ANNON
Annon, avant d'être promu au siège d'Arles, gouvernait comme abbé un monastère situé en Provence , mais toutes les recherches faites par les Bénédictins pour découvrir le nom de cette communauté, sont demeurées sans résultat. En 979, qui fut peut-être la seconde année de son épiscopat, il confirma les donations faites par Ictier, son prédécesseur, à l'Église d'Arles; toutefois, comme peut-être il n'était pas encore sacré, il ne paraît avec le titre d'archevêque, qu'au mois de juin 981. L'année suivante , il accorda à un personnage distingué appelé Rodolphe, divers biens en usufruit, et en 985 , il donna à Bernard , évêque de Nîmes, un alleu situé à Gailhan, dans le comté d'Usez. En présence de Pons, évêque de Marseille; de Riculfe, évêque de Fréjus; de Guillaume, comte d'Arles; et d'Humbert, évêque de Vaison et prévôt de son église métropolitaine , Annon
ARCHID10CÊSE D'ARLES. 517
concéda à un prêtre nommé Pacon, pour y établir une communauté de moines sous la règle de saint Benoit , l'église de Saint- Gervais , située entre la mer et le village de Fos. Le A août 991 , Theuderic, évôque d'Apt, fonda, avec le consentement d'Annon, dans sa cathédrale , douze canonicats, et vers cette môme époque, Étienne, évôque de Venasque, et Audry, évôque d'Orange , prêtèrent serment de soumission et de fidélité à l'archevêque d'Arles. Guillaume, comte et marquis de Provence fit, en présence d'Annon, de divers évêques et d'un assez grand nombre de seigneurs, un testament par lequel, entre autres clauses, il ordonnait la restitution de l'église de Notre-Dame de la Mer, à l'abbaye de Saint-Césaire.
Se sentant près de mourir, Annon se retira à l'abbaye de Cluny, et y mourut le dimanche 18 novembre 994, ainsi que le constate le Nécrologe de ce monastère. Suivant quelques archéologues, ce fut sous Pépiscopat d'Annon que l'on commença à élever les galeries du Nord et de l'Est du cloître de la basiliquè de Saint-Étienne. D'autres, au contraire, nient que la fondation du cloître date de cette époque si reculée.
Certains auteurs, notamment Saxi, assurent que le successeur d'Annon fut Eudes, fils naturel de Rodolphe le Fainéant, ou de Conrad le Pacifique, et que ce prélat occupa le siège primatial d'Arles, depuis 997. Paradin, dans ses Annales de Bourgogne, prétend que Eudes ne mourut qu'en 1032, mais il est démenti à cet égard par les plus anciens catalogues.