‹ La France pontificaleChapitre 50 sur 148 · ARNAUD II DE BERNARD DE PIRET (13W · texte numérisé non relu

ARNAUD II DE BERNARD DE PIRET (13W

Arnaud de Bernard de Pirefc, que Baluze croit être le môme qu'Arnaud Bernardi Peirarède, né à Montauban, est mentionné pour la première fois le 23 mars 1349 comme archevêque d'Aix. Il avait acheté une partie du mobilier de son prédécesseur et s'était engagé envers la Chambre apostolique à lui en payer le prix et à faire continuer les bâtiments de l'hôpital Saint-Michel. Malheureusement, il oublia ses promesses , et les consuls d'Aix, en leur qualité de recteurs de cet établissement se virent contraints, dans l'intérêt des pauvres , d'assigner le prélat. Arnaud fut condamné au paiement de la somme que l'on employa à l'achèvement de l'hôpital et du palais archiépiscopal, à raison de neuf sous la canne de maçonnerie, de deux sous l'hémine de plâtre, de 20 florins les 4000 tuiles et de 20 florins pour le bois.

Gomme Arnaud faisait à Avignon son séjour ordinaire, les actes publics d'Aix font très-peu mention de lui. On trouve qu'il acheta de Barlhélemi Grassi, a Yillencuve-lès- Avignon, une maison pour le paiement de laquelle il hypothéqua, en 1353, les revenus de Parchevéché. Il ne vint qu'une seule fois à Aix pour terminer quelques différends qui s'étaient élevés entre ses officiers et les officiers du roi dans la circonstance suivante.

A cette époque, la ville basse d'Aix était bâtie autour de l'église de Notre-Dame de la Seds, et la ville était divisée en trois

ARCHIDIOCÈSE D'àIX. 101

quartiers éloignés l'un de l'autre , séparés par des murailles et ayant chacun sa juridiction différente. Lorsque les archevêques quittèrent la vife basse dont le domaine leur appartenait , les habitants T'abandonnèrent également, et construisirent leurs maisons dans les environs du palais. Le prélat, pour empêcher la désertion de ses vassaux , ût défense de construire ailleurs , mais les officiers du comte de Provence ordonnèrent que nul n'eût à reconnaître les officiers de l'archevêque. Ils se rendirent même , accompagnés de gardes, en la ville basse, et firent, à son de trompe, publier leur arrêté en face de la maison d'un apothicaire juif, appelé Abraham Josse, près de la porte de Notre-Dame des Carmes. A cette nouvelle, Guillaume Figuière, viguier de l'archevêque, arriva sur les lieux et somma les officiers du roi et de la reine d'avoir à annuler leur ordonnance. Sur leur refus, Hugues Tholosan, licencié en droit, vicaire général et officiai de l'archevêque, excommunia le viguier Perceval de Ghampis et Jean de Siméon, juges royaux, ainsi que toute leur suite. Informé de cet attentat contre son autorité seigneuriale , Arnaud de Bernard vint en personne à Aix, et contraignit les officiers royaux à lui faire satisfaction. Ceux-ci, à genoux, implorèrent l'absolution et s'offrirent à faire au prélat toutes les excuses qu'il était en droit d'exiger d'eux. Touché de leur repentir, Arnaud, en présence de tous ses officiers, assemblés dans la grande salle du palais du roi, les releva de l'excommunication fulminée contre eux.

Pitton et divers autres historiens indiquent au lundi 23 juillet 1358, à Puy-Ricard, le décès d'Arnaud qui, disent-ils, fut enseveli en l'église métropolitaine de Saint-Sauveur, auprès d'Armand de Saint-Urcisse, son prédécesseur. Étienne Baluzc ne partage point cet avis. Arnaud de Bernard de Piret, n'est autre, suivant lui , qu'Arnaud Bernardi Peirarède, qui, nommé en 1358 patriarche d'Alexandrie, devint, deux ans après, administrateur perpétuel de l'évêché de Montauban , sa ville natale , et gouverna ce diocèse jusqu'à sa mort, arrivée en 1368. Quelle que soit l'autorité du nom de Baluze , son assertion nous semble fort douteuse , et, à notre avis, Arnaud de Bernard ou Bernardi était provençal.

Baluze a été mieux inspiré en retranchant du catalogue des archevêques d'Aix, Guillaume Lamy, noble limousin que le pape Clément VI fit successivement abbé de Saint-Victor de Marseille, évêque d'Apt en 1342, de Chartres, au mois d'octobre de la même année, patriarche de Jérusalem et administrateur de l'évêché de Fréjus en 1348, qui mourut à Montpellier, le 9 juin

1360, en odeur de sainteté , et fut inhumé dans la chapelle de Saint-Thomas, en la cathédrale de Limoges, où ses restes furent profanés par les vandales de 93. Jean Chenu est le premier qui ait indiqué le bienheureux Guillaume Lamy comme archevêque d'Aix , et son erreur vint d'une mauvaise copie du Nécrologe de

Saint-Sauveur, où il lut Guillelrnus Amici prius archiep.

Aq., episcopus Carnotensis au lieu de Guillelrnus Amici,

prius abb., ep. A pt., episcopus Carnotensis Claude Robert,

Pitton, et les frères de Sainte-Marthe n'ont fait que copier Chenu.

Sous l'épiscopat d'Arnaud de Bernard , Bertrand du Pouget, né en 1280 au château de ce nom, dans le diocèse de Cahors, était doyen d'Issigeac en Périgord, et chanoine de Saint-Sauveur d'Aix, lorsque le pape Jean XXII, lui donna, en 1316, la pourpre romaine et en 13191'évôché d'Ostie. C'est lui que le Pape envoya en Italie, muni des pouvoirs les plus étendus, à la tête d'une petite armée, levée dans le Quercy , leur patrie commune , et qui porta les premiers coups à Matthieu Visconti , dit le Grand , souverain du Milanais et regardé comme le chef du parti Gibelin. Bertrand du Pouget mourut â Avignon en 1361 et laissa une rente au chapitre de Saint-Sauveur pour son anniversaire.

Arnaud de Bernard portait pour armoiries : de gueules, à la bande d'or, chargée de trois étoiles de gueules ou bien, d'argent, à trois fasces d'asur.

Page 1