‹ La France maritimeChapitre 82 sur 105 · SUR L'AMIRAL LEI1ÉDOIS · texte numérisé non relu

SUR L'AMIRAL LEI1ÉDOIS

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Leliédois (Giles), plus connu sous le nom de capitaine du Bocage, naquit à Cherbourg le iO novembre Issu de pareots sans fortune, il passa sa jeunesse à naviguer pour vivre, et ne reçut d'autre éducation que celle toute de pratique de l'adversité et du besoin. Sans protecteur, sans appui, livré à lui-même, il débuta dans la carrière on il devait s'illustrer par être simple matelot.

Bientôt sa bravoure le fit connaître avantageusement des gens de mer, et son intrépidité dans les combats, sa prudence dans le danger, son audace, ses talents, lui procurèrent successivement le commandement de plusieurs corsaires de Cherbourg et de Saint-Malo, avec lesquels il fit des prises considérables sur le commerce anglais. Quelques-unes de ses riches captures, qu'il conduisit à Lisbonne, firent assez de sensation dans cette capitale pour que les exploits de Lehédois vinssent à la connaissance de Jean V, rot de Portugal, qui voulut voir cet intrépide marin. Ce prince, en 1706, la première année de son règne, proposa à du Bocage d'entrer au service dans sa marine, comme capitaine de haut-bord. Le^corsaire accepta avec empressement cette faveur que lui valait son courage, et reçut aussitôt de la chancellerie de Lisbonne des lettres de naturalisation. Au commencement de l'année suivante, il s'embarqua sur un vaisseau de ligne et fit le voyage d'Amérique, on, dit le moine Ygnano, il trouva plus d'une occasion de signaler son courage. Le roi Jean lui donna le commandement de plusieurs autres bâtiments. Il fit une croisière sur les cotes de France et d'Espagne, fut employé dans la Méditerranée, et enfin au Brésil. Il commandait en second à Rio-Janeiro, en 1711, lorsque cette ville fut prise et rançonnée par le célèbre Duguay- Trouio. Du Bocage se comporta vaillamment à la défense de cette place, et le vainqueur, dans ses Mémoires, signale son héroïsme plus grand que son habileté. Cet homme, qui devait tout à luimême, parvint au grade d'amiral du Brésil, emploi dans lequel il ne resta sans doute pas oisif; mais il est fâcheux que celte partie la plus intéressante et la plus historique de la vie de Lehédois soit inconnue. On sait seulement que vers l'époque de la mort de Louis XIV, il repassa en Europe à bord d'un vaisseau de guerre convoyant des navires marchands, et qu'il conduisit au Brésil une petite escadre destinée à protéger le commerce portugais dans ces parages. On ignore absolument le reste de la vie de Lehédois ; on n'a aucun renseignement sur le temps et le lieu de sa mort : son nom même ne figure nulle part dans les biographies, et c'est à peine si l'histoire de Portugal le cite. L'oubli dans lequel est enveloppée la mémoire de cet homme distingué est dû au tremblement de terre qui I 1755, et détruisit les archives de la

En réparant l'oubli dans lequel la Providence semblait avoir jeté Lehédois, nous avons pensé être utile à nos compatriotes, en leur signalant les Français qui surent donner de l'éclat à leur nom, même sous un pavillon étranger.

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VOYAGE DE L'ASTROLABE, ek 1826 et 1827.

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