‹ La France maritimeChapitre 30 sur 105 · TOME V. H · texte numérisé non relu

TOME V. H

< Lesermaieurs seront tenu» de faire connaître » an bureau de l'inscription maritime Ut marque» a de reconnaissance dont ils voudront Taire usage, » et ils ne pourront lesemployerqu'aprèsenavoir > fait la déclaration, qui sera enregistrée et men-

• tionnée sur le r6le d'équipage du navire. » Tous les inconveniens qu'on redoutait pour le

port d'insignes coupables étaient prévenusparcet art. 6, qui créait un censeur, mais qui n'osait pas montrer toute la frayeurdontilélaitgros.en créant aussi une pénalité applicable à celui qui contreviendrait au règlement. On comprit très-bien dans la marine du commerce ce que le ministre voulait dire ; mais M. Molé craignit apparemment que le roi ne sentit pas toute la portée de ta disposition mystérieuse qu'il présentait a sa signature, et que M. le grand-amiral de France, ducd'Angoulême, devait contresigner aussi; car il prit la peine de la leur exposer dans un rapport, où je trouve le curieux passage que voici :

« ... Dans ces derniers temps, quelques arma-

• teurs et capitaines, soit par malveillance, soit a par inattention, ont abusé de la liberté dont ils a jouissaient, pour arborer, comme marques de a reconnaissance, des pavillons dont les couleurs a rappelaient celui qui ne peut plus être aujoura d'iiui qu'un signe de rébellion.

a II était donc nécessaire de prévenir de sema blables fautes, mai» tan» éclat et en dissimulant a te véritable motif de» ordre» qui feront donné», a

Cette cachotterie,— et c'est à dessein que je me sers d'une expression très-vulgaire pour parler d'une chose si peu noble , — cette cachotterie n* est-elle pas amusante? N'y a-t-il pas bien de la mesquinerie dans une pareille manière de procéder? On sait qu'on va s'exposer au ridicule, si l'pn manifeste des craintes puériles; et, pour fuir le ridicule, pour cacher ses craintes, on s'arrange de façon à prévenir tan» éclat les actes que l'on redoute ; on trompe le public sur les véritable motif des ordres que l'on veut donner ! Celte petite ruse, cette grossière finesse, n'est pas un des moindres traits de l'histoire des commencemens de la Restauration. On se voyait en péril, parce que trois couleurs proscrites se groupaient, dans un ordre quelconque, à la surface d'un pavillon d'élamine, et l'on n'avait pas la force de déclarer qu'à l'avenir toute combinaison du bleu, du rouge et du blanc était interdite ! C'était en tremblant et en mentant comme un écolier jésuite , qu'un ministre du roi de France composait un règlement sauveur dont il n'osait pas avouer le but et l'intention ! Ceci est très-plaisant quand on y pense ! On prenait une résolution, et l'on se disait : < Qui jamais en saura la cause? » On n'oubliait qu'une chose... c'était de brûler le Rapport au roi !

Aujourd'hui, la marine marchande est encore tous l'empire du règlement de 1817, qui a trait non-seulement aux marques de reconnaissance mais encore aux signes d'arrondissement.

sickfs d'arrondissement.

Onsaitqu'ilyacinqarrondissemens maritimes; c'est-à-dire que le littoral de la France, de Dunkerque à la frontière d'Espagne, et de l'autre frontière espagnole jusqu'à celle du Piémont, est partagé en cinq grandes divisions, administrées par des préfets maritimes. Ces cinq arrondissements ont pour chefs-lieux Cherbourg, Brest, Lorient, Rocbefort et Toulon. Chacune de ces divisions a été subdivisée en deux, et l'on a affecté pour la police de la navigation des signes à ces dix subdivisions. Autrefois les armateurs, pour se faire reconnaître de loin, se servaient généralement des pavillons des villes où ils faisaient leurs armemens, ou des pavillons des provinces : on ne leur a pas accordé celte latitude par les dispositions du règlement de 1817. Us sont obligés de faire arborer sur leurs navires les signes adoptés réglementairement par le ministère. Ces signes ont été arbitrairement formés et composés. Il y en a de deux formes : cornette et pavillon triangulaire ; il y a cinq combinaisons différentes de couleurs, comme on le verra par le tableau colorié qui esi joint à ces explications. Le seul de ces signes qui rappelle un ancien drapeau rovincial, c'est le premier, comportant quatre andes horizontales alternativement bleues et blanches; ce sont les anciennes couleurs de Dunkerque, celles qu'illustra Jean-Rart.

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