‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 109 sur 252 · PARIE · texte numérisé non relu

PARIE

dans le Béarn, et punir d'un coup de poignard la trahison de Bouillon ; puis on nous le montre combattant à Moncontour et après la perte de la bataille, détaché avec les restes de sa cornette à Sakit- Jeand'Angély, pour seconder Piles dans la défense de cette place importante. Nous avons parlé ailleurs (IV col. 425 et suiv.) des services signalés qu'il rendit durant le siège de cette place. Quelque temps après, nous le retrouvons à la tête de l'arrièregarde de la division de l'armée huguenote qui pénétra dans le Vivarais par Bagnols. Attaquée par la garnison du bourg Saint- Andéol, cette arrière-garde fut défaite complètement et perdit tons ses bagages.

En 1572, La Motle-Pujols se trouvait dans le Midi. Lorsque les protestants reprirent les armes après la Saint-Barthélémy, les Vicomtes lui confièrent le gouvernement de Caussade. Menacé par les catholiques, La Molte-Pujols se hâta de rassembler 600 arquebusiers et se prépara à recevoir vigoureusement l'armée ennemie, qui comptait 18,000 hommes. Après avoir emporté Terride et avoir fait pendre à une fenêtre un capitaine Fargue qui s'était rendu aux premières volées de canon, quoique la place fût forte et bien munie, l'amiral de Villars se présenta devant Caussade, pensant en avoir aussi bon marché. Mais il n'y gagna que des coups (Mêm. de Charles IX). Harassée, décimée par les .fréquentes sorties de la garnison, tenue comme assiégée dans son camp par le vicomte de Gourdon qui harcelait ses derrières, exposée à toutes les rigueurs d'un rude hiver, l'armée catholique dut battre honteusement en retraite au bout de trois semaines. La Molte-Pujols ne jouit pas longtemps de la gloire qu'il venait d'acquérir. Il fut, peu de temps après, tué par un de ses soldats, a lequel par inadvertance et hastiveté le perça d'un coup d'arquebuse. » Il venait à peine d'échapper à une tentative d'assassinat, essayée par le jeune vicomte de Gourdon, son ennemi.

— Peut-être Jean de Fargues n'est-il pas le seul capitaine huguenot qui ait porte le titre de sire de La Mothe-Pujols [V, 73 a note 1]. Toutefois c'est a cette famille de la Guyenne que doivent appartenir « Martin de Fargues natifz de Byarrys de Bayonne en Gascongne, » reçu habitant de Genève le 19 août 1555 (voy. III col. 260

lig. 33) et Petrus Farganus burdigalensis étudiant de l'acad. de Genève inscrit au mois d'avril 1605. Il y avait aussi à Orthez une famille de Fargues, dont un membre, Isaac, était ancien de l'église en 1677, et un autre, diacre en 1683 (Tt 235). — Nobles Falco et Olivier Fargues, de Grenoble, reçus habitants de Genève, 18 septemb. 1572. — Seigneurs de Fargues, voy. Méalet.

FARGUES (Jacques de), riche apothicaire et d'une très bonne famille de Montpellier. Il avait eu l'honneur de recevoir chez lui le roi Charles IX (Bull. XI 460), mais il était suspect, parce que son fils s'était montré zélé protestant dans les premières guerres ; aussi était-il soumis à une surveillance inquiète. Le 4 mars 1569, la police ayant découvert chez lui de la poudre et des armes, on le jeta en prison avec toute sa famille. Le même jour la populace pilla sa maison et y mit le feu ; puis, à la lueur de l'incendie, elle courut à l'Hôtel-de-Ville, contraignit le juge-mage et les consuls à condamner Fargues à mort, se le fît livrer et le pendit. — Les descendants de ce malheureux vieillard se réfugièrent en Angleterre à la révocation, et y formèrent une nombreuse famille. — Jean Bourdillon, pasteur de l'église française de Hoxton, y baptisa, septemb. 1753, le fils de Pierre Fargues réfugié du Languedoc, gardien des livres de l'église de Hoxton, et de Jeanne Liron. — Jean de Farges, de Montpellier, gentilhomme, réfugié (3 pers.) à Wesel en 1700 (Dieterici).

FAR1E, pasteur de Peyremale délégué au synode de Nîmes. 1678 (Tt 282) ; — (Antoine), de finies, étudiant à Genève (Antonius Farie nemausensis), août 1712.

— Dans ses Remarques sur la Bastille, l'avocat Linguet parle d'un conseiller au parlem. de Bearn, nommé Farie de Garlin qui fut mis a la Bastille en 1691 pour cause de religion et ne fut libéré qu'en 1714. Linguet raconte qu'il passa onze ans dans une des chambres nommées calottes.

Ces chambres, les plus élevées des tours, étaient formées de huit arcades en pierres de taille qui se réunissaient au milieu et formaient une espèce de plafond. On ne pouvait se tenir debout qu'au centre de la chambre. La fenêtre, munie de grilles, au dedans et au dehors, avait huit pieds d'épaisseur. Kn été, la chaleur était excès-

PARIE — FAtSOURNET

sive; en hiver, le froid insupportable.

Après avoir usé et pourri le peu de vêtetements et l'unique chemise qu'il avait sur le corps, Farie avait été réduit à n'avoir pas d'autre habit que la mauvaise courtepointe qu'on avait jetée sur son grabat [III, 814]. — S. Farignin, veloutier de près de Lyon, reçu habitant de Genève, juillet 1574. — Le sieur de Farinières, voy.

Amalvy, ci-dessus I, col. 165; voy. aussi les Mém. de Gâches.

FARJON (Pierre), du Gaila, étudiant à Genève (P. Farjonus cailasensis occitan us), novemb. 1666; consacré au synode du bas Languedoc en 1673, ministre de Fauffère et de Navacelle en 1673-81 ; de Vais en 1687; réf. en Hollande, 1687. — François de Farley, pauvre breton « xij s. > bourse franc, de Genève, 1555.— François Farnac d'Arpaillargues, mis en jugement pour s'être marié au désert avec une prosélyte, 1761 (E 3522). — A Jean-Pierre Farnex, de Romans en Dauphiné, lapidaire, assisté en passant à Lausanne pour aller en Hollande, 1696. — L. de Camus de Farjot [VII, 128 a]. — Antoine Fàron (écrit Fanon, t. I col. 60 lig. 9 en rem.), bonnetier pendu à Toulouse, 1562 ; — Faron on Ferron, famille de petits marchands à Metz; Jean, mercier, épouse Marguerite Couliez, fille du lieutenant de la prevosté, 1609; Anne, épouse en 1706 Philippe Dujmy, peintre de la duchesse de Lorraine (Cuvier). — Marie de Faron, fille de Charles de Faron gentilhomme de Nîmes, âgée de 9 ans, reçoit à Genève un secours die 15 écus en 1685, et un viatique en 1693. — Sr de Faronville, voy. La Taille.

— Pierre Faroy, de Paris, « en consomption », 30 ans, assisté à Londres (3 1. 6), 1702. — Farreau, pasteur de Montignac en Saintonge, 1660; (Jacques) brasseur, sa femme et 6 enf. réfugiés de Manheim à Magdebourg, 1698. — No'él Farregie, de Maçon, habit, de Genève, mars 1559.

— Claude Farin du Dauphiné, id. mai 1673 ; (Maurin), < de Donbolla en Lorraine, chapuys », id. fév. 1574.

FASQUET (Isaac), réfugié avec sa femme et 3 enf. à Strasbourg en Uckermark, déc. 1698. — Jacques Fasquoy, t eordoannier de Bar le duc en Lorreine, » réfugié à Lausanne, 20 nov. 1572. — Anne-Marie de Fanion enfermée aux Ursalines de Maçon en 1686, puis de Dijon

eh 1696 (M 668); vivement réclamée par son père Denis de Passion, gentilhomme de Buxi; — M. de Fassion ministre de Beaure paire en 1684, marié à d'i« de Jumin, réfugié du Dauphiné avec femme et enfant, 1699 (Tt 314). — Girard Fastre c natifs de Sle Manehoul en Champaigne, » reçu habitant de Genève, mai 1559. — Fascenque, pasteur à Montauban, 1566. — Pierre de Fatouville [VIII 273 bj.

FAU. Antoinette Fau, du Dauphiné, assistée à Lausanne, avril 1690; (Pierre), de Die, avec sa femme et 2 enf., assisté à Genève d'un viatique de 4 écus pour l'Irlande, 1693; (Jacques), de Montauban, charpentier, réfugié avec femme et enf. à Magdebourg, 1698 ; — (Jean), de Cal mont au comté de Foix, prosélyte, assisté à Genève en 1701 d'un viatique pour la Hollande. — De Faubares, ancien de l'église de S*- André de Valborgne, au synode d'Anduze, 1678. — Guillaume Faubert, menuisier, tué à Paris, à la Sl-Barthélemy ; (Martin) ministre à Taulignan, 1611-12; à Veynes en Provence, 1612-20; à Baurières, 1620-23.

FAUBOURNET de montfbrrant, ancienne famille du Périgord, dont une branche, celle de Saint-Orse [Haag, V 73], a professé la religion protestante jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. = Armes : écartelé d'or et de gueules.

Guillaume de Montferrand , seigneur du Maine et de Saint-Orse, fut le fondateur de cette branche. Il mourut le 11 mai 1621, ayant eu douze enfants de sa femme Louise fille de Jean de Fanlac, sieur de Saint- Orse, et de Françoise de Lagut, qu'il avait épousée en 1574. 1° L'aîné, Jean, sieur de Saint-Orse, né le 11 déc. 1575, se maria en 1605, avec Marie fille de Charles de Felets, sieur de Bersac, et d'Anne deRoflignac, et il en eut Jean, né le 13 janv. 1606, qui prit pour femme, en 1621, Jeanne fille de Pierre d'Espeyruc, sieur de Genouillac , et de Louise de Bouchiac. — 2° Jacques, sieur de Montferrand, né en 1577, baptisé en 1580, dans le château de La Force par Jean Dupuy, mourut en 1620, sans alliance. — 3<> Pierre , sieur de Peyrebrune, né le 18 avril 1579. — 4<> Antoine, sieur de La Faye et Saint-Orse, né le 3 mai 1583, à qui le marquis de La Force confia, en 1621 , le commandement de Clairac. C'était « un homme capable de

FAUBOURNET — FAUCHE

servir, s'il ne se fût laissé gagner au bon vin de Clairac, comme il fît par la suite. » Cette ville n'avait point approuvé la prise d'armes des huguenots , aussi avait-elle résolu d'ouvrir ses portes au roi; mais en apprenant le traitement fait à Bergerac, elle avait changé d'avis, en sorte que Louis XIII s'était vu forcer de l'assiéger. Sous la conduite de Lentillac l'aîné, les habitants disputèrent bravement les approches de la place et tuèrent beaucoup de monde à l'ennemi, sans réussir à empêcher l'établissement de trois batteries sur les hauteurs qui dominaient la ville. Le siège néanmoins aurait pu se prolonger longtemps, si Saint-Orse avait rempli ses devoirs, mais constamment ivre, il abandonna le soin de la défense à Sauvage, Auripech, Richomme et Boudou, qui soit qu'ils fussent vendus, comme on l'a dit, soit qu'ils désespérassent de sauver Clairac, persuadèrent au peuple, après douze jours de siège, de se livrer à la discrétion du roi. Maître de la ville, Louis XIII fit, pour l'exemple, pendre quelques-uns des habitants : le consul Denis, qu'on mena au supplice couvert de son chaperon; le procureur en la chambre de Tédit de Nérac Laforgue et son fils, qui était ministre; le médecin Le Poy, qui reçut sa grâce au pied de l'échafaud par l'intervention < d'une personne de qualité » qui estimait ses talents, et plusieurs autres. De leur côté, les soldats, contre la volonté des chefs, on doit le dire, se livrèrent au plus coupables excès, pillant, violant, tuant, au mépris de la capitulation. Saint-Orse, qui avait obtenu la vie sauve, se retira à Montauban, et fut chargé de défendre la corne de la porte de Villenouvelle. Plus tard, il servit sous Monpouillan au siège de Tonneins dont il signa la capitulation avec le sieur de Carcabanes. Il paraît qu'il n'intervint pas dans la guerre de 1622; mais il reprit les armes en 1628, et a la conclusion de la paix, il se rallia complètement au gouvernement. En 1630, il servit dans l'année de Piémont, et fut nommé gouverneur du fort de Briqueras. En 1636, il fut employé dans le Périgord. Il mourut, le 15 mai 1667, sans laisser d'enfants de sa femme Anne de La Porte, tille de Rainioud de La Porte, sieur de Lusignac, et de Marguerite de Lambert. — 5° Armand, sieur de Bussac, né le 19 janv. 1590, fut

tué, en 1622, à la défense du château de Montravel contre le duc d'Elbeuf. — 6° Raphaël, qui suit. — 7<> Jean, sieur de Foulonge, né en 1595, épousa, en 1627, Jeanne d'Abzac, dame de Rossignol et de Limérac, et mourut en 1644, — 8° Judith, femme deMagault Rousset, sieur de Chalvars. — 9° Esther, alliée à Jean de Lern, sieur de La Borie. — 10° Jeanne. — li« Marthe. — 12° Nèrée.

Raphaël, sieur de La Serve, né en 1592, servit, en 1622, sous le marquis de La Force, au siège de Montravel, où il lut fait prisonnier. Comme capitaine an régiment de Tonneins, il fit la campagne de Lorraine, en 1633. Il mourut le 21 aept 1660, et fut enseveli dans l'église de Saint-Orse, aux tombeaux de ses prédécesseurs. Il avait été marié deux fois : en 1638, avec Susanne fille de Marc de Ha+ tefort, sieur de Vaudré, et d'Anne de Roux, et en 1652, avec Jeanne d'Eymerf, dame de La Vergne, veuve de Léonat Douât, sieur de La Vergne. De ces deux mariages naquirent : 1° Antoine, qui soit; — 2° Jean, capitaine dans le régiment du Dauphin, mort dans le pays de Liège, à 32 ans ; — 3° Jean, sieur de Montferrand, capitaine dans le même régiment, tué en 1678, par ses soldats révoltés; — 4° Anne, femme, en 1657, de Gabriel de Saunier, sieur de Lamourat.

Antoine, sieur de Saint-Orse et de Montferrand, né en 1639, capitaine dans le régiment de Bouillon, mourut, en 1674, à Maastricht des suites de ses blessures. U avait épousé en 1661 , Jeanne 611e d'Elie de Fanlac, sieur de La Salle, et de Jeanne de La Ramière, qui lui avait donné neuf enfants, lesquels paraissent s'être convertis à la Révocation.

FAUCHE-BOREL, né en 1762 à Neuchâtel en Suisse, dans une famille de protestants réfugiés, et mort au même lieu en 1829 [Haag, V 75J. Son origine est le seul titre qu'il ait à figurer ici. U était imprimeur dans sa ville natale, lorsqu'ayant reçu la copie d'un pamphlet contre la reine Marie - Antoinette pour l'imprimer, il en donna d'abord communication à cette malheureuse princesse. Ce fut un enthousiaste qui, pris de tendresse pour la monarchie au moment où elle s'effondrait dans les agitations révolutionnaires, se mit à la solde du parti qui soutenait en France la

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