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PIERRE II

Pierre Gaufridi fut, en 1102, remplacé sur le siège métropolitain d'Aix, par un autre Pierre, déjà chanoine de celte Eglise. Ce fait ne saurait être mis en doute. Il résulte suffisamment d'une requête que présentèrent cette même année à ce prélat, le prévôt et les chanoines de Saint-Sauveur. Ils lui demandent , dans

ARCHIDIOCÈSE DA1X.

cet acte, 1° la confirmation de quelques églises qu'ils avaient acquises après le décès de V archevêque, son prédécesseur, 2° la confirmaiion des églises et des biens accoi'dés par ses prédécesseurs , aux chanoines de Notre-Dame et du glorieux Sauveur, des concessions faites par Pierre son prédécesseur, et des donations faites par d'autres et qu'il avait confirmées. Ces expressions indiquent notoirement que le prélat du nom de Pierre, à qui la requête était présentée venait d'être fort peu de temps auparavant appelé à l'archevêché. Une bulle du pape Pascal II , qui, en 4102, accorde le pallium à ce Pierre, vient encore à l'appui de cette conjecture , car est-il supposable que Pierre Gaufridi, élu en 1085, au siège d'Aix, ait attendu jusqu'en 1102, pour recevoir du souverain Pontife, celte marque de la dignité des métropolitains? Pascal n'eut certainement pas manqué de constater dans sa bulle la cause d'un si long retard. Tout cela prouve évidemment que Pascal II envoya, en 1102, \e pallium, non pas à Pierre Gaufridi, mais à un autre Pierre dont la famille est demeurée inconnue. La bulle du Pape est datée du 5 des calendes d'avril, indiction X, 3e année du pontificat de Pascal II, c'est-à-dire , du 28 mars 1102, et non pas 1 104, comme le dit la Gallia christiana, puisque le pape Pascal II fut couronné le 14 août 1099.

L'année qui suivit son installation, Pierre fit solennellement, le 7 août 1103, la consécration de l'église cathédrale de Saint- Sauveur. Pitton a publié l'acte de cette cérémonie d'après un manuscrit sur vélin, enrichi de très-belles miniatures, intitulé : Concordantia Bibliorum. Peiresc l'a extrait aussi de la même source, en ajoutant que'ce manuscrit faisait partie des archives du chapitre métropolitain d'Aix , et il le désigne sous le nom de Concordance des Evangiles (Bibliothèque de Carpentras , évêchés, registre 75, vol. 1, fol. 1). Bouche l'a donné dans les mêmes termes (Défense de la foi de Provence, pages 104-105), ainsi que Denys de Sainte-Marthe (Gallia christiana, t. 1, Instrum. col. 66), qui marquent l'un et l'autre l'avoir tiré des archives de la même Eglise. M. l'abbé Faillon l'a également publié (Monuments inédits, tome 2, pages 701-704), en indiquant que le manuscrit en question , fait aujourd'hui partie de la bibliothèque publique d'Aix. Voici la traduction de cette charte, dont Launoi a voulu nier l'authenticité, sur la fausse interprétation qu'il donne aux mots comprovincialibus episcopis , qui signifient que ces évêques étaient tous de la Provence , et non

pas qu'ils étaient tous suffragants de l'archevêché d'Aix. Tillemont, qui suit et analyse Launoi, adopte ici l'opinion de ce critique.

«L'an du Seigneur, 1103, Monseigneur Pierre, archevêque d'Aix, ayant réuni a Aix quelques évêques de la Provence, comme lui , savoir : Monseigneur Gibelin , archevêque d'Arles ; Pierre, évoque de Cavaillon; Bôrenger, évêque de Fréjus, et Augier, évêque de Riez, de l'avis des membres de son clergé, savoir : Foulque, prévôt, Hugues, archidiacre, Bremont, sacriste, et des archiprêtres Geoflroi et Pierre, et des chanoines Norbert, Pierre, Hugues, Guillaume, Giraud et autres dont il serait trop long de détailler les noms , résolut de consacrer l'église du Seigneur Sauveur, récemment ici fondée entre deux églises, savoir : au nord, l'église de Notre-Dame, et au midi, l'église de Saint- Jean-Baptiste, l'oratoire du même Seigneur notre Sauveur, se trouvant bâti à l'orient.

» Monseigneur l'archevêque Pierre a voulu placer cette consécration sous l'autorité de tant de religieux personnages dont nous avons ci-dessus cité les noms , afin que la vénérable église du glorieux Sauveur, consacrée par des hommes vénérables, soit pour jamais à l'avenir plus vénérablement vénérée. Mais comme le bienheureux Maximin, et la bienheureuse Marie-Madeleine ont été les premiers fondateurs des mêmes églises mentionnées plus haut, l'autel a été dédié dans l'église du Sauveur, par les très-glorieux prélats susnommés , en l'honneur de saint Maximin et de sainte Marie-Madeleine. Oue le 7 des ides d'août , jour de sa consécration, soit à l'avenir, sans aucune hésitation , solennellement célébré tous les ans dans cette église. »

En 1110, Pierre, assisté de Géraud, évêque de SMeron, et d'Aimin, évêque de Toulon, consacra l'autel de l'église de Notre-Dame de la Sainte-Résurrection, auprès de l'église de Saint-Sauveur. Deux ans après, en 1112, il présida dans cette même église, un concile où se trouvèrent présents, Laugier d'Agoult, évêque d'Apt; Géraud , évêque de Sisteron; Foulque , prévôt du chapitre métropolitain; Hugues, archidiacre; Pierre et Géraud, archiprêtres; les prêtres et les religieux de l'archevêché. On y fit trois [canons. Le premier ordonna que l'Eglise d'Aix percevrait chaque année le quart des revenus de tout l'archevêché, bien que ce quart appartint de droit à l'archevêque. Le 2e canon ordonna que nul prêtre ou clerc ne prendrait l'administration d'une paroisse, sans le consentement de l'arche-

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vôque ou de l'archidiacre. Le 3e canon décida que nul clerc appartenant à un autre diocèse, ne sera admis aux ordres dans le diocèse d.'Aix qu'après avoir obtenu , suivant les décrets de plusieurs conciles , des lettres dimissoires de son propre évéque (Voir le tome IV du Trésor des Anecdotes de Martène).

On ignore les autres particularités de la vie de Pierre, qui, selon Pitton, se termina en 1113.

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