‹ La France pontificaleChapitre 44 sur 148 · ROBERT XX DE MAUVESIN oc D'ARRUFAT · texte numérisé non relu

ROBERT XX DE MAUVESIN oc D'ARRUFAT

Le nom de famille de ce prélat, parait, aux auteurs de la Qallia christidna , avoir été de Mauvesin, de Malo vicino et cette conjecture leur est suggérée par un document tiré de l'abbaye de Saint-André-lès-Avignon et en vertu duquel Robert , archevêque d'Aix, constitue le 15 février 1317, ou 1318, selon notre manière actuelle de compter, Isnard de Pontevez , prieur du, monastère de la Colle , et Guillaume de Mauvesin , son frère, chanoine de Lyon , administrateurs de Notre-Dame de Laure , près de Gignaç. Bajuze, au contraire , dans ses notes sur les vies des papes d'Avignon , le nomme Robert d'Arrufat , et assure qu'il fut d'abord archevêque de Salerne, et qu'il mourut en 1318 , puisqu'en cette année , on lui trouve un successeur sur le siège d'Aix. Robert pouvait bieu se nommer Robert d'Arru&t, et son frère , de Mauvesin , soit qu'ils fussent seulement frères utérins , soit que Guillaume eut pris ce nom de Mauvesin, d'une terre don* la seigneurie lui appartenait, sott enfin et préférablement que l'un et l'autre appartinssent à la famille des seigneurs de Mauve$in en Guyenne. Du reste, les mots son frère, placés après le nom de Guillaume de Mauvesin, peuvent parfaitement si$niQer que ce dernier était frère d'Isnard de Pontevez. Quoi qu'il en soit, nous sommes assez heureux pour donner sur cet archevêque des détails complètement inconnus aux auteurs de la Qallia christiana. Ils sont extraits des archives secrètes du Vatican (Cod. chart. lit, j. 22 , ann. 3, 6 et 8).

Robert naquit à Cahors d'une noble famille de Guyenne qui l'envoya terminer ses études à l'université de Bologne, où il se rendit fort savant dans les belles-lettres , les mathématiques et la théologie. Son mérite le fit remarquer de bonne heure. Pourvu d'abord de l'office de trésorier a la cour d'Avignon, il fut nommé le 14, octobre 1309 à i'arçbcvêché de Saler ne, par le pape Clément V, qui était lié a<vec plusieurs membres de sa fa-

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mille , et qui, pour le rapprocher de sa personne, le transféra le 6 août 1313 à l'archevêché d'Aix. Le souverain Pontife lui accorda une protection constante, mais son successeur Jean XXII lui fut moins favorable.

On trouve pour la première fois le nom de ce prélat en 1316, lorsque les consuls de Narbonne, au nom de toute la commune, appelèrent au Saint-Siège d'une sentence d'excommunication lan* cée contre cette ville par Raimond d'Agonez, prévôt de Maguelonne , subdélégué <'e Robert , archevêque d'Aix , conservateur des privilèges du siège apostolique. Raimond avait prononcé cette sentence contre les Narbonnais qui iraient entendre la messe des Frères-Mineurs , ou qui assisteraient àieurs sermons, ou qui communiqueraient avec eux de quelque manière que ce fût, car déjà ces religieux avaient été excommuniés par lui. Cette sentence était du 22 février 1316, et Jean Ameli, jurisconsulte distingué en avait relevé appel le 2 mars suivant. Robert prêta serment au roi Robert pour le temporel de son archevêché le 6 de ce môme mois en présence de Raimond de Robaud, évêque de Marseille , entre les mains de Richard de Gambatezza, chambellan du roi et sénéchal de Provence. Le 28 août 4317 , il adressa aux fidèles du diocèse un mandement pour les exhorter à contribuer par des aumônes et des offrandes aux réparations que nécessitait la toiture de l'église de Notre-Dame de la Seds.

L'archevêque Robert quand il étudiait à l'université de Bologne , avait donné dans les illusions de l'astrologie judiciaire; il croyait à la vertu des talismans et des caractères magiques, et joignait malheureusement à ce délire de la raison les égarements d'un cœur corrompu. On l'accusait d'entretenir publiquement des concubines, de vendre les bénéfices et les sacrements, de trafiquer des interdits qu'il lançait contre les églises sur les motifs les plus futiles et de mépriser les censures qu'il avait encourues pour avoir frappé l'archidiacre de sa cathédrale et quelques membres de son chapitre. On lui reprochait aussi d'avoir un jour de Jeudi-Saint , traversé la ville d'Aix, au son des instruments et précédé de danseurs et de baladins , d'aimer passionnément la chasse, de mener avec lui , lorsqu'il faisait la visite de son diocèse , des chasseurs , des chiens , des oiseaux , au grand préjudice des habitants et des paysans dont il dévastait les terres et les champs ; de donner le sacrement de confirmation après dîner, ou le soir a ïa lumière hors de l'égli?e, lors-

qu'il avait passé la journée à poursuivre les bêles fauves ; enfin, on l'accusait d'avoir pressuré ses diocésains et son clergé dans ses visites pastorales , et d'avoir souvent blasphémé Dieu , la sainte Vierge et 1rs Saints.

Le pape Jean XXII nomma des commissaires pour examiner ces divers griefs : l'archevêque d'Aix diminua l'horreur de quelques-uns par les interprétations qu'il donna, et nia les autres. Mais accablé par les dépositions des témoins dont quelques-unes furent faites en présence du roi Robert, comte de Provence, il prévint sa condamnation en abdiquant volontairement au mois d'août 1318. Depuis ce moment, l'histoire est muette sur son compte.

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