SAINT CONCORDE (368-vers
Prêtre du diocèse d'Arles , Concorde accepta le siège de cette ville avec la répugnance d'une humilité vraiment chrétienne ; il s'appliqua à panser les plaies faites à cette Église par Saturnin, corrigea les abus, répara les désordres, rétablit la discipline, et travailla avec le plus louable zèle à combattre l'hérésie. Il assista le 4 juillet 374 au concile que les évôques des Gaules tinrent à Valence, sous son inspiration. Ils y terminèrent d'abord quelques différends qui commençaient à jeter de la division dans l'épiscopat , et comme ils le disent dans la lettre synodale « des évôques proposèrent de traiter quelques articles que la sainteté de l'Église ne permet pas de recevoir, ni la coutume de condamner. Car ces vices sont tellement enracinés dans toutes les églises, qu'il est difficile de les extirper; ce qui devrait faire rougir ceux qui en sont coupables. Mais après avoir longtemps délibéré, nous avons pris des mesures pour retrancher les scandales et conserver la sainteté de l'Église. » Ils firent donc quatre canons par lesquels il fut défendu de s'accuser d'un crime, vrai ou faux, pour se soustraire aux ordres sacrés, d'ordonner ceux qui avaient été mariés deux fois ou auraient épousé une veuve , sans toutefois déposer ceux qui étaient déjà dans cet état . On excommunia aussi les vierges consacrées à Dieu , si elles se mariaient et ceux qui, après le baptôme, sacrifiaient aux démons ou se servaient de purifications payennes.
Saint Concorde ne paraît pas avoir présidé à ce concile de Valence, car dans les souscriptions, c'est le nom de Florent de
Vienne qui se trouve le premier, sans doute en qualité de métropolitain du lieu. En tête de la lettre synodale est le nom de saint Phœbade, évêque d'Agen, apparemment comme le plus ancien dans l'épiscopat. Le nom de Concorde et celui d'autres évôques figurent sur la lettre du concile au clergé et au peuple du diocèse de Fréjus, relativement à la personne d'Accepté proposé pour le siège de cette ville. Concorde fit au concile un rapport sur cet humble prêtre , et un bel éloge de son mérite et de ses vertus. Accepte s'était accusé de divers crimes pour refuser cette dignité, mais comme le concile avait déjà fait son canon à cet égard , il crut ne devoir rien changer, et saint Léonce fut élu à la place d'Accepté pour remplir le siège de Fréjus (Sirmond, Concilia GalliXy t. Ier, et Baronius, Annales, année 379).
Le saint évêque d'Arles désira être enseveli dans l'église qui porta dans la suite le nom de saint Honorât , aux Aliscamps, ainsi que Ta prouvé Vincent Barrai dans sa Chronologie des saints de Lérins, mais c'est à tort que cet écrivain (partie II, page 249) le fait religieux de ce monastère qui ne fut fondé que dans le siècle suivant vers 410, par saint Honorât, évêque d'Arles. Les Bollandistes parlent aussi de la sépulture de saint Coiîcorde aux Aliscamps, en rapportant au 16 janvier l'histoire de la translation de saint Honorât. Son sarcophage, en marbre est un des plus précieux morceaux d'antiquité chrétienne que possède aujourd'hui le musée d'Arles. Il porte Tépitaphe suivante qu'y firent graver la mère et les frères du saint évêque :
INTEGER ATQUE PIVS , V1TA ET C0RP0RE PVRVR jËTERNO HIC POSITVS VIVIT CONCORDIVS jEVO, QVÏ TENERIS PRIMUM MIN1STRVM FVLS1T IN ANNIS, POST ETIAM LECTVS CŒLESTI REGE SACERDOS, TR1GINTA ET GEMINOS DECEM V1X REDDID1T ANNOS, HUNC CITO S1DEREAM RAPTVM OMNIPOTENTIS IN AVLAM, ET MATER BLANDA ET FRATRES IN FVNERE QILERVNT.