SAINT EONE (vers
Saint Eone naquit à Châlon-sur-Saône. Nous ne saurions ûxer d'une manière précise les commencements de son épiscopat, et ce n'est qu'en 492 que l'on constate positivement son existence sur le siège d'Arles. Le pape Gélase, élu en mars de cette année, lui écrivit pour lui faire part de son avènement à la chaire de saint Pierre et pour le charger d'en informer les évêques des Gaules. C'était reconnaître la primatie de son Église. Eone se trouva à la célèbre conférence que les évéques eurent à Lyon au mois de septembre 499, en présence du roi Gondebaud, et dont on peut lire en partie la relation au tome V, page 110, du Spicilège de dora d'Achery.
ÀRCHIDIOCÈSE D'ARLES.
A cette époque, se renouvela le différend relatif aux privilèges des Églises d'Arles et de Vienne. Cette dernière avait pour évêque saint Avite qui , par le crédit que lui donnaient sa naissance, son érudition et les services rendus à l'Église, avait aisément obtenu du pape Anastase, une juridiction plus étendue pour son siège. Saint Eone en porta se3 plaintes à Symmaque qui , le 22 mars 498, avait succédé à Anastase. Ce Pape, voulant examiner de nouveau cette affaire, ordonna aux parties de lui envoyer des députés pour soutenir leurs prétentions. Eone députa à Rome un prêtre d'Arles nommé Crescence, mais saint Avile n'envoya • personne. Symmaque jugea donc par provision qu'il fallait s'en tenir à ce que le Saint-Siège avait anciennement réglé à ce sujet, parce qu'il ne convenait pas que les décrets d'un pape fussent annulé3 par ses successeurs. « Quel respect, dit-il, portera-t-on aux successeurs de saint Pierre, si ce qu'ils ont réglé pendant leur pontificat, perd sa force dès qu'ils sont morts? » La lettre du Pape est datée du 29 septembre 500. Il ne parle que des règlements de discipline : comment se serait-il exprimé, s'il se fût agi d'une décision dogmatique émanée du Saint-Siège et reçue du corps des pasteurs? Il convient qu'on peut avoir raison d'abroger des décrets de pure discipline.
Saint Avite se plaignait d'avoir été condamné sans avoir été entendu. Le Pape lui fit réponse le 13 octobre 501 , et lui dit qu'il ne devait pas s'offenser de ce qu'il avait mandé à Eone ; qu'il ne voulait en aucune manière préjudicier à ses droits, et qu'il lui était encore libre de proposer sa défense. « Quoique nous ayons écrit que notre prédécesseur Anastase, de sainte mémoire, avait mis la confusion dans votre province contre les anciens règlements des autres souverains Pontifes , et que Ton ne devait pas souffrir cette innovation ; cependant, si vous nous faites connaître qu'il a eu de bonnes raisons d'en agir ainsi, nous serons bien aises de trouver qu'il n'ait rien fait en cela contre les canons. Car, quoiqu'il faille garder exactement les anciens décrets, il faut aussi se relâcher de la rigueur de la loi, en vue d'un bien , comme la loi l'aurait marqué , si elle l'avait prévu. »
Cette affaire traîna encore longtemps apparemment, parce que saint Eone mourut sur ces entrefaites, le mardi il août 502. Sur le point de sortir de ce monde, inquiet au sujet de son successeur, il exhorta son clergé et les citoyens d'Arles à ne choisir personne autre que saint Césaire pour mettre à sa place.
ARCIIIDIOCKSB D'ARLES. — Î9 —
Ayant reçu la promesse que ses volontés seraient accomplies, il destina par testament, tout son bien au rachat des captifs ainsi qu'au soulagement des pauvres de son Église , et s'endormit ensuite dans le Seigneur. On l'ensevelit à Arles dans la crypte de l'église de Notre-Dame de Grâce , dans un tombeau de marbre blanc que l'empereur Constantin avait destiné à son fils Crispus. Pendant longtemps , l'Église d'Arles célébra la fête de saint Eone le jour même de sa mort, 17 août , mais aujourd'hui sa fête est fixée au 30 du même mois. Il est assez longuement question d'Eone dans la Chronique de Lérins.