‹ La France maritimeChapitre 2 sur 105 · H INTRODUCTION · texte numérisé non relu

H INTRODUCTION

autres sybarites des plies d'Utique, des anguilles de Macédoine et de la pourpre de Phénicie.

La poésie et la partie didactique de la navigation manquèrent également d'interprètes. Les écrivains, qui n'étaient point guidés parla pratique, imitèrent les exagérations follement imaginaires des anciens, qui n'avaient vu la mer que du rivage ; et les hommes d'expérience, privés d'éducation, dans l'impuissance de développer et de communiquer leurs idées, laissaient à d'autres aborder la marine avec une ignorance complète de connaissances spéciales.

Et pourtant les besoins nouveaux nés du développement de la civilisation avaient, à diverses époques, porté les préoccupations publiques vers la navigation. Ces tendances éclatèrent même avec tant de force sous le règne de Louis XVI, qu'il fallut bien compter la marine parmi les autres éléments de la puissance nationale. Mais la gravité des événements qui vinrent agiter la France changea bientôt le cours de ces idées, qui plus lard semblèrent quelque temps ensevelies sous les débris d'Aboukir et de Trafalgar.

Néanmoins, des progrès constants s'accomplirent à travers toutes ces guerres et tous ces bouleversements d'empires : lorsque l'Europe, assise sur ses vieilles bases, eut repris l'apparence du repos, les sollicitations de l'opinion et du pouvoir ne tardèrent pas a se reporter plus puissamment vers la marine.

Ce qui lui donna surtout une haute importance aux yeux de la France, ee fot son intervention dans la lutte grecque, où la suivirent tous les voeux, et cette victoire de Navarin, et cette conquête d'Alger, qui lui valurent les suffrages du monde.

La littérature, sortie enfin du cercle étroit de l'égoïsme national, s'empara de ces tendances nouvelles, et, fécondée aux sources des littératures étrangères, elle dota lo pays d'un genre de production que commençaient à lui révéler des traductions américaines et anglaises.

if. Ed. Corbière fut le premier qui, par des tableaux nautiques et des esquisses physiologiques des marins, propagea les idées nouvelles que ses nombreux ouvrages ont vulgarisées ; M. Eugène Sue ne tarda pas à leur donner un caractère plus frappant, en les ployant à la péripétie du drame, et en les étendant au cadre du roman. M. A. Jal composa une série de petites scènes maritimes, où il s'efforça, en les eolorant, de rendre ses enseignements accessibles à tous. La plume dramatique et sévère de M. Parisot reproduisit, dans les Vtctoiret et conquêtes, les succès et les désastres des flottes de l'empire. Enfin, la France maritime, œuvre de toutes les illustrations littéraires et artistiques do genre, s'efforça de présenter la science nautique sous les formes littéraires et pittoresques accessibles à tous.

An*»** GBJÊHAN, di^ur-fondateur.

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