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PIERRE-MARIE-JOSEPH DARCIMOLES

Né à Rueyres (Lot) le 17 frimaire an XI (8 décembre 1802), Pierre-Marie-Joseph Darcimoles était flls de Jean-Louis Darcimoles, propriétaire, et de Marie-Rose-Charlotte de Lachèze- Murel. Il Ht ses premières études avec un remarquable succès au collège de Cahors et suivit ensuite à Paris les cours du collège Stanislas , qu'il ne quitta que pour entrer au séminaire de Saint-Sulpice. La vocation ecclésiastique de M. Darcimoles datait de sa première jeunesse , et ne s'était jamais démentie. Durant ses premières études , sa candeur et sa piété le faisaient admirer parmi ses condisciples autant que les succès que lui valut constamment son application. A Saint-Sulpice , il ne tarda pas à se faire remarquer par sa piété douce et communicative , non moins que par son aptitude , et en mars 1826 , il fut chargé con-

curremment avec M. Dupanloup, actuellement évôque d'Orléans de l'œuvre des catéchismes de [persévérance , que les Sulpiciens ne confient qu'à l'élite de leurs élèves. C'est dans ces essais de pieux apostolat qu'il commença à acquérir cette facilité de parole, cette abondance d'édifiantes pensées qu'on remarquait dans tous ses discours.

Après avoir terminé ses études théologiques et reçu les saints ordres , l'abbé Darcimoles voulait s'engager dans la société d'ouvriers évangéliques connue sous le nom de Missions de France, où se distinguaient alors les Rauzan, les Fayet, les Guyon , etc. Mais Dieu suscita contre ses projets les désirs de de Cosnac , évôque de Meaux. Ce prélat dont il était, par sa mère, le petitneveu , l'appela dans son diocèse et le nomma vicaire de sa cathédrale. Il ne tarda pas à découvrir en lui une aptitude intellectuelle et des qualités de caractère et de cœur, qui jointes à la plus exacte pratique des vertus sacerdotales, faisaient honneur au prêtre. Jugeant que ces aptitudes pouvaient être avantageusement utilisées pour son administration diocésaine, il lui donna un témoignage de confiance toute particulière en le nommant son secrétaire particulier, et en l'appelant , malgré sa jeunesse , à siéger dans son conseil.

Lorsqu'en 1830, M«rde Cosnac fut transféré de l'évêché de Meaux à l'archevêché de Sens , il ne voulut point se séparer de M. Darcimoles , et il s'empressa de lui donner, dans son église métropolitaine, le titre d'un canonicat récemment vacant. En 1835, il l'institua son vicaire général, et à ce dernier titre, M. Darcimoles fut chargé presque seul de l'administration du diocèse au milieu de circonstances difficiles , qui firent hautement apprécier sa rare prudence, son habileté, son esprit de conciliation et de justice. Aussi était-il depuis longtemps déjà, quoique bien jeune encore, désigné pour l'épiscopat, lorsqu'une ordonnance royale du 26 mai 1840, l'appela à succéder sur le siège du Puy à M«r de Bonald, transféré à l'archevêché de Lyon.

Préconisé dans le consistoire du 13 juillet, M. Darcimoles fut sacré dans l'église métropolitaine de Sens, le 23 août 1840, par M*r Joseph-Marie- Victoire de Cosnac , archevêque de cette ville, assisté de M«r Paul Naudo , évêque de Nevers, et de M«r Auguste Allou , évôque de Meaux. Il prit possession du siège par procureur, le 2 septembre , et fut installé personnellement dans sa cathédrale le 24 du môme mois. Dans le consistoire où il avait été préconisé, Grégoire XVI lui conféra le pallium.

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M** de Bonald , son prédécesseur sur ce siège, avait, dans un voyage à Rome, commencé à faire les premières démarches pour renouveler un glorieux privilège accordé à l'Eglise du Puy par les souverains Pontifes, mais que les changements survenus dans l'Église deFrance, àlafin du siècle dernier, semblaient avoir rendu douteux ou même avoir absolument éteint. Ce privilège était celui d'un Jubilé spécial. L'élévation de M*r de Bonald au siège primatial des Gaules, ne lui ayant pas permis de terminer cette grande affaire, il en légua le soin à son successeur. M*r Darcimoles, d'après un mémoire qui lui fut présenté au mois d'avril 4841, par son vénérable chapitre , adressa au pape Grégoire XVI une respectueuse supplique pour obtenir le renouvellement d'une grâce si propre à ranimer dans ces contrées encore pleines de foi , la dévotion à la très-sainte Vierge. M. le comte de Lalour-Maubourg, ambassadeur de France à Rome, fut prié d'employer son crédit pour appuyer une demande, qui devait d'autant plus l'intéresser, qu'elle avait pour objet le bien spirituel d'un pays qui avait été le berceau de ses ancêtres. Le noble solliciteur ne pouvait manquer de réussir dans une circonstance propre à toucher le cœur du Père commun de tous les fidèles : le succès ne tarda pas à couronner ses instances et M«r Darcimoles en reçut la nouvelle par une lettre trop honorable à celui qui l'a écrite , pour ne pas la rapporter ici tout entière.

« Monseigneur,

» A peine eus-je reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 1 1 juin dernier, que je m'occupai de l'affaire que vous me recommandiez. J'ai aujourd'hui la satisfaction de vous annoncer que le Saint-Père, à qui j'avais fait remettre les pièces que vous me transmettiez, et qui a voulu les examiner lui-même, a daigné sur mes instances, et grâce à l'intervention de S. E. le cardinal Lambruschini dont j'avais réclamé l'appui, vous accorder la grâce que vous souhaitiez, et telle que vous la sollicitiez, c'est-à-dire, le rétablissement de l'ancien Jubilé qui existait autrefois dans la cathédrale du Puy, toutes le3 fois que l'Annonciation tombait le jour du Vendredi-saint. Vous trouverez cijoint le bref qui consacre la concession de cette faveur.

» Je m'estime heureux, Monseigneur, d'avoir trouvé cette occasion de me rendre utile à un diocèse , duquel j'appartiens par des souvenirs de famille , que je ne puis ni ne veux oublier.

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Il m'a été particulièrement agréable de m'occuper d'une affaire qui vous intéressait , Monseigneur, et de pouvoir vous donner par l'empressement que j'ai mis à répondre aux vœux que vous m'exprimiez, une preuve de la haute estime et de la respectueuse considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

L'ambassadeur de France près le Saint-Siège ,

a O DE LATOUR-MAUBOURG. »

» Rome, le 18 août 1841. »

Le bref de Grégoire XVI ne confirmait pas seulement les anciens privilèges de FÉglise du Puy; il étendait encore davantage le temps des faveurs apostoliques, et accordait 12 jours pleins à la dévotion des fidèles disciples de Jésus-Christ, c'ést-à-dire , depuis le Jeudi-saint jusqu'au lundi après la Quasimodo, en restreignant seulement à l'année 1842 la grâce de cette prolongation. Un monument d'une si haute importance ferait, dans la notice de M*r Darcimoles, comme évéque du Puy, une lacune impardonnable, si nous le passions sous silence. En voici la teneur :

« Grégoire pape XVI.

» Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique.

» Vous avez eu soin de nous faire exposer que Benoît XIII, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, par de semblables lettres apostoliques données le 5 février 1727, avait confirmé l'indulgence plénière en forme de Jubilé accordée a perpétuité par Grégoire XV, notre prédécesseur aussi d'heureuse mémoire, à tous et à chacun des fidèles de l'un et de l'autre sexe qui , étant vraiment repentants, s'étant confessés et ayant communié , visiteraient l'Eglise cathédrale du Puy, et y prieraient avec piété pour la concorde entre les princes chrétiens, l'extirpation des hérésies et l'exaltation de l'Église, notre sainte mère, le jour de la féte de l'Annonciation de la bienheureuse Marie toujours vierge, ou un jour quelconque de son octave lorsque cette féte se rencontre le Vendredi-saint , et en outre qu'il avait déclaré cette indulgence applicable aux âmes des fidèles détenues dans le purgatoire, comme il parait clairement et manifestement par les dites lettres, dont nous vouions que la teneur soit regardée comme exprimée et insérée dans les nôtres. C'est pourquoi vous

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nous avez demandé par d'instantes prières, pour le plus grand bien et le plus grand avantage de votre troupeau que nous voulussions bien aussi conûrmer par notre autorité suprême cette indulgence en forme de Jubilé, et en môme temps l'étendre pour la prochaine année 1842. Nous donc , accédant à vos pieux désirs avec allégresse et de grand cœur, par l'autorité que nous avons reçue du Seigneur, et nous confiant en la miséricorde du Dieu tout-puissant, et en l'autorité des bienheureux Pierre et Paul, ses apôtres, nous confirmons à perpétuité, par ces présentes lettres , la susdite indulgence plônière en forme de Jubilé, accordée à perpétuité par Grégoire XV, et confirmée et étendue par Benoît XIII; et nous l'élendons et prolongeons pour la prochaine année 1842 seulement, à douze jours, lesquels commenceront et seront comptés à dater du jeudi de la semainesainte. C'est ce que nous vous concédons et accordons avec bienveillance , sans déroger en rien à aucune des conditions marquées dans les lettres susdites de Benoît XIII, notre prédécesseur, sans rien changer à leur forme, et nonobstant tout ce que ces mômes lettres déclarent ne pouvoir mettre obstacle à leur exécution.

* Donné à Rome , à Sainte-Marie-Majeure , sous l'anneau du pécheur, le 6 août 1841 , la onzième année de notre pontificat.

« A. Card. Lambruschini. »

M&r Darcimoles publia lui-même solennellement en. chaire le jour de l'Épiphanie 1842 l'heureuse nouvelle du Grand-Pardon, après avoir dans un Mandement pour le Jubilé et le Carême, exhorté son troupeau à faire pénitence et à se renouveler dans la dévotion à Marie. Le zélé prélat ne se contenta pas de cet appel solennel et général. Dans chaque paroisse de la ville épiscopale, deux missionnaires furent envoyés pour annoncer au peuple la parole sainte , et depuis le quatrième dimanche de Carême , les vérités augustes de la foi retentirent deux fois par jour dans les principales paroisses et à la cathédrale. Les fruits de bénédiction furent abondants ; la Vierge du Mont-Anis vit 140 mille fidèles accourir pour déposer à ses pieds les saints désirs d'une vie meilleure. C'est de quoi [se félicitait M*1, Darcimoles, dans le Mandement qu'il publia en décembre 1842 pour le Jubilé y en faveur de l'Espagne.

Le diocèse du Puy dut encore à M*r Darcimoles le commencement de la restauration de sa cathédrale que son successeur

poursuivit, et le maintien de la maison de noviciat et de scholastique qu'y possèdent les Pères de la Compagnie de Jésus, qu'un pouvoir ombrageux voulait fermer en exécution d'une loi relativement injuste. Cette protection aussi habile que sage dont il couvrait ainsi une société célèbre, ne lui attira point cependant les rancunes du Gouvernement, car lorsqu'une ordonnance du 5 décembre 1846 l'eut appelé au siège archiépiscopal d'Aix , le roi Louis-Philippe le félicita d'avoir su toujours maintenir une cordiale entente entre les autorités civiles et lui. Ce prince lui accorda môme immédiatement alors la réhabilitation d'un haut fonctionnaire, que des susceptibilités électorales avaient naguère compromis.

M*r Darcimoles fut préconisé dans le consistoire du 12 avril 1847 , et après avoir reçu le pallium fut installé dans l'église métropolitaine de Saint-Sauveur, le 27 mai suivant. Il s'était fait précéder à Aix par d'abondantes aumônes, moyen le plus légitime de s'ouvrir les cœurs et de se préparer les voies. Il apporta sur ce siège la haute prudence et la sage modération qui avaient présidé à toutes ses œuvres dans le diocèse du Puy. Aussitôt qu'il eut appris que le pouvoir, né de la révolution de février, avait la justice de rendre à l'Église de France, un de ses plus glorieux et de ses plus anciens privilèges, il prépara avec ses suffragants la convocation d'un concile provincial, et régla les points principaux sur lesquels l'attention des Pères devait être appelée , pour les étudier ensuite en commun et convertir les résolutions en décrets. Ce fut là une mesure de sage prudence qui retarda bien la convocation du concile, mais qui aussi a éloigné le reproche de témérité , les inconvénients attachés à toute précipitation , et les discussions incomplètes et sujettes à erreur. Lorsque le travail préparatoire fut terminé, Darcimoles indiqua, par un Mandement du 29 juin 1850, l'ouverture du concile provincial d'Aix au 8 septembre suivant.

La veille de ce jour, les prélats suffragants, les prélats invités et le clergé des diocèses de la province étaient réunis à Aix. Les évôques de la province étaient NN. SS. Louis-Augustin Pavy, évêque d'Alger; Alexis Wicart, évêque de Fréjus; Jean-Irénée Depéry, évêque de Gap ; Xavier-Toussaint-Raphael Casauelli d'Istria, évêque d'Ajaccio; Charles-Eugène de Mazenod, évêque de Marseille ; Marie-Julien Meirieu , évêque de Digne. Les prélats invités étaient NN. SS. Jean-Marie-Mathias Debelay, archevêque d'Avignon ; Jean-François Cart , évêque de Nîmes , et

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Eugène-Bruno Guigues, oblat de Marie, évêque de Bytown (Canada). On y voyait aussi le R. P. Régis , abbé de la Trappe de Staouéli (Algérie) , assisté du R. P. Pierre, prieur du môme Ordre, et le R. P. Laurent, provincial des Capucins.

Ce jour môme, ïe premier travail des Pères réunis en concile fut de composer le personnel des congrégations diverses. Voici cette composition et la désignation des titres confiés aux membres du concile.

4° Congrégation des évéques, Pères du Concile. — Président, M«r Darcimoles, archevêque d'Aix. — NN. SS. les évôques suffragants. — Secrétaires : MM. Jeancard, chanoine de Marseille; Infernet, supérieur du grand séminaire de Fréjus.

2° Congrégation des personnes. — Président : M*r de Mazenod, évéque de Marseille, doyen des su ffragan ts. — Vice-président : M. Tempier, vicaire général de Marseille. — MM. Mille, vicaire général d'Aix ; Jeancard , Jullien , chanoine , vicaire générai de Gap; Infernet; Chevallier, chanoine, supérieur du grand séminaire d'Auch; R. P. Courtès , supérieur des Oblats d'Aix.

3° Congrégation de la Foi. — Président : M*r Gasanelli d'istria, évêque d'Ajaccio. — Vice-président : M. Sarrabeyrouse , vicaire général d'Ajaccio. — MM. Muraire, chanoine de Fréjus, Reynaud , chanoine théologal d'Aix ; Blanchard , chanoine de Gap ; Lôpine, chanoine de Gap; R. P. Pierre, trappiste de Staouéli.

k° Congrégation des Erreurs. — Président : M*r Depéry, évéque de Gap; — Vice-président : M. Chabrand, vicaire général de Gap et supérieur du grand séminaire. — MM. Rcynaud, chanoine, archiprôtre de Saint-Sauveur d'Aix; Jordany, chanoine de Digne; lsnard, chanoine de Fréjus; Rondon, chanoine d'Aix; Joubert, chanoine honoraire et directeur du grand séminaire de Gap.

5° Congrégation des Sacrements , des Missions et des Œuvres de charité. — Président : M*r Wicart, évôque de Fréjus. — Viceprésident : M. Pons, vicaire général de Fréjus. — MM. Thaneron , doyen de la faculté de théologie d'Aix; Guien, chanoine de Marseille; Pelletan, chanoine d'Alger; Plasse, chanoine d'Alger; R. P. Laurent, provincial des Capucins; R. P. Denis, mariste, supérieur du grand séminaire de Digne.

6° Congrégation des Études. — Président : M*r Pavy, évôque d'Alger. — Vice-président : M. Girard, lazariste, vicaire général, supérieur du grand séminaire d'Alger. — MM. Pasquier, vicaire général d'Aix; Bicheron, chanoine, professeur de la

faculté de théologie d'Aix; Malégue, supérieur du grand séminaire d'Aix, vicaire général; Compte-Calix , chanoine, supérieur du petit séminaire d'Alger; R. P. Jordan; supérieur de la maison des Jésuites, à Alger; Ronziconi, chanoine d'Ajaccio.

7° Congrégation des Décrets. — Président : M*r Meirieu, évôque de Digne. — Vice-présidents : le R. P. Régis, abbé de la Trappe de Staouéli, et le R. P. Martin, jésuite de la maison d'Avignon. — MM. Ginoulhiac, vicaire général d'Aix; Bondil , chanoine de Digne; R. P. Lagier, supérieur du grand séminaire de Marseille; R. P. Magnan, supérieur du grand séminaire d'Ajaccio.

Officiers du Concile. — Promoteur : M. Ginoulhiac. — Vicepromoteur : M. Sarrabeyrouse. — Secrétaires : MM. Compte- Calix et Lépine. — Notaire : M. Bondil. — Maîtres des cérémonies : MM. Jordany et Dessuches, directeur du grand séminaire d'Aix.

La seconde session eut lieu le 1 5 septembre dans la chapelle du grand séminaire. On y promulgua les décrets suivants : 1° De la profession de foi , 2<> De la constitution divine de l'Église, 3° De l'origine de la puissance ecclésiastique , 4° De l'indépendance ecclésiastique, 5° Du sujet de la puissance ecclésiastique, 6° Du pouvoir du souverain Pontife pour le gouvernement de l'Église, 7° De l'autorité des évéques, 8° De la condamnation des erreurs, 9° Des devoirs de charilé et de justice , 10° Avertissement pour les écrivains, 11° Des évéques, 12° Des chanoines.

La troisième session, toute semblable à la seconde, se tint le 21 septembre , et fut remarquable par la multitude et par l'importance des décrets qui furent proclamés. Les voici : 1° De la constitution de la famille , 2° De la constitution de la société civile, 3" Du pouvoir temporel du souverain Pontife, 4° De la tenue du concile provincial, 5° De la tenue du synode diocésain (ce décret prescrit la tenue annuelle du synode , à la suite de la retraite pastorale), 6° Des retraites ecclésiastiques, 7° Des curés et de l'obligation qu'ils ont de résider dans leurs paroisses, 8° De la juridiction , 9° Des desservants ou recteurs (cette question ne fut pas traitée par le concile, le Pape se l'étant réservée), 10° Des vicaires, 11° Des aumôniers et des prêtres de secours, 12° De la vie et des mœurs du clergé, 13° Des religieuses, 14° Du zèle et des œuvres de piété, 15° Des missions, 16° De la sanctification des dimanches et de la réparation du blasphème (Le concile recommande l'Œuvre établie à cet effet) , 1 7° De la propagation

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des bons livres , 18° Du culte divin et du respect dû aux églises, 19° Des chapelles rurales, 20° Du culte des saintes reliques, 21° De la sépulture ecclésiastique, des cas où elle doit être refusée, et notamment des suicidés, des duellistes, et des pécheurs morts en refusant les sacrements (c'est dans ce décret qu'est portée la sage défense relative aux insignes des sociétés non approuvées par l'Église), 22° Des sacrements en général et en particulier, 23° De l'éducation des clercs, 24° De la direction des études des aspirants au sacerdoce dans les grands et petits séminaires (à cet égard, le concile prit une mesure depuis longtemps réclamée pour la coordination rationnelle de renseignement, en prescrivant l'enseignement de la philosophie et des sciences physiques dans les écoles secondaires. Les deux établissements et les élèves ne peuvent que gagner à cette disposition. Il y aura des inspecteurs ecclésiastiques chargés de surveiller les études et de faire subir les examens), 25° Des études supérieures ecclésiastiques. (Les études supérieures ecclésiastiques attirèrent aussi l'attention du concile, qui soumit au souverain Pontife un vœu relatif à l'établissement d'une université catholique, conférant les grades ecclésiastiques obligés pour la promotion aux divers emplois du saint ministère), 26° Des conférences ecclésiastiques et des examens à exiger des jeunes prêtres pendant un temps déterminé. (Ces trois décrets sur les études furent suivis d'Avis aux parents et aux maîtres dont le concours simultané dans leurs sphères respectives est indispensable pour l'éducation.)

Le 23 septembre se tint la session de clôture en présence de plus de mille prêtres du diocèse d'Aix et des diocèses voisins. Après la grand'messe célébrée pontiOcalement par M*r Darcimoles, et à laquelle communièrent les membres du concile, on récita les prières indiquées par le cérémonial, et le prélat officiant entonna le Veni Creator, que les voix nombreuses des assistants poursuivirent avec un majestueux ensemble. Sur la requête du promoteur, le secrétaire lut ensuite les décrets qui n'avaient point été promulgués dans les séances publiques tenues au grand séminaire. Ces décrets sont les suivants : 1<> Du catéchisme pour les enfants, 2° Du soin des écoles publiques, 3° Du soin des malades et infirmes, 4° De l'Association dite de la Propagation de la Foi, 5° Do la liturgie sacrée (décret pour que la liturgie romaine, symbole de l'unité de la foi, soit rétablie dans tous les diocèses en temps opportun), 0° De la

piété catholique envers les fidèles défunts , 7° enfln , Vœu pour que la Conception immaculée de la bienheureuse Vierge Marie fut décrétée article de foi.

Le concile ne pouvait terminer ses importants travaux par un décret plus sympathique à la piété catholique, et en particulier à la piété des fidèles français. On sait que l'Église de France a toujours fait profession d'un zèle ardent pour cette prérogative glorieuse de la Mère de Dieu , que la raison , le sentiment et les inductions de la foi ont depuis longtemps élevée au rang des vérités les plus certaines après les vérités révélées, jusque-là que l'ancienne Université de Paris ne conférait aucun grade sans exiger des candidats le serment de soutenir le môme sentiment.

Tels furent les décrets qui terminèrent les travaux de la docte assemblée. Après la lecture des décrets, suivie de leur solennelle acceptation par les Pères appelés individuellement, Me* de Mazenod, évôque de Marseille, prononça un discours qui, par la nature de l'auditoire, le caractère public de l'orateur, la brillante vivacité du tour et le ton pénétré du débit, rappelait les plus beaux temps de l'éloquence antique. M«r Darcimoles prononça ensuite l'acte de consécration de la province ecclésiastique d\Aix au Cœur sacré de Jésus. M. Pabbé Ginoulhiac, promoteur, entonna les acclamations auxquelles le clergé répondait dans un môme sentiment de joie, de respect et de confiance. Enfin, M«r l'archevôque d'Aix, avant de donner la bénédiction pontificale , adressa ses remerciements à ses augustes collègues et aux prêtres qui avaient pris part au concile.

Esprit calme et judicieux, modéré en toutes choses, MF Darcimoles avait souffert plus que personne des agitations de la France , aussi saiua-t-il avec joie l'avènement de l'ère politique qui y mit un terme. Il aimait à rappeler, jusqu'aux derniers jours de sa vie, qu'en 1852 il avait reçu , dans son palais archiépiscopal , l'Empereur, alors encore Président de la République, et qu'il lui avait témoigné , au nom de tout son clergé , combien il était heureux d'appeler les bénédictions du ciel sur un prince « qui soutient la religion pour elle-même , qui la soutient, non comme un instrument politique, mais uniquement par conviction et par amour du bien qu'elle inspire comme des vérités qu'elle enseigne. »

Après avoir promulgué les décrets du concile provincial, dans un synode qui s'ouvrit le 11 octobre 1852, dont il présida toutes

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les séances et dont il coordonna l'ensemble et dirigea les discussions, il en publia les statuts qui en résumaient toutes les délibérations, Darcimoles se rendit à Rome, à la grande assemblée d'évéques, convoquée par Pie IX, et assista à cette mémorable solennité du 8 décembre 1854, où fut promulgué le dogme de l'Immaculée Conception. La ville d'Arles avait remis son collège aux mains de M** Darcimoles, qui, plusieurs fois, avait présenté, à la congrégation des Pères Maristes, la direction de cet établissement, et avait, plusieurs fois aussi, essuyé des refus. Pendant son séjour à Rome , l'archevêque d'Aix fut interrogé, parle souverain Pontife, sur l'Église d'Arles; il en prit l'occasion de manifester à Sa Sainteté la peine que lui avaient fait éprouver ces refus des Pères Maristes. A l'instant môme, Pie IX écrivit de sa main ce qui suit , et le donna au prélat : « Messis quidem multa, operarii autem pauci. Ideô Religiosi vulgo dicti Maristœ pareant desideriis archiepiscopi Aquensis. Die 18 decemb. 1854. Pius PP. IX; » c'est-â-dire, « La moisson est abondante, et les ouvriers sont rares. Que les religieux, appelés Maristes , se rendent donc aux désirs de l'archevêque d'Aix. » Le vœu du Saint-Père était un ordre pour la congrégation, qui se mit en conséquence en possession du collège , et l'archevêque sut, en cette circonstance, s'imposer de grands sacrifices personnels.

Le diocèse d'Aix doit encore à M«* Darcimoles la construction d'un petit séminaire, qu'il regardait, à bon droit, comme l'œuvre la plus utile au diocèse, et pour laquelle il encouragea les souscriptions des fidèles par la magnificence de la sienne, qui s'éleva à 28,000 francs. La ferveur de sa dévotion au Sacré- Cœur de Jésus lui inspira la pensée d'universaliser, dans son troupeau, une dévotion qui n'avait encore pris que dans quelques paroisses. Son amour pour le Très-Saint Sacrement créa et régularisa, d'un bout à l'autre du diocèse , l'Adoration perpétuelle, cette intarissable source de gloire pour Dieu , et de grâces pour les populations.

M«r Darcimoles considérait comme le premier de ses devoirs de surveiller, avec une bienveillante vigilance , les établissements d'instruction placés sous sa juridiction. Il voulait que les études y fussent fortes, en même temps qu'inspirées par les principes religieux. Une seule pensée le préoccupait en toute circonstance : le bien à faire, les plus sûrs moyens d'y parvenir. Jusqu'aux derniers moments, il consacrait un jour de chaque mois

à une retraite dans son grand séminaire, et allait puiser, dans la prière et le recueillement, de nouvelles forces pour l'accomplissement de sa mission.

Ses revenus appartenaient aux pauvres , aux établissements charitables, bien plus qu'à lui-même : il ne s'en considérait que comme l'administrateur. Pour faire face à ses pieuses générosités, pour soutenir une foule d'établissements, qui ne vivaient que de ses dons, il se réduisait au strict nécessaire. La somme qu'il prélevait ainsi chaque année est hors de toute proportion avec les revenus de l'archevêché; « il ne voulait (ce sont ses propres expressions) laisser à sa famille que son patrimoine , » et il a tenu parole.

Parmi les Mandements ou ordonnances publiés par M«r Darcimoles , nous citerons son Mandement pour le carême (2 février 1848) sur la sanctification du dimanche, sa Lettre pastorale et Mandement du !«■ janvier 1851, à l'occasion du jubilé accordé par notre saint Père le Pape, le 25 juillet 1850, et du carême de l'année 1851 ; le Mandement du 1«* janvier 1852, qui ordonne de chanter un Te Deum solennel dans toutes les églises du diocèse, le dimanche 11 de ce même mois, à l'occasion de la proclamation du Président de la République; le Mandement daté du 2 décembre 1852, ordonnant le même chant d'actions de grâces à l'occasion de l'élévation de Sa Majesté Napoléon III à l'Empire; le Mandement du 6 août 1852, pour la convocation du synode diocésain où devaient être publiés les décrets du concile provincial; le Mandement du 6 janvier 1852 pour le carême de cetle année et le nouveau jubilé accordé le 21 novembre 1851 ; une Lettre pastorale du 2 février 1853, qui ordonne une quête et ouvre une souscription pour la construction d'un nouveau petit séminaire à Aix; deux Lettres pastorales du 27 mars 1853, l'une sur la dévotion du mois de Marie ; et l'autre sur la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus; un Mandement du 6 janvier de cette année pour la publication en langue française des décrets du concile provincial d'Aix , qui regardent spéciacialement les fidèles; un Mandement du 12 avril 1854 qui ordonne des prières publiques pour le succès de nos armes en Orient; un Mandement du 1er novembre 1854 pour la promulgation de l'Encyclique en date du 1er août de cette année par laquelle Pie IX accordait une iudulgence plénière en forme de jubilé, ce Mandement de carême? daté d'Arles, le 18 janvier 1855, car le prélat à peine arrivé de Rome, était venu partager

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les travaux des pieux enfants de saint François, qui , pendant le Jubilé évangélisaient les cinq paroisses de cette ville ; M. Dareimoles promulguait dans ce Mandement diverses dispositions de la loi de pénitence qui n'étaient pas toutes conformes à la discipline générale de l'Église, mais qui avaient été approuvées, à cause de la rigueur des temps par le pape Pie IX dans l'audience qu'il avait daigné lui accorder le 18 décembre précédent; un Mandement du 8 mars 1855 pour la publication des lettres apostoliques qui définissent le dogme de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie; un Mandement du 13 septembre 1855 ordonnant qu'un TeDeum solennel soit chanté dans toutes les églises du diocèse pour remercier Dieu du succès de nos armes en Orient, et qu'un service funèbre sera célébré le 25 de ce mois pour les officiers et les soldats morts depuis le commencement de la guerre; un Mandement du 6 janvier 1856 sur les mauvais livres ou les écrits licencieux ; un Mandement du 18 mars 1856 à l'occasion de l'heureuse délivrance de Sa Majesté l'Impératrice et de la naissance du Prince Impérial; enfin, un Mandement du 6 juin de cette année, ordonnant une quête générale pour les victimes de l'inondation dans une partie du diocèse. ,

M«?r Darcimoles vint à cette époque à Paris pour le baplême du Prince Impérial, et obtint alors de l'Empereur et du Gouvernement, d'abondantes aumônes pour son diocèse que les flots du Rhône et de ses affluents avaient ravagé. A son retour, il s'occupa du soulagement des misères qu'avait faites le fléau, et montra pour toutes les souffrances un généreux dévouement. Dans les années précédentes, il avait affronté dans Aix et dans Arles tous les dangers du choléra, aux jours de ses plus mortels ravages, soit en parcourant les paroisses de ces deux villes pour en encourager le clergé et les fidèles, soit en allant consoler et bénir les cholériques des hôpitaux.

La fin de l'archevêque d'Aix fut digne de sa vie. Il fut atteint dans la journée du 29 décembre 1856, d'un rhumatisme aigu auquel succéda bientôt une fièvre cérébrale accompagnée des symptômes les plus graves. Dès le 4 janvier 1857 , le délire laissait à peine quelques instants de rémission. Le mardi 6, dans la soirée, on lui administra l'Extrême-Onction, dans la crainte qu'il ne passât point la nuit. Cependant, le lendemain matin, un mieux sensible se manifesta. M*r Darcimoles avait retrouvé pour le moment suprême, toute sa lucidité d'intelligence, et

put recevoir les derniers sacrements, qui lui Turent administrés par M«r Rey, ancien évôque de Dijon, chanoine-évôque du chapitre de Saint-Denys, en présence du chapitre métropolitain et d'un grand nombre de membres du clergé.

M*r Darcimoles voulut adresser quelques paroles à l'assistance. D'une voix claire et môme un peu animée , il dit : « Que s'il avait eu connaissance de son état , il aurait plus tôt demandé les sacrements, parce que les sacrements étaient sa force, sa joie, et sa consolation, dans toutes les circonstances de la vie, et surtout dans ce moment; que chargé de la responsabilité d'une grande administration, en présence du souverain Juge, il mettait sa confiance dans la miséricorde divine et dans la protection de la Sainte Vierge qu'il avait toujours aimée et honorée avec une affection toute filiale. »

•Tous les assistants fondaient en larmes. M*r Rey, âgé de 83 ans, dominé par l'émotion , ne put achever la courte allocution qu'il avait commencée. Lorsque M*r Darcimoles eut reçu les derniers sacrements, il adressa quelques mots bienveillants aux membres du chapitre, puis, après un instant de silence, il demanda si l'on attendait encore de lui quelques paroles. Sur un signe négatif, il dit aux assistants, au moment qu'ils se retiraient : « Messieurs, je vous donne ma bénédiction. » Ce furent ses dernières paroles. Un quart d'heure après, toute conscience de sa situation avait disparu, les accidents se reproduisirent de plus en plus graves jusqu'au dimanche 11 janvier 1857, à une heure trois quarts de Paprès-midi où M*r Darcimoles rendit le dernier soupir, à l'âge de 54 ans, un mois et trois jours. On l'inhuma dans les caveaux de son église métropolitaine.

Son décès est transcrit comme suit sur les registres de l'état civil d'Aix :

a L'an mil huit cent cinquante-sept et le onze janvier, à trois heures du soir, par devant nous , Jules Bargès, adjoint au maire d'Aix, officier public de l'état civil délégué, ont comparu sieurs Noel-Antoine Reynaud, vicaire général capitulaire, âgé de cinquante-quatre ans, et Polycarpe-Napoléon-Stanislas Contestable, chanoine, âgé de cinquante-un ans, domiciliés à Aix, non parents du décédé, lesquels nous ont déclaré que Monseigneur Pierre-Marie-Joseph cTArcimoles (sic), archevêque d'Aix, d'Arles et d'Embrun, officier de la Légiou d'honneur, comte romain, assistant au trône pontifical, âgé de cinquante quatre

ARCHIDIOCÈSE D'AIX.

ans et un mois, natif de Rueyres (Lot), fils de feu M. Jean-Louis d'Arcimoles et de feue dame Charlotte de la Chèze-Murel, propriétaires, domiciliés à Rueyres, était décédé ce soir à deux heures moins un quart dans son domicile, au palais archiépiscopal , ainsi que nous nous en sommes assuré en nous transportant auprès de la personne décédée , et lecture faite du présent acte, avons signé avec les déclarants.

« Contestable, chan. secret. — Reynaud, v. g. — J. Barges. «

M. l'abbé Reynaud, vicaire général capilulaire, prononça le 12 février 1857, en présence de M*r Plantier, évôque de Nîmes, dans l'église métropolitaine d'Aix , Y Éloge funèbre de Mer d'Arcimoles (sic). Cet Éloge a été publié à Aix, chez Frédéric Vitalis, 1857 , in-8° de 32 pages.

Comte romain et prélat assistant au trône pontifical par bref du 29 novembre 1854, M** Darcimoles fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 9 août 1847, et promu officier de Tordre le 29 septembre 1852, lors du passage du Prince-Président à Aix.

Il portait pour armoiries : oVazur, à la fasce d'argent, chargée de trois dahlias de gueules, au chef parti, au lw de gueules à la croix trêflêe d'or, au 2e de sinople à l'étoile à cinq rais d'argent, et pour devise : Crux totius orbis lumen.

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