‹ La France pontificaleChapitre 57 sur 148 · AIMON DE NICOLAÏ (US2-1U · texte numérisé non relu

AIMON DE NICOLAÏ (US2-1U

Né à Aix, vers le milieu du XIVe siècle, d'une ancienne famille originaire de Saint-Andéol, dans le Vivarais, et qui compte parmi ses membres plusieurs personnages distingués dans la magistrature et dans l'Église, Aimon, Ammon ou Aimar de Nicolaï prit , dans sa jeunesse , l'habit de l'Ordre de Saint-Dominique et fut d'abord prieur du couvent des religieuses Dominicaines de Nazareth ou de Saint-Barthélemi à Aix. Son talent pour l'administration lui procura les premières charges de son institut, et deux fois il fut nommé provincial. C'est pendant l'exercice de ces fonctions qu'il mérita les bonnes grâces de l'anlipape Clément VIF, qui l'arracha à l'obscurité du cloître pour le placer dans les dignités de l'Église. Clément lui donna le siège épiscopal deSenez, en 1390. Benoît XIII, son successeur, le transféra, en 1397, à l'évôché d'Huesca en Aragon, et non point d'Ostie, comme l'ont écrit quelques historiens, et# après l'extinction du grand schisme d'Occident, le pape Martin V , par une bulle du 14 mars 1421 , le désigna pour succéder dans l'évéché de Saint-Pons de Tomières à GeoITroi de Pompadour, qu'il avait, au mois d'octobre précédent, transféré à l'Église de Carcassonne.

Aimon ne gouverna pas un an et demi l'Église de Saint-Pons de Tomières pour laquelle il ne paraît pas avoir fait beaucoup. Il échangea ce siège le 12 juin 1422, avec Guillaume, cardinal Fillâtre, et vint aussitôt prendre possession de l'église métropolitaine d'Aix, sa ville natale. Isabelle de Lorraine, femme du roi René, comte de Provence , instruite de son habileté dans le maniement des affaires, l'envoya à Naples pour y gérer en son nom, pendant la détention de son mari fait prisonnier, le 2 juillet 1431 , àBulgnôville, par Antoine de Yaudémont, son cousin, qui lui disputait la couronne de Lorraine. Les éloges qu'Aimo;i mérita en cette circonstance font honneur à ses lumières et à sa prudence dont il eut plus d'une fois l'occasion de faire connaître l'étendue.

De retour à Aix, lorsque le 14 février 1437 , le roi René recouvra pleinement sa liberté, Aimon, qui avait eu toute la con-

ARCHIDIOCÈSE DÀIX

fiance de Louis III d'Anjou , roi de Sicile et de Naples , mort le 4 novembre 1434, ne mérita pas moins celle de son frère et successeur. Ce prince sut reconnaître les services que le prélat lui avait rendus, et grâce à ses libéralités, l'archevêque d'Aix' put faire réparer l'église des Frères-Prêcheurs qu'avait fortement endommagée un tremblement de terre. Ce fut lui , qui, le jeudi 19 décembre 1436, reçut le roi René chanoine de Saint- Sauveur, et le serment qu'il prêta solennellement dans l'église métropolitaine , en présence d'un grand nombre de seigneurs , de sauvegarder et maintenir les droits, franchises et libertés de cette Église. Par une fausse interprétation de ces mots : Rex in manibus R. in Christo Patris et Domini Aquensis archiepiscopi, les Bénédictins ont attribué cette installation à Robert, successeur d'Aimon , dans l'archevêché d'Aix , et en ont conclu que ce dernier avait, dès cette année, donné la démission de son siège. L'initiale R. qu'on trouve dans le procès-verbal de cette cérémonie ne peut être expliquée ici que par le mot Rêver endi ou lieverendissimi , et ainsi que le constate l'épitaphe d'Aimon, ce prélat garda l'archevêché jusqu'à l'époque de sa mort, arrivée le samedi 15 juin 1443. On l'inhuma dans une chapelle qu'il avait fait construire en l'honneur de saint Mitre , dans son église métropolitaine , à laquelle il avait légué une somme assez considérable pour la confection d'une châsse destinée au chef de ce saint martyr d'Aix, et une très-belle custode pour le Saint-Sacrement.

Sur le marbre de son tombeau avait été gravée une épitaphe dont voici la traduction : Ammon Nicolaï, de l'Ordre des Frères- Prêcheur s , archevêque d'Aix, et auparavant évêque de Senez, d'Hucsca et de Saint-Pons de Tomières, année 1443. Le Nécrologe d'Aix parle de ce prélat dans les termes suivants :

« L'an 1443 et le 15 juin , mourut Monseigneur Aimon Nicolaï, par la miséricorde de Dieu, archevêque de la sainte Eglise d'Aix, qui a laissé une somme pour le repos de so?i âme et celle de ses parents , et pour le service de la chapelle quHl avait fondée derrière le grand autel de cette présente église en l'honneur du très-saint et très-glorieux martyr Mitre. Et le l$*jour du mois de mai 1464, le chef du dit saint Mitre fut extrait du tombeau , en présence de R. (évérend) Père en Dieu et seigneur Jean de Gothon, évêque de Fréjus , de deux seigneurs chanoines et des syndics de cette ville. »

Aimon de Nicolaï portait pour armoiries : d'azur, à la fasce

d'argent, accompagnée de trois étoiles d'or, 2 en chef, 4 en pointe.

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