PARISIIS SACRA DOCTOR THEOLOGIE
CLARVIT ECCLESI£ QUI CANCELLARIUS, ANNO MILLENO DOMINI CBNTUM QUATER ATQUE VICENO NONO, LUCE PETIT SUPEROS JULII DUO DE NO.
Un petit tombeau renferme Jean Gerson , grand par ses vertus , élevé par ses talents. II fut docteur en théologie, chancelier illustre de l'Église de Paris , et mourut le 42 juillet de l'an du Seigneur 4429.
En 4793 , l'église Saint-Laurent fut détruite, et le mausolée de Gerson disparut. Toutefois , au mois de mars 4842 , M. Dunod, architecte de Lyon , retrouva le lieu où avait été enseveli l'auteur présumé de l' Imitation de Jésus- Christ. A l'aide des renseignements donnés par M. l'abbé Gattet, curé de Saint-Paul, et d'un ancien plan de l'église Saint-Laurent, il dirigea ses recherches avec assez de bonheur pour pratiquer les fouilles précisément au-dessus de la voûte du caveau. On y trouva quelques ossements et des débris de cercueil Au mur du fond, une portion de maçonnerie plus récente que le reste indiquait l'endroit par lequel , en 4643, le cardinal Alphonse- Louis de Richelieu avait pénétré dans 1» caveau.
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son diocèse, il se vil obligé de le quitter deux fois encore, dans deux occasions importantes et indispensables, où il s'agissait de l'intérêt général de l'Église : Tune, pour aller à Rome assister au conclave qui posa la tiare sur la téte d'Innocent X, le 15 septembre 1644; et l'autre , pour présider l'année suivante à Paris, à l'assemblée générale du clergé de France. Dans ces circonstances, il eut pour vicaires généraux Thomas de Meschatin de la Faye, chamarier et comte de Lyon; Hector de Crémeaux, doyen de la même Église, et enOn Jean-Claude de Ville, chanoine de Saint-Paul de Lyon.
Le cardinal de Richelieu suivit l'exemple du cardinal de Marquemont pour rétablissement de plusieurs monastères, églises et communautés religieuses, soit dans la ville, soit dans le diocèse de Lyon. Secondant la piété de Jacques Mitte de Chevrières, marquis de Saint-Chamond , il permit, le 6 septembre I629, la fondation d'un second monastère des Annonciades célestes sur la • colline de Saint-Sébastien; il autorisa, le 22 octobre 1630, celle d'un monastère de Cordeliers conventuels à Saint-Gai mier; le 14 janvier 1631, celle d'un monastère de religieuses Ursulines à Roanne; et le 26 octobre 1631, confirma la fondation de l'église collégiale de Saint-Amour en Bourgogne. Le nombre des religieuses du premier monastère des Ursulines, à Lyon, se trouvant très-considérable, le cardinal permit le Ie* février 1633 la fondation d'une seconde maison auprès de Saint-Just, et, le 25 mars suivant, il autorisa l'établissement d'une maison des sœurs de la Visitation à Saint-Amour. Le 16 mars 1634, des religieuses Ursulines ouvrirent un monastère a Chàtillon-lez-Dombes, elle 28 avril suivant, un couvent de religieuses de Sainte-Elisabeth fut créé aussi à Lyon. Le 30 septembre 1634, il approuva la fondation à Saint-Chamond d'une église collégiale pour douze chanoines, faite sous le vocable de Saint-Jean-Baptisle, parMelchior Mitte de Chevrières, marquis de Saint-Chamond y qui, ainsi qu'il résulte des actes de la fondation des 9 et 10 octobre de cette année, non-seulement éleva l'égli3e a ses frais, mais encore l'enrichit de reliques et de divers biens. Un monastère de religieuses Ursulines s'établit le 21 février 1635 à Saint-Symphorienlc-Chàleau, et, avec son autorisation, les religieuses bénédictines du prieuré de Blye en Bugcy, vinrent se fixer à Lyon, place de Bellecour. Le 9 avril 1637, les religieuses Annonciades quittèrent Saint- Amour pour Lyon, les religieuses de Sainte-Catherine de Sienne s'établirent le 23 septembre 1638 à Saint-Etienne
en Forez, et le 1er juin de la môme année, un monastère d'Ursulines fut fondé à Trévoux. Un troisième monastère de la Visitation de Sainte-Marie fut établi, le 6 mai 1640, à Lyon, pat Antoinette Cuinet de Montvert , de Lagnieu en Bugey, et comme celte communauté était située sur le quai de Serin , près des chaînes tendues sur la Saône, on l'appela la Visitation de Sainte- Marie des Chaînes. En 1641, les Bernardines établies d'abord rue du Garet, près de rHôtcl-de-Ville, transférèrent leur communauté près de la porle de la Croix-Rousse. Le 8 octobre 1650, des religieuses de Notre-Dame s'établirent a Nanlua; le 11 avril 1651, fut ouverte à Lyon une nouvelle maison d'Ursulines et des maisons du môme ordre s'établirent à la môme époque à Saint- Galmier et à Monlbrison.
Le cardinal de Lyon, qui, en 1640, avait obtenu en commende l'abbaye de Saint- Victor de Marseille, reçut, par bulles du 1er août 16 13, l'abbaye de la Chaise-Dieu, au diocèse de Clermont. Il racheta la seigneurie de Chasselay, archiprètrô d'Anse, qui avait appartenu autrefois a l'archevêché de Lyon , et donna à l'église primatiale de riches ornements dont on se servit longtemps dans les jours de grande solennité. Enfin , souffrant depuis longtemps d'une hy lropisie, il voulut veiller avec plus d'attention à son salut étemel , et pourvoir à l'administration de son diocèse. Il fit son testament , où furent inscrites un grand nombre de bonnes œuvres, et après avoir reçu avec autant de piété que de résignation les sacrements de l'Eglise, il mourut, le dimanche 23 mars 1653, à l'âge de soixante et onze ans , et voulut être inhumé dans l'hôpital des pauvres de la Charité, auquel il avait donné de grands biens. Sur son tombeau fut gravée par ses ordres l'épitaphe suivante, qu'il avait composée et qu'une humilité profonde paraît lui avoir dictée :
« Pauper îiatus sum, paupertatem vovi, pauper morior, inter pauperes sepeliri volo. Je suis né pauvre, j'ai fait vœu de pauvreté , je meurs pauvre et veux être iuhumé au milieu des pauvres. •
Le chapitre de Lyon voulut toutefois avoir le cœur du prélat, qui fut solennellement déposé dans l'église primatiale, en la chapelle de Bourbon, où l'on plaça une .épitaphe. La Gallia christiana cite une épitaphe latine qui fut faite pour le cardinal de Lyon, toute pleine d'antithèses prétentieuses, qui perdraient beaucoup de leur force dans une traduction française, nous ne la donnerons point ici.
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Alphonse-Louis de Richelieu, cardinal de Lyon « était, dit Dreux du Radier, un génie plus sombre que brillant, plus solide qu'agréable, il écrivait assez bien et parlait fort mal. Jamais il ne put faire un seul vers latin. De tous les poètes, il n'aimait que Lucain , savait Sénèque par cœur et en avait fait de longs extraits. » Quelques historiens lui ont reproché d'avoir trop docilement embrassé les ressentiments de son frère le ministre. Lorsque la malheureuse duchesse de Montmorency passa par Lyon après l'exécution de son mari , elle désira chercher des consolations auprès de sainte Françoise de Chantai, fondatrice de l'Ordre de la Visitation : l'archevêque ne voulut pas absolument le lui permettre. Souvent aussi il regretta la tranquillité dont il avait joui au fond du cloître: «Peut-être, disait-il dans sa dernière maladie à l'abbé de Pontchàleau , vaudrait-il mieux que je mourusse sur la couche de dom Alphonse que sur le lit magnifique de l'archevêque de Lyon. » On a de lui quelques Lettres à son frère Armand , insérées dans le Conservateur (mai 1 755), et la Bibliothèque impériale possède un Recueil in-folio de ses Lettres à Louis XIII et aux plus illustres personnages de la cour. C'est à lui et à son frère Armand que Pierre Frizon , docteur en théologie de Paris et grand-maître du collège de Navarre , dédia en 1638 la 2« édition de sa Gallia purpurata à laquelle il venait d'ajouter l'histoire des grands-aumôniers. # L'abbé de Pure a publié la vie du cardinal de Lyon sous ce litre : Vila Alphonsi-Ludovici Piessxi Richelii, presbyteri cardinalis , archiepiscopi Lugdunensis , auctore Michaele de Pure, presbytero, Parisiis, Vitré, 1653, in-12. On doit a Marc-Antoine • Péricaud : Notice historique sur Alphonse- Louis du Plessis de ■ Richelieu, archevêque de Lyon sous Louis XIII et Louis XIV, . suivie d'une Relation de la peste de Lyon en 1638 et 1639, Lyon, Barret, 1829, in-8\ Son portrait, qui fait aussi partie du Recueil de Moncornet , a été gravé par Mellan, à Rome , in-folio.
Les armoiries du cardinal de Richelieu étaient : d'argent, à trois chevrons de gueules.