TOME
rent franchis sans trop de difficulté; mais robsta« cle qui leur inspira un instant l'inquiétude la plus vive, les attendait au rivage même. Cet obstacle consistait en une lisière de fange si liquide, que» malgré leurs patins, ils enfonçaient Jusqu'aux genoux ; mais ils touchaient de trop près à la liberté pour se laisser vaincre par ce dernier danger. Sans se laisser rebuter par les douleurs que leur causaient des fragmens de coquillages dont leurs jambes et leurs bras étaient déchirés, ils continuèrent à s'avancer en se faisant un appui de lourd mains.
Ils se trouvaient dans cette position critique» lorsqu'un clapement sourd et l'agitation de l'eau ne leur permirent pas de douter de l'approche du flot. Tous deux se crurent perdus. Quelque temps auparavant, deux prisonniers surpris par la mer montante avaient trouvé un tombeau dans cette boue fétide. Surpris comme ces malheureux, le flot eût infailliblement passé sur eux comme un linceul. Ils ne se trompaient point, c'était le flux qui se précipitait sur leurs traces; mais, le terrain s'étant raffermi, ils eurent gagné le plein de la mer avant lui.