UN BEAU JOUR
On était alors au milieu du printemps. La jourpée était d*une sérénité si pure, que Ton se serait cru sous un eiel méridional ; quelques p€|tits nuages blaucs, flottapt dans Tair comme des flocons d'ouate, semblaient contribuer i^ relever Tazur de ce beau 4rmament. Le soleil avait des rayons si doux et si tièdes, que leur cbaleur féconde semblait ayiver les bopuqas comme les
fleorst
Havas et son s^mie suivirent pne sente étroite bordée de lilas et d'aubépines en fleurs, qui les conduisit sur cet amphithéâtre de collines dont les pentes vertes allaient mourir au bord des grèves. Bien que les yeux d*Havas se promenassent de hi baie, alors unie comme une glace de Bohême, sur les belles perspectives où se déroulait la campague, ce n'étaient point les beautés de cette jeune et puissante pâture qui captivaient ses pensées, il n'avait poipt oublié que ses amis travaillaient avec ardeur à réaliser leurs prc^ets d'évasion, et lui relevait dans sa mémoire tous les points de reconnaissauce que présentait la côte, relèvement dont plus tard ils pouvaient avoir besoin.
Lorsqu'il eut bien recueilli tous les mouvemens de terrain dont s'accidentaient ces lieux, il fut tout au bonheur de cette promenade, tout à son amiOt tout à cette nature. Ils suspendaient de temps en temps leur naarche pour contempler oette riche campagne, ces champs de blés en ^erbe oii retentissait la voix saccadée des cailles, ces pièces de pommes-de-terre dont les bouquets de fleurs violettes se détachaient sur le vert mat des feuiUes, et ces )ieaux plants de ponamiers qui avaient déjà laissé pleuvoir leur neige; ou bien 3ussi pour respirer la brise légère qui, passant fiur cette végétation luxuriante, leur en apportait les esprits embaumés.
]Sn prolongeant ainsi leur promenade, ils attei* gnirent une délicieuse petite maison de plaisance où mistriss avait fait préparer un goûter sons un berceau que formait naturellement un bouquet de tilleuls.
Ce ne fut que lorsque l'approche de la nuit les contraignit de quitter ce bosquet qu'ils songèrent que M. R... devait les attendre; il fallut donc regagner le monument de Nelson, où slmpatientait déjà l'officier.
Une heure après ils étaient de retour à bord du Saint 'Antoine, où aucun deg ipcidens de la
journée ne fut soupçomsé par le cammandamt.
A son retour Havas fut accablé de questions par ses dmis : il leur fit part de toutes les observations qu'il avait faites. Ces relèvenieBs p|irurent d*autgnt plus précieux, que le moment de leur désertion était bientôt arrivé. Après des efforts inouïs et des mesures de prudenee incroyables, les trois captifs, dent la prison if était séparée du poste des soldats que par une cbison percée à la hauteur de l'œil d'une ligne de meurtrières, étaient parvenus à percer cette muraille, dont le plâtre se trouvait rempli de gros clous, dans la partie qui donnait snr le couloir de la bouteille de bâbord.
Deux jours de travail suffirent pour achever les préparatifs d'évasion. Toutes les dispositions étant faites, un n'attendit plus qu'un tempe propice *.
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