‹ La France parlementaireChapitre 61 sur 71 · M. Martin du Nord · texte numérisé non relu

M. Martin du Nord

rheure, que si, de mon côté, j'étais allé en Angleterre prêcher, de ville en ville, mes doctrines commerciales, et qu'ensuite un membre du parlement anglais se fût avisé de m'attaquer, le parlement entier se serait soulevé en ma faveur; qu'il me soit permis d'en douter.

Mais d'ailleurs, il y a une objection péremptoire à opposera la supposition de l'honorable M. de Lamartine, c'est que jamais en Angleterre, en supposant que j'eusse eu cette pensée, il ne m'aurait été permis de jouer le rôle de missionnaire que le membre du parlement anglais a joué en France... {Bruit.)

En Angleterre, l'étranger qui se permettrait d'attaquer en public le moindre intérêt commercial du pays serait infailliblement lapidé...

YoiK A GAUCHE. Allous douc !

M. Jaubert. En France, nous n'allons pas si loin. Dieu merci! Nous recevons parfaitement les étrangers; mais nous nous réservons le droit de critiquer leurs actes, et j'en ai usé avec la liberté qui appartient à cette tribune. {Oui! oui!) Nous avons permis que la personne dont j'ai parlé se promenât dans toute la France, que tous les documents qu'il désirait lui fussent libéralement communiqués. {Réclamations diverses.) Ce que je blâmerais seulement, c'est qu'il eût été en quelque sorte accrédité par notre administration auprès de la plupart des chambres de commerce. Loin de blâmer la facilité des relations individuelles et personnelles, je les approuve et les provoque, au contraire ; mais ce que je ne saurais approuver, c'est la qualité semi-officielle que la personne dont j'ai parlé s'est attribuée chez nous.

La Chambre sera juge du langage que j'ai tenu hier, et de la réponse que je viens de faire à l'honorable M. de Lamartine. {Approbation marquée aujcentre.)

M. DE Laborde. Je demande la parole.

(M. de Lamartine se dirige en même temps vers la tribune.)

Plusieurs membres, à M. de Laborde. Laissez parler M. de Lamartine.

M. le PRÉsroENT. M. de Laborde, il n'y a pas de fait qui vous soit personnel.

M. DE Laborde, à la tribune. Les mêmes relations d'amitié qui lient M. de Lamartine à M. Bowring... {Bruyante interruption.)

Voix diverses. La parole ne vous appartient pas ; laissez parler M. de Lamartine !

M. LE Président. M. Jaubert a demandé la parole pour un fait personnel; je la lui ai donnée, parce que M. Jaubert était dans son droit ; mais il n'y a eu aucune allusion faite à aucune des opinions de M. de Laborde : M. de Laborde ne peut donc pas avoir la parole, et la discussion doit suivre son cours.

M. DE L\B0RDE. Je demande la parole pour répondre à ce que M. Jaubert a dit de M. Bowring... {Interruption.)

Puisqu'on ne veut pas m'écouter, M. de Lamartine doit avoir le droit de répondre. {Oui, oui! Laissez-le parler.)

(M. de Laborde quitte la tribune et la cède à M. de Lamartine.)

M. DE Lamartine. Les deux mots que j*avais à répondre à M. Jaubert ne valaient pas la peine de disputer la parole à mon honorable collègue M. de Laborde, et je regrette profondément que la Chambre ne la lui ait pas accordée plutôt qu'à moi.

Ce que j'avais à répondre à M. Jaubert, c'est que le gouvernement français, à ma connaissance, n'avait nullement accrédité, puisqu'on s'est sem de cette expression officielle et diplomatique, M. Bowring auprès des chambres de commerce et auprès des divers propriétaires de terres ou d'usines auxquels il serait allé exposer ses théories de liberté commerciale. Il a simplement reçu du gouvernement français toutes les facilités qu'il était dans le devoir, et je dirai dans la politesse d'une nation vis-à-vis d'une autre, d'accorder à un agent aussi distingué. {TrèS'bien !)

M. Bowring faisait en quelque sorte l'enquête des» faits industriels de la France et de l'Angleterre, non pas seulement au profit de son pays, mais au profit des deux pays. {Très-bien !)

L'Angleterre nous a donné à cet égard un exemple bien propre à rassurer les susceptibilités de l'honorable M. Jaubert ; la Chambre connaît le voyage de l'illustre et infortuné Jacquemont dans les Indes orientales ; si l'Angleterre avait intérêt à cacher quelque chose à la France et à l'Europe, c'était sans contredit son système intérieur dans les Indes orientales.

Eh bien! qu'a-t-elle fait? Elle a tout ouvert à Jacquemont; elle lui a permis d'explorer en toute liberté ce qu'il y avait en

quelque sorte de plus caché et de plus mystérieux dans l'intérêt anglais.

Eh bien ! il serait indigne de la France de se laisser vaincre en politesse, et je dirai même en générosité, par l'Angleterre. {Assentiment,)

Quant à ce qu*a ajouté M. Jaubert, que M. Bowring était Fami de Fillustre O'Connell, et que moi, m* étant proclamé Tami de M. Bowring, j'étais par conséquent celui du grand orateur irlandais, je déclare que j'accepte ce noble reproche. Je me ferais certainement honneur d'être l'ami d'un aussi illustre , patriote, qui défend avec tant d'énergie et de talent, depuis dixsept ans, l'indépendance, la liberté et la religion de son pays!

Voix NOMBREUSES A GAUCHE. Très-bieu ! très-bien !

M. DE Laborde. Voilà ce que je voulais dire à la Chambre, et ce que M. de Lamartine a beaucoup mieux dit que je n'aurais pu le faire. {On rit.)

SUR

PREMIER DISCOURS

PRONONCÉ A l'hAteL-DB-VILLE DB PARIS

Le 18 avril 1836. |

La Société de morale chrétienne avait ouvert un concours philosophique et littéraire en faveur de Tabolition de la peine de mort. M. de Lamartine, rapporteur du jury d'examen, prononça le discours suivant dans la séance publique tenue à l'Hôtel-de- Ville de Paris pour la distribution des récompenses. Il n'est pas sans à-propos de rappeler qu'à cette époque plusieurs procès fameux, et entre autres ceux à l'occasion des attentats contre la vie du roi , qui avaient donné lieu à l'application de la peine capitale, plaçaient à l'ordre du jour la question de la peine de mort.

Messieurs,

Longtemps avant que le législateur puisse formuler en loi une conviction sociale, il est permis aux philosophes de la discuter. Le législateur est patient, parce qu'il ne doit pas se tromper ; son erreur retombe sur la société tout entière. On peut tuer une société à coups de principes et de vérités, comme on la sape avec Terreur et le crime. Ne l'oublions jamais ; ne nous irritons pas contre les timides lenteurs de Tapplication. Tenons compte au temps de ses mœurs, de ses habitudes, de ses préjugés même. Songeons que la société est une œuvre tradition-

nelle où tout se tient ? qu'il n'y faut porter la main qu'avec scrupule et tremblement, que des millions de vies, de propriétés, de droits, reposent à l'ombre de ce vaste et séculaire édifice, et qu'une pierre détachée avant l'heure peut écraser des générations dans sa chute. Notre devoir est d'éclairer la société, et non de la maudire; celui qui la maudit ne la comprend pas. La plus sublime théorie sociale qui enseignerait à mépriser la loi et à se révolter contre elle serait moins profitable au monde que le respect et l'obéissance que le citoyen doit même à ce que le philosophe condamne.

Ceci, Messieurs, était nécessaire à dire pour bien établir notre situation. Nous ne sommes que des consciences individuelles cherchant à s'éclairer: nous faisons l'enquête de la peine de mort.

Le genre humain a une conscience comme l'individu. Cette conscience a comme la nôtre ses doutes, ses troubles, ses remords. Elle se replie de temps en temps sur elle-même, et se demande si les lois qui résument l'instinct social sont en rapport avec les divines inspirations de la religion, de la philosophie, de la science. Et c'est là, Messieurs, que nous ne pouvons assez admirer cette toute-puissance des convictions innées que rien ne peut étouffer ; qui se soulèvent en nous contre nousmêmes ; qui cherchent à agir ou dans les livres, ou dans les assemblées délibérantes, ou dans des sociétés libres comme celle-ci, et qui, pour des intérêts qui leur sont étrangers, où elles semblent complètement désintéressées, forcent des hommes d'opinions, de religions, de nations diverses, à s'entendre d'un bout de l'Europe à l'autre. C'est là ce qui devrait prouver aux plus incrédules qu'il y a dans l'homme quelque xshose de plus fort, de plus irrésistible que la voix de son égoïsme, quelque chose de surhumain qui crie en lui contre ses propres mensonges, et qui ne lui laisse aucun repos, jusqu'à ce qu'il ait restauré dans ses lois le principe que Dieu a mis dans sa nature. Nous sommes à une de ces époques d'examen social. Il n'est donc pas étonnant que cette conscience publique recommence à s'interroger sur une des plus terribles anxiétés de sa législation, et qu'elle se demande s'il est vrai qu'il y ait une vertu sociale dans le sang versé ; s'il est vrai que le bourreau soit

l'exécuteur d'une sorte de sacerdoce de l'humanité ; s'il est vrai que réchafaud soit la dernière raison de la justice. Son horreur du sang, son mépris du bourreau, lui répondent : laissons-la réfléchir, ou plutôt aidons-la à réfléchir. Tel est l'objet du concours que vous avez établi et que vous allez juger.

Mais avant d'entrer dans Texamen rapide des nombreux et brillants travaux que ce concours a suscités, permettez à votre rapporteur d'établir sa pensée sur la peine de mort. Vous jugerez mieux des progrès que ce concours aura fait faire à vos propres convictions.

Nous ne voulons fausser aucune vérité pour en redresser une. Nous ne pensons pas que la société n'ait jamais eu ou cru avoir le droit de vie et de mort sur l'homme. Nous pensons, et il n'est pas besoin de vous dire que nos pensées ici sont tout individuelles , qu'elle ne Ta plus. La société étant , selon nous , nécessaire, elle a tous les droits nécessaires à son existence ; et si , dans les commencements de son existence, dans les imperfections de son organisation primitive, dans son dénûment de moyens répressifs, elle a pensé que le droit de frapper le coupable était sa raison suprême , son seul moyen de préservation , elle a pu frapper sans crime , parce qu'elle frappait en conscience. En est-il de même aujourd'hui ? et dans l'état actuel d'une société armée d'une force suffisante pour réprimer et punir sans verser le sang, éclairée d'une lumière suffisante pour substituer la sanction morale, la sanction corrective, à la sanction du meurtre, cette société peut-elle légitimement rester homicide? La nature, la raison, la science, répondent unanimement : non. Les plus incrédules hésitent. Pour eux au moins^ il y a doute. Or, le jour oi le législateur doute d'un droit si terrible, le jour où, en contemplant l'échafaud ensanglanté, il recule avec horreur et se demande si pour punir un crime il n'en a pas peut-être commis un lui-même, de ce jour la peine de mort ne lui appartient plus. Car qu'est-ce qu'un doute qui ne peut se résoudre qu'après que la tête a roulé sur l'échafaud ? qu'est-ce qu'un doute auquel est suspendue la hache de Texécuteur, et qui la laisse tomber sur une vie d'homme? Ce doute» Messieurs, s'il n'est pas encore un crime, il est bien près d'être un remords I

L'homme peut tout faire, excepté créer. La raison, la science, Tassociation lui ont soumis les éléments. Roi visible de la création, Dieu lui a livré la nature; mais pour lui faire sentir son néant, au milieu des témoignages de sa grandeur, Dieu s*est réservé à lui seul le mystère de la vie. En se réservant la vie, il a dit évidemment à l'homme : Je me réserve aussi la mort. Tu ne tueras pas, car tu ne peux restituer la vie. Tuer est un attentat à moi-même. C'est une usurpation de mon droit divin. C'est une violence faite à ma création. Tu pourras tuer, car tu es libre; mais pour mettre le sceau de la nature à cette inviolabilité de la vie humaine, je donne à la victime l'horreur de la mort, et un cri éternel au sang contre le meurtrier.

Cependant ce sceau de la nature fut rompu par la première mort violente. Le meurtre devint le crime de l'homme pervers, et, il faut le dire, il devint la défense de l'homme juste. Comme droit de défense ou de préservation , il devint déplorablement légitime. Il appartint à l'homme contre l'homme, comme il appartient au tigre contre le tigre. La société venant à se former, et encore à ses premiers rudiments, en déposséda l'individu et se chargea de l'exercer elle-même. Ce fut un premier pas. Mais la société confondit, en s'emparant de ce droit, la vengeance avec la justice , et consacra cette loi brutale du talion qui punit le mal par le mal, qui lave le sang dans le sang, qui jette un cadavre sur un cadavre, et qui dit à l'homme : Regarde, je ne sais punir le crime qu'en le commettant I Et cependant cette loi fut juste, je me trompe, elle parut juste , tant que la conscience du genre humain n'en connut pas d'autre. Cette loi fut juste; mais fut-elle morale? Non , Messieurs, ce fut une loi charnelle , une loi d'impuissance , une loi de désespoir. Elle ne fit qu'établir la société vengeresse de l'individu et meurtrière du meurtrier ; la société avait une mission plus sainte : préserver l'individu du crime sans donner l'exemple du meurtre; faire respecter et triompher la loi morale sans violer la loi naturelle ; restaurer l'œuvre de Dieu et proclamer contre tous et contre elle-même ce grand, social et divin principe , ce dogme éternel de l'inviolabilité de la vie humaine.

Un instinct sourd lui révélait ce besoin de s'élever à la sociabilité morale, et de substituer le respect de la vie à la san-

glante profanation du glaive. L'histoire est pleine de ces tentatives. Un adoucissement sensible des mœurs les signala partout. La Toscane, la Russie, le témoignent encore. Le christianisme enseigna enfin à Thumanité le dogme de sa spiritualisation. Le mal et le crime devinrent les seules victimes à immoler. La société, dans l'esprit du christianisme, remettant toute vengeance à Dieu, n'eut plus que deux actes à accomplir : garantir ses membres des atteintes ou des récidives du crime, et corriger le criminel en l'améliorant. Cette divine révélation du mystère social, dont le premier acte fut la miséricorde d'un juste pardonnant à ses meurtriers du haut d'une croix, n'a plus cessé depuis de pénétrer les mœurs, les institutions et les lois. Il y a lutte sans doute encore entre la chair et l'esprit, entre les ténèbres et la lumière ; mais l'esprit triomphe, mais la lumière va croissant; et des tortures, des chevalets, jusqu'aux prisons pénitentiaires où le supplice n'est plus que Timpuissance de nuire et la nécessité de travailler et de réfléchir, il y a un immense espace, il y a un abîme que la charité a comblé. Cet espace, nous pouvons le contempler avec satisfaction pour le présent, avec espérance pour l'avenir. Les efforts que nous faisons nous-mêmes ici, secondés par tant de sympathies au dehors, sont un nouveau témoignage de cette impulsion unanime qui travaille la société dans le sens de sa complète moralisation. Les applications de la peine de mort s'eflEacent de huit articles de nos codes, les supplices douloureux disparaissent; les échafauds, spectacle autrefois des rois et des cours, se construisent honteusement la nuit pour échapper à l'horreur du peuple; vos places, vos rues les vomissent, et de dégoûts en dégoûts, ils se replient jusque dans vos faubourgs les plus écartés , qui bientôt les repousseront encore. Que reste-t-il donc à la société. Messieurs, qui l'empêche de laver pour jamais ses mains? Ce qui lui reste! une erreur, un préjugé, un mensonge : l'opinion que la peine de mort lui est encore nécessaire.

Et d'abord, nous demanderons si ce qui est atroce est jamais nécessaire; si ce qui est infâme dans l'acte et dans l'instrument est jamais utile; si ce qui est irréparable devant un juge soumis à Terreur est jamais juste ; et enfin, Messieurs, si le meurtre de

l'homme par la société est propre à consacrer devant les hommes rinviolabilité de la vie humaine? Aucune voix ne s'élèvera pour nous répondre, excepté la voix paradoxale de ces gloriflcateurs du bourreau, qui, attribuant à Dieu la soif du sang, au sang répandu une vertu expiatoire et régénératrice, préconisent la guerre, ce meurtre en masse, comme une œuvre providentielle, et font du bourreau le prêtre de la chair, le sacrificateur de rhumanité. Mais la nature répond à ces hommes par rhorreur du sang, la société par l'instinct moral, la religion par l'Évangile.

Reste donc l'intimidation qui , si elle était affaiblie , selon nos adversaires, par l'abolition de la peine de mort, laisserait, selon eux, déborder le crime. Ils croient avoir besoin de la mort comme sanction de la justice.

Sans doute. Messieurs, il faut une sanction à la loi ; mais cette sanction est de deux espèces : une sanction matérielle , une sanction morale. Ces deux sanctions doivent concourir, et satisfaire ensemble à la société. Mais selon que cette société est plus ou moins avancée dans ses voies de spiritualisation et de perfectionnement, cette sanction de sa loi participe davantage de l'une de ces deux natures de pénalités, c'est-à-dire qu'elle est plus matérielle ou plus morale, plus afflictive ou plus correotive, que la peine infligée par la loi s'applique davantage à la chair, ou davantage à l'esprit. Ainsi les législations primitives tuent , les législations chrétiennes et avancées retranchent le glaive ou le font briller plus rarement à l'œil du peuple, puis enfin le brisent tout à fait et substituent au supplice sanglant la détention qui préserve la société, la honte qui marque au front le coupable, la solitude qui le force à réfléchir, l'enseignement qui l'éclairé, le travail qui dompte la chair et l'esprit du criminel, le repentir enfin qui le régénère.

Voilà, Messieurs, les deux natures de sanction entre lesquelles nous avons nous-mêmes à choisir. Or, pour choisir nous n'avons qu'à prononcer si, dans notre état actuel de garantie et d'administration sociales, nous n'avons pas, indépendamment de l'échafaud, une force défensive et répressive surabondante pour prévenir et pour intimider le criminel?

Ces forces se divisent en deux natures : forces matérielles et

»tô AN^ÉE 1836.

forces nftorates. )Ea itérées inalérieHeB de .prëseiwation, la société a d'abord socd organisatiioii iménae., sein goiiuveriiea»efiit, m\ imijenrs otiyert, nvain toujours étendue sur etie p<Mbr agir., Aéiendre, poiwToir. £lie a des armées permanentes, torae présearte partOEtt f)oi]T œntraindpe ce qui résisterait. Elle a des polices pratentes ou secrètes, des surveillances centra^les et BOrunkifialies jsiyesties du droit de i>r0iection et de yigiianoe sur le 'dera^îer iiameau dn territoire. Elle a ses geiàdarmeries, année toujours en camapagne contre le tnaKaiteur. Elle a nies tribunaux disséminés dans tous les chefs-lieux de ses provinces pour 'domner or^gaaie, kiterprétation, efâcaciité à la loi. Elle a enân^des n^utes surv-dllées, des rues écilairées, des aauMS, .des dôtores, des «foyers flnviokâ)les, des déportations, des prisons, des lignes, vâMe arsenal de forces défensives matérielles.

£n l@rces lâorales la société «est-ielle plus désarmée? Voilà «d'abord la retigion, commufflâon 4es esprits H des (oonscienoés, législation de faioaille dont le O0de punitle mme d'une pénalîté alerneMe. Elle est {présente pai-tout, même dans la B^iit, tnème su»r les routes déserises, et ^ait ^entendre dans te solitude «et'dans le silence /la voix intérieure de ses esnseigncia^entfii, de ^es .prosnesses, de ses menaces. Voilà la législa!y:on a^vec ses >codes, ses ^ursnites <â'o£fioe , ises jurys, corps redoutés même de Tinioecent, «t devant qui c'est déjà une peine que d'aîisoir à com^ainailre. Voilà ropjinion, ce juge mutuel des liommes en4re eus^ <xe juge "d'abord prévenu, plus tand infaillible., qui supplée la neligioin et la loi, et rétritoe chacun selon ses Kaeuvres. Voilà ta bonite^ ce supplice de l'opinion qui .poursuit, flétrit, tœtuiîc le critninel même acquitté, et qui, s'il échappe au juge, -liii feit un juge de chaque re^gard. Vt)iUi la piresse, et la publicité qu'elle multiplie, qui écriv<ent partout le -nom, l'acte., la peine, et donnent au châtiment humain l'uhÂquiié de rla vengeance céleste. Voilà les lumièr-es progressives, l'enseignemenJ: ujiiversel, la moralité crolssan^te, forces nouvelles de la société dooiorale contfte les agressions du crime.

Qui ^^eara dire que cet arsenal est insuiCfisant ? La routine seule ou la peur.

Examinons la situation d'esprit du crinainel qm médite un attentat. Le crime n'a jamais qu'une d^ ces deux causes : une

passUm ou un intérêt. 8i c'est la passion qui pousse riiomme au crime, riotimidationde la loi n'agit plus sur lui. La passion, dTeugle de sa nature, exclut le raisonnement, elle se satisfait à tout pi-ix; elle ne recule pas devant la chance de la mort; au contraire, souvent ridée de braver la mort donne une sorte de férooe excitation au criminel, et il se croit presque justifié à ses propares feux, en se disant qu'il joue sa passion contre la mort Qui de nous niera qu'il y ait pour la mystérieuse nature humaine une tentation dans le péril, comme il y a un vertige daBâl'abtme!

Ou c'est l'intérêt, et alors le criminel qui calcule à froid, qui sait la diance qu'il encourt et qui poursuit néanmoins son œuvre homicide, a pesé son crime contre sa peine, et puisque l'énormité de cette peine ne l'arrête pas^ c'e$t i^paremment que l'intimidation n'agit plus sur lui* II n'est pas besoin d'ajouter que l'intimtidation par toutes les autres peines, la honte, la réchision, l'isolement, la pénitence à vie, n'agiraient ni moins ni plus que la peine de mort. Les duete, les innombrables suicides, les attentats^ commis journellement dans les bagnes, dans l'unifoe but d'obtenir la mort, sont une preuve que la peine de mort n'est pas toujours pour le criminel le plus effrayant des supplices, et que la vie est pour beaucoup d*hommes plus difficile à supporter que l'éehafoud.

On a de tout temps effrayé l'imagination d'un débordement de crimes à chaque adoucissement des supplices; les suj^ices, les tcMEtures ont été abolis, et la statistique du crime est restée à peu près la même. L'état de la société a eu sur le nombre ou la rareté des crinaes plus d'influence que l'état de la légisr latLoa. La Toscane a supprimé la mort et à vu réduire à rien les crimes contre les personnes, A Naples et à Rom^ l'introduction des pénalités françaises a réduit les assassinats à trente pour cent. En Ibissie où, pendant les quatre-vingts dernières années, il tfy a eu que quata'e exécutions capitales, les crimes contre la vie diminuent chaque jour. En France, nous avons porté la peine de mort contre l'infanticide, et l'infenticide n'a pas diminué. La statistique démontre que les crimes diminneiU; en raison de l'éducation et de l'aisance des populations, et que la sobriété d«s peines tempère la férocité du crime.

Les lois sanglantes ensanglantent les moeurs. Là est le vice de ces lois d'intimidation par le meurtre. A les supposer même efficaces, que fait le législateur si, pour intimider quelque scélérats, il déprave par l'habitude de la mort, par le goût du sang^, l'imagination de tout un peuple? s'il lui fait respirer le sang, palper le cadavre? Non, Messieurs, le danger n'est pas dans l'absence de ce honteux spectacle; il est dans l'espérance trop fondée de l'impunité que l'inapplication des lois de mort inspire au criminel. Il se dît avec raison : La peine de mort répugne à mes juges; j'ai cent chances contre une qu'on ne me l'appliquera pas, et pour éviter de me l'appliquer, on m'acquittera. C'est la peine de mort qui me préserve , c'est mon jmmunité; commettons le crime.

Mais on nous fait une objection grave. Cette objection est sans réplique, parce qu'elle exclut le raisonnement : Vous croyez-vous plus sages que vos pères? pensez-vous que la justice date de vous? la peine de mort est l'instinct de iTiùinanité, la peine de mort est l'instinct de la justice divine; car partout l'homme l'écrivit sous l'inspiration de sa 'nature ; le code de toutes les nations semble avoir été écrit avec la pointe d'un poignard.

Nous répondons : Cela est vrai. La peine de mort est l'instinct brutal de la justice matérielle, l'instinct du bras qui se lève et qui frappe parce qu'on a frappé. Et c'est parce que cela est vrai pour l'humanité à l'état d'instinct et de nature, que cela est faux pour la société à l'état de raison et 'de moralisation. Quelle a été l'œuvre de la civilisation? De prendre en tout le contre-pied de la nature, de constituer une nature spirituelle, divine, sociale, en sens inverse de la nature brutale, de faire faire à l'homme et à la société, image collective de l'homme, précisément le contraire de ce que l'humanité charnelle et instinctive aurait fait. Les religions, les civilisations ne sont autre chose que ces triomphes successifs du principe divin sur le principe humain. Écoutez en tout ce que dit la nature et ce que dit la loi. La nature dit à l'homme : La terre est à tes besoins; voilà un arbre chargé de fruits, tu as faim, mange! La loi sociale lui dit : Meurs au pied de l'arbre sans toucher au fruit. Dieu et la loi vengent la propriété. La nature dit à

rhomme : Choisis au hasard parmi ces femmes dont la beauté te séduit, et quand cette beauté sera fanée, délaisse-la pour l'attacher à une autre. La loi sociale lui dit : Tu n'auras qu'une compagne pour que la famille se constitue et se resserre par un nœud indissoluble et assure la vie, l'amour^ la protection aux enfants. La nature dit à l'homme : Demande le sang pour le sang, tue ceux qui tuent. Une loi plus parfaite lui dit : La vengeance n'est qu'à Dieu, parce que lui seul est infaillible; la justice humaine n'est que défensive ; tu ne tueras pas; et moi, pour conserver à tes yeux le dogme de l'inviolabilité de la vie humaine, je ne tuerai plus.

Aussi, Messieurs, voyez relativement au crime la différence des deux sociétés, selon qu'elles adoptent l'un ou l'autre de ces principes. Un juge déclarant le fait [sans l'apprécier; un bourreau que l'on mène tuer en public pour enseigner au peuple qu'il ne faut jamais tuer; une foule aux pieds de laquelle on répand le sang pour lui inspirer l'horreur du sang : voilà la société selon la nature! Un juge appréciant le crime et graduant la peine au délit ; la vengeance remise au Juge suprême et à la conscience du coupable ; un peuple dont l'indignation contre le crime ne se change pas en pitié pour le supplicié ; un cachot qui se referme pour défendre à jamais la société du criminel, et sous les voûtes de ce cachot l'humanité, encore présente, imposant le travail et la correction au coupable, Dieu lui inspirant le repentir et la résignation, et le repentir lui laissant peut-être l'espérance : voilà la société selon l'Évangile, selon l'esprit, selon la civilisation. Choisissez! Pour nous, notre choix est fait.

11 y a, dit-on, des embarras et des périls d'exécution. La transition d'un système à l'autre exige une pénalité nouvelle, et la société ne peut se résoudre à une épreuve pendant laquelle die aurait quelques chances contre elle. La transition. Messieurs?... Elle n'est autre chose que l*emprisonnement provisoire des condamnés dans nos maisons de détention, jusqu'à ce qu'on ait construit un certain nombre de maisons du crime, de prisons pénitentiaires en France ou dans une de nos colonies lointaines. C'est une dépense de quelques millions à répartir en peu d'années, c'est-à-dire une dépense insensible.

une dépense qui, je ne erains pas àe l'affirmer, serait wuverte en peu de jours par une souscription volontaire, la p»us glorieuse, la plus sainte des souscriptions, la souscription évt radiât du sang, le ne vois que lé bourreau qui y perdraft ? mais il y reconquerrait son droit d'homme î Q«a«t aux chances de péril que la société aurait, dit-on, à courir au premier moment par une recrudescence de crime, je n*y crois pas ; ce sàrait la première fois que la générosité inspirerait la vengeance. Mais à supposer môme qu'il y eût un momeut, non de danger, mais d*inquiétude dans le pays, cette chance ne vaut-€?lle pas qu'on l'encoure? La société et le criminel se regarderont- ils éternellement pour voir lequel des deux cessera le premier d*étre féroce? Ne faut-îl pas que quelqu'un commence? peut-on espérer que ce sera le crime qui donnera le premier l'exemple de la vertu et de la mansuétude? lui ignorant, hnital, sans toi, sans lumière, sans eonrage. N'est-ce donc pas à la société de oemmOTcer? et n'est-ce pas mentira la providence sodale que de lui faire appréhender une ruine , de l'exercice d'u»e vertu?

Non, Messieurs, oHe n'a de danger à courir que par l'hésitation de son système actud qui garde la mort sans conviction, le glaive sansfrappei'; et pour réaliser ce noble instinct qui la travaille, eKe n'a qu'une chose à faire : un acte de foi en d!emême, un. acte de confiance en ce Dieu qui lui inspire et qui l'aidera à réaliser' une des plus saintes phases de sa régénération, j

Passons au concours. '

La société en avait ouvert deux : l'un pour des mémoires, i

l'autre pour des articles de journaux propres à populariser la doctrine de l'abolition de la peine de mort par la presse périodique.

Le concours des articles ée journaux est prorogé au SI décembre de cette année.

Nous n'avons à nous occuper aujourd'hui que du concours des mémoires manusciits.

La pensée de la sodété a ^é puissamment communicative. Elle a remué au loin des pensées sympathiques. Son action n'a pas été bornée à la France. L'Europe entière a

SUR LÂBOLITiON BE LA P£INE DE MORT. U7

répondu. Soisaste et an méiiioines ailtesiMift cette Tibratioa (Tua sentiment presque unaDime. L'Allemagne» Fltalie, la Stvàs&tt Genève, ont emofé des» toavaux i*ema«quablesv dî^es ireprésentations éeces nalioiia diTerseaà ce pacifique congrès â^huimanité. La société a distingué surtout deux mémoiresi itoliei^, dont i'unt est un hommage que Te ûlsr du. célèbre Fabroni^ de Fl(»reneev a< fait d'un miémoire imprimé de son pèce^ EUe a distingué anasr anmémoiire altenumd^rançaisde JU^ le doeleui 6rokniann, proiesseui! à Blresde. Une médaille- d'argent, est décernés! à œméiiioiire,. où lest plus- saintes sanctions de kr relf* g!R>» soni iavdiqiiées. en faveur de la raison et de k sci^aoe.

La eommÎBsibB a distribué les sotxaiiie mémoires» en ttfoia eatégoriesv Les wa&r aui nombre de quarante, presque tous satisfiâsautsi pair les. vues , les intentions, la talent, mais <fM des eseetttriciMs de rédaction ^ des împerCections do formes, des tiiéovies' trop avnnfcureuBcs , Toat àt ncgcet forcée: d'éemles; tout es payant à lenrsi auteuss 13 toibut de reeonnaissanco: el souvent d'adniratiiou qui leui est dâ.

Les ^ngt aulres mémoîresi ont langteBqp& balancé ses suffrages. Dans rimpossibilité de donner autant de médailles qu'il j avait 4m concnrreiitSH. eiie cm a éësniné enteeve dis par diss considétations prépsdicieltes. de fomno et de style; et eilora) partagé asmsè entse* les dix mémoires restanis teS' eftGOMrageiiwAta dtMKl elle avait à; disposer.

Le» six mémovresi jugés> dignes^ de la médailte da bronae sont :: te n^ Sdy dont Tautemr est lUL l'abbé die Vie;, cuiré d*HouF* daiofille (Oise).. A&noinidfttne: religion» qui a enseigné Tinir mortalîlé de Tàme et le parécw, il. s'ëUve conùre une peiner qm, ita»s( son; énergique* oxpnessioD, prkhe U' matèriatvsme.,

ûons te n^ 2Q nous découvrosasi L'âme; et te génie d'une femme, madame Eugénie Miboyet.

H. MoeeK pastsuv de Gorgemont en Suisse, ai^nr dn mémoire souo le* n^ 18v s^adresse* surtout aa.sentinienfl.f]iaaçaia* el sea»tde ,.a» nom de lant de glorienses inîtiatires prisesipar BOire natioBr nous conmandja^bu sainte initiative' de: l'abolilioni de la mort dans nos lois^

On trouve avec un intérêt que ne peuvent altérer des inégalités de diction , les ptais haucges développmientede} lo^que et de

faits dans le n^* 14, dont Tauteur est un ingénieur des ponts et chaussées « M. Mordret.

Un raisonnement sévère et des impulsions de la plus haute moralité distinguent le n° 57, ouvrage de M. Laurent, maire de Saverdun (Ariége).

Les quatre mémoires n"* 7, 59, 10 et 17, ont obtenu chacun la médaille d'argent. La commission n'a point classé ces quatre mémoires entre eux ; elle s'est bornée à les couronner en commun et à mérite à peu près égal, distinguant seulement l'un de l'autre, par des qualités de pensées et der style qui lui étaient spéciales. Ainsi le n° 7, dont l'auteur est M. Poupot , professeur à Sorrèze, par l'énergie et la profondeur de la touche; le m 59, par l'émotion et la contagion du sentiment, émotion qui trahissait le cœur d'une femme dans les convictions de l'écrivain ( cette femme est madame Elisabeth Gelnart , de Clermont en Auvergne) ; le n** 10, par l'économie du plan, la complète exposition des preuves, des inductions, des documents (l'auteur est M. Doublet de Boisthibaut, avocat à Chartres); le n*» 17, dont l'auteur est M. Girou de Buzareingues , par l'éclat et la chaleur de l'expression *.

Telles sont, Messieurs, leâ rémunérations bien insuffisantes que la Société décerne à ceux des concurrents qui sont le mieux entrés dans la lettre et dans l'esprit de son programme; quelques médailles données par des hommes de zèle à des hommes de bien. Mais la Société de la morale chrétienne ne se dissimule pas que la valeur de ces prix, qui n'est rien devant les hommes, sera grande un jour peut-être devant l'humanité et devant Dieu. Ce n'est pas l'espoir d'une rémunération en or ou en gloire qui sollicite de tels écrits. Ces pensées vivent et se rétribuent d'elles-mêmes; de tels ouvrages sont des actions plus que des livres.

Aux actes les plus héroïques , aux dévouements les plus sublimes , la société civile n'a pas de prix à donner. Elle se contente de les signaler par une marque de distinction sans valeur, et qui a bien moins pour objet de payer la vertu dans celui qui Ta pratiquée que de Finspirer aux autres par l'exemple. Et si

i. On voit qu'il n*a pas été décerné de médaille d*or.

une humble médaille de cuivre suffit à la récompense du courageux pilote qui a sauvé une vie au péril de la sienne , si cette médaille passe après lui , comme un titre de vertu , à ses enfants, quel prix n'auront pas à nos yeux. Messieurs, ces médailles décernées à des écrivains , à des philosophes , à des ministres de TÉvangile, à des femmes, dont les eflTorts, aujourd'hui obscurs, auront concouru cependant à préserver non pas une vie , mais des milliers de vies humaines ? Ces médailles , Messieurs, elles passeront de génération en génération dans les familles de ceux qui les reçoivent; elles signaleront à des descendants plus heureux la sainte pensée de leurs pères ; elles seront le denier impérissable , le denier que nous devons tous à cette œuvre collective de l'amélioration et de la moralisation des hommes.

D'heureux symptômes nous présagent le but glorieux de nos efiforts. Montesquieu , ce prophète des sociétés , dit quelque part que l'adoucissement des peines est un symptôme certain et constant du développement de la liberté chez les peuples, tant la liberté et la moralité sont jumelles dans les pensées de la Providence. Eh bien ! la liberté a grandi de mille ans chez nous en un demi-siècle. Espérons que la parole de Montesquieu ne sera pas vaine, et que la spiritualisation de nos mœurs va se montrer proportionnellement dans nos lois. Il n'a pas tenu à un de nos plus dignes amis, M. de Tracy, un de ces cœurs où se résument tous les bons instincts d'une époque , que la peine de mort pour cause politique ne fût efiacée de nos codes par la main encore palpitante de la révolution de Juillet, et que les passions populaires ne fussent enfin désarmées d'une pénalité dont elles s'entre-tuent depuis tant de siècles. Cette pensée ne dort ni dans son cœur ni dans le nôtre. Une grande pensée estelle jamais morte en France ?

Heureux le jour où la législation consacrera enfin dans ses codes ces saintes inspirations de la charité sociale î Heureux le jour où elle verra disparaître, devant la lumière divine, ces deux grands scandales de la raison du xix« siècle : l'esclavage et la peine de mort! Heureux le jour où la société humaine pourra dire à Dieu, en lui restituant ses générations tout entières : Nous rendons intactes à la nature toutes les vies qu'elle

nous a confiées ! Comptez, Seigneur 1 il n'en manque pas une. Si le crime a répandu encore quelques gouttes de sang sur la terre, nous ne l'avons pas layé dans un autre sang; nous l'avons effacé sous nos larmes. Nous avons rendu son ianocenee à la loi. La société est une religion aussi, mais son aiitel n'est pas un échafaud. Elle reçoit Thomme de la nature pour transfar* mer et sanctifier rhumanHé, et à la place du crime et de la mort elle renvoie aux pieds du Juge suprême le repentir et la réparation. L'Évangile est à la fois son inspiration et son modèle, et la législation ne sera complète qu'autant que chacune des lois humaines sera une traduction et un reflet d'une des lois de Dieu. C'est le génie du légi^teur de les décourrirt c'est sa vertu de les écrire ; et ce sera votre seul et modeste hoi^ neur, Messieurs, de l'avoir inspiré de vos efforts et devancé de vos désirs.

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