M. Guizot
au feu d'un sentiment qui les vivifie et les propage. Les anciens ont eu pour passion Tamour de la patrie ; le christianisme a eu le zèle qui l'a rendu et le rendra encore si puissant sur l'éducation des masses, en lui laissant la liberté tout entière que nous lui devons; le moyen âge a eu le fanatisme; la Révolution française a eu la passion du nivellement; hommes d'une autre époque, ayons la nôtre, la passion du bien, la passion du bonheur des masses, et qu'elle nous donne Tintelligence pour concevoir les grandes choses, et le couragepour les exécuter.
Je vote contre les réductions proposées, et pour que le gouvernement soit prié de présenter à la prochaine législature une organisation complète du ministère de l'instruction publique.
Chambre des Députés. — Séance du 13 mai 183i.
Les crédits additionnels que le ministre de la guerre réclama dès le 15 avril, à la suite des émeutes de Lyon et de Paris, annulaient les réductions opérées dans le budget sur l'effectif de Tarmée. Devant des moyens de répression qui semblaient résumer le système du gouvernement depuis quatre années , M. de Lamartine rechercha les causes du malaise permanent et des troubles sans cesse renouvelés. Il les trouva, comme à l'occasion de la loi contre les associations et lors de la discussion du budget de l'instruction publique, dans l'aveuglement inintelligent du ministère, dans son refus systématique de toute réforme, et dans sa persistance à opposer la force brujale et des lois de résistance aux besoins moraux de la France qui , manquant de direction organisatrice, protestait par d'incessantes agitations.
Messieurs,
Si je suivais rimpulsion du moment, je combattrais sur plusieurs points le discours* que vous venez d'entendre; mais j'aurais Tair de combattre pour l'administration. La place de l'opinion que je représente n'est pas dans cette mêlée. Le discours de M. le ministre de l'intérieur* a élargi et changé le terrain de la discussion; la querelle est passée entre ceux qui se sont emparés de la révolution de Juillet, les uns pour la suivre où elle voulait aller, les autres pour la modérer et lui faire