L. Chevallier
VARIETES
foojmjîe à la Martinique.
À M'A. Gré/um, fondateur de U Fronce Maritime.
MORSIIOS,
Je vous ai promis, en pariant pour la Martinique, de ne pas oublier là France Maritime que vous dirigez avec tant d'habileté, et où j'ai eu l'honneur plus d'une fois d'écrire mon nom parmi des noms si lumineux, qu'il me représentait le pauvre paysan du Danube au milieu des sénateurs empourprés de la vieille Rome. Je suis parti, le navire m'a emporté, et je vous envoie aujourd'hui ces pages qui sont tombées de ma plume, au vent qui souffle des mornes américains. Je ne les ai pas écrites sans plaisir, je vous l'avouerai, car je songeais, en les écrivant, au pays qu'elles allaient revoir et que je ne dois pas revoir encore. Je n'ai pu m'empécher de les regarder de cet œil mouillé qu'on tourne vers ceux qui embrasseront bientôt les objets perdus de notre affection. Il faut si peu de chose pour réveiller le passé, et surtout le passé qu'on regrette ! Daignez donc les accueillir, comme des pigeons chargés d'un message de paix et d'amitié. Leurs plumes sont peutêtre encore chaudes des larmes que m'arrachent par moments mes souvenirs de patrie. Je dis de pan ie, car je ..e sais, la France m'a toujours souri ' * un enfant ; cl d'ailleurs, si ce n'est pas ma
mère, c'est bien toujours la mère de ma mère ; <*t, grâce à Dieu, je n'ai jamais trouvé mon cœur trop étroit pour deux affections aussi nobles et aussi pures.
Que vous dîrai-je? Sur quoi laisserai-je cou tir ma plume ? il y a bien longtemps que je n'ai écrit. L'homme qui part brise avec toutes ses babil udes. Ma gêne augmente de ce que l'organe que j'ai choisi exige une sorte de science pratique, a laquelle ne peut suppléer tout le trésor des sentiments; et par malheur je n'ai pas autre chose à offrir. Je suis né, il est vrai, dans une lie ; mais j'ai toujours beaucoup plus vécu a Para qu'à la Martinique. Aussi vais-je bien me garder, en vous racontant quelques impressions de mon voyage, de toucher à aucun mot ni a aucune chose spécialement du métier. C'est à MM. Sue, Jal, Corbière, qui sont des poissons, de parler de la mer. Moi, je ne suit qu'un pauvre oiseau. Aussi je vous raconterai ce que j'ai cru remarquer en traversant cette immense étendue, mais rien de plus. Je n'en sais pas plus que l'hirondelle. Je ne touche même à ce sujet, que parce qu'il m'offre l'avantage de De pas rester tout à fait étranger aux prédilections de votre auditoire, a qui je demande pardon d'avance si je me fourvoie, ce a quoi il doit s'attendre.
Et encore quelles impressions vais-je vous communiquer I Rien que de simple et d'ordinaire. Un voyage sans autres accidents que ceux de l'âme, un voyage sans tempête, sans incendie, sans pirates, e» un mot, sans aucun de ces dangers qui émeuvent jusqu'à l'homme assis en sûreté sur la plage. C'est plutôt une histoire désintéressée des secrètes émotions qu'a produites le spectacle de la mer sur un homme qui l'avait abandonnée depuis quatre ans, spectacle qui s'est développé entre deux magnifiques scènes, la France que je quittais et la Martinique où j'abordais, c'est-àdire l'Europe et l'Amérique ! Comme j'avais changé, tout avait changé. Les années sont triples en cette saison de l'homme, et pour parodier Bûrger, les vivants aussi vont vite alors I Les illusions, les sentiments, les idées se succèdent avec une étonnante rapidité, et les objets éternels se renouvellent eux-mêmes, ou semblent du moins se renouveler à ce souffle étrange qui nous pousse de lustre en lustre. Quand je revis la mer, je crus que je ne l'avais jamais vue, ou plutôt je m'imaginai qu'à vingt et un ans je l'avais mal vue. J'éprouvai un mouvement d'orgueil d'embrasser si bien à présent l'immensité de l'infini. Court et rapide frisson qu'eut bientôt abattu cette se-
conde réflexion, hélas ! non moins
qu'à
trente ans. J'accuserai peut-être mes vingt-cinq ans comme à cette heure j'accusais ma première jeunesse I Nous ne pénétrons jamais dans les choses que selon la force et la pointe de notre œil, et quel œil humain peut se vanter d'avoir des propriétés équipollentcsa l'obscurité des choses I
SCI
Selon que nous sommes plus on moins cloués, nous ouvrons plus ou moins l'abîme, mais c'est Dieu seul qui a le mot de tout. Je reconnus cependant dans le tressaillement des cailloux sur la grève ces aigres soupirs que la vague exhale à intervalles réglés. C'était pour moi chansons de nourrice. Cette espèce de bruit indéfinissable, qui tient à la fois d'un vêtement qu'on déchire et du raie des agonisants, me Gt peine et plaisir à la fois. C'est que tout ensemble je perdais et retrouvais des souvenirs de bonheur.
Quand nous partîmes, mes yeux étaient déjà familiarisés avec cette verte couleur de l'eau salée, il faisait un beau soleil d'octobre. Le vent, qui nous avait été contraire pendant plus de huit jours, s'était enfin levé à souhait; et vingt navires, comme des oiseaux échappés de cage, se répandaient avec nous sur l'horizon du Havre. Chacun s'en allait dans un coin du monde. Combien de ces barques devaient périr ! Tel drapeau flottait orgueilleusement sur les Dois, qui devait, huit jours, quinze jours ensuite, peut-être le tendemain, s'abîmer avec tous ceux qu'il ombrageait ! J'eusse été plus content, ce me semble, s'il avait plu. Tout départ afflige, fût-ce d'une mauvaise terre. 11 y a quelque chose de l'homme qui s'attache aux lieux indépendamment de leurs qualités, tel que les lianes créoles qui enveloppent aussi bien les mancenillicrs que les arbres salutaires. Et je laissais dans cette France de si chères et de si nobles amitiés ! Cet air brillant, ce vent frais, ces rayons joyeux, en donnuit aux cotes plus de charmes, me donnaient à moi-même des regrets plus cuisants. Je savais ce que je laissais, je ne savais pas ce que j'allais trouver. Mais tandis qu'il y avait en moi un homme qui tendait les bras & la France, il y en avait un autre froidement assis sur le pont, parmi les cordages déployés, non loin de nouveaux venus, tous inconnus de lui, avec qui pourtant il devait partager les mêmes chances ; et celui-là se réjouissait du spectacle de toutes ces voiles éparses. L'autre, absorbé dans ses regrets, parcourait cette gamme inévitable de tristes réflexions que suggère lou. jours l'aspect de la contrée dont on s'éloigne. Peut-être se disait-il que chaque trait de sa mémoire périrait bientôt dans les cœurs les plus chéris de lui, de même que s'éteignaient insensiblement d'abord la rive, ensuite la ville, puis les collines, puis les montagnes.
Jamais en aucun temps je n'avais été aussi vivement saisi de la peur de l'oubli. Il me semblait que le navire était un cercueil ailé qui s'enfonçait avec moi dans une sorte de néant palpable. El de fait, le monde, les sentiments, les jouissances s'évanonissaient. Je laissais toute une famille d'amis. Je n'avais rien fait pour ma gloire littéraire, et je mourais. Ne savais-jc pas combien le cœur de l'homme, semblable à la nature exté- I rieure. a horreur du vide; combien cette lumièio 1
du regret, si vive à l'instant fatal, pâlit peu à peu comme une lampe dont le temps mange l'huile ; quel néant succède à l'oubli, cet autre premier néant? Vérités et craintes qui n'étaient pas neuves, et cependant qui me serraient le cœur !
Mais peu à peu mes esprits se jetèrent dans une autre direction, et le lendemain, libre et consolé, j'étais levé avant le jour. On y voyait, quoi» que mal. Toute terre était disparue 'et nous nous trouvions au centre d'une immensité. On se testait suspendu sur quelque chose de pareillement suspendu. La forme de la terre se faisait deviner, on eût dit. J'attendais la lumière avec des émotions d'autant plus vires, que j'étais curieux de voir le soleil entrer dans cet espace inanimé, presque vain et chimérique. Le ciel était creux et p >s une étoile ne luisait sur son fond grisâtre. L'air aussi était vide, et les oiseaux manquaient comme les étoiles. La mer offrait la même nudité, les vagues se hissaient les unes contre les autres et s'écroulaient en jetant un léger bruit et une légère écume, mais aucun potsson ne venait étinceler à la surface. Seul, comme ito énorme marsouin, le navire plongeait, se relevait et plongeait encore. En apparence donc tout était vide, et l'on songeait involontairement au moment suprême où la terre non plus n'était ni ornée ni peuplée. Quel silence devait régner! Comme la parole de Dieu dut retentir au milieu de cette demi -mort universelle ! Quels bonds d'allégresse durent agiter l'air, l'onde, le ciel et la terre, lorsqu'ils reçurent tour à tour leurs différentes créatures ! Je me précipitai de toute la force de mon âme dans la grandeur de ce spectacle. Je me plaçai à la création. Seulement, j'étais produit avant le soleil, et je savais qu'il m 'allait être donné un flambeau pour m'éclaircr. Je l'attendais. Il parut ! Je crus voir Dieu même ou la splendeur de sa face. Il parut, et quoique dégénérés tous les deux, lui et moi, je fus saisi d'une extase surhumaine, je fus miraculeusement ravi. Chaque flot jeta un éclair égal i cet incendie. Il me sembla que ce soleil, ens'allumant, avait tout peuplé, le ciel et la mer; et tellement, que je m'étonnai que Dieu ne se fût pas contenté de remplir de la seule lumière le monde qu'il avait lancé dans l'infini. Oh 1 j'étais pieux dans ce n. ornent. Je ne me sentais que des ailes. D'Iiumme j'étais devenu antel. Mortes aujourd'hui sur mes lèvres, les expressions alors s'échappaientde mon esprit comme des flèches de feu ; ou plutôt je n'étais moi-même tout entier qu'une expression. J'eusse pu converser avec la foudre.
Je ne suis pas surpris, je vous jure, que les matelots soient religieux. C'est une conséquence de leur vie. Pour ma part, je le confesse, je n'aurais pu en ce moment, malgré tous mes efforts, échapper aux émotions qui m'envahissaient. Je n'eu^e pu remettre Dieu à demain. Ce navire me rapportait avec une force invincible aux pieds de
l i vérité religieuse, c'est-à-dire l'unique virile, ci an contre môme du pouvoir et de la présence du Très- Haut. Car, quelque énorme que cela soil & dire, il est cependant vrai, que, lorsque l'homme nous entraine au milieu de ses ouvrages et de leur gloire, il parvient à obscurcir dans notre esprit la mémoire même de celui qui l'a créé. Les villes comme Paris, par exemple, dont je sortais, ces Baliylones éblouissantes, sont te sanctuaire de l'homme; c'est «on ciel, ù lui ; le trône de sa majesté et le siège de sa force. C'est là qu'il s'éblouit et s'aveugle. Aussi comparez les mœurs de la campagne aux mœurs de la ville. On vaut toujours, on dirait, en raison de son éloignement des foules. L'isolement élève et purifie. C'est une loi morale; il faut que l'âme prenne le niveau de l'horizon qui l'entoure, haute avec ce qui est haut, basse avec ce qui est bas ! Quelle différence des soldai* aux matelots ! Et puis la sécurité fait l'insolence. La mort, sur terre, vole, ce semble, au-dessus de l'homme. En mer elle l'enveloppe ; on l'a à droite, à gauche, sur sa tête, sous ses pieds, en soi, hors de soi, partout. Les matelots vivent un peu comme le» Egyptiens mangeaient, une tête de mort au milieu d'eux. Cela n'est pas sans déposer quelque chose de grave dans les bnbiludes.
Je ne sentis plus, du reste, aucune autre commotion religieuse à ce point. Le sentiment poétique, quoique toujours nourri de Dieu cependant, s'empara plus particulièrement de mon esprit, comme d'ailleurs il élait naturel et juste, puisque par l'habitude d'être exercé, il est devenu en moi une seconde nature, un second sang. Peulélre même, pour ne pas me faire meilleur que je suis, n'était-ce qu'à son inspiration que je devais ce beau mouvement de piété. Hais je ne pense pas que j'en doive être moins fier. Ces deux instincts sont peut-être fraternels. Sentir est peut-être un œil de ce visage de la foi dont croire forme l'autre œil.
Aussi quand nous eûmes atteint les nuits des colonies, ces nuits qui se répandent comme des jours sur la tiède et transparente surface des vagues, je passai des heures d'une rêverie si enchantée, que par moments j'aurais désiré, malgré toutes les incommodités du bord, que mon voyage pût s'éterniser. Ce pesant nuvirequi n'était qu'un morceau de bois dans lit Manche, que le goudron empoisonnait, que l'eau inondait sans cesse, que le vent soulevait et jetait en tous sens, était de- Tenu un bel oiseau à plumes blanches, dont chaqne coup d'aile tirait du flot des bouquets d'étincelles. Il courait dans l'air un parfum qui ne pouvait descendre que des étoiles, ces roses vives du firmament. Ou plutôt tout cet enchantement était dans mon cœur qui se dilatait, el je le versais, ainsi que d'une coupe, sur toutes choses environnantes. La nature, il est vrai, dans toute sa fpagniûçençe, m'aidait; mais je l'aidai» moi-même.
Taudis que, pauvre (Voête, je m'égarais dans vvs folles imaginations, le navire plus sensé poursuivait sa route. Nous avions déjà rencontré plusieurs bâtiments lorsque nous touchâmes au tropique. Je ne me rappelle qu'un trois-mats anglais que nonâ aperçâmes su soleil couchant. Il faisait peu de vent et nous ne filions pas plus de trois nœuds. C'était un bâtiment d'une construction fort élégante. Il arbora son pavillon, et nous demanda dans ta langue d'où nous venions et où nous allions. Par bonheur nous avions arec nous un ancien officier de lu marine royale de l'Angleterre. Nous le chargeâmes de prendre la conversation, et nous sûmes à notre tour que c'était un marchand qui avait quitté Canton depuis cinq mois et qui faisait voile pour Portsmoutb. L'étranger dit ensuite qn'il était Ecossais, et demanda de quel royaume était celui qui lui partait, et comme notre officier lui répondit de I Irlande, il s'écria : « Salut et bonne fortune a la Harpe irlandaise! » A quoi notre officier répliqua sans tarder : ■ Pareille chance au Lion d'Ecosse ? • J'avoue que je fus charmé et touché de ces deux hommes. Je ne m'attendais guère à un langage aussi élevé et aussi poétique, rare même dans le monde qui se pique de réunir les plus brillantes éducations.Et puis il y avait quelque chose de filial et de solennel dans le style de ces souhaits réciproques. Le peuple anglais a gardé le dernier, et gardera encore longtemps, ce vieux sentiment de la nationalité, qui tombe aujourd'hui, avec tant d'autres choses nobles et Saintes, dans l'Europe rongée de révolutions. Je ne sais ce qn'on mettra à la place de tous ces sentiments, mais je doute que le cosmopolitisme et tous les autres barbarismes de langue et de cœur qui se débitent aujourd'hui puissent jamais produire, je ne dis pas des choses aussi merveilleuses que celles qui ont été faites, mais aussi merveilleuses et aussi honnêtes. Nous n'avons plus de patrie, en valons -nous mieux? Tous les hommes sont frères, nous en déchirons-nous moins ? Nous avons oublié ou maudit nos pères, en qnoi les surpassons-nous? A mon avis, nous sommes très-henrenx d'avoir découvert la vapeur, car la philanthropie, le progrès et toutes ces autres graines ne seront ni de grand profil ni de longue durée, à moins qu'elles ne se transforment, ce que je souhaite.
A propos de dette rencontre, on en vint aux femmes anglaises, et je dois dire que ces pauvres anges de la Tamise réunirent peu de suffrages. On réveilla d'un commun accord cette grêle de plaisanteries dont les a foudroyées le grand Byron, qu'elles ont assez aimé cependant pour qu'il eût pu leur pardonner le dépit qui suit l'amour. Les Espagnoles furent préférées, on s'extasia sur les Espagnoles. Toutes les choses vives et colorées, l'éclair, le rubis, la rose, l'orange, l'oiseau, la biche, affluèrent sur les lèvres pour avoir l'honneur d'essayer de peindre leurs incomparable*
qualités. Elles forent proclamées reines, et par suite les créoles, cousines germaines de ces suaves et très-heureuses filles. Il était bien naturel, du reste, que nos dames du tropique triomphassent en cette occasion. Charbonnier ut matire ckex soi, dit-on, et ceux qui parlaient appartenaient presque tous par la consanguinité aux déesses de cet Olympe improvisé. L'officier anglais Tonlut défendre son monde, mats il fut obligé de reculer devant les tartines de Leurre et les tasses de thé qu'on lui représentait toujours plus impitoyablement. Il m'appela à son aide, sous prétexte qu'il m'avait entendu la veille m'extasier sur ces fleuves de lait oh surnagent quelques fraises. Je ne niai point le charme des cheveux blonds, trop imbu des leçons de l'antiquité qui voulut que Vénus fut blonde et regardât la Grèce avec des yeux biens. Mais je demandai la permission de ne pas me mettre dans un fort mauvais cas, prévu sinon par plusieurs articles de loi, du moins par une foule de tristes exemples, en refusant de rendre hommage aux charmes de mes belles compatriotes, dont la langue saurait fort bien au besoin défendre ce qu'on oserait attaquer en elles. Toute ironie a part, elles forment une espèce de femmes dignes d'attention. On aurait tort de les croire Françaises ou Espagnoles, car i ces avantages exotiques elles en joignent qui leur sont propres et qui les ont toujours fait distinguer dans les pays étrangers. Leur grâce n'est pas la grâce parisienne, pas plus que leur «alla lion ne ressemble à celle des cerveaux féminins de Cadix on de Madrid. Leur grâce n'est pas froide et maniérée; elle sent la fleur [venue en plein champ. Elle est libre, insouciant*, molle et cependant pleine de feu, semblable à ces temps où le soleil luit derrière la pluie. Elles se laissent aller, mais plutôt comme l'arbre qui 6e redresse, que comme l'eau qui est obligée de suivre son courant. Il y de la vie jusque dans leur paresse. Qu'on les contrarie, qu'on leur refuse quelque chose, •tee petit pied endormi qui faisait osciller doucement le hamac, bondit sur la terre; tout frémit, c'est un vent furieux qui menace de tout emporter. On leur cède, et le flot se calme ; leur tète souriante retombe sur leurs épaules : elles tendent la main et ne vous en veulent plus de ce que vous aviez mille fois raison. Elles jouent avec les boucles de leurs cheveux qui s'échappent •n abondance des couleurs radieuses du madras. Le madras est la ceinture de ces brunes Vénus. Malheur à l'étranger qui a fixé des yeux trop complaisants sur celle étoffe capricieuse ; il ne peut
Elus la perdre de vue, il ne peut plus quitter les eux ou elle répand sa douce clarté, et le temps s'écoule, sans que l'étranger reprenne son chemin. Elles ne sont point fanatiques comme les Espagnoles, quoiqu'elles prient assez naïvement k Seigneur de veiller sur leur amant, comme si le Seigneur ne M devait pas également aux
Elles dissimulent peu. Un sentiment se dégage de leur être aussi vite que la foudre du nuage. Elles ne savent pas ce que c'est qu'un grand sentiment nourri dans uue région supérieure de l'âme an-dessus des atteintes ordinaires de la vie. Leur exaltation n'a pas non plus ce caractère de durée qu'on trouve chez les femmes de la Péninsule. Elles meurent ou elles vivent, elles no languissent pas.
Du reste, c'est d'elles surtout qu'il faut dire que l'harmonie règle leurs mouvements. Elles ont de la cadence comme les astres mêmes. Quant i leur regard, il est célèbre;
Uq «il noir oft louaient des regard* de Créole*,
t dit le poète. C'est la une de leurs beautés spéciales. Leur oeil a souvent plus d'esprit qu'elles. Voilà de vrais toW* noirs, 6 maître Henri Heineî Puissent en luire de pareils sur votre papier lorsque vous le barbouillez de toutes vos merveilleuses foliesl Cependant les yeux n'empêchent pas que le reste ne soit très-recommandable ; ainsi, que les mains ne soient d'une élégance parfaite .que les pieds ne ravissent par une gentillesse devenue proverbe, ni enfin que la chevelure n'ait l'air de tont un arbre. Leur peau e»t très-line et trèsdélicate; leur taille plus flexible que les bambous de Jeur pays. Pour ce qui est de U Critique, les malveillants pourraient peut-être reprendre dee yeux un peu rapprochés et trop caves, des pommettes saillantes, des traits irréguliers ; mais il faudrait encore avouer qu'elles ont la tête aussi petite que les filles de Milo, patrie de la plus belle statue grecque.Et puis, pour revenir encore â leur caractère, ce sont des femmes qui savent aimer. Elles ne rient pas quand elles aiment ; elles traitent ces affaires avec un grand sérieux, et si elles ne sont pas toujours à l'abri de la censure du monde, bien souvent c'est qu'elles ont été trop généreuses et trop dévouées. Elles ne connais* sent pas du tout cet art profond de faire marcher l'amour, ou plutôt le plaisir, sous une superbe apparence de froideur et de rigorisme. Les Créoles sont peut-être de toutes les femmes les plus maladroite* à se cacher et les plus nabi* les à se compromettre. Saint-Pierre a sous ce) rapport bien des leçons a prendre de Paris* s
Mais retournons à ma barque, dussiez-voue m accuser de vous offrir un plat à'olla-podrida. Assis sur la dunette, je la voyais avec attendrisse^ ment tantôt se coucher sur un flanc et tantôt sur l'autre, quelquefois monter et descendre sans se pencher, ou, cédant à la brise et tout entière d'un côté, courir comme une jeune fille dont le vent enfle la robe. Elle était pleine de grâce alors. On eût dit d'une créature que l'homme aurait faite avec du bois. Quand j'entendais de sourd* craquements dans ses membres, j'aurais voulu pouvoir ménager cet étrange animal, comme un cavalier sa jument qui a trop couru. Pu reste, è
mesure que larranre sYtoignnil, je m'occupais davantage de la Martinique qui appiochait, image moi-même Ho ceux dont je. m'étais plaint si amèrement. Cependant, tout en palissant, la France n'en restait pas moins pour moi le soleil du véritable jour, ci je ne vopis pas se lever la Martinique autrement qu'une belle nuit.
Un soir enGn nous apprîmes qu'on verrait l'Ile le lendemain matin. Cette nouvelle agita en moi tant de pensées, que, ne pouvant trouver le sommeil dans ma cabine, je m'enveloppai d'un manteau et vins m 'asseoir sur le pont. Le ciel était brillant. Les étoiles semblaient distiller la liqueur qui forme l'air. Et là, je me mis à songer. Le capitaine, contre son ordinaire, ne s'était pas couché. Il se promenait devant moi d'un air passablement inquiet, et je remarquai que d'instant en instant son œil faisait le tour de l'horizon, mais revenait se fixer particulièrement sur un point que le navire avait dépassé de beaucoup. Je l'interrogeai, et il me répondit que, bien qu'il en fût à son vingr -quatrième voyage à la Martinique, il veillait toujours. Cela voulait dire aussi, à mon sens, qu'il regardait s'il n'avait pas laissé la Martinique derrière lui. Je ne pus m'cmpôcher de sourire, et tout en creusant cette idée, je remontai jusqu'à celui qui s'était aventuré le premier dans ces mers. Je n'ai jamais senti comme à cette henre qur-1 colosse de génie et de hardiesse fut cet homme-là qui s'appelait Christophe Colomb, et qui doubla un jour le monde. Où allait-il? Qui le menait? Qui hii disait : C'est ici ! ce n'est pas là 1 Qui lui mesurait le calme et la sérénité, quand la tempête ouvrant ses deux ailes tombait d'aplomb sur ce bois qui portait l'Amérique, car l'Amérique alors c'était lui ! Quel front sillonné de passions inouïes il devait élever dans ces heures d'agonie vers le Dieu dont il allait dévoiler l'autre face ! Comme il devait être froid, plus pâle qu'à l'ordinaire, car ses contemporains ont écrit qu'il avait le visage haut en couleur I Comme son œil, naturellement vif et perçant, devait s'enfoncer dans l'immensité qui n'était pas l'immensité pour lui ! Comme de temps en temps il devait se retourner vers l'Europe qui ne pensait plus a sa promesse et l'avait va disparaître ainsi qu'une goutte d'eau ! 11 était le seul sur son vaisseau qui crût a lui I De ses compagnons, troupe de bandits et d'aventuriers, les uns, au bout de quelques semaines, pensaient qu'il était fou, les autres damné, les autres qu'il avait consenti à les mener en pleine mer pour les noyer et se noyer avec eux, tous qu'il se trompait. Lui, il soutenait qu'il ne se trompait pas, et il poussait toujonrs son navire vers sa pensée. Quand ils se révoltent, qu'il e>t sage et ferme ! Pas une faute, pas un doute. Il demande trois jours et il continue. Trois jours pour enfanter l'Amérique ! Et il < liante la lace de la terre, ce que n'ont fuit ni le» Scsoslris. ni les
Alexandre, nî les CéMr", gens de sa famille! „r me rappelle toujours qu'il fut créé Capitan gênerai del mar Oceano. Curieuse récompense ! Un sait sa triste fin.
Tout homme qui lit a dans l'histoire des séries d'amitiés, d'estimes, d'admirations ou d'antipathies et de haines. J'en admire que je n'aime pas, j'en hais que j'admire, et j'en estime que je ne puis ni aimer ni admirer. 11 y en a aussi en revanche sur lesquels tous mes sentiments se réunissent et se confondent, j'aime, j'estime et je vénère Christophe Colomb. C'est un de mes gens. Je suis toujours heureux lorsqu'il m'arrive de le rencontrer. Il était d'une pieté fervente, ce qui se comprend sans peine, car l'on ne réalise pas des entreprise» de cette grandeur sans croire à la présence d'un ange conducteur. Il a eu le bonheur d'avoir fait rougir Gènes l'ingrate et l'Espagne plus ingrate encore que celte misérable Gènes.
Le lendemain malin cependant nous apprîmes que, loin d'être au delà de l'Ile, nous en étions en deçà d'un jour. Avait-elle reculé, ou le capitaine se trompait-il ? Justement à huit heures un matelot s'avisa de erier: la Martinique ! Celait bien elle, en effet, an dire de tous les experts. On la reconnaissait, assuraient-ils, à sa ressemblance à un pain de sucre, image qui me sembla un peu trop empruntée à la grande denrée du pays. Pour moi, je fus longtemps sans la voir, à cause de la faiblesse de mes yeux ; mais peu à peu ce qui n'était qu'une ligne de trois ou quatre pieds à l'horizon s'allongea et surtout s'élargit démesurément. J'aperçusenfin sur le ciel une silhouette verte et noire, trop capricieuse pour pouvoir être comparée à rien de réel, mais marquée d'espace en espace, sur une étendue d'une dcmi-lieuc, de bosses semblables à celles des chameaux et des dromadaires. C'était là ma patrie. Un grand calme régnait alentour. Aux deux extrémités de cette étendue de terre dominaient, comme les attaches d'un collier, deux hautes montagnes qui étaient : la plus extrême, celle du Vauctin, la plus proche, celle qu'on nomme montagne Pelée. On distinguait parfaitement aussi sur la droite la Dominique, mais dans des proportions moins dégagées et moins svelies. La Martinique avait l'air d'une aiguille, la Dominique d'une boule, et vues ensemble, on aurait dit d'une jeune fille assise auprès de sa maman, femme déjà puissante.
flous n'étions plus qu'à six lieues de terre. Le navire redoublait de vitesse, mais loul d'un coup le veut faiblil et nous n'allâmes plus que trois ou deux nœuds. Cependant nous approchions vi« siblement. Les pièces de cannes se détachaient, comme de clairs rayons, de la teinte sombre générale. Les formes s'articulaient comme celles d'un corps. Tout se modelait. Nous laissâmes derrière nous la Caravelle; nous côtoyâmes le Marigot, Saime-Marie, puis nous approchant de plus eu plus, nous touchâmes, pour uiiiM parler,
TJUNCF.
ta paysage de la Basse-Pointe, ï.e Marigot, Sainte-Marin, la Basse-Pointe sont des quartiers successifs de l'Ile. La Basse-Pointe est un riche pays de plaines. C'est une famille composée de vingt familles. C'est un seul homme et un homme distingué par la naissance, par la fortune, par le dévouement à la patrie et par une hospitalité digne des mœurs Arabes. Le Prêcheur parut a son tour. Madame de Maintenon, cette femme de toutes les fortunes, quia eu deux maris. Scarron et Louis XIV, a en également pour asiles la Martinique et la France. Flic a été pauvre, bien pauvre, à ce Prêcheur, étant toute jeune fllle, cl ses parents, qui l'y avaient conduite, ayant péri coup sur coup, cette liane, avec laquelle sa main chassait les maigres dindons de ce quartier, devint plus tard le sceptre fleurdelisé du plus grand des Bourbons. La fortune s'amuse ainsi. Ainsi le madras de Joséphine s'est changé en couronne impériale. Enfin, Saint-Pierre se déroula à nos yeux. Fût-ce pressentiment, je l'ignore, mais il est certain que je fus saisi de tristesse à l'aspect de ces trois ou quatre cordons de toits rouges. C'était cependant ma patrie, le coin joyeux de ma joyeuse enfance. Pourquoi donc ma jeunesse qui la venait revoir était-elle si pensive ? Ah ! malgré tout ce que je savais des hommes, je fus encore surpris, je le confesse, de T universel mauvais accueil qui me fut fait. Il perçait dans tout ce qu'on me disait qu'on m'eut mille fois mieux reçu si je n'avais pas su lire... Mais il serait vain d'appuyer là - dessus, la Martinique n'est pas assez importante, ni moi
M. le vice - amiral llalgan Gl exception à cette animosité qui ne respecta ni l'homme littéraire ni l'homme social. Je suis heureux d'ajouter aujourd'hui mes faibles remerciments, tout obscurs qu'ils sont, à cet illustre faisceau de témoignages que le pays a déposés à ses pieds, lorsqu'il se démit de son gouvernement. Ccst un homme qui a constamment marque ici par la douceur, par b modération, par la paternité.
J'ai gardé nne idée exquise de ses manières, de son goût, de son habileté et de ses sentiments. Il touche avec autant de convenance que de perspicacité à toutes les importantes questions qui travaillent l'Bfurope en ce moment, et j'ose dire à ma lonange que j'eus le bonheur de me trouver souvent d'accord avec mon illustre hôte. M. le gouverneur était fort au courant de la littérature du jour, et si bien qu'en le quittant je crus quitter encore une fois la France. Nous nous entretînmes beaucoup aussi de celte belle nature américaine, que M. l'amiral fit reluire encore mieux en la comparant aux différentes contrées qu'il avait vues ; et pour me faire fête, sans doute, il vonlut se servir toujours d'un langage aussi poétique que les choses mêmes.
Je suis persuadé, monsieur le directeur, que
MAP.ITIME. CCS
votre publication me satra ,;ir iîe IV.oîr choisie pour lui confier ces quelques mots sur l'un de nos officiers généraux les pins distingués; bien entendu que je n';i osé aborder l'éloge ni du marin ni de l'administrateur, où nous n'aurions pas eu moins ù le féliciter et à nous réjouir. La Martinique est un vaisseau où le nom de M. llalgan est désormais immortel.
Quant à celni qui vous écrit, monsieur, il est heureux. Si les souvenirs de la France mouillent quelquefois ses yeux, il n'a, pour les faire sécher, qu'à les tourner vers le soleil de son pays. Ce soleil lui rend la force que rendait jadis à l'un de ses lils la terre de la fable. Il est au milieu de scènes si magnifiques ! la nature compense si bien tous les autres chagrins ! Il lui a retrouvé ce sourire de mère 'qu'elle ne perd jamais, elle ! Ce qu'elle était, elle l'est encore. Les montagnes, les bois, les rochers ont conservé leur inaltérable majesté. Lo même charme s'exhale des petites herbes, des feuilles et des lianes qui trempent dans le torrent. I^e colibri est toujours le colibri, et la fleur du franchipanier n'a pas perdu une seule de ses divines nuances. 11 se conGe à Dieu et il vit. Il a purifié la solitude par la résignation. Il aurait la France s'il voulait, mais il ne veut rien de ce qu'il lui faudrait acheter par un chagrin ou par un effort violent. Il aime mieux sommeiller de cette douce vie, laissant aller ses jours comme l'arbre ses fruits, et le fleuve ses ondes. Tout ce qu'il pourrait conquérir, il suppose qu'il l'a conquis ; et il attend dans ce farniente qu'il lui vienne, comme à l'oiseau, la fantaisie de s'envoler, et peut-être aussi la liberté.
Louis de Maynabd de Qceiliie.
BIOGRAPHIE
De ttKnter
(juk ccnntm),
De Wintcr entra dans la marine à l'âge de douze ans, et comme il avait pour cet état une vocation innée, il s'y fit remarquer par un zèle et une activité extraordinaires.
Il était déjà parvenu au grade de lieutenant de vaisseau lois de la révolution qui éclata en Hollande en 1787. 11 embrassa avec ardeur le parti patriotique; mais la cause stalhoudérienne ayant triomphé, il se vil obligé de se réfugier en France. La révolution y était alors dans toute sa force. De Winter, qui en partageait les priucipes,
demanda et obtint du service dans l'armée de terre. Il fit, comme officier supérieur, les campagne* de 4793 et 1793 ton* les ordres de Duinouries et de Pichegru. et ayant eu l'occasion de se distinguer par si bravoure, il Tut nommé général de brigade.
Lorsqu'on 1703, les armées de la république, sous les ordres de Pichegru, envahirent la Hollande, de Win ter profila de cette occasion pour rentrer dans sa patrie. Les Etats-généraux lui offrirent de reprendre du service dans la marine avec le grade Je vice-amiral et commandant de l'armée navale réunie au Texel. De Winter accepta*
Après avoir été bloqué longtemps par oes forces supérieures, il parvint enfin i tromper leur surveillance, et appareilla le 7 octobre 4797, ayant sous ses ordres vingt-neuf bâtiments de guerre, dont seise vaisseaux de ligne
Le 44 au matin, il eut connaissance de l'armée anglaise commandée par l'amiral Duncan, forte de vingt vaisseaux, quinte frégates et autres bâtiment» légers. Malgré l'infériorité de ses forces, de Winter n'hésita pas à attaquer. Le combat qui s'engagea dura prés de trois heures avec un acharnement égal de part et d'autre; les Hollandais y firent des prodiges de valeur. La Li~ berté, de 74, que mon tait de Winter, eut a combattre jusqu'à trois vuisseam à la fois ; mais ayant perdu ses trois mâts et plus de la moitié de son équipage, il se vit forcé d'amener son oavillon et de ae rendre à l'amiral anglais.
Le résultat de eeite action fut, pour la marine hollandaise, la perte de neuf vaisseaux pris ou coulés, six cents hommes tués et huit cents blessés. L'armée anglaise ne fut guère moins maltraitée ; plusieurs vaisseaux furent coulés, et l'on estima ses pertes è environ six cents hommes tués ou blessés. L'amiral hollandais, en rendant compte de ce combat aux Etats - généraux, ajoutait que cette journée était la plus malheureuse de sa vie.
De Winter fut accueilli en Angleterre avec tous les égards dus au courage malheureux, et aes compatriotes, en regrettant l'issue de cet engagement, rendirent néanmoins justice aux talents et surtout à la bravoure qu'il y avait déployés. Ayant été échangé quelques mois après, l'amiral hollandais revint dans sa patrie, et le conseil de guerre qui fut chargé d'examiner sa conduite dans l'affaire du 41 octobre, déclara a l'unanimité qu'il avait glorieusement soutenu l'honneur du pavillon.
Au mois de juillet 4799, de Winter fut nommé ministre plénipotentiaire de la république batave jprès du gouvernement français. Il conserva ces fonctions jusqu'en 4809, époque à laquelle il fut |pappelé en Hollande, pour y prendre la direction alps forces navales.
La régence de Tnpoli ayant donné quelques
sujets de mécontentement J la république la» cive, de Winter fut chargé de se rendre dans la Méditerranée avee une escadre. 11 parcourut, pendant quelques mois, les côtes de Barbarie, prit et coula bas tous les corsaires qu'il y rencontra, et après avoir terminé les différends qui existaient entre la Hollande et cette régence, il conclut afpc elle un de ces irai tes qui, comme oa le sait, n'étaient que des trêves.
Louis Bonaparte, devenu roi de Hollande, accorda toute sa confiance à l'amiral de Winter; il le nomma maréchal, comte de Hoessen, et commandant en chef de ses armées de terre et de mer. Lorsque Napoléon réunit ce royaume à l'empire, il ne traita pas cet amiral avec moins de faveur; il le lit successivement grand-officier de la Légion-d*Honneur et inspecteur général des côtes de la mer du Nord.
Au mois de juillet 4811, l'empereur confia 1 de Winter le commandement en chef des forces navales réunies au Texel ; mais bientôt une maladie grave, suite des fatigues qu'il avait éprouvées, le força de quitter son armée pour venir i Paris, où il mourut le 2 juin 4819. De Winter était sans fortune; l'empereur ordonna que ses obsèques fussent faites aux dépens du trésor; elles eurent lieu avec la plus grande pompe, et son corps fut déposé au Panthéon, avec le cérémonial usité alors pour lei grands dignitaires de l'empire.