SAINT SIDOINE oo CHÉLIDOINE (l« siècle
Saint Sidoine que tous les historiens indiquent comme le successeur de saint Maximin , n'est autre, suivant la tradition de Provence, que cet aveugle-né, mendiant sur la voie publique et à qui Notre Seigneur rendit miraculeusement la vue. Sidoine
guéri de son infirmité devint un des disciples de Jésus , et pour abolir le souvenir de la merveille qui s'était accomplie en sa personne, les Scribes et les Pharisiens l'exposèrent sur la môme barque qui leur semblait vouer à un naufrage certain le Lazare , Maximin et les autres amis du Sauveur. Ses actions à Aix nous sont complètement inconnues, et Ton dit que son corps fut inhumé auprès de ceux de saint Maximin et de sainte Marie-Madeleine; la tradition donne pour disciples aux deux premiers évôques d'Aix , saint Biaise et saint Suffren que l'on ne connaît pas autrement, et dont les reliques reposaient à Saint-Maximin dans l'église de Sainte-Madeleine. La fête de saint Sidoine, dont plusieurs historiens placent le décès en 403, se célèbre dans le diocèse d'Aix le 23 août sous le rit double majeur, et plusieurs églises de Provence ont été dédiées en son honneur, non-seulelement près de la ville d'Aix , comme à Vauvenargues où il est patron du pays, mais encore au Puget, près de Toulon, à Château du Val, dans le territoire de Brignolles. Nous ferons observer que c'est également au 23 août qu'on trouve indiquée dans tous les Martyrologes, la fête de saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont.
Après saint Sidoine , Honoré Bouche (Cfwrographie de la Provence) place quatorze évéques 1 que nous rejetons , sans en excepter Triphérius qui assista au concile tenu à Turin le 22 septembre 401 ou 403, où Procule, évêque de Marseille, prétendit à la présidence avec la qualité de métropolitain , ce qui fut accordé à sa personne , mais non pas à son siège. Les évéques d'Arles et de Vienne s'y disputèrent aussi le titre de métropolitain , et le concile décida que celui des deux qui pourrait prouver que sa ville est métropole civile , jouirait des droits de métropolitain ecclésiastique. Mais au cas qu'ils ne voulussent pas entrer dans ces discussions , on leur laissa la liberté de partager le différend et on leur permit de s'attribuer les villes les plus voisines de leur siège avec le droit de visiter ces églises comme métropolitains. C'est le sujet du deuxième canon de ce concile. Il n'est nullement question de l'évêché d'Aix dans les actes de cette assemblée, et on ne saurait d'une manière authentique af-
1 Voici les noms de ces évéques : Just, — Agathias , — Menape , — Vindémial, — Secundin, — Vibien, — Astère, — Astroge , — Evage , — Candidien, — Hémide, — Austard, — Vindelic, — Elaphe ,'— Triphé rius. —
ARCII1DI0CÊSE D'AIX.
Armer que Triphérius occupait alors le siège de cette ville, puisque nous n'avons purement et simplement que les noms des évêques qui se trouvèrent au concile de Turin , sans qu'il y soit fait aucune mention de leur siège.
Il n'est certainement pas douteux , qu'au moins dans le siècle, Aix a eu des évêques, puisque toutes les villes qui l'avoisinent avaient déjà leurs Églises constituées ; mais ce serait se lancer dans un vaste champ hypothétique que de vouloir, sans la plus légère preuve, avancer des noms, et ne présenter aucun fait pour les appuyer. Dans le doute, il vaut mieux s'abstenir.