SAINT HÉROS
Disciple de saint Martin de Tours , Héros s'attacha au parti de Constantin, que l'armée romaine, stationnée en Bretagne, éleva en 407 à l'empire. Cet usurpateur l'amena avec lui à Arles où il vint s'établir et le récompensa de ses services en le faisant élever
au siège métropolitain de cette ville, en même temps qu'il faisait donner le siège d'Aix à Lazare , autre prêtre étranger au pays comme Héros. C'est donc à tort que certains historiens ont avancé que ce fut Héros qui se vit disputer la primatie au concile de Turin par l'évêque de Vienne et par Procule , évêque de Marseille , ainsi que nous l'avons dit page 367. Il suffit de comparer les dates pour être convaincu que si Héros, aussi bien que Lazare, plus tard évéque d'Aix , a assisté au concile de Turin tenu en 397 , il ne s'y trouvait qu'en qualité de simple prêtre, peut-être pour y accompagner saint Brice , son évéque.
L'empereur Honorius reconnut en 409, comme empereur, Constantin qui, ne supportant point de partage, passa bientôt les Alpes , sous prétexte de défendre l'Italie contre Alaric , mais en réalité pour déposer Honorius et s'emparer de tout l'empire d'Occident. Il était déjà arrivé devant Vérone lorsqu'il fut rappelé en Gaule par la révolte de Gérontius qui venait de soulever les légions d'Espagne. Dédaignant la pourpre pour lui-même , Géronrontius en revêtit un de ses amis , se rendit rapidement maître de l'Espagne et envahit la Gaule au moment où Constantin y arrivait de son côté. Constantin dont le flls appelé Constant, fut pris dans Vienne et mis à mort, n'eut que le temps de se réfugier dans Arles où Gérontius vint l'assiéger. L'arrivée de Constance , général d'Honorius et son beau-frère , força Gérontius à lever le siège d'Arles , mais n'améliora pas le sort de Constantin. Quoique celui-ci n'eut plus de ressources , il tint cependant encore quelque temps. Enfin, le quatrième mois du siège, la défaite de son lieutenant Edovinch décida Constantin à cesser une résistance devenue tout à fait impossible. Avant qu'on ouvrît les portes de la ville, il quitta la pourpre, et pour éviter le châtiment, il se réfugia dans la cathédrale, et pria saint Héros de l'ordonner prêtre. Touché de compassion, le prélat exauça ses désirs, et lui conféra la prêtrise en 411. Les habitants demandèrent le pardon pour eux , et la vie pour Constantin , et son flls Julien , ce que Constance promit avec serment, au nom de l'empereur. Honorius se mit peu en peine de tenir les promesses de son général. Constantin et son Gis furent dirigés sur Ravenne, mais ils eurent la tête tranchée sur les bords du Mincio, le 18 septembre 411.
Constance , irrité de la conduite de Héros, l'enveloppa dans la disgrâce de Constantin et excita contre lui les Artésiens, qui méconnaissant la pensée chrétienne de leur évêque dans cette circonstance, le chassèrent de leur ville, et mirent en sa place Patrocle,
ARCI1ID10CÈSE D'ARLES.
ami du général d'Honorius. Héros se retira alors en Orient avec Lazare, évôque d'Aix (Voir page 14), et tous deux y prémunirent les fidèles et le clergé contre les erreurs de Pélage , au concile de Diospolis. Il nous suffît, pour justifier Héros des imputations du pape Zozime, trompé certainement par les calomnieux rapports de Célestius , de dire que saint Augustin et saint Prosper ont fort avantageusement parlé de Lazare d'Aix et de Héros d'Arles. Saint Prosper notamment fait les plus grands éloges de ce dernier prélat.
Aucun historien ne nous a marqué ni l'époque, ni le lieu de la mortdesaint Héros. Une inscription sur marbre blanc, découverte aux Aliscamps d'Arles, par M. l'abbé Trichaud , semblerait prouver que si le saint évôque n'est point revenu mourir à Arles, son corps au moins y avait été transporté. Elle est ainsi conçue : Sanct. Héros svmmvs an. Peut-être aussi ne faut-il voir qu'un simple cénotaphe dans cette inscription qu'on explique par ces mots : Sanctus Héros summus autistes obiit, ou ora pro nobis?