‹ La France pontificaleChapitre 12 sur 148 · PIENGE ou PIENTIUS · texte numérisé non relu

PIENGE ou PIENTIUS

Pience, que les anciens auteurs appellent en latin Pientius et Piencus et qu'il faut distinguer d'un évôque de Poitiers, son homonyme et son contemporain, était évêque d'Aix en 581. Il se montra cette année plein de compassion et de bienveillance envers Théodore, évéque de Marseille , persécuté par Dyname, gouverneur de la Provence pour le roi Gontran, et par sou propre clergé. Lorsque ce saint évéque passa à Aix , lié sur un mauvais cheval pour être conduit au roi Gontran, non-seulement Pience vint le visiter et lui apporter quelques consolations, mais il eut soin , dit Grégoire de Tours , de le pourvoir aussi de toutes les choses qui pouvaient lui être nécessaires dans son long voyage.

La charité de Pience ne brilla pas moins dans un temps de peste et de famine qui affligea son diocèse. En présence du fléau cruel qui décimait son troupeau , le prélat ne songea point à la fuite. On le vit dans sa ville épiscopale, organiser les secours temporels et spirituels , visiter les malades , ensevelir les morts et donner à son clergé l'exemple du zèle et du dévouement. C'est au milieu de ces touchants exercices de piété chrétienne qu'il fut atteint lui-même du mal , et succomba en 590 au plus tard. Pience, retenu à Aix par une assez grave maladie, s'était fait représenter au deuxième concile de Mâcon qui se réunit le 23 octobre 585, et où Théodore , évôque de Marseille, fut pleinement justifié du crime d'État que la calomnie lui avait imputé.

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