FÉLIX
Malgré la vigilance et le courage des souverains Pontifes qui s'opposaient à ses progrès, l'hérésie du monothélisme continuait à troubler l'Église , lorsque Félix fut appelé au siège primatial d'Arles. Les souffrances du saint pape Martin I", devenu la victime de son zèle, n'avaient point ralenti celui de ses successeurs, Eugène Ier, Vitalien, Àdéodat, Domnus. Le pape Agathon, en montant sur le siège apostolique le 27 juin 678, avait ordonné qu'on tînt des conciles contre cette secte dans les diverses provinces de l'Occident , et qu'on envoyât des députés à celui qu'il avait convoqué à Rome pour le mois d'octobre 679. Tout ce qu'on sait de ceux qui se tinrent alors eh France , c'est qu'on députa à Rome, Félix, évêque d'Arles, Adéodat, évêque de Toul, et Taurin, évêque de Toulon , sans doute pour en porter les actes et rendre témoignage de la foi de l'Église gallicane. Félix assista à ce concile qui s'assembla dans la basilique de Saint-Sauveur, et où Ton ordonna le rétablissement sur le siège d'York, de saint Wilfrid, que saint Théodore de Cantorbéry avait déposé. Félix prit part à un autre concile que le pape Agathon présida à Rome , le 27 mars 680 , et où l'on anathématisa l'hérésie monothélite. Félix , Adéodat et Taurin , dans les souscriptions des actes de ce concile , se qualifient tous trois légats du concile des provinces des Gaules, ce qui a donné lieu de croire qu'il s'était tenu dan3 les Gaules un concile national contre les
ARCHID10CÈSE D'àRLES. 493
monolhélites. Mais saint Wilfrid prend aussi, dans sa souscription , le titre de légat du concile de Bretagne, et toutefois, il ne paraît nulle part que les évêques de ce pays l'eussent député à Borne. Il était ordinaire, dans les actes ecclésiastiques, de nommer concile les évêques d'une même province, quoiqu'ils ne fussent pas assemblés. Le concile de Rome écrivit deux lettres aux empereurs , c'est-à-dire à Constantin , surnommé Pogonat , et à ses frères Héraclius et Tibère, qui portaient comme lui le titre d'Auguste. L'une de ces deux lettres est au nom du Pape seul, l'autre au nom du Concile , et tous les évêques présents souscrivirent à cette dernière , après le pape Agatbon. La signature de Félix est ainsi conçue : Félix, humble évéque de la sainte Église d'Arles, légat du concile dans les provinces des Gaules.
Ce prélat distribua tous ses revenus aux pauvres et mourut de la mort des justes en 684. Suivant M. l'abbé ïrichaud , Félix s'appelait aussi Austrobert, et ce nom séparé du premier serait devenu, par erreur, celui d'un successeur qui n'a jamais existé. Nous ne pouvons admettre cette opinion , car au VIIe siècle , il n'était point encore d'usage de porter deux noms , comme on le voit cinq siècles après.