‹ La France pontificaleChapitre 134 sur 148 · WOLBERT, WALBERT ou GAUBERT (684-vers · texte numérisé non relu

WOLBERT, WALBERT ou GAUBERT (684-vers

Le nom de ce prélat nous est connu par l'acte de fondation du monastère du Grozel , au territoire de Malaucène , au pied du mont Ventoux , fondation faite le i« février 684 ou plutôt 685 , par Petruinus ou Pétrone, appelé aussi Aredius Petruinus, évêque cle Vaison. Après la signature du fondateur, cette charte porte les noms de Wolbert, archevêque d'Arles; d'Ambroise , évêque de Carpentras ; de Frédicus, évêque d'Orange ; de Léger, évêque de Venasque; de Godebert, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux ; de Paschase , évêque de Cavaillon ; de Rustique , évêque de Viviers; de l'abbé Ago, de l'abbé Delphin, de Paschase, prêtre , de Mauront , archidiacre , el de Genno, diacre. Clovis, roi de France , approuva cette fondation pieuse en faveur de moines qui suivaient la règle de saint Benoît, de saint Macaire et de saint Colomban, et dans les lettres qui en furent données , il appelle Petruinus, un homme apostolique.

Cette charte , publiée par Mabillon (Annales S.S. ord. Dened. 1 , p. 700, col. 2), et par le P. Boyer de Sainte-Martlie (Hist. des

evesques de Vaison , aux Preuves), nous paratt controuvée pour plusieurs raisons. D'abord, à cause de la contexture qui renferme des formules inusitées sous les Mérovingiens , ensuite , à cause de la signature des évêques qu'on a voulu y faire figurer et qui sont, comme on Ta vu , au nombre de sept, outre le fondateur. Or, aucun de ces évêques, à l'exception de Wolbert d'Arles, ne figure dans la Gallia christiana. Cette1 pièce est suivie d'une confirmation par Glovis , roi des Francs. Ce prince ne peut être que le jeune Glovis III, âgé de trois ans en 684, et qui passa comme une ombre sur le trône, de 691 à 695. La victoire de Testry venait d'assurer le triomphe de Pépin , maire du palais. Lui seul gouvernait à cette époque , [et comme disent les Annales de Metz, sans avoir le nom de roi, il régnait comme une puissance royale. Il fit paraître successivement, pour sauver les apparences, quatre pauvres chefs d'emploi d'une souveraineté sans office comme sans autorité. Il est donc douteux qu'un évéque , Petruinus ou Àredius (car la charte est contrairement à l'usage de ce siècle , signée de ces deux noms), ait fondé le monastère du Grozel (in suburbano civitatis Vasionensis , in loco cujus vocabulum Grassello) , et surtout que cette fondation ait été confirmée par un fantôme de roi qui n'a jamais eu l'ombre de puissance sur ces pays. Il n'est pas moins anormal, que Wolbert, métropolitain, ait signé après son suffragaot, c'est ce qui a soulevé quelques doutes sur son existence dans l'esprit des auteurs de la Gallia christiana. Ces motifs nous font conclure que cette charte a dû être fabriquée au XIe siècle par les moines de Saint- Victor de Marseille, lorsque, en 1059, Pierre II, évéque de Vaison, leur donna cette petite abbaye (abbatiolam) , avec toutes les églises de sa dépendance et les droits qui pouvaient lui appartenir.

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