‹ La France parlementaireChapitre 11 sur 71 · M. le duc de Broglie · texte numérisé non relu

M. le duc de Broglie

un ordre nécessaire une patrie longtemps déchirée par les factions de toutes couleurs. Je conçois l'irritation dans la lutte et la colère contre un ennemi debout I Mais quand tout ce qu'il y a de moral, d'intelligent et de fort dans ce parti n'en appelle pour le triomphe de sa cause qu'au seul principe qui vous a fait triompher vous-même, au raisonnement, à la presse libre, à la discussion et à la conscience, est-il noble, est-il généreux, est-il digne du caractère national de la France que ses représentants viennent solliciter du gouvernement dans une adresse des mesures de sévérité et de colère contre quelques hommes insensés, dont le crime n'est peut-être qu'une. erreur de leur fidélité?

Oh ! qu'un appel à la clémence et au pardon serait plus digne de vous, plus magnanime, et par là même mieux entendu de la France ! Mais je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet, des voix moins suspectes et aussi généreuses s'élèveront sans doute dans le même sens de toutes les parties de cette chambre, lors de la discussion du paragraphe. Je me borne à protester hautement contre tout concours de ma part à de semblables mesures, et j'en appelle à la générosité de la France, cette vertu de tous les partis.

Je passe à la question orientale. Il y a deux politiques, Messieurs, sur les affaires d'Orient, l'une de négation, l'autre d'action; l'une qui consiste à prévenir et à empêcher des événements que nos prévisions nous montrent comme inévitables, l'autre qui consiste à laisser s'accomplir ce que les destinées des empires ont de fatal et de mortel, et à profiter d'une ruine que Ton ne peut plus étayer. L'adresse adopte trop formellement cette première politique, et semble commander au gouvernement un statu quo éternel, relativement aux affaires de Turquie *.

Dans mon opinion, cette politique est aveugle et funeste au

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