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NOTHON

Bien qu'il soit présumable que l'élection de Nothon fut faite en 820 après le décès de Jean , son nom ne parait pour la première fois que sur un acté conclu entre lui et le comte Leybulfe, le 7 novembre 823 pour l'échange de quelques terres de l'Église d'Arles contre l'église du village d'Argence. Cet acte, mentionné par Vincent Barrai i, dans la Chronologie de Lèrins, fut confirmé par un rescrit impérial donné à Aix-la-Chapelle le 3 janvier 824. Nothon présida au concile qui se tint à Toulouse en 828 par ordre de Louis le Débonnaire et où se trouvèrent avec lui, ses suffragants, et Barthélemi de Narbonne, Adelelme de Bordeaux , Ayoul de Bourges, avec leurs comprovinciaux. Les actes de ce concile , ainsi que de ceux qui furent tenus cette même année à Mayence et à Lyon, ne nous ont point été conservés. On sait toutefois que ces conciles avaient pour but d'examiner les

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réformes à faire dans les princes , dans le peuple et dans le clergé. Il ne nous reste que les décrets du 6« concile de Paris tenu pour le même objet le 6 juin 829, dans l'église de Saint- Étienne des Grès, mais nous ne pensons pas, comme le prétendent les auteurs de la Gallia christiana nova, que Nothon ait assisté à cette assemblée. L' année précédente (828) l'archevêque d'Arles avait souscrit à une donation que le comte Leybulfe et sa femme Odde firent à l'abbaye de Saint-Honorat de Lérins.

Peu de temps après , une funeste époque s'ouvre , des enfants ingrats et dénaturés s'arment contre leur père et leur souverain, des sujets rebelles , et même des prélats ambitieux et perfides lèvent l'étendard de la révolte, et sous le masque trompeur de zèle pour le bien public , concertent les plus noires intrigues. On voudrait, pour l'honneur de la nation, ensevelir dans un oubli éternel le3 indignes outrages qui furent faits alors a la majesté impériale et royale. Lorsque plusieurs évôques distingués par leur rang et leur sainteté se laissèrent séduire par les artifices des rebelles et se déclarèrent contre l'empereur, Nothon parait avoir toujours été fidèle à la cause de ce prince, et n'avoir pris aucune part aux actes de l'assemblée de Compiègne, qui ne craignit pas de le condamner pour ses péché3 à passer le reste de ses jours en pénitence publique (l«r novembre 833). H parut à l'assemblée d'Attigny, après la révolution qui avait remis Louis sur le trône , et se trouva au concile de Thionville, qui, le 4 mars 835, prononça la déposition d'Ebbon, archevêque de Reims, l'un des principaux factieux. Ce prélat le prit pour un des trois témoins de la démission qu'il donna de son archevêché; mais, comme l'ont avancé certains auteurs modernes, ce n'est point Nothon qui présida ce concile. La présidence fut donnée par l'empereur à Dreux ou Drogon , évêque de Metz, fils de Charlemagne et archi-chapelain de Louis-le-Débonnaire, son oncle. Nothon souscrivit en 837 à la sentence rendue au palais de Quierzy-sur-Oise entre saint Aldric , évêque du Mans et Sigismond, abbé de Saint-Calais , relativement à la dépendance de ce monastère que le saint évêque prétendait appartenir à son Église. L'empereur ayant fait examiner les titres par plusieurs prélats au nombre desquels était Nothon, prononça en faveur de l'Église du Mans.

L'archevêque d'Arles quitta presque aussitôt la cour pour retourner dans son diocèse menacé par les Sarrasins. Ces en-

fants de l'islamisme parurent en 838 devant Marseille , avec une flotte considérable, et se répandant sur toute la côte de la Méditerranée, renouvelèrent contre les prêtres, les moines et les vierges consacrées à Dieu, en un mot, contre les personne» de tout sexe, de tout âge et de toute condition, les mômes fureurs qu'on avait déjà si souvent éprouvées. Rien ne fut épargné de ce qui tomba sous leurs mains , reliquaires , ornements, vases sacrés, or, argent, tout fut emporté. Enfin, las de pillage et chargés de butin, ils se retirèrent pour aller vendre ailleurs ce qu'ils venaient d'enlever en Provence. Ils firent douze ans après, en 850, une nouvelle descente à l'embouchure du Rhône, et remontèrent jusqu'aux environs d'Arles, pillant e* ravageant les campagnes sur l'un et l'autre bord du fleuve. Mais ils avaient à peine regagné leurs vaisseaux , que la tempête les fit échouer sur les côtes où les habitants massacrèrent tout ce qui avait échappé à la fureur des flots.

La mort de Louis le Débonnaire, arrivée le 20 juin 840, avait rendu Charles le Chauve maître d'Arles et de la Provence* Lothaire, son frère, songea à les lui disputer, et ce fut à lui qu'elles échurent dans le partage qui suivit la bataille sanglante livrée à Fontenay dans l'Auxerrois , le 25 juin 841. Folcrade, qu'il établit comte d'Arles, et les autres comtes provençaux, essayèrent, en 844, de se rendre indépendants; mais quelques mois après, ainsi que nous l'apprennent les Annales de Saint- Bertin , Lothaire recouvra toute son autorité dans ce pays. Paisible spectateur de ces troubles, Nothon ne cessa point d'exhorter son troupeau à garder l'obéissance due au prince légitime, et après un épiscopat de 32 années environ , il quitta ce monde terrestre le samedi 25 avril 851.

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