FLORIEN (6KK
Les dyptiques publiés par Mabilloo , font connaître le nom de ce prélat que Saxi et le P. le Gointe ont admis dans la série des évêques d'Arles, sans apporter aucune preuve à l'appui , et sans décider le temps de son épiscopat. Ces auteurs ont supposé seulement qu'il devait prendre place entre saint Virgile et Théodose. Les deux lettres de Boniface IV lèvent tous les doutes à cet égard.
« Je me réjouis grandement de votre élection , lui dit le souverain Pontife, parce que l'attestation des très-excellents princes et de notre très-cher fils le prêtre Candide , que vous nous avez adressé, nous a fait connaître combien grande est votre sollicitude ecclésiastique, et de quel zèle votre cœur est pénétré. Je ne vous connais point en personne , mais ce que je sais de vos œuvres et de votre charité , me donne de vos mérites une haute opinion. Je supplie donc du plus profond de mon cœur le Dieu tout puissant, de vous protéger de sa main, et de multiplier en vous les dons de la grâce céleste, afin qu'il perfectionne pour l'éternité les dons qu'il montre en vous dans ce monde. Assurer sur soi la charge épiscopale est un fardeau plus qu'un honneur, etc. • Le pape déroulant ensuite les principaux devoirs des évêques , explique admirablement ce texte d'Isaïe : Purifiez-vous , vous qui portez les vases du Seigneur , et blâme de la façon la plus sévère la simonie et les mauvais ministres du Seigneur qu'il compare à l'eau dont on se sert pour le baptême et qu'on jette ensuite. Donnez, dit-il, gratis, ce que vous reçûtes gratis. * Nous transmettons, à Votre Fraternité lepallium, ajoute-t-il, selon l'ancienne coutume que vous rappelez dans votre lettre, par laquelle nos prédécesseurs ont toujours accordé aux vôtres , comme successeurs du bienheureux Trophime , cet ornement, marque de précieux privilèges. »
Ce bref est daté, nous l'avons dit, du 23 août 613 , et c'est là tout ce que nous savons de l'épiscopat de Florien. Nous pensons que Florien vécut jusque vers 630.
Les auteurs de la Gallia christiana et quelques autres auteurs modernes placent après Florien unévêque appelé Gyprien, sur le témoignage de Walafrid Strabon , qui assure que cet évêque d'Arles persuada au roi Sigebert de ne point épouser Frideburge. Ce qu'avance cet écrivain, ne peut s'accorder avec
la chronologie. Sigebert Ier, roi d'Austrasie, périt assassiné en 573, par ordre de Prédégonde , du temps que Sapaudus occupait le siège d'Arles , Sigebert II , fils aîné de Thierri , était âgé de dix ans seulement quand il succéda à son père en 613, et fut mis à mort quelques mois après par ordre de Brunehaut. Enfin Sigebert III, déclaré roi en 632 lorsqu'il avait deux ans à peine, mourut en 652 dans la 22« année de son âge. Or, comme on convient généralement que Théodose siégeait à Arles en 632 , il suit que l'épiscopat de Cyprien n'a concouru avec le règne d'aucun de ces trois princes et qu'on doit le révoquer en doute. Il est évident que l'auteur de la Vie de saint Gall s'est, trompé s'il a voulu parler d'un Cyprien , évêque d'Arles. Rien dans l'histoire ne nous indique que le jeune Sigebert II, dans son règne éphémère, ait songé à se marier. Peut-être aussi Walafrid Strabon a-t-il nommé Florien, et des copistes inintelligents auront changé ce nom en celui de Cyprien? C'est l'opinion de l'abbé Bonnemant.