ANTOINE D'IMBERT dit LE FILLEUL (15il
Né au Luc ou à Fréjus , et fils de Jean d'ïmbcrt, Antoine, docteur en droit civil et canonique, prit, dit-on , le nom de Filleul , en reconnaissance de l'archevêque son oncle et son bienfaiteur, mais Pitton conteste cette assertion et constate qu'Antoine portait le nom de Filleul quand il était vicaire à Saint-Pierre de Brignolles et lorsque le pape Clément VU lui adressa la bulle qui le nommait, en 1530, coaijuleur d'Aix. Aussitôt après son sacre, Antoine prit l'administration du diocèse, et le 8 août 1534, il fit la consécration solennelle de l'église de Saint-Sauveur achevée par* les libéralités d'Olivier de Pcnnart. François I*r lui écrivit de Montpellier le 17 janvier 1537, pour qu'il eût à mettre à exécution une bulle donnée par le souverain Pontife pour la réforme des monastères dominicains de Saint-Maximin^ de la Sainte-Baume et de Saint-Barthôlemi. Ce prince le pourvut aussi d'un office de conseiller-clerc au parlement d'Aix , mais les conseillers s'opposèrent à sa réception, dans la crainte que cette nomination formât un précé lent, et introduisit les archevêques d'Aix dans le parlement de Provence. Antoine dut, le 22 octobre de celte année, porter ses plaintes au chancelier de France à cet égard, et c'est d'une phrase de cette missive que nous concluons
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qu'Antoine était le neveu de Pierre le Filleul, son prédécesseur. * Monsieur le chànoine de Leone , [serviteur de Monseigneur mon oncle, y est-il dit, porte l'argent des décimes de ce diocèse, et pour ce que par luyy de bouche entendrez le tout , ne vous fâcherau par plus longue lettre. »
Antoine dTmbert prit possession de l'archevêché d'Aix comme titulaire le 28 août 1541 , et quelque temps après, exerça la charge de lieutenant de gouverneur de Provence. Le roi François I" ayant reçu la bulle du 19 novembre 1544, qui convoquait à Trente le concile générai, nomma aussitôt les ambassadeurs qui devaient y assister en son nom et invita les évéques à aller y représenter l'Église de France. Le cardinal Robert de Lcnoncourt, Antoine d'Imbert, archevêque d'Aix; Guillaume du Prat, évêque de Clermont; Robert Cenau, évêque d'Avranches; Claude delà tiuichc, évêque d'Agde, et Claude Dodieu, évêque de .Rennes, en reçurent même Tordre exprés. Des considérations politiques retinrent longtemps .les ambassadeurs, et les prélats différèrent leur départ jusqu'à ce que le souverain Pontife eût pu lever les difficultés qui s'opposaient à l'ouverture de rassemblée. Quatre d'entre eux n'attendirent pas ce résultat : l'archevêque d'Aix, les évêques de Clermont, d'Agde et de Rennes, arrivèrent à Trente au commencement du mois d'août 1545.
Dans les premières visites qu'ils rendirent aux légats du Saint- Siège, ils leur dirent que d'autres évêques ne tarderaient pas à se rendre aussi au concile, dès qu'ils en auraient appris l'ouverture, et que le roi n'attendait que cette circonstance pour y envoyer ses ambassadeurs; ils donnèrent d'ailleurs des témoignages non équivoques de leur zèle pour le bien général «de l'Église. Mais après plus d'un mois d'attente, le concile ne s'ouvrait point, et l'on ne pouvait pas même prévoir le jour où il commencerait enfin ses travaux : le roi écrivit donc aux évêques français de retourner dans leurs diocèses : cet ordre arriva à Trente , peu de jours après qu'on y eût connu la décision prise dans le consistoire du 6 novembre , fixant l'ouverture du concile au 13 décembre, troisième dimanche de l'Aven t. Cette décision1 faisait cesser les raisons qui avaient motivé le rappel de ces prélats , et Ton pouvait prévoir que le roi de France changerait sa détermination, quand il aurait été informé du jour de l'ouverture. Les légats présentèrent ces considérations aux prélatsfrançais pour les retenir. L'archevêque d'Aix s'y rendit et resta a Trente, l'évèque d'Agde alla attendre à Vérone de nouveaux
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ordres de son souverain ; mais l'évêque de Clermont retourna en France, et celui de Rennes ne tarda pas à le suivre. Ils n'y . étaient pas encore arrivés lorsqu'une nouvelle lettre de François I*s reçue a Trente le 12 décembre, ordonnait à ces évoques de considérer son premier ordre comme non avenu. L'évêque d'Agdc revint alors à Trente et prit part comme l'archevêque d'Aix aux travaux du concile; mais ce dernier était le seul des évêques français présent le lendemain à l'ouverture solennelle de l'assemblée.
La première session du concile eut lieu le 7 janvier 1516 ^ mais déjà dans la congrégation du 19 décembre, Antoine d'Imbert et Claude de la Guiche avaient prié les légats de ne rien trai- • ter d'essentiel avant l'arrivée des ambassadeurs du roi de France. Dans la première session, l'archevêque d'Aix et huit autres prélats demandèrent qu'au titre du concile, on ajoutât celui ^œcuménique et les mois : représentant l'Eglise universelle. La qualité ^œcuménique ne souffrit presque aucune difficulté; on l'adopla dans la suite et on l'accompagna même de celle de général. Mais les mots : représentant V Eglise universelle furent l'objet d'une dispute qui se renouvela souvent dans la suite. €hef de la commission chargée de recueillir les abus qui s'étaient glissés dans l'usage de l'Ecriture sainte, Antoine d'Irabert exposa, au nom de ses collègues, dans la congrégation du 17 mars, la marche qu'ils avaient suivie dans l'accomplissement de leur mission, l'attention et le soin qu'ils avaient apportés et le résultat de leur examen. Dans la cinquième session tenue le 17 juin, où le saint concile déclara que dans son décret sur le péché originel, son intention n'était point de comprendre la bienheureuse et Immaculée Vierge Marie, mère de Dieu , mais <ju'il entendait qu'on observât sur ce sujet, sous les peines qui y sont portées et qu'il renouvelait les constitutions du pape Sixte IV, l'archevêque d'Aix Tépondit par écrit : « Le décret me plaît, pourvu que dans l'article relatif à l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge, on ajoute qu'on impose silence , afin que désormais personne n'ose prêcher contre elle. » Dans la sixième session (13 janvier 1547), le cardinal del Monte, l'un de3 légats, nomma Antoine d'Imbert pour procéder contre les prélats qu'aucune raison légitime retenait loin du concile. En mars suivant, lorsque la translation du concile fut décrétée, l'archevêque d'Aix quitta Trente avec l'évêque d'Agde pour aller -à Ferrare, attendre de nouveaux ordres de la part du roi de
France. Ils. ne vinrent à Bologne que le 9 septembre 1547, mais depuis ce moment, les actes du concile sont muets sur Antoine d'Imbert, qui souffrait déjà de douleurs rhumatismales.
Ces infirmités le conduisirent au tombeau, le mardi 2 décembre 1550. On doit regretter que la mort Tait empêché de publier les actes des premières sessions du concile, dont il avait recueilli tous les détails. Comme son prédécesseur, il avait été chancelier de l'Université d'Aix.
Antoine d'Imbert portait pour armoiries : Ecartelé, au l«r et au 4e d'azur à l'arbre d'or, au chef de nuées d'où tombent des gouttes d'eau sur l'azur, qui est Imbert ; au 2e et au 3e, d'azur à la bande d'or, accostée de deux glands de même , qui est le Filleul.