AUXANIUS
Fils du préfet du prétoire , Auxanius succéda en 542 à saint Césaire sur le siège d'Arles, et écrivit quelque temps après au fape Vigile , par le prêtre Jean et le diacre Teredius, pour lui donner avis de son élection et lui demander le pallium. Vigile , jftr sa lettre du 18 octobre 543, le félicita de son élévation sur eè siège , et l'exhorta à imiter les vertus de son prédécesseur et à- demeurer inviolablement attaché aux décrets de l'Église romaine. Mais quant au pallium , et aux autres distinctions qué sollicitait Auxanius, le Pape répondit qu'il ne pouvait les accorder sans le consentement de l'empereur Justinien. Vigile , qui avait acheté le souverain pontificat par un crime qu'il répara et expia dans la suite , craignit sans doute de froisser l'empereur , g'il accordait le pallium à un évôque de la Gaule sans son agrément. On pria donc Bélisaire de négocier cette affaire.
Ce grand capitaine encore plus célèbre dans l'histoire par l'ingratitude de ses maîtres que par les services signalés qu'il leur rendit, faisait alors la guerre en Italie pour Justinien. Il écrivit à ce prince en faveur de l'évêque d'Arles , et dès que l'empereur eut donné son consentement, Vigile, par sa lettre du 22 mai 545, déclara Auxanius, vicaire du Saint-Siège dans les Gaules, et lui donna en conséquence le pouvoir de terminer les différends qui pourraient naître au sein de l'épiscopat, en se faisant assister d'un nombre suffisant d'ôvôques. « Mais, si, dit-il, ce qu'à Dieu ne plaise , il s'élève des disputes sur la foi , ou s'il surgit quelque cause qui , par son importance , ne puisse être terminée sur les lieux, veuillez, après un examen sérieux, nous ett adresser la relation et en réserver le jugement au siège apostolique. • Lé Pape défend aussi à tous les évôques des Gaules d'entreprendre quelque long voyage sans avoir des lettres formées de l'évêque d'Arles, selon le privilège accordé à saint Césaire. Il ajoute à Auxanius que pour honorer la qualité de vicaire du Saint-Siège dans sa personne, il lui accorde l'usage du pallium , lui recommandant de prier pour l'empereur, pour
l'impératrice, pour Bélisaire, et surtout d'emplpyer son crédit à entretenir la paix entre Justinien et Childebert, roi des Francs.
Le môme jour, le Pape écrivit deux autres lettres. La première est adressée aux évôques des Gaules du royatime de Childebert et à ceux qui , selon l'ancienne coutume, étaient ordonnés par l'évêque d'Arles , pour les avertir qu'il a nommé Auxanius son vicaire , et qu'en conséquence , tous seront obligés de se rendre aux conciles qu'il indiquera et de prendre de lui des lettres formées. Dans la seconde lettre, Vigile commet spécialement Auxanius pour juger, avec l'assistance d'un nombre suffisant de prélats, la cause de Prétextât , évôque de Cavaillon, sur la conduite duquel il lui avait porté plainte. Il l'exhorte à faire quelques règlements pour empêcher que les laïques ne soient promus trop précipitamment aux ordres sacrés (saltu prxcipiti), ce qui fait croire que c'était l'accusation portée contre Prétextât. Vigile ne fait dans ces lettres aucune mention de Théodebert, à qui la province d'Arles était alors soumise. Il jugea sans doute que ce prince , qui ne vivait pas en bonne intelligence avec Justinien , et qui savait mieux que personne soutenir les droits de sa couronne, ne souffrirait pas facilement que ses sujets reconnussent l'autorité d'un vicaire du Saint-Siège, nommé dans ses Êlats , à la recommandation de son ennemi.
Auxanius périt en 546, victime d'une peste terrible qui sévit alors en plusieurs provinces, et décima notamment la population artésienne.