D'ÉCOLE NORMALE POUR LES FEMMES
Chambre des Députés. — Séance du 30 mai 1835.
Messieurs,
C'est moi qui ai eu Thonneur de présenter cette pétition à la Chambre il y a plusieurs mois. Sa gravité a été appréciée depuis longtemps par l'opinion publique et par les conseils généraux. L'honorable rapporteur de la pétition * en a senti l'importance. J'aime à l'en remercier au nom de la femme distinguée qui a appelé l'attention de la Chambre sur ce grave objet ; mais je ne trouve pas le renvoi au bureau des renseignements suffisant, et je prie la Chambre de renvoyer directement au ministre de l'instruction publique. .
Il ne s'agit pas, comme quelques personnes semblent le croire ici , ni dans la pensée de madame Mazure , ni dans la mienne, d'enlever les femmes à la sphère de la vie domestique et de les transporter dans celle de l'éducation publique. La femme est l'âme de la famille; là elle est non-seulement égale, mais supérieure à l'homme. Comme fille , comme épouse , comme mère, ses vertus surpassent les nôtres; toutes les forces qui viennent de l'affection et du devoir, elle les a plus que nous. Hors de la famille où doivent la retenir ces devoirs , le soin des enfants, des vieillards, du foyer, dont elle est la providence vivante, elle peut être un brillant phénomène, une admirable exception, mais la loi n'a point à s'en occuper. Il n'y a donc