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JACQUES RAILLON

Jacques Raillon, fils de Pierre Raillon, marchand, et de Marie Pollosson, naquit, le 17 juillet 1762, à Bourgoin , petite ville du Dauphiné , aujourd'hui département de l'Isère. Par son père il descendait d'une famille protestaute de Chabeuil (Drôme) qui fut ruinée par la révocation de J'édit de Nantes, et forcée de s'expatrier. Son arrière-grand-père avait été le premier magistrat de Chabeuil. Par sa mère , il appartenait à une famille de Bourgoin, qui tenait héréditairement l'intendance du château de Maubec pour les princes de la maison de Lorraine. Il étudia d'abord à Bourgoin , où se trouvait un petit collège. Certains biographes ont avancé qu'il avait terminé ses classes à Lyon, chez les Jésuites ; la moindre connaissance de l'histoire du dernier siècle aurait fait éviter cette méprise : la Compagnie de Jésus avait été supprimée en France l'année môme où M. Raillon était venu au monde. Il reçut de bonne heure la tonsure des mains de M. Lefranc de Pompignan, archevêque de Vienne, qui lui avait aussi donné la confirmation ; mais il ne resta point dans ce diocèse. M. de Mercy, évôque de Luçon, son compatriote et ami de sa famille, l'attira auprès de lui. M. l'abbé de Fresne, abbé commendataire de Fontenelle , en ce diocèse , et vicaire général de ce prélat, dirigea, dans la carrière ecclésiastique , les pas du jeune Raillon, qui entra au grand séminaire en 1779, et lit avec succès sa théologie.

Une fois ses études terminées, comme il était loin d'avoir l'âge requis pour être admis dans les ordres sacrés, M. de Mercy lui confia la chaire de rhétorique au petit séminaire. Il l'occupa plusieurs années , montrantes lors ce goût de la bonne littérature dont il a fait preuve dans ses écrits. Aussitôt qu'il eut été ordonné prêtre, l'abbé Raillou fut nommé à la cure de Montaigu , paroisse importante et religieuse , et tous ses paroissiens, depuis les vieillards jusqu'aux plus petits enfants, le chérirent bientôt comme un ami et un père. La porte du presbytère était constamment ouverte pour les pauvres : ceux qui avaient besoin de conseils ne cherchaient point des procureurs et des officiers de justice ; on n'avait affaire qu'à M, le curé, nul en effet ne pensait être plus savant que lui. La révolution chassa le vertueux pasteur de sa cure, car la constitution civile du clergé et le serment qu'elle prescrivait répugnèrent à sa conscience.

Après avoir essayé pendant quelque temps , de rester dans sa paroisse , il fut obligé de l'abandonner : un curé intrus l'avait remplacé au presbytère. Diverses circonstances le forcèrent de se retirer à Paris, où son évôque, M«rde Mercy, l'avait déjà devancé. Il y prit la défense des prêtres insermentés dans une brochure écrite avec autant de pureté de principes que de modération, et intitulée : Appel au peuple catholique, 1791 , in-8°. Il était sur le point de publier un autre écrit, traitant aussi des droits de l'Église , mais contraint par la gravité des événements, de quitter la capitale et de s'expatrier, il en perdit le manuscrit pendant son émigration.

L'abbé Raillon alla joindre d'abord M«r de Mercy, à Soleure, puis, à l'aide de quelques ressources que lui firent passer quelques-uns de ses paroissiens de Montaigu , il put se retirer à Venise , où il résida pendant dix années , tandis que VLr de Mercy se fixa à Florence. Il parlait avec intérêt de Venise et des relations qu'il y avait eues avec des littérateurs et d'autres hommes distingués. Lui-même cultivait la littérature , et c'est en cette ville qu'il composa un recueil d'Idylles pastorales , à la manière de Gessner. Il le publia plus tard sous le titre Idylles , 1803, in-8° , avec une épître dédicatoire au citoyen Cambacérès, second consul de la république , et son épigraphe , Ruris amor, reverentia justi , annonçait parfaitement l'intention qui avait inspiré ces poésies. L'élégance et la facilité du style, et surtout l'excellence de la morale , firent adopter plus tard ce recueil pour les bibliothèques des lycées de France. L'abbé Raillon

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composa encore , pendant son séjour en Italie , divers autres ouvrages littéraires, notamment un poème en prose, intitulé le Temple de l'amitié, et leur succès lui procura des moyens d'existence jusqu'à l'époque de sa rentrée en France , presque immédiatement après la conclusion du Concordat.

Nommé à cette époque, â l'archevêché de Bourges, M«* de Mercy se proposait d'attacher l'abbé Raillon à son diocèse comme grand-vicaire, et en quelque sorte comme coadju leur officieux, mais M. Portalis, chargé de la direction des cultes, pria ce prélat de le lui céder pour faire l'éducation de son fils Marius. M. de Mercy vit, dans cette proposition, le gage d'un avenir brillant pour l'abbé Raillon , ;et l'Église lui paraissait même devoir en obtenir de grands avantages; aussi acquiesça-t-il aux désirs de M. Portalis.

En 1803, Son Éminence le cardinal de Belloy, archevêque de Paris, le nomma chanoine honoraire de Notre-Dame, et, en 1806, le pourvut d'un canonicat titulaire. Lorsqu'en 1809, un décret impérial organisa la Faculté de théologie de Paris , il fût nommé professeur suppléant de la chaire d'éloquence sacrée , dont le professeur titulaire devait être l'abbé Gallard, docteur de Sorbonne, oncle de Gallard, mort en 1839, archevêque d'Anazarbe et coadjuteur de Reims. Cet ecclésiastique, ayant refusé , M. Raillon devint professeur titulaire. Il jouissait , de plus , d'une pension de 3,000 francs qui lui avait été donnée par M. Français, de Nantes, directeur général des droits-réunis. C'était une sinécure , et M. Français gratifiait plusieurs gens de lettres de semblables faveurs.

En 1809, l'abbé Raillon prononça successivement quelques discours dans des cérémonies d'apparat; l'oraison funèbre du comte Fleuriau; celle du maréchal Lannes, tué à Essling, le 31 mai de cette année; un petit discours aux obsèques du comte Cretet de Champmol, ministre de l'intérieur, qui était mort trèschrétiennement ; et le 15 août , le discours pour la solennité de 'anniversaire de la naissance de Napoléon, en présence du prince archi-chancelier de l'Empire. Ces discours avaient mis l'orateur en évidence. La mort de M. Claude-Louis Rousseau ayant laissé vacant le siège épiscopal d'Orléans, l'abbé Raillon, par un décret impérial du 21 octobre 1810 , fut appelé à lui succéder. Peut-être dans les circonstances où se trouvait alors l'Église , une prudence même seulement humaine eût-elle conseillé de refuser. M. Raillon allait abandonner une existence fort

agréable à Paris, et trois places pour un poste qui n'était pas sans péril : car les circonstances ne permettaient guère d'espérer qu'il obtint ses bulles. Le pape était prisonnier à Savone, et les cardinaux dispersés et en exil. Cependant M. Raillon se rendit à Orléans. MM. les abbés Borros de Gamanson et Mérault, vicaires généraux officiels, et MM. de Blanbisson, Demadières, Métivier, Barbazan , Fauvel et Jourdan vicaires généraux nommés par le chapitre, adressèrent aux fidèles du diocèse d'Orléans, le 10 décembre 1810, une lettre circulaire que son importance nous fait un devoir de transcrire ici dans toute sa teneur :

« Nos larmes coulaient encore, N. T.-C. F., pour la perte d'un prélat toujours cher à nos cœurs , lorsque notre auguste Souverain s'est empressé d'adoucir notre juste et profonde douleur, et a nommé à l'évèché d'Orléans M. Jacques Raillon , chanoine de l'illustre Eglise de Paris. Nous nous empressons également de vous annoncer les pouvoirs qui ont été conférés par le chapitre, à celui que la divine Providence appelle à gouverner ce vaste diocèse.

» Vous le remarquerez, N. T.-C. F., c'est un orateur célèbre qui succède à l'orateur des rois, et la bonté remplacera la bonté. Un sage formé par l'Évangile , dans ce saint repos dont parle s tint Augustin , ouvrait son cœur aux douces impressions de la vérité , il se nourrissait , dans la retraite , d'idées douces et vertueuses ; il faisait ses plus chères délices de l'étude des Saintes Écritures : il est tout à coup enlevé à ce calme religieux , pour être appelé aux nobles , mais pénibles travaux du gouvernement des âmes.

» Je n'avais point ambitionné, nous écrit-il (5 novembre 4810), les honneurs de l'épiscopat : l'Apôtre et les saints Pères ne m'avaient appris qu'à en redouter le poids ; et je puis dire avec vérité de cette honorable mission , ce qu'un saint Pape disait en parlant du souverain pontificat : Cette grande charge est venue à moi , je ne suis point allé à elle.

» Ainsi revivent les temps anciens. On redoute le dangereux avantage de devenir pasteur ; mais on ne fait pas comme Jonas ; on se pénètre du sentiment de sa faiblesse, on attend tout de Dieu, et on se soumet. Et ex corde débet fugere, et invitas obedire.

» Les grands intérêts de la religion , N. T.-C. F., le bien de l'État que la religion sert si utilement , le besoin des peuples, faisaient désirer depuis longtemps que les èoêques nommés par Sa Majesté , dans une sainte impatience de connaitre le troupeau qui devait leur être confié, n'attendissent pas l'institution canonique pour se rendre dans leur diocèse.

» Son Excellence le ministre des cultes écrivait à M. Raillon (21 novembre 1810) :

a Si vous n'êtes pas encore investi de l'autorité spirituelle épiscopale, vos lumières et vos vertus n'en serviront pas moins d'exemple et de

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guide pour les peuples. Les pouvoirs que les chapitres ont l'autorité de conférer, ont toujours été transmis en pareil cas, avec empressement. »

v Combien, en effet , il était dans le cœur de tous les membres du chapitre, d'investir de ces pouvoirs, celui que le choix de Dieu a destiné pour être à la tête de cette Église, celui que tous les vœux appellent dans le diocèse ! Aussi , par une délibération unanime : M. Jacques Raillon a été nommé administrateur capitulaire , le siège vacant.

» Il entre donc dans cette succession vénérable , dans cette chaîne qui de siècles en siècles, de pontifes en pontifes , remonte sans interruption jusqu'à la chaire de saint Pierre, jusqu'à Jésus-Christ môme. Car vous ne pouvez 'ignorer, N. T.-C. F., que, selon le saint concile de Trente (session 24 , chap. 46) , les chapitres de toutes les cathédrales sont dépositaires de tous les pouvoirs de l'épiscopat, qui ne sont pas attachés exclusivement à celui de l'Ordre , et ils doivent , le siège vacant , les faire exercer par celui ou ceux à qui ils les confèrent. En effet , les sou* verains Pontifes sont dans l'usage d'adresser leurs brefs aux vicaires capitulaires, ainsi qu'à nos seigneurs les archevêques et évôques.

» Vous vous empresserez donc, N. T.-C. F., de reconnaître comme ayant droit à la soumission des fidèles celui à qui le chapitre a plus particulièrement transmis tous ses pouvoirs et qui réunit tant de titres à notre respect , à notre tendre vénération. Quelle brillante réputation le précède 1 Déjà il est connu parmi vous par des écrits dictés par l'amour de la vertu, et qui réunissent, ce qui est si rare dans notre siècle, le double charme de la pureté de la morale et de celle du style.

» Ce qui nous le rend encore plus cher, c'est l'amour de prédilection qu'il porte à l'Épouse spirituelle qui lui est destinée et qu'il exprime avec cet abandon et cet épanchement de cœur où se reconnaît le langage du sentiment. « Je bénis Dieu qui m'ouvre une nouvelle carrière , de m'avoir destiné le diocèse d'Orléans , de préférence à tout autre. Je sais qu'il y règne le meilleur esprit, soit dans les pasteurs , soit dans le troupeau. »

» Ah 1 que celui qui a pris tant de part à une perte qui lui est devenue commune avec nous , partage avec son respectable prédécesseur la place que celui-ci ne perdra jamais dans nos cœurs. « Personne , nous écrivaitil , ne sent plus vivement que moi combien monseigneur votre dernier évéque était digne de vos regrets. A la première nouvelle de sa mort , j'ai mêlé mes larmes aux vôtres , sans songer en aucune manière que je dusse être appelé à lui succéder. Ce vénérable prélat m'honorait depuis longtemps d'une bienveillance toute particulière , je puis dire aussi de quelque estime. J'ai perdu en lui un ami comme vous un père. »

» Que le pasteur et l'évêque de nos âmes , que Jésus-Christ daigne accorder au chef de l'administration diocésaine, au premier ouvrier dans la vigne du Seigneur, ces grâces de lumière et de force nécessaires pour remplir ses augustes fonctions. Sous peu de jours , d'après l'invitation de Sa Majesté, nos pressantes sollicitations et ses propres désirs, il fixera sa résidence dans la capitale du diocèse. Puisse la ferveur de vos prières

hâter l'heureux moment où , en recevant l'onction sainte et la plénitude du sacerdoce, il sera consacré pontife de la loi nouvelle 1

» Et sera notre présente lettre circulaire lue et publiée aux prônes de toutes les messes paroissiales du diocèse le dimanche qui suivra immédiatement sa réception.

« A Orléans , ce 40 décembre 1810. »

L'entrée de M. Raillon dans le diocèse d'Orléans fut universellement bénie, et son administration dans laquelle il fut dignement secondé par M. Mérault, supérieur du séminaire et vicaire général , ne souffrit aucune difficulté jusqu'aux premiers mois de la Restauration. Dès le début, il Ût voir combien son âme était douce , quelle prudence et quelle charité paternelles régleraient son administration; il fut souverainement et selon son habitude, .estimé, respecté, vénéré, aimé , et aucune voix discordante ne vint se mêler aux hommages qui l'environnaient. Nulle réclamation ne s'éleva contre la validité ou même la licité de ses actes.

M. Raillon assista au concile national de 1811, comme les autres évôques nommés, et ne s'y fit point remarquer. Le 24 mars de cette année , il avait publié un mandement, ordonnant qu'un Te Deurn serait chanté en actions de grâces de la naissance du Prince Impérial; par un autre mandement, il célébra le nouveau Concordat conclu à Fontainebleau, le 25 janvier 1813, et un an après , le 18 janvier 1814, il réclamait les prières des iidèles pour la prospérité et le succès des armes de la France, dans la campagne entreprise sur le territoire môme de l'Empire. Le 20 mai 1814, parut un nouveau mandement portant que le Te Deum sera chanté en actions de grâces pour l'heureuse arrivée de Sa Majesté le roi Louis XVIII, dans la capitale de ses États. Tous ces mandements portaient la seule signature J. Raillon. Mais le 24 mai de cette dernière année , une lettre enjoignant à MM. les curés de célébrer un service solennel pour Leurs Majestés le roi Louis XVI, le roi Louis XVII, la reine , Marie-Antoinette et Son Altesse Royale Madame Elisabeth, est signée Raillon , vicaire général capitulaire, etc., le siège vacant. Enfin M. Raillon publia le 5 juillet suivant, un mandement pour la paix conclue le 30 mai, entre S. M. le roi Louis XVIII et les souverains coalisés.

Déjà , à cette époque et bien que l'évêque nommé d'Orléans eût protesté de sa soumission au nouvel ordre de choses , une opposition assez viye s'était manifestée contre lui , et un certain nombre de membres du clergé du diocèse pensèrent que le pré-

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lat devait renoncer à sa nomination. Il parut sur ce sujet une lettre des chanoines honoraires résidant à Blois. Une réunion de plus de quarante ecclésiastiques eut lieu à Orléans, le 25 juillet 4814, et voici les conclusions qui y furent prises , et qu'on présenta à M. Raillon et aux vicaires généraux :

« Les ecclésiastiques, chanoines, curés et vicaires soussignés, considérant qu'ils ont en vain manifesté jusqu'ici de vive voix les doutes que l'on peut former sur la validité des pouvoirs donnés à M. Raillon , nommé à Tévêché d'Orléans , et que ces doutes prennent chaque jour un caractère grave , se sont déterminés à exprimer leurs vœux par écrit.

» Au nom de la religion et de la paix toujours précieuses à l'Église d'Orléans , ils conjurent M. Raillon de s'ahstenir désormais de tout acte de juridiction , et le prient de laisser à MM. les vicaires généraux le soin de signer tous les pouvoirs et dispenses pour le gouvernement du diocèse. »

Le chapitre ne prit aucune part à cette démarche, et quatre jours après , les vicaires généraux répondirent à l'écrit par la délibération suivante :

« Aujourd'hui, 29 juillet 4844, les vicaires généraux capitulai res se sont assemblés chez M. Barbazan , curé de Saint-Paul , l'un d'entre eux , pour délibérer sur une demande présentée auxdits vicaires généraux par ■quelques membres du clergé de la ville , dans laquelle ils exposent des inquiétudes sur la validité des pouvoirs conférés par le Chapitre à M. Raillon.

Le Conseil s'est fait un devoir d'examiner la question , et avant de prendre une délibération, il a imploré les lumières de l'Esprit-Saint, la discussion s'est ouverte , et elle a amené le résultat suivant :

Les vicaires généraux considérant :

40 Que'ces doutes sur la validité des pouvoirs de M. Raillon , remonte, d'après l'aveu des exposants, à une époque éloignée, il faut dès-lors, ou que ces doutes ne leur aient pas paru graves , puisqu'ils ont imposé silence à leur conscience pendant un si long temps, ou , ce qui étonnerait , que cette conscience comprimée par la crainte ne se soit éveillée que hors du danger ;

2o Qu'après la mort de M. Rousseau , de respectable mémoire , M. Raillon ayant été nommé à l'évécbé d'Orléans, ce fut librement, à l'unanimité, sans nulle réclamation , et môme avec le sentiment de la satisfaction la plus vive pour un tel choix que le Chapitre lui a conféré le pouvoir qu'il a exercé depuis ;

3° Que le Chapitre, en qui réside la juridiction épiscopale pendant la vacance du siège, n'a fait que suivre ce qui s'était pratiqué en France , k diverses époques, et notamment sous le règne de Henri IV et de

Louis XIV, sous les yeux du grand Bossuet, dans ce siècle un des plus éclairés de la monarchie, et où tous les abus et toutes les erreurs trouvaient de si redoutables adversaires , et qu'à aucune de ces époques , il n'est intervenu , de la part du souverain Pontife ou d'aucune des assemblées du clergé de France , de jugement qui ait déclaré de tels actes capitulaires contraires aux règles de l'Eglise , ou ces pouvoirs donnés par les Chapitres invalides , et les actes qui en étaient émanés nuls ;

40 Que , sous le même Louis XIV, tous les ecclésiastiques , évéques , prêtres, nommés à des sièges vacants, assistèrent au nom de leurs provinces aux assemblées du clergé de 4685,4688 et 4690, et que, môme dans cette dernière , ils formèrent la majorité des députations {Procès-verbaux du Clergé, tome V) ;

5° Que Pie VII, si zélé pour la conservation des règles ecclésiastiques, dans ses Brefs , même relativement aux archevêques nommés de Parts et de Florence , dont la position comme quittant un premier siège était bien moins favorable que celle de M. Raillon , n'a pas prononcé l'invalidité des pouvoirs qui avaient été donnés à ces prélats par les Chapitres des nouveaux sièges qu'ils devaient remplir;

60 Qu'il ne faut pas fermer son opinion d'après les bruits populaires , des ouvrages sans autorité où les faits sont altérés dans leurs principales circonstances , comme nous en avons la preuve sur ceux qui nous sont connus , et comme le prouve M. l'évéque de Plaisance , qui a désavoué publiquement et en appelle au témoignage du Pape même , la conversation qu'on lui faisait tenir avec Sa Sainteté ; il est aussi des ouvrages sans nom d'auteur, d'une authenticité trop faiblement connue , ou composés dans des principes qui ne furent jamais ceux de l'Église gallicane ;

7° Qu'il est de notoriété publique que Pie VII, Pontife d'un courage aussi intrépide qu'il est sage, et que nulle vue humaine ne fit jamais agir, avait donné des bulles d'institution canonique pour les prêtres nommés évêques, comme M. Raillon , investis de la même juridiction et l'ayant exercée comme lui , bulles que le Gouvernement a retenues ;

80 Que, dans le concile de Paris en 4844 , composé de prélats qui ont si généreusement défendu les droits du Saint-Siège et de l'épiscopat, concile où se trouvèrent des cardinaux et des évéques d'Italie , et qui a fini par s'attirer l'admiration de toute la terre par son courage à résister à des innovations funestes , on admit tous les évéques nommés , sans qu'aucun des cardinaux ou des évêques français ou étrangers ait témoigné le moindre doute au sujet de la validité de leurs pouvoirs , et que le concile qui résistait avec tant de fermeté au projet de faire donner l'institution par le métropolitain , n'a pas émis un mot de doute sur la juridiction que ces évêques nommés avaient reçue des Chapitres ;

90 Que l'exemple récent de quelques Chapitres qui ont révoqué les pouvoirs qu'ils avaient accordés à des prêtres nommés à des évèchés ne peut servir de règle, attendu que des exemples dont on ignore les motife locaux ou personnels qui ont pu y donner lieu , ne peuvent entrer en

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balance avec les principes qui nous dirigent, de plus, les pouvoirs ne nous paraissant nullement avoir été révoqués comme nuls et indûment donnés par les Chapitres ; •

AQo Que les grands intérêts de l'Église de France occupant en ce moment et le souverain Pontife et le Gouvernement français , il est du respect dû à ces puissances de ne rien préjuger et d'attendre la décision qui interviendra, et cependant de rester en paix, tendrement unis comme nous l'avons toujours été , et surtout d'obéir au Chef suprême de l'Église qui a fait recommander, notamment aux chanoines du chapitre de Gand , de s'imposer un silence perpétuel sur les contestations qui s'étaient élevées dans leur ville par rapport à l'exercice de la juridiction, d'observer entre eux la paix et l'union , afin d'éviter tout scandale à l'égard des fidèles, comme il convient à des ministres de l'Église (Romo, 28 mai 48U , signé Dominique Sala);

44° Enfin, qu'à l'égard du 4« canon du 2* concile général de Lyon, nous remarquons qu'à cette époque , l'usage était établi que , dans les diocèses éloignés de l'Italie, et où le* Pape était en possession de confirmer les élections , l'Église , en vertu d'une dispense générale (dispetisative), approuvait que ceux qui avaient été élus sans contestation gouvernassent les Églises , tant au spirituel qu'au temporel , avant que l'élection eût été confirmée par le pape , et c'est la disposition du concile général de Latran , 26» canon inséré au premier livre des Décrétales , canon NViil est; que cette décrétale du concile de Lyon, que l'on oppose comme ayant abrogé la décrétale précitée du canon de Latran, n'est point en opposition avec elle ; puisque les auteurs des Gloses sur les Décrétales et le Sexte postérieur au concile de Lyon reconnaissent que le canon du concile de Latran n'était point abrogé , ce qui est d'ailleurs confirmé par le témoignage des canonistes français ou étrangers, et par l'usage des différentes Églises, et notamment de celle de France (Mémoires du clergé, tome X , pages 606 et 6U).

D'après ces considérations , le Conseil est d'avis à l'unanimité ,

4<> Qu'il n'y a aucun doute sur la validité des pouvoirs conférés par le Chapitre à M. Raillon;

2° Que M. Raillon sera invité à continuer à les exercer comme par le passé pour le bien de l'Église et de l'État ;

3° Que les signataires de la pétition seront invités à s'abstenir désormais de tout écrit et de toute réunion extraordinaire , afin de ne pas s'exposer à répandre de fausses alarmes dans les consciences; ce parti sage étant le vœu de Sa Sainteté même , et celui des amis de la paix et de la religion ;

40 Que la copie de la présente délibération , avec l'exposé des motifs qui en ont amené les conclusions , sera adressée à Son Excellence le Ministre de l'intérieur, qui sera supplié de la faire examiner, s'il y a lieu , par un conseil de théologiens, pour être regardée comme non avenue si

elle paraissait aller contre les règles de la discipline de l'Église en général, ou contre les maximes de l'Église gallicane.

Mérault , vie. g. c. — Demadières , v. g. c. — Métivier , v. g. c. — Barbazan , v. g. c.

M. l'abbé de Montesquiou, ministre de l'intérieur, dans les attributions duquel les cultes se trouvaient alors , approuva cette délibération, et reconnut M. Haillon , en qualité de principal vicaire général d'Orléans, et c'est avec lui seul qu'il continua de correspondre Dour toutes les affaires du diocèse. Il parut alors quelques écrits contre l'administration de M. Raillon , savoir : Opinion des chanoines (honoraires) d'Orléans en résidence à Blois, — Y Erreur démasquée ou Réponse au prétendu Triomphe de la vérité et aux Observations religieuses adressées à une dame pieuse par un prêtre catholique. — Justification de la conduite qu'une très-grande partie des ecclésiastiques d'Orléans vient de tenir à l'égard de M. Raillon nommé par Bonaparte à Vévéchè d'Orléans, — Suite de la Justification de MM. les ecclésiastiques d'Orléans, et Observations sur la Déclaration de MM. les vicaires généraux , conceriiant la validité des pouvoirs de M. Raillon. Ces deux dernières pièces, où la religion ne semble figurer que comme un prétexte et les règles canoniques comme une arme au service des mauvaises passions, avaient pour auteur l'abbé François-Noêl-Àlexandre Dubois, né le 9 septembre 1752, à Orléans, où il est mort le 2 septembre 1824, chanoine honoraire et théologal. V Erreur démasquée, de l'abbé Blandin, est dirigée non contre la validité des pouvoirs de M. Raillon, comme l'ont cru certains polémistes, mais bien contre les erreurs contenues dans une brochure de Pierre-Élie Senli, intitulée Triomphe de la Vérité. Cette brochure préconise les principes schismatiques de la Constitution civile du clergé. Or, M. Raillon , qui avait combattu ces principes en 1792, ne pouvait pas tolérer qu'ils fussent professés publiquement en 1814 par un prêtre placé sous ses ordres; en conséquence, il interdit l'abbé Senli. Quant à YOpinion des chanoines résidant à Blois, ce n'est qu'un grossier pamphlet.

Enfin, après de longues controverses, MM. Mérault et Demadières firent une concession au clergé et arrêtèrent que , pour tranquilliser les consciences, un d'eux joindrait toujours sa signature à celle de M. Raillon , qui ne prendrait plus que le titre de vicaire général. Pour l'honneur du diocèse d'Orléans, nous

passerons sous silence toutes les petites persécutions, toutes les tracasseries mesquines qu'eut à subir alors M. Raillon , qui cependant n'avait rien à se reprocher, sinon d'être l'élu d'un pouvoir qui venait de s'écrouler. Cédant aux instances du chapitre, M. Raillon continua à résider à Pévêché, ot ne quitta la ville qu'au mois de mai 1816 , au grand regret de M. Mérault et de quelques autres pieux ecclésiastiques. Ce fut sur l'invitation du grand-aumônier que l'évêque nommé quitta Orléans , et le roi lui accorda alors une pension de 2,000 francs qui fut depuis portée à 4,000. Nous ferons remarquer que le gouvernement royal ne reconnut pas le titre que les évéques nommés tenaient de Napoléon I«% et que partout les chapitres, cédant à la double pression du moment, révoquèrent leurs pouvoirs. Un seul fut excepté , ce fut M. Raillon.

M. Raillon vint alors se fixer à Paris, auprès de l'église Saint- Sulpice, et vécut dans la retraite, s'occupant d'une Histoire de saint Ambiwse, pour laquelle il se livra à de nombreuses recherches. Cet ouvrage , qui allait être imprimé «au moment de la mort de son auteur, devait former 2 volumes in-4°. Plusieurs personnes, auxquelles il en avait lu des fragments, ont assuré qu'il faisait connaître parfaitement l'illustre archevêque de Milan, ses écrits et son siècle. L'abbé Molroguier, neveu de M*r Raillon, avait été chargé de surveiller l'impression de cet ouvrage ; mais la mort l'ayant frappé le 12 décembre 1838, il était à craindre que cette publication n'eut jamais lieu. Nous croyons savoir que la famille a disposé du manuscrit en faveur du sémiuaire de Saint-Sulpice.

Le 7 juin 1829, une ordonnance royale rendue sur le rapport de M. Feutrier, évêque de Beau vais, alors ministre des affaires ecclésiastiques, appela M. Raillon à succéder, sur le siège épiscopal de Dijon, à M. Martin de Boisville. On croit que M. Portalis, à la famille duquel M. Raillon était resté fort lié, et qui était collègue de M. Feutrier dans le ministère, influa beaucoup sur ce choix. Quelques journaux publièrent, à cette occasion, des articles assez hostiles pour lui ; mais il protesta au nonce du Saint-Siège qu'il n'avait point eu connaissance des brefs de Pie VU contre les administrations capitulaires, et il se soumit pleinement et par écrit aux décisions du Saint-Siège. Préconisé dans le consistoire du 28 septembre, il fut sacré, après une retraite à Saint-Sulpice, dans la chapelle du séminaire, le 11 novembre suivant, par M** Denys-Luc Frayssinous, évêque

d'Herraopolis, assisté d'Étienne-Jean-François Borderies , évôque 'de Versailles, et de Louis-Charles-Jean-Baptiste Michel, évôque de Fréjus.

Sa lettre pastorale du 30 du môme mois, pour son entrée dans le diocèse , parut d un heureux augure, et plusieurs journaux citèrent des fragments de ce magnifique mandement qui fut universellement admiré. Gomme il l'avait annoncé, le nouvel évôque s'appliqua à faire fleurir la concorde et la paix dans son diocèse , et fut le premier modèle des vertus qu'il voulait inspirer. Il réédifia complètement le séminaire, appela pour le seconder comme grand-vicaire, un homme distingué par son mérite, M. l'abbé Morlot, depuis cardinal, archevêque de Paris, opéra des réformes importantes, et, par une administration toute dirigée dans des vues de modération et de sagesse, il se concilia l'estime générale.

M«* Raillon avait été installé dans la cathédrale de Dijon, le 29 janvier 1830, et, six mois après, jour pour jour, éclatait une révolution. Par une ordonnance du 14 décembre de cette année, qui ne fut rendue publique que le 1« février 1831 , Louis- Philippe le nomma à l'archevêché d'Aix, vacant par la mort de M. de Richery. Le prélat se décida de suite à quitter Dijon , et , à son départ, il reçut des autorités les témoignages les plus flatteurs d'estime et de regrets, et une médaille fut frappée pour perpétuer son souvenir.

Le séjour de M. Raillon à Paris fut plus long qu'il n'avait compté. Différentes circonstances, totalement étrangères à ce qui pouvait le concerner personnellement, retardèrent plus d'un an l'expédition de ses bulles. Ce délai tenait à la nomination de M. Guillon, faite un peu avant la sienne, pour l'évôché de Beauvais, et qui souffrit beaucoup de difficultés à Rome. M. l'abbé Guillon fut obligé de renoncer à sa nomination ; mais les négociations qui eurent lieu à ce sujet se prolongèrent , et ce ne fut que dans le consistoire du 24 février 1832, que M. Raillon fut préconisé pour Aix en môme temps que M. d'Humières pour Avignon, et M. Rey pour Dijon. Il ne partit pour son diocèse qu'au mois de septembre suivant, et ce nouveau retard tint à l'embarras où fut longtemps M. Rey pour se faire sacrer. Ce prélat était grand-vicaire capitulaire à Aix , sa ville natale , et M. Raillon, par une suite de son esprit de modération, ne voulut pas se rendre dans cette ville tant que M. Rey dirigeait l'administration du diocèse. De plus, lui-môme éprouva quelques

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difficultés pour le choix de ses grands- vicaires, tous deux ecclésiastiques estimables, précédemment grands- vicaires de ses prédécesseurs, et que M. Rey avait fait éliminer. Il n'obtint qu'avec peine qu'ils fussent agréés, et ce ne fut qu'après avoir énergiquement représenté que la continuité de leur disgrâce rejaillirait sur lui , et nuirait au succès de son ministère dans un pays où ils jouissaient de la considération générale.

La conduite du prélat fut la même à Aix qu'à Dijon. Il accueillait parfaitement son clergé, savait, par son zèle et son esprit conciliant, ménager toutes les opinions, partageant son temps entre l'administration du diocèse et son travail sur saint Ambroise. Il s'occupa de ranimer les études dans la faculté de théologie, soutint vigoureusement les Jésuites qui portaient ombrage au nouveau pouvoir, et lorsque l'administration municipale d'Aix, qui n'osait se défaire ouvertement des Frères des Écoles chrétiennes , eut diminué leur traitement pour ériger une école d'enseignement mutuel, le prélat créa uue commission formée des personnages les plus considérables de la ville, provoqua une collecte en faveur des disciples du vénérable de La Salle, et parvint ainsi du moins à rendre leur position supportable.

Sa Lettre pastorale du 17 juillet 1832, ses Mandements pour les carêmes de 1833 et 1834, étaient autant remarquables par la sagesse des conseils et par l'élévation des pensées que par le mérite d'un style toujours élégant et pur. Nous citerons encore son Mandement du 28 novembre 1833, pour le jubilé : c'était une belle profession de foi, qui peut être comptée parmi les plus honorables témoignages de l'attachement inviolable de l'Église de France au Saint-Siège. Nous indiquerons aussi son discours devant la cour royale d'Aix , le 13 novembre 1832 ; ce discours, bien écrit et bien pensé, fut imprimé sur l'invitation des membres de la cour.

Le diocèse d'Aix avait conçu des espérances que Dieu ne voulut pas réaliser. En 1834, la santé de M*r Raillon parut s'altérer. Les soins de l'administration , les détails d'une correspondance qu'il faisait presque seul , son Histoire de saint Ambroise qu'il voulait terminer, lui avaient occasionné quelque fatigue. On lui conseilla de prendre l'air de la campagne; il loua , en conséquence , une maison à peu de distance d'Aix. Sa santé y déclina encore, au lieu de se fortifier; les médecins l'envoyèrent à Hyères dont le doux climat devait, disaient-ils,

apporter quelque soulagement à ses douleurs cruelles. Mais déjà la poitrine était fort affectée, et le mal ne fit qu'empirer. Sentant approcher sa fin, le vertueux archevêque demanda les sacrements de l'Église, et les reçut avec la foi la plus vive, avec la plus parfaite résignation. Privé de ceux qu'il chérissait et qu'il appelait avec complaisance ses amis, il ne trouva de consolation que dans l'ardeur de sa foi , et presque seul , il vit s'ouvrir devant lui les portes de l'éternité. Il succomba le vendredi 13 février 1835, à l'âge de soixante-douze ans et six mois. Ce fut une grande perte pour le diocèse d'Aix, où son esprit , sa prudence et son caractère conciliant auraient pu rendre encore de grands services.

Après la mort de l'archevêque , son corps fut mis dans un cercueil de plomb et transporté à Aix, où il arriva le jeudi 19 février au soir. Le lendemain, un service solennel fut célébré dans l'église métropolitaine ; M** Casanelli d'Istria , évêque d'Ajaccio, qui se trouvait à Aix, y officia, et M. l'abbé Gai, grand-vicaire lut un Mandement qui ordonnait des prières pour le prélat défunt, qu'on inhuma dans le caveau des archevêques d'Aix. Le chapitre avait nommé pour grands-vicaires pendant la vacance du siège, MM. Boulard , Gai et A bel qui étaient vicaires généraux de M*r Raillon, Bony, supérieur du grand séminaire, et Honorât , chanoine. Ils donnèrent une marque signalée de leur respect pour la mémoire de leur archevêque. Ayant trouvé dans ses papiers un projet de Mandement pour le carême qui approchait , ils le firent entrer dans le Mandement qu'ils publièrent à l'ouverture de la sainte quarantaine. C'était en quelque sorte le testament spirituel du prélat , et la preuve que son diocèse avait été le dernier objet de ses pensées et de sa sollicitude. Partout où M. Raillon était connu , sa mémoire recueillit d'honorables témoignages. A Dijon, un service fut célébré pour lui dans la cathédrale , et à Orléans même où Ton avait contesté le pouvoir qu'il tenait , on rendit justice à son caractère modéré , et son éloge fut entendu dans la chaire. La grandeur qui n'est plus ne trouve pas de flatteur. La vérité seule se fait entendre sur un tombeau , et le soupçon de flatterie ne pouvait atteindre les ministres des autels qui élevèrent la voix en faveur de M*r Raillon dans les églises de ce diocèse.

Si nous nous sommes quelque peu étendus dans cette notice, c'est qu'il y a peu d'années, la mémoire de M. Raillon fut imprudemment attaquée, et sa famille eut à la défendre devant

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le public. Cette attaque , qui eut alors un grand retentissement dans la presse française, donna lieu à la publication d'une brochure intitulée : Monseigneur Haillon et Monseigneur Dupanloup. — De la légitimité des administrations capitula ires des évéques nommés, par M. Jacques Molroguier, neveu de Monseigneur Jacques Raillon. Paris, E. Dentu, 1860, in-8<> de £0 pages.

Titré barou de l'Empire, M. Raillon fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 11 avril 1813, et promu officier de Tordre le 13 mai 1831. Il portait pour armoiries : d'argent, à la bande d'azur, chargée de trois canettes aussi d'argent, au canton de gueules à une croix d'or, qui est le signe particulier des barons-évêques.

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