les irrégularités dont le temps n'a pu effacer les incohérences dans la teinte sombre dont il a noirci l'édifice. Toutes ces parties diverses ont, malgré les dégradations naturelles et le vandalisme du badigeonnage, conservé assez fidèlement le caractère de leur époque et le cachet de leur destination, pour que lantiquaire pût, rien qu*â leur aspect, retracer les cLioniques de ce vieux monument.
Etudie sous son aspect architectonique, cet édifice offre des parties d'une perfection admiraLle»
La basilique, c'est ainsi que nomme la chapelle un de nos chroniqueurs, est un monument dont le caractère chronologique se perd au premier abord dans le mélangée des styles.
Sa nef tient évidemment au roman du onzième siècle, par lé caractère presque cîntrique de sa voAte et un peu massif de ses. piliecs;^ ces f«$ceîwx de colonneltes^ qwiy eniprantant leur har«. diôsse à la ténuité (fc chacune d'elles» leup p^ è* teftt la ^ee de Feasenble^ suppenem bien,
FRANCE
supportent avec grandeur et majesté, sur leur quatre rangées d*arceaux, cette triple voûte à nervures.
A la grâce svelte du chœur on reconnaît l'art d'une époque moins reculée : c'est celui du quinzième siècle danis toute sa magnificence et sa légèreté; la religion et la poésie débordent partout de cet hymne de pierre. Sous ces colonnes s'élançant avec tant de souplesse en voussures ogiviques» devant ces* galeries si élégamment osées, ces hautes fenêtres, dont les dentelles de granit sont restées veuves de leurs flamboyans vitraux, on ne peut qu'admirer et prier.
Les galeries souterr^nes sur lescpielles s'élève cette église renferment une pièce dont les piliers épais et la voûte en plein cintre ont un caractère de force que peu de monumensdu onzième siècle offrent avec autant de grandeur.
La salle des chevaliers est d une architecture plus unitaire : c'est celle du douzième siècle, architecture transitoriale du roman au gothique, où, par les croisades, l'art commença à s'orienta* liser. La colonne s'élance, l'ogive s'élève, les détails s'épurent; si l'ensemble conserve quelque lourdeur, il a la noblesse, la force et la simplicité qui matérialisent bien le caractère de cette époque de chevalerie guerrière.
Au-dessus de cette pièce s'élève le clottre.
Rien de gracieux et d'élégant comme cette galerie (juadrilatérale, dont le centre est une aire de plomb de 5,400 pieds carrés.
Un triple rang de colonnettes, frêles, élancées, toutes du style le plus parfait, supporte les quatre belles voûtes, dont les ogives empruntent une partie de leur grâce à la finesse des nervures. Leurs fûts, hauts de 4 pieds sur 6 poucefs de diamètre, sont formés d'un stuc de coquillages broyés et en marbre-granitelle ; des feuilles de chêne et d'achante se combinent, avec une meneilleuse varité, pour en former les chapiteaux.
Ce monument appartient au gothic|ue du treizième siècle ; le quinzième siècle n'est point venu grêler la colonne pour lui donner plus d'élancement. L'art a toute sa hardiesse sans étiolement et sans maigreur; ses lignes s'étendent avec aisance, ses arcs se courbent avec flexibilité. L'architecture s'est épanouie dans toute la richesse du génie chrétien.
Bien que dans ce morceau le peu d'élévation des arceaux nuise à l'effet général, l'ensemble en est encore si harmonieux, d'une verve si puissante , si lyrique, les détails d'une telle excellence de goût et d'exécution, qu'il transporte le poète et étonne l'artiste.
On dirait, au nombre et à la légèreté de tous ces jets de granit, de marbre et de tuf; à tous ces prodiges d'habileté, de patience et d'art, que l'homme a voulu suppléer, par une forêt de pierres, à la végétation rachitique de ce rocher.
Sous l'impression profonde qu'imprime ce ra-