‹ La France maritime (volume 2)Chapitre 50 sur 70 · US · texte numérisé non relu

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jûura nëtôiflftif e de soumetife leuN prépartitifs à la plus scrupuleuse inspectipn.

Lorsque la commission d'examen chargée de la visite , commission composée d*un aspirant , d'unmaitre, d'un quartier^maitre et d'uQ matelot, 86 trouve réunie auprès de la cuisine, une petite échelle est placée sur le rebord delà chaudiàre, et l'aspirant monte et disparaît quelquefois dans le vaisseau disposé à recevoir sa visite. Un peu de vieille toile à voile est jetée sur le fond pour que les pieds du contrôleur ne ternissent pas Féclat de la fourbissure à laquelle les cuisiniers ont travaillé depuis la matin. Apr^s avoir sévèrement examine toutes le^ parties soumises à son inspection, après surtout avoir passé la main sur le métal qu'a poli Faction des bouchons d*é« loupes, Taspirant, s'il est satisfait des résultats de sa visite, sort delà chaudière en desceadant, avec l'aide des autres membres de la comuiissiout par l'échelle qu'il a déjà parcourue pour y mon» ter. Il autorise alors le roaltre-coq à proeédei* à la confection du potage de l'équipage.

Le feu , ou plutôt la fournaise préparée pour foire bouillir la soupe, flamboie déjà sur lef barres de fer du coq, dans l'immense cuisine du bord« On fait pleuvoir dans la chaudière, encore posé^ à plat sur le pont de la batterie haute»

auelques seaux d'eau; puis, après cette opéra* on préliminaire , on frappe des palans , tout un appareil de mouffles et de poulies çafin , sur les anses de l'énorme vaisseau qui va bientôt prendre sa place accoutumée sur le brasier ar* dent qu'il doit recouvrir. Quelques hommes de corvée sont appelés pour opérer l'ascension de la chaudière. On hisse cette lourde machine , comme on ferait une chaloupé qu'il s'agirait d*élever au-dessus des flots pour la placer sur le pont du navire. Une fois la bienheureuse chaudière posée sur ses barres par Teffet de la manœuvre que nous venons d'indiquer, une échelle est encore placée sur son rebord exté* rieur, et de là, le mattre-coq reçoit de ses aides les autres seaux d'eau qu'il doit verser dans les flancs du vase pour compléter raisonnablement la quantité voulue de liquide destinée à devenir bouillon.

Un homme de chaque plat arrive alors pour laisser tomber dans la chaudière la brochée de viande qui sert de ration aux sept convives dont il est le délégué; car on nomme un plat , à bord , la réunion de sept commensaux désignés pour manger k la même gamelle et boire au même bidoA.

L'homme ou le mousse qui apporte la brochée de bois ou de fer sur laquelle est attachée , par tine ficelle , la ration de viande de ses autres camarades , est en quelque sorte le député responsable de tout le /?/a/. C'est à lui, pour reconnaître, une fois la cuisson opérée, la broche qui lui appartient, de faire une marque particulière

«iP eette breohe , pou^ \% distinguer entfd les cent autres broches de même espèce que le maitre-coq est chargé de rendre aux ayaa&droit, dès que le moment de la restitution arrive, et que la soupe est déolaréf^ faite.

Lorsque la gigantesque marmite se trouve montée et assise sur son siège, le eapitaine d*armeSy sous-offipier investi de la police du bord, vient , et le maitrercoq lui remet la clé du cadenas au moyen duquel on a fixé invariaihlement le couvercle de la chaudière sur la chaudière elle-même. D'énormes chaînes rivées sur le mur de la cuisine sont passées autour du vaisseau qui contient la soupe de l'équipage, pour le retenir sur sa base contre l'effet des eeups de roulis et de tangage ; on ne songe plus Mors qu'à faire bouillir le pot^u-feu du berd.

Les règles d'un art que je oonaaii^ fort peu, du reste, prescrivent , à certaines époques de l'ébulr lition du potage, de découvrir la marmite, soit pour écumer la soupe, soit pour la saler ou pour lui faire éprouver une évaporation favorable. A différentes périodes de la cuisson des viandes en>* tassées dans ta ohaudièr^ , le maitre^eq vient demander au eapitaiue d'armes la permission de découvrir le consommé, de la confection duquel il est responsable. Le capitaine d'armes se rend à la cuisine ; il ouvre le cadenas , le couvercle se soulève au moyen de crocs. C'est encore là une opération mécanique qu'il faut exercer i le maltre-eoq voit, examine, agit, et le couvercle est remis ensuite sur la chaudière, que l'on re* ferme encore une fois au cadenas. Le capitaine d^arpie» remet la clé dans sa poche, et le bouil* Ion continue à trotter tranquillement.

Quels que soient le soin et l'espèce de mys« tère avec lesquels on ouvre |a chaudière, et quelle que soit aussi la sévérité que met la senti« nelle placée à la porte de la cuisine, à interdire l'entrée du sanctuaire à tous les profanes, i( arrive quelquefois que des mi^lintentionnés réussissent à profiter du moment où on soulève le couvercle, pour jeter dans la chaudière des eorps tout-à-fait étrangers à la confection de U soupe. Des paquets d'étoupes, des restes du ta* bac mâché, des souliers usés, de vieux chapeaux sont souvent lancés dans les flots de bouillon» par des malveillans qui , pour prévenir les soup* çQns qui planerment sur eux, sont ensuite les premiers à manger sans aucun dégoût apparent Talimeiit qu^un instinct pervers les a conduits à souiller. Il suffit qu'un des coqs ait indisposé contre lui un mousse, un novice ou un matelot, pour que celui'^ci cherche à se venger 4e son ennemi, en lançant dans la chaudière quelque objet susceptible de compromettre la respans»* bilité des fonctionnaires chargés du soin et de la surveillance de la cuisine.

Dès que la soupe est faite, et que l'officier de quart a goûté le potage que l'on va servir à l'é-

qaipage , la cloche sonne. Elle appelle au rendez-'vous une centaine de gamelles que Fon range autour de la chaudière qui vient d'être descendue avec pompe sur le tillac de la batterie. C'est encore là une des époques les plus importantes du ministère du maHre-coq, Les manches retroussées, la cuiller à la main et le croc à viande au côté, il va procéder à la distribution de la soupe et à la restitution des broches. La chaudière est découverte ; un nuage suffo" cant de chaude fumée s'élève en tourbillon audessus de la marmite encore brûlante : c'est l'encens du sacrifice. Le grand-prétre appelle les plats par numéros , et selon la progression hiérarchique des grades du bord. Les contre' matlres de manœuvre !\écv\e'\A\, Le mousse des coBtrennaUres s'avance , la gamelle à la main , et d'un coup de cuiller le maître-coq a trempé la soupe de sept hommes. — Premier plat des officiers mariniers ! Le premier plat parait ; un grand coup de cuiller fait encore son office; ainsi de suite, jusqu'au dernier /;/a/ desnovices.. La distribution est faite ; mais au fond du potage restent encore les portions de viande confiées à la chaudière, objets chers et sacrés, source d'étemelles méprises, d'intarissables débats et de querelles interminables.

Cette fois, c'est à coup de crocs qu'il faut pêcher chaque broche dans les restes troublés du bouillon, à la surface duquel apparaissent, confuses et mêlées, les cent petites biaises qui in« diquent la présence de la portion exigible par chaque plat. On a bien distribué la soupe avec ordre, parce que le bouillon était le même pour chacun ; mais les brochées de viande ne peuvent être retirées qu'au hasard, et chacune d'elles appartient à un propriétaire connu. Là, plus de hiérarchie, plus de privilèges. C'est à la fortune à en décider, et quelquefois la viande d'un plat de novices obscurs sort la première du chaos où la portion des contre-maîtres reste la dernière!

Mais c'est lorsque le pauvre coq , croyant happer au bout de son long croc une grasse ration bien cuite , ne ramène que le soulier ou le chapeau qu'on a introduit dans son bouillon , qu'il faut voir sa mine consternée et son abattement lamentable. En vain cherche-t-il à replonger dans le fond de sa chaudière l'objet fatal qui va prouver trop évidemment sa négligence :

cinq à six cents yeux d'Argus sont là pour le confondre ; deux à trois cents bouches sont là pour l'accuser. On l'accuse même déjà : l'aspirant présent à la distribution a vu le délit...; l'officier de quart en est instruit. Le soulier ou le chapeau qui a noirci les flots du liquide réconfortant est apporté devant le chef de service , comme pièce de conviction; et la justice, qui à bord prend toujours des formes assez expéditi- Yes, condamne le coupable à recevoir douze à

quinze coups de bout de corde , pour n'avoir pas veillé assez atteptivement au confectionnement de sa soupe.

Le feu des Vestales était beaucoup moins difficile à garder qu'une chaudière de bord ; et les maîtres-coqs sont bien loin d'être des Vestales.

Les préparatifs d'un repas à la Gargantua, qui se terminent par des coups de corde!!! Tout est colossal ou grandiose dans la marine.

En, Corbière.

©ratî^Utte^.

C'est au milieu des dunes qui bordent la plage du département du Nord, que Gravelines, assise à l'embouchure de la petite rivière l'Aa, s'élève entre Calais et Dnnkerque par le O» IS* 25" de long. Occ.,5'10''lat. N.

Cette petite place serait toujours restée sans importance si l'activité industrieuse de sa population et les forteresses qui la défendent ne suppléaient au nombre de ses habitans, par le moor vement commercial dont pendant la paix, grâce à la première, son port devient le centre, et parla force que, durant la guerre, les autres donnent à sa position.

Ces fortifications ne datent point toutes de la même époque. Le chevalier Deville, Vauban et Napoléon y ont successivement attaché leur nom.

Les six bastions qui forment l'enceinte sont de la construction du premier. — Le fossé, les cinq demi-lunes qui le protègent, son chemin couvert et ses traverses sont dus au génie de Vauban. — Napoléon, lui, a fait élever la citadelle de Saint- Philippe, entre la ville et la mer, pour couvrir la passe du port.

Ce qui complète ce système de construction, et contribue surtout à la force de cette place, ce sont les écluses qui, en cas d'attaque, permettraient d'inonder à une grande distance les terrains voisins.

Cette ville, renfermée dans les anciennes limites de la Flandre française, empruntait autresfois à ses fortifications et à la régularité symétrique de ses bâtimens et de ses rues, un caractère qui s'est bien effacé depuis devant les développemens qu'ont pris les autres places de ces côtes. Située dans le diocèse de Saint-Omer, elle était attachée au ressort judiciaire du parlement de Douai et relevait de l'intendance de Lille et de la snbdélégation de Bourbourg. Son administration militaire était composée d'un gouverneur avec un traitement de 14,000 livres, d'un lieutenant du roi aux honoraires de 3,500 livres, et d'un major appointé de 3,000 livres. Sa magistrature consistait en un bailli, un payeur, cinq écbevins, ua greffier et un procureur syndic.

FRANCE

Orâtetifies a été le théâtre de plusieurs événemens militaires qui ne laissent point son passé sans gravité historique. Les Français, les Anglais et les Espagnols s*y sont rencontrés tour-à-tour, et tour-à-tour avec des fortunes diverses. Prise en 1383 par des forces britanniques, elle tomba en 1644 sous les armes de Gaston de France, pour être emportée de nouveau en 1652 par l'Archiduc, à qui le maréchal de Turenne devait Tenlever en 1658. — ^Le traité des Pyrénées en confirma la possession à la France.

C'^st également sous les murs de cette place que le maréchal de Thermes essuya une défaite en 1558.

Gravelines n'est aujourd'hui remarquable que comme l'un des ports où, malgré la modicité des ressources qu'offre une population de 2,500 habitanSy les armemens pour les pêches territoriales se poussent avec le plus de vigueur. C'est dans celles du hareng et du maquereau que cette ville, €Ù Ton ne compte aucun indigent, trouve sa principale richesse; plusieurs navires la quittent cependant chaque année pour aller se livrer à la pèche de la morue sur le banc et la côte de Terre- Neuve.

Il s'y fait aussi un commerce assez actif par Texportation des fruits et l'introduction des vins, genièvres et bois du Nord. — Ses chantiers de construction sont renommés pour rexcellence de leurs bateaux pécheurs.

Cette ville n'offre, à l'exception des forteresses qui Tenveloppent, aucun monument remarquable sous l'aspect architectural. Son ancienne église,. d'un style gothique assez lourd, renfermait deux tombeaux de marbre assez estimés : celui de Valentin de Pardieu; l'autre, de Claude Barbier, de Metz. Ces deux guerriers, l'un et Tautre assez célèbres, avaient gouverné cette place, le premier pour les Espagnols, le second pour la France. Cet édifice religieux, renversé par un ouragan en 1809, a été remplacé par une de ces froides bâtisses modernes, sans mérite comme sans caractère. Les embellissemens de cette ville consistent presque exclusivement en une ceinture d'arbres qui offre, comme la principale place, également plantée, une promenade agréable aux babitans.

£(i \mxxitt >tt malel0t..

Prenons-la à son commencement , afin que ce tableau de détails soit aussi complet que nous pourrions le faire .

L'heure dulever est arrivée ; la cloche , piquée par le pilotin , annonce six heures : . — nous sommes en été. — Le tambour a battu la diane sur le gaillard d'avant, et le capitaine d'armes s'apprête à faire sa ronde dans la batterie du Mtiment pour bâter le branle-bas*

Le matelot qui dormait, après avoir fait le quart de minuit à quatre heures , va remonter sur le pont où il trouvera les gens qui font le quart du jour. Les hamacs , qu'on appelait autrefois les branles^ du mot italien branla^ qui caractérise le mouvement continuel de ce lit suspendu; les hamacs se décrochent rapidement , transfilés d'abord , puis réduits au plus petit volume possible. Aucun ne restera là, paresseux ou retardataire : la consigne est sévèrement exécutée; elle ne s'humanise pour personne. Ce n'est plus comme autrefois, où la batterie basse d'un vaisseau restait encombrée toute la journée, et devenait, par ce fait , un foyer d'infection et de malpropreté. On ne l'ouvrait pas toujours quand il faisait beau; on ne décrochait les hamacs qu'une fois par semaine environ pour aérer ce grand dortoir qu'on lavait et grattait seulement alors. Maintenant de l'air partout, partout et toujours de l'eau, des soins de propreté , des attentions recherchées d'hygiène; partout le balai» le faubert , le sable, la brique qui rendent aux planchers des ponts leur blancheur et leur net* teté.

Les hamacs sont montés sur les gaillards , où ils vont être rangés méthodiquement dans le bastingage qui borde par le haut le plat-bord du vaisseau. Chaque homme apporte son lit , car il n'y a plus , comme au temps passé, un hamac pour d^ux matelots. Tous les inconvéniens qui résultaient de cet ordre de choses ont dis* paru; et puis, le hamac n'est plus ce qu'il était, un sac de toile où n'entrait jamais de matelas , où la couverture était même rarement admise, parce ^ue chaque marin avait le libre arbitre sur la question d'habillement et d'équipement , et ' que la plupart aimaient mieux dépenser leur paie à boire , à faire l'orgie dans les bouges immondes des petites rues des ports , qu'à se don-» ner le confort du costume et de l'habitation. On a sagement substitué la volonté du réglementa ce désordre facultatif; tous les hamacs sont pourvus d'une couverture et d'un petit matelas ; ils sont numérotés, comme les places des batteries et de l'entrepont où on les tend ; ils sont lavés souvent, mis à l'air, soignés enfin autant que le sont votre lit et le mien.

Quand le bratUe-bas, — ai-je besoin de dire que cela signifie : bas les hamacs ou décrochez les hamacs! — quand le branle -bas est fini, quand on a fait le chapelet des hamacs, arrangés par des matelots et des sous-officiers, surveillés par les maîtres, l'officier et les élèves de quart, et le second capitaine du bâtiment; le remplaçant de la cloche classique dans la plupart des signaux que sa voix éclatante donnait à l'équipage, le tambour appelle pour lé déjeûner. Ici , encore , il faut signaler d'heureuses améliorations ; le déjeuner était autrefois un repas çn Vair; le matelot te faisait ça ^ prome<-

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FRANGE HâRITIMË.

Haut ( eti se promenant il rongeait son morceau de biscuit , auquel on joignait une part de fromage de hollande ; ensuite , il Tenait boire au gobelet oommun le quart de vin que le bidon dti plai-^le nombre d'hommes réunis à une ga^ mëlle ^-^ contenait dans ses flancs coniques de doiiVes aigries. Aujourd'hui, le matelot déjeûne de café > s'il est dans les colonies , ou d'une pa- BMle faite avec le beurre et le biscuit dé sa ration du matin; un Verre de yin ( le quart d'une botileille), ou un boujaron d'eau-de-vie (le seizième d'Un litre), complète le repas, auquel succède immédiatement le latage du taisseau , opé^ ration quotidienne à laquelle tout le monde ya prendre parti

kloTh toiis les pafitalous sont retroussés jus^ qu'au genoux ) toutes les jambes , tous les pieds sont mis ft nui des bailles; des seaux des- (Rendent à la mer et en rapportent Fean , qui est jetée en larges nappes sur les ponts que les bnlais frottent en même temps. La brique qui doit fëcurer les planches fait son jeu à son tour; reti vient ensuite, etee faisceau de cordages détordus, dont nous avons pris le nom à un verbe de la langue hollandaise, Ewabberen (nettoyé!*), le fauberi^ épongoi esstiie et sèche.

Lé setono du bord a prescrit la tenue qu'on gardera toute la journée ; on va éc^hanger les vieux vétemens de la nuit contre la chemise blanche et le pantalon de toile, à la ceinture serrée sur les hanches. Il fait beau, le navire est par leâ latitudes équatorlales ; quand il s'en éloignera , quand il trouvera lé froid ou les brouillards humides^ on ajoutera une chemise de lai«e blanehe eu dé molleton bleu, puis le pale- ' tôt, veste de drap qui se croise sur la poitrine, et le pantalon de drap.

Vers neuf heures, l'inspection. Encore à la fin de TEmpire, c'était seulement l'affaire du di* manche; affaire, je me trompe; car le plus sauvent c'était une vaine formalité. L'inspection e^t sérieuse maintenant , et tout matelot, apprentimarin eu mouèse qui est convaincu de malpropreté i de négligence dans l'entretien de se$ Wdes, au raccommodage desquelles est consacré un jôÉtf par huitaine , ^— le samedi , d'ordinaire, — est puni sévèrement.

Après l'inspeetion, tes travaux et les exerciêëÉM totls geures cotnmencent; et, par travaux, il ne hnt pas ehtendre la manœuvre du bâtiment i parée que la manœuvre est constante « dhime oti nocturne , fréquente ou rare , selon les occurrences et les besoins de la route qu'on veut foire: Obacun s'applique à ses occupations spéciales : voiliers, charpentiers, ariMuriers , matelots ou calfats : réparations de toutes sortes , confection d'objets utiles que le port d'armement n*a point fournis parce qu'ils m sont pas réglementairement jugés

tf ttfi6 ftéoe$dl(é abaolue. Ici on retaille le$ voiles.

que le magasin général a données , ou trop ou pas assez échancrées au goût du commandant i là, le màitre d'équipage fait estroper des poulies, change les garans des palans, ou enseigne à set apprentis-marins l'art de faire les nœuds , si sûrs, si divers, qui ont reçu leur application pur* Uoulière, et qu'il faudra savoir exécuter promp* tement et bien» au milieu des ténèbres comme à la clarté du soleil^ quand le moment du besoin sera venu. A soil poste , l'armUrier nettoie les pistolets, les fusils» les haches et les sabres qu'il faut protéger sans cesse contre les envahissemens de la rouille; le charpentier fait quelque coffre, quelque cloison, ou bien il procède au remplacement d'un bordage que, datis sa dernière communication avec la terre ^ nue des embarcations du vaisseau a rompu contre une rochei Pendant ce temps-là^ l'école du fusil ou l'exercice du canoh occupe une portion de l'équipage; Ces exereiceSj ce^ travaux, dOnt les malades seuls soht exemptés -, donnent au bâtiment une activité ^ une vie qui le font ressembler à la ruche des abeilles industrieuses^ bu ft l'intelligente république des fourmis.

A onze heures , un coup de balai partout.

C'est le second nettoyage , et la journée est à peine à son milieu I A onze heures et demie la première bordée, c'est-à-dire une moitié de l'équipage va dtner. On dîne par bordées , a6n qu'il y ait toujours sur le pont de quoi manœuvrer le vaisseau. Avant le moment oil les matelots descendent prendre leur repas ♦ le coq — ottisihier , du latin èoqutU'. Vous voyez que la langue du gaillard d'avant a d'assez nobles origines ! — le coq est venu faire goûter à l'ofBcîer de service les mets qu'il va distribuer : c'est le vœu de la vieille ordonnance de Louis XI V, auquel on satisfait maintenant, après l'avoir long-temps méconnu. H. de Chateaubriand dit quelque part, dans ses-Jf(^irriotreâ,je crois : < Au repas du 9 midi et du soi^ , les matelots , assis en rond i autour des gamelles , plongeaient l'un après » l'autre , régulièrement et sans fraude , leur » cuillère d'étain dans la soupe flottante au rou- > lis. » Cela était vrai au temps où fauteur &JUilu allait en Amérique; c'était vrai , mCrtie au commencement de la Restauration ; mrUs là encore , le tableau de ce qui est aijyourd'hui diffère heureusement de ce qui était jadis. Plus de gamelles autour desquelles les matelots s'accroupissaient comme les pauvres Arabes mengeant leur riz; mais encore les vases communs où les cuillères se plongent alternativement, apportant dans la soupe flottante au roulis le dégoût qu'il faut vaincre, la maladie qu'il faut braver. Achacunson gobelet, son couvert complet; mais pas encore à chacun son assiette, comme chez les Anglais. A chacun sa place sur un banc, autour d'une petite table accrochée à là muraille

du navire : étaMîssement fciclle et prompt, qui

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ne trouble en rien l'économie de l'arrangement intérieur du bâtiment, et a l'avantage de procurer au matelot un moyen de repos excellent , un repas commode, un moment de bonne cau- • série. C'est l'existence de ménage qu'on a rendue par là au marin pendant ses navigations.

N'a-t-on pas bien fait? La profession de la marine n'est-elte pas assez pénible pour qu'on donne à celui qui y est voué par goût, ou par la contrainte de la loi, tous les dédommagemens qui ne peuvent nuire.au service ? Le bien vêtir, le log.er commodément , le bien coucher , lui assurer une nourriture saine, c'est le problème dont la solution fut si longue à trouver, et que l'on a résolu en Angleterre et en France, grâce au zèle persévérant des ofûciers de marine de ces deux nations.

Chaque bordée reste trois quarts d'heure à table » espace de temps bien raisonnable pour la consommation d'une soupe , d'une ration de bœuf ou de lard salé , et de légumes secs cuits avec la viande. Après une heure et demie de repas, les tables et les bancs sont remis à leurs places entre les barreaux des plafonds. La batterie ou l'entre-poirt qui a servi de salle à manger est balayée, etles exercicesvont recommencer, pour cesser à trois heures et demie.

'Tandis que fusils et canons, demi-piques et haches d'abordage étaient maniés par la portion de l'équipage sur Jaquelle ne repose pas pour le moment le soin de la manœuvre , des matelots ont suspendu à l'extrémité des vergues, sous le vent, des voiles longues et étroites VLppelées* bonnettes. Leur milieu, pendant entre la grande vergue et la vergue de misaine, fait une espèce de sac qui se remplit d'eau.

C'est dans cette baignoire mobile, emportée par la vitesse du bâtiment , et dont l'eau se renouvelle sans cesse , que les marins vont descendre prendre les plaisirs du bain. Une demiheure passera bien vite dans les amusemens sans danger de cette récréation hygiénique. On joue dans le fond de la bonnette comme on ferait sur le sable doré d'une anse ou d'une rivière ; on se dédommage du silence forcé qu'on a gardé pendant les exercices; on. lutte, on rit, on multiplie les innocentes malices des passades et de l'eau jetée à-profusion; on s'évertue à qui, sorti de la baignoire de toile, suivrale mieux le vaisseau qu'une très -faible brise pousse lentement. Mais gare le requin! On rentre prudemment dans la bonnette, où le vorace animal ne viendra point attaquer les baigneurs.

Allons, à bord, nos tritons! L'officier de quart fait battre pour le souper. Encore un dernier plongeon, encore une passade inattendue qui nous vaudra un juron et un grand éclat de rire, et puis on obéira. Voilà qu'on remonte dans la batterie. Ces hommes nus, livrant l'assaut an navire, présentent un spectacle amusant. On

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