A M. LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Chambre des Députés. — Séance du 4 janvier 4835.
Messieurs,
J'ai demandé la parole à la Chambre pour répondre à une interpellation personnelle; mais avant d'arriver à ce qui me concerne, permettez-moi de venger cette tribune du reproche si grave et si inattendu qu'on vient de lui adresser. M. le rapporteur de la commission* a accusé cette tribune d'avoir rendu l'amnistie impossible.
Eh quoi ! n'est-ce pas vous-mêmes qui avez appelé la question d'amnistie à cette tribune? N'est-ce pas le gouvernement qui, dans son exposé des motifs, nous a sommés d'apporter ici notre opinion? N'aurions-nous pas été coupables envers nos commettants, envers le pays, envers nous-mêmes, si nous nous étions refusés à parler, ou si nous avions parlé avec timidité, avec réticence? Oui, Messieurs, nous aurions manqué au premier de nos devoirs. Que sommes-nous ici ? Les organes de la conscience du pays. Nous devions faire ce que nous avons fait, nous devions parler aussi haut qu'elle ! Voyez, Messieurs, dans quelle situation ce reproche nous placerait si nous l'acceptions ! Ainsi, vous nous diriez : Montez à cette tribune pour dire franche-
i, M. Guizot.