‹ La France maritimeChapitre 37 sur 105 · COUP D'OEIL GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COUP D'OEIL GÉNÉRAL

Pour le Français qui ne connaît que les côtes de l'Océan ou de la Manche, et pour celui de l'intérieur qui n'a jamais vu la mer, Marseille et les autres ports de la Méditerranée doivent être un spectacle également nouveau. On conçoit, en effet, qu'une différence d'aspect résulte nécessairement de deux natures dissemblables. Sur nos côtes de l'ouest et du nord, les marées qui tourà-tour envahissent et abandonnent les terres, les vagues énormes, les brumes épaisses , les fréquentes et noires tempêtes qui semblent l'élément naturel de ces bords, doivent leur donner un aspect âpre et sévère que n'ont pas les parages riants de la Méditerranée. Ici tout est moins sublime, mais plus gracieux. Le flot, presque tou jours limpide et pur, réfléchit un ciel presque toujours serein, baigne constamment la même hauteur du rivage, et ne se retire pas pour laisser à découvert un limon infect. Les côtes, arides sur quelques points, n'en sont pas moins pittoresques: leurs sables qui, semés de parcelles de mica, étincellent au soleil, leurs roches calcaires et blanches qui, par intervalles, font place à une riche végétation, forment, avec l'azur du ciel et des mers , les oppositions vigoureuses de couleurs et de teintes qui donnent a ces paysages maritimes tant de chaleur et (tféclat. Et ces beautés de la nature sont rehaussées par le charme des souvenirs, car les rivages de la Méditerranée furent le théâtre de presque tous les événemens historiques qui précédèrent la découverte du Nouveau-Monde.

Ainsi qu'on l'a vu dans deux précédents arti- . cles, Marseille ne resta point étrangère a ces événemens. Nous avons dit la part qu'elle y prit depuis sa fondation, les progrès successifs de sa puissance, de son commerce et de sa navigation. 11 nous reste à dire ce qu'est aujourd'hui Marseille, telle que le travail des siècles et la civilisation l'ont faite. Nous jetterons d'abord un coup d'œil d'ensemble sur sa position, son aspect et sa population ; nous dirons un mot des établissemens et des édifices qui. sans entrer dans le cadre de notre publication, ne peuvent être omis dans la description géographique d' une ville , et nous réserverons pour des articles subséquens, spécialement consacrés à ce sujet, les détails relatifs

et au

détails auquels notre spécialité nous astreint a donner plus de dévoloppemens.

Marseille, chef-lieu du département desBouches-dti-Khône, l'une des plus belles et des plus opulentes cités de la Méditerranée, doit ces avantages à sa situation topographique, à l'étendue et à la sûreté de son port, où douze cents navires peuvent prendre place. Malheureusement ce port n'a pas assez de fond pour les frégates et vaisseaux de haut bord, et n'a pas de rade foraine, car on ne peut donner ce nom à un golfe exposé à tous les vents. Il forme un carré long dont chaque côté, dans le sens de la longueur, est occupé par un double et quelquefois par un triple rang de navires de tous les pays. Des places particulières leur sont assignées, selon leurs nations, leur provenance, et la nature de leurs charge-

A la droite de l'entrée de cet immense que de toutes parts encadrent des édiGces grandioses, se trouve le quai de Rive- Neuve, à gauche le quai du port. Le premier, exclusivement bordé par de vastes magasins ou des hangars, et presque désert la nuit, n'est peuplé pendant le jour que de marins, de douaniers, de porte-faix, de peseurs etjaugeurs du commerce. C'est là que se débarquent les produits des colonies, que des milliers de bras sont occupés à rouler, à traîner des colis, à vanner du blé ; 14 aussi se trouvent le canal destiné aux mêmes usages, la place aux huiles, la machine à mater, plus loin le chantier de construction et le nouveau bassin de carénage, Nous aurons à revenir sur quelques-uns de ces établissemens.

Le quai du port, qui va changer de physionomie, car au moment où nous écrivons on démolit les anciennes maisons que vont avantageusement remplacer des maisons plus reculées, à façades uniformes et régulièrement alignées, commence à la Consigne et se termine à la Cannebière, vaste place toujours animée et populeuse, et qui rappelle au voyageur ce qu'il a vu de plus beau en ce genre, dans les premières villes d'Europe. L'Hôtel-de-Yille, placé à égale distance à peu près de la Consigne et de la Cannebière, divise ce quai en deux parties d'une physionomie bien distincte. Cest, de la Consigne à l'Hôtel-de-Ville, le quartier Saint- Jean, avec sa population de pêcheurs, de marchands de poissons, ses petits cafés, etses magasins, engoudronnés, de tous les ustensiles, voilures et agrès qui entrent dans l'armement d'un navire. Au-delà, c'est une population élégante, ce sont les arts, le luxe, de somptueux cafés, de riches magasins d'optiques, de gravures, d'horlogerie, d'objets d'histoire naturelle, devant lesquels s'arrête la foule. Au point d'intersection est une place pavée en larges dalles, où, à l'heure de la bourse, dont la salle fait partie de l'Hôtel-de-Ville, se dégorge le trop-plein des négociant et des courtiers. Le

Tons I".

reste du quai, pave en briques, offre aux promeneurs un sol constamment sec, une température douce et abritée l'hiver des froids piquans qu'amène quelquefois le mistral (vent du uord-ouest). A ces agrémens il faut ajouter, comme distraction, l'aspect de tous les objets de luxe que nous venons d'énumérer, celui des pavillons de toutes les nations, flottant sur les navires, et le singulier mélange du costume et de l'idiome de tous les peuples confondus dans l'essaim qui, en toute saison comme à toute heure, bourdonne et s'agite en ce lieu. Au large du port, et à une petite demi-lieue, sont les Iles de Pomègue, de Ratonneau et du Château-d'If; à l'entrée, les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas, et à droite, un peu plus loin, le fort Notre-Dame-de-la-Garde. Nous aurons à rappeler quelques événemens historiques qui se rattachent a ces noms.

Dépourvue d'antiquités, Marseille n'est pas encore très-ricbe en édifices publics modernes. Nous avons parlé de l'Hôtel de- Ville ; il faut voir sur sa façade un écusson de Puget; dans l'intérieur, le grand escalier et deux tableaux de Serre, représentant la peste de 1720. La nomenclature des monumens publics sera épuisée quand nous aurons ajouté à l'Hôtel de-Ville le Grand-Théâtre et le Théâtre-Français, la Bibliothèque, le Jardin des Plantes, un Musée de tableaux peu nombreux, mais en général appartenant aux bonnes écoles, un arc de triomphe commencé en 1824, et achevé aujourd'hui seulement. Cet édifice est grand et noble, son faite est orné de huit statues dues au ciseau délicat de M. David d'Angers ; citer le nom du sculpteur, c'est indiquer la perfection de l'œuvre dont le défaut justement reproché est une délicatesse de traits qu'on admirerait dans un musée, mais qui nuit à l'effet dans un monument aussi grandiose. A Marseille, comme dans le reste de la France, tandis que les travaux entrepris par des particuliers s'élèvent et s'achèvent avec une célérité qui tient du prodige, ceux dont l'administration fait les frais fatiguent éternellement de leur immobilité les yeux de la population. Citons encore parmi les édifices publics qui méritent une mention du topographe et une visite du voyageur, l'église Saint-Victor, celle de la Major, bâtie, disent les antiquaires, sur l'emplacement où fut jadis un temple de Diane ; lHôiel-Dieu, l'Hôtel des Douanes, et le Lazaret, qui nécessairement attirera de nouveau notre attention.

Ce petit nombre et cette pauvreté de monumens sont amplement compensés par la beauté des quartiers neufs, car Marseille se divise en deux villes, la nouvelle et l'ancienne. Celle-ci, aux rues tortueuses, étroites et sales, aux maisons gothiques et sombres, occupe b position exacte où fut la Massai ie, fille de Phocée, émule d'Athènes et sœur de Rome. L'Hôtel-de-Ville et le Palais-de-Justice, qui en font partie, y fixent

la demeure de quelque» légistes et d'un petit nombre d'employés. Les nouveaux quartiers, séjour du commerce, des administrations et de l'aristocratie de tous les étals, par leur régularité, l'alignement et l'architecture de leurs batimens, la propreté constante de leur pavé, classent Marseille au premier rang parmi nos villes les plus élégantes et les mieux distribuées. Ces avantages et son climat y attirent, comme à Nice, comme à Livourne et à Naples, ces migrations d'Anglais qui, chaque hiver, viennent chercher en Italie et en Provence l'air pur, l'atmosphère limpide et le doux soleil que la nature a refusés à leur patrie.

La brillante période de l'empire fut pour Marseille une époque de calamité. Le commerce maritime seul la fait vivre et prospérer, et il était anéanti par les formidables croisières anglaises qui sillonnaient nos parages. Aussi l'avènement des Bourbons fut accueilli par des transports de joie frénétiques, et à la seconde abdication de Napoléon, le peuple marseillais se vengea cruellement sur les militaires et les partisans du régime déchu, de l'humiliation que venait de subir le gouvernement qu'on croyait protecteur des intérêts mercantiles. 11 n'entre pas dans nos attributions de décrire les excès de cette époque néfaste, et nous nous en applaudissons.

A partir de la seconde restauration jusqu'à nos jours, la population, le commerce, et l'extension matérielle de la ville ont toujours été en croissant. Mais c'est surtout dequis la conquête d'Alger que cet accroissement a été sensible et hors de tout rapport avec celui des vingt-sept années précédentes. En 1815, la population était de quatrevingt mille Ames ; au commencement de 1830, de cent quinze mille. Elle s'élève maintenant à cent quarante-huit mille. 11 est superflu d'ajouter que la masse des affaires, les transactions commerciales et les travaux de tous genres ont suivi la même proportion. Chaque jour de nouveaux et somptueux quartiers se dessinent et s'élèvent ; chaque jour se créent des élablissemens inconnus jusqu'à présent à Marseille, et qui, y fécondant les arts et le luxe en y propageant le confortable, doivent attirer une nouvelle affluence d'étrangers et devenir un nouveau moyen d'opulence et de prospérité. Il serait long et fastidieux d enumérer ces élablissemens que l'industrie enfante pour le bien-être ou les plaisirs des classes aisées. Nous en donnerons un exemple en mentionnant les nouveaux bains de la Méditerranée, de MM. Guieux et Clemenceau, à une demiheure environ de la ville, sur la plage de la Madrague. Des travaux élégans et bien entendus, combines avec un site pittoresque, avec une perspective ravissante, avec tout ce qui peui satisfaire les goûts des baigneurs, en ont fait un de ces lieux que l'on se promet de revoir quand on les a vus une une fois.

Uàtons-nous de dire qu'il n'existe pas une

seule ville en France qui possède autant d'établissemens philanthropiques que Marseille, tous consacrés à l'éducation, au soulagement, non pas seulement des classes indigentes, mais encore de celles que des malheurs et des événemens imprévus ont fait déchoir d'une haute position. On conçoit que nous ne pouvons entrer à cet égard dans des détails qui sont en dehors de noire cadre, mais nous pouvons au moins signaler l'existence de ces institutions qui honorent celle grande cité. Nous mentionnerons entre autres, avec l'école des mousses dont nous avons parle dans un précédent article, rétablissement des Enfans de l'Etoile, où sont bien nourris, proprement vêtus, soigneusement instruits et gratuitement, de jeunes garçons du peuple qui ont perdu leurs pères. On leur enseigne un état mécanique, et a la lin de cette éducation on leur avance les fonds nécessaires pour un premier établissement. Nous devons mentionner encore l'école gratuite de musique vocale, succursale du Conservatoire de Paris, et qui a fourni des sujets distingués à l'Opéra; l'école gratuite de dessin, les écoles mutuelles, et une foule d'autres institutions qui attestent, de la part des classes riches, un noble penchant à la bienfaisance, et ne laisse de la part de la classe indigente aucun prétexte \ la pa resse. Mais encore une fois, ces deuils ne sont pas de notre ressort, et nous* avons dû nous borner à les indiquer au philanthrope qui, dans une visite à Marseille, serait tenlé de les voir et de les étudier de plus près.

Cette notice, toute sommaire qu'elle doit être d'après les conditions de notre plan, serait cependant incomplète si nous ne disions un moi des bastides, qu'on cite toujours lorsqu'il est question de Marseille. Dans un rayon de deux lieues autour de la ville, sont semées environ vingt mille maisons de campagnes où, le dimanche, la population va se délasser des travaux ou des calculs de la semaine. Chaque baslidc a invariablement sa pinède (bosquei de pins), et son poste a feu poar la chasse aux grives. C'est dans ce poste que, dès le maiiu, on attend l'oiseau qu'attirent des appeaux vivans, et qu'invitent à se reposer des rameaux dépouillés de feuilles, placés à la cime de quelques arbres à portée. Le pays n'est pas giboyeux, et vingt mille coups de fusil attendent la pauvre volatillc que son mauvais destin fait passer par hasard sur le territoire des bastides. C'est dire combien la nullité de ses résultats rend cette chasse fastidieuse.

On conçoit que ces myriades de maisons de campagne, blanches, entrecoupées de plantations, disséminées dans un vaste espace qui s'élève en un amphithéâtre dont la dernière enceinte est formée par des montagnes nues et abruptes, doivent composer un ensemble d'où résultent des points de vue d'une grande beauté. En effet, celui qu'on appelle la l'isp, et dont on jouit en arrivant

LA fttANCE MARITIME.

à Marseille par la route d'Aix, a mérité d'être décritplasieurs fois, et ne l'a jamais été qu'imparfaitement. C'esi qu'il est de ces beautésde la nature pour lesquelles l'idiome le plus abondant et le style le plus riche n'ont que des expressions insuffisantes. Quel effet aurons-nous produit lorsque nous aurons dit que le voyageur, en arrivant sur les hauteurs de Séon, découvre à sa droite une immense étendue de mer sillonnée de voiles blanches, devant lui et à sa gauche, Marseille, son port, sa ceinture de bastides dont l'œil se plaît et se fatigue à suivre la multitude et la variété, et a l'horiron de ce tableau une chaîne de montagnes azurées ou rougeitres, aux coupures bizarres et pittoresques? Le lecteur restera froid à ces détails décolorés d'un ensemble dont l'aspect le ferait tressaillir de plaisir et d'admiration.

Il est d'autres perspectives plusétendues et non moins ravissantes, telles que celle qui s'offre aux regards, à l'approche de la terre, lorsqu'on arrive à Marseille par mer, et celle qu'on découvre du haut de lamontagneNotre-Dame-de-la Garde, ou même de la promenade Bonaparte, qui en est à mi-côte. On embrasse de la, à vol d'oiseau, un immense horizon où, d'une part, la nappe d'eau de la Méditerranée, de l'autre, les lointaines campagnes se confondent avec le ciel.

L'empreinte de l'antique origine de Marseille, qui a disparu de son sol, se retrouverait peut-être dans quelques usages populaires et dans le caractère de tête des classes inférieures qui, moins croisées par les alliances que les classes élevées et intermédiaires, ont dû conserver quelque chose du type primitif et de la physionomie de leurs ancêtres. Il n'est pas rare de trouver dans les personnes des deux sexes qui forment la population des vieux quartiers, mais surtout chez les femmes, ces profils grecs dont la pureté des lignes rappelle les belles têtes que l'art classique a données comme le type de la beauté. D'un autre côté, les fêtes champêtres des villages du territoire de Marseille ; les jeux de la course, de la lutte, du palet, auxquels se livrent les jeunes gens ; les feux de joie allumés dans la soirée la veille de la Saint-Jean, semblent être un reste et un diminutif des jeux de la Grèce, des torches brûlées an solstice d'été en l'honneur de Cérès.

Il est impossible de parler de ce qui est particulier à la Provence, sans dire un mot du tambourin et du galoubet qui se confondent en tin senl instrument entièrement local, dont la gaité et la fraîcheur sont si bien en harmonie avec le caractère des lieux et celui des habitans. Plus d'une fois les sons du tambourin, entendus par hasard sur une plage lointaine, ont excité chez le Provençal celte profonde mélancolie et ce vif souvenir du pays que le ranz des vaches réveille èhez les Suisses. Les mêmes effets sont produits chez les Provençaux voyageant à l'étrangèr, par

le patois de leur contrée, si riche en expressions énergiques et originales, qui n'ont d'équivalens dans aucune langue. Des chroniques, des histoires, des poèmes sont écrits dans cet idiome sur lequel s'exercent encore quelques verves poétiques du Midi. Au surplus, il s'efface chaque jour, et ses locutions tendent à se confondre avec les locutions moins vives, moins colorées et plus souples du français. Il y a cinquante ans à peine, que toute la classe bourgeoise à Marseille parlait exclusivement le patois, et que le peuple ne comprenait pas d'autre idiome. Tous aujourd'hui entendent le français, et le patois n'est le langage habituel que des classes les moins aisées. Il en est de même des usages locaux dont nous avons parlé, et qui deviennent graduellement moins tranchés et moins apparens. On peut prévoir qu'à une époque assez rapprochée, ils ne se remarqueront dans ces contrées que comme des exceptions, et finiront par disparaître toul-à-fait. Ce changement, ou, si l'on veut, ce perfectionnement, est dû beaucoup moins à la délimitation de la France en départemens, qu'aux progrès généraux de la civilisation, et surtout aux événemens qui, pendant plus d'un demi-siècle, ont fondu et mêlé les Français de toutes les parties du royaume, et qui les ont mis en contact avec tous les peuples de l'extérieur.

N'oublions pas de parler, avant de terminer cet article d'une création nouvelle, de l'immense promenade aboutissant de la porte de Rome aux bords de la Méditerranée. Elle a été créée en très-peu de temps; c'est le Prado, qui, lorsque les arbres de sa quadruple allée auront acquis leur croissance, surpassera tout ce que l'Europe possède de plus magnifique en ce genre.

Et tandis queM'adroinistration ou des associations particulières accomplissaient ces constructions, l'industrie individuelle contribuait pour sa part à l'embellissement de la ville; des quartiers nouveaux ont été construits pendant ces dernières années, des rues, déjà d'une beauté, d'une régularité remarquables, ont vu s'élever des bâtimens d'un luxe de construction qui les rend dignes des plus beaux quartiers de la capitale. Il est inutile d'ajouter que les mouvemens de l'industrie et du commerce ont suivi cette progression, et que les affaires ont eu un mouvement toujours ascendant et jamais ralenti. Aux époques les plus prospères de son histoire, Marseille n'aurait jamais pu rêver une existence aussi brillante que celle dont elle jouit en 1848, et qui cependant est loin d'être à son apogée.

A. Laudisr.

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