GÉRAUD ou GUIRAUD DE POUZILHAG (1S6S
Né au diocèse d'Uzès , au village dont il portait le nom, Géraud ou Guiraud de Pouzilhac avait fait ses études à l'Université de Montpellier, où il s'était lié avec Guillaume de Grimoard qui devait faire briller un jour, d'un éclat si pur, le nom d'Urbain V. Ce dernier, devenu pape , l'attacha à sa maison et lui donna, en décembre 1368, l'archevêché d'Aix, pour lequel , suivant le livre des obligations du Vatican, ou actes consistoriaux, Géraud promit , le 4 juin 1369, à la Chambre apostolique. Lorsque Urbain V se fut décidé, en avril 1370, à abandonner Rome, Géraud était avec lui, et au mois de juin suivant, il en reçut la mission d'aller en Hongrie, pour engager Louis, roi de ce pays, à secourir l'Église. Urbain lui donna de pleins pouvoirs pour conclure un traité avec ce prince en son nom , Géraud était en outre porteur de trois lettres , l'une pour la jeune reine , Élisabeth de Bosnie ; l'autre pour les grands du royaume , et la
troisième pour l'empereur Charles IV. Le Pape priait ces grands personnages d'oser de leur influence sur le roi pour le décider à venir au plus tôt en Italie et leur recommandait d'une manière toute spéciale l'archevêque d'Aix qu'il chargeait de ses affaires. Géraud de Pouzilhac était, quelques mois après , de retour de sa mission et rejoignait, en octobre, le souverain Pontife, aux derniers moments duquel il assista à Avignon , le 19 décembre de la môme année. L'église de Notre-Dame-des-Doms garda , pendant dix-huit mois, les restes mortels d'Urbain V ; mais le 1«* juin 1372 , le corps du Pontife fui exhumé en présence du cardinal Anglic de Grimoard , son frère , et de Géraud de Pouzilhac, qui , à la tète d'un grand nombre d'évôques et d'abbés , et d'une foule innombrable, l'accompagnèrent jusqu'à Marseille ens'arretant à Orgon, à Salon et au village des Pennes , puis assistèrent, le 5 du même mois, à ses funérailles solennelles dans l'abbaye de Saint- Victor.
Après te décès de son bienfaiteur, Géraud de Pouzilhac ne quitta guère son diocèse, où nous le voyons, le 22 juin 1377 , présent à la transaction qui fut faite pour transférer le couvent des Dominicaines de Notre-Dame-de-Nazareth , auprès de l'église de Saint-Sulpice , dans Aix même, du consentement <te Foulque d'Agoult , seigneur des vallées de Beillane, et de Luc , sénéchal des comtés de Provence et de Forcalquier. Cette translation était nécessaire pour éviter les désordres que commettaient certaines bandes de routiers gascons ou languedociens dans les environs d'Aix et de Marseille.
Géraud bénit une chapelle que le sénéchal Raimond d'Agoult, seigneur de Sault et de Trets avait fait bâtir dans le faubourg de Saint- Jean , à Aix , sous l'invocation de Notre-Dame-des- Anges , et il accorda quarante jours d'indulgence à tous les fidèles qui assisteraient au Salve hegina, chanté chaque samedi de l'année dans cette chapelle.
Le 8 mars 1378, Géraud se sentant malade, acheta quelques biens pour les donner à son Église pour son anniversaire , et mourut , le dimanche 23 mai suivant , dans son palais archiépiscopal. On l'inhuma dans l'église de Saint-Sauveur.
J)e son temps , on comptait parmi les chanoines de cette cathédrale, Nicolas de Brancas, frère de Buûle de Brancas, chef de la branche de ce nom qui s'établit en France. Archevêque de Gosenza, au royaume de Naples, il s'attacha au parti de Clément VII , qui le créa cardinal-prêtre du titre de Saint-Marc , le
ARCHIMOCÉSE B'AIX. H>7
18 décembre 1378, puis évéque d'Albano. Nicolas mourut le 4er juillet 1412 à Florence, eu laissant à l'église métropolitaine • d'Aix , une somme de 25 livres , et léguant des sommes considérables aux couvents des Dominicains d'Aix , de Saint-Ange de Naples et de Sainte-Croix d'Avignon. On l'inhuma dans ce dernier monastère, au milieu d'une chapelle qu'il avait fait bâtir.
On doit éliminer de la liste des archevêques d'Aix , François Tebaldeschi, cardinal de Sainte-Sabine, archidiacre de Saintsauveur, compté à tort par Pilton parmi les prélafcs qui ont gouverné cette Église.
Le Nécrologe d'Aix , sur le témoignage duquel certains auteurs s'appuient, ne fait point mention de son titre d'archevêque, mal6 bien de celui d'archidiacre. Voici les termes de ce registre : Mort du révérendissime seigneur François, cardinal, archidiacre d'Aix, et on paya en 1 379, pour son anniversaire, vingtcinq livres couronnées.