‹ La France parlementaireChapitre 29 sur 71 · M. Humann · texte numérisé non relu

M. Humann

en un avenir de sécurité un présent encore si orageux et si troublé. Ce mot, ce serait la pacification, ce serait l'amnistie que je viens à mon tour défendre, de mes faibles moyens, à cette tribune. Mais une douloureuse conviction s'empare de moi depuis quelque temps en voyant se développer la pensée du ministère dans ses actes et dans les paroles des défenseui*s du projet.

Il y a quatre mois qu'un souffle de conciliation, d'harmonie et de paix, semblait s'être répandu sur le pays; une élection gouvernementale et consei'vatrice venait de donner toutes les garanties d'ordre au gouvernement et à la nation ; nous arrivions tous animés d'un esprit d'impartialité et de concours au pays, au gouvernement lui-même, dans tout ce qu'il aurait de social ou de national. Nous n'apportions aucune prévention contre un cabijiet composé d'hommes de talent et de courage, qui venaient de combattre avec une énergique persévérance contre une anarchie que nous abhorrons tous. 11 y a peu de jours encore que je leur votais dans ma pensée, non pas une existence ministérielle définitive, mais une existence provisoire, une durée suffisante pour donner à cette Chambre le temps de s'interroger, de se connaître, de produire son esprit nouveau, de formuler, de personnifier un système, ou pour donner aux ministres le temps de connaître l'esprit de la Chambre et d'y conformer leur marche. Ces pensées n'étaient point hostiles, elles n'étaient pas subversives ; elles étaient patientes , elles étaient amies. Je le dirai avec la même franchise : elles sont changées I Est-il donc vrai , pour les rois comme pour les peuples, pour les hommes d'État comme pour les grands capitaines, que l'esprit de vertige et d'erreur s'empare d'eux au moment où ils n'auraient qu'à organiser leur victoire, et se charge à lui seul de venger leurs ennemis vaincus, en les forçant de creuser de leurs propres mains le goufl're qui doit les engloutir ? Et quand je vois des hommes aussi honorables, aussi sincères, aussi dévoués à leur patrie que l'honorable député de Lyon S tenir un langage aussi sévère, aussi inflexible que celui qui vient de nous contrister à cette tribune, je ne puis m'em-

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