ER8IGNY
levée, ils donnarent a entendre a leurs seigneurs et supérieurs que c'estoit pour les mettre dans Lyon pour la garde de la ville... Mais M. le prince de Coudé chef de leur ligue, mal content (comme il estoit bon Prince et du sang généreux de Bourbon) des déportements de ce barbare Baron des Adrets et ayant en horreur ses cruautés, envoya à Lyon pour gouverneur M. de Soubize, gentilhomme xainctongeoys qui...
trouvant les couvents tous pleins de catholiques qui y estoyent gardez estroictement, les vivres courts et l'argent fort rare, fut d'avis que l'on permis t aux catholiques de se retirer la part ou ils voudroyent... Le Roy envoya aussi Mg1" le duc de Nemours avec une armée de sept huict mille hommes de pied... Il y avoit aussi quelques cornettes de Reystres, des arquebusiers à cheval [etc.]. Les protestants de Lyon eurent belle peur quand ils se virent cette armée sur les bras... Et combien que les forces de M. de Nemours ne fussent pas suffisantes pour assiéger une si grande ville que Lyon, si les tint-il tellement pressez qu'il les mit à la faim... Despuis, sur l'entrée du caresme de Tannée suivante, 1563, M. de Nemours estant avec son armée à S. Genys-la-val, distant seulement d'une lieue et demie de Lyon, comme sa cavalerie et surtout le valeureux sieur de Mandelot son lieutenant, ne failloyent point d'aller tous les jours courir jusque» aux portes et n'en rêvenoyent gnieres qu'ils n'en ramenassent des prisonniers ou du butin, ils prindrent entre antres, un jour, un Receveur des tailles de Lyon, nommé Marc Errain, séditieux et mauvais garçon et qui avoit quelque commandement dans la ville, à l'occasion de quoy les siens l'appelloyent le capitaine Errain. Il estoit natif de Mascon mais marié et domicilié à Lyon. Or jaçoit que tous ceux de Lyon qui estoyent en l'armée advertissent M. de Nemours et le suppliassent de ne point se fier en luy, ce Sinon sut si bien jouer du plat de la langue que ce bon prince se fia en luy de la promesse qu'il luy fit de le mettre dans Lyon et luy livrer la porte S. Just, d'où il luy representoit les moyens si faciles qu'il pensoit desjà estre dedans ; et à ces fins il le fit conduire jusques à Lyon, où arrivé il ne faillit de faire entendre le traicté à M. de Soubize et a ceux qui commandoyent en la ville qui ne faillirent de bien pourvoir a tout ce qui estoit nécessaire. Cependant Errain assigne le jour a M. de Nemours, auquel et à l'heure donnée, la porte S.
Just se trouva ouverte et y entra le valeureux seigr de Brissac avec quelque nombre des siens, mais si tost qu'il fut entré on baissa la grille et se treuvarent le sr de Brissac. et ceux qui estoyent avec luy prit entre deux portes ; et leur fut néantmoint la fortune si bonne qu'ils eurent la commodité et le loisir de ressortir et se sauver par dessus la muraille et n'y en demeura qu'un seul de marque. — M. de Nemours eust bien despui* sa raison de ce trahistre de Marc Errain, lequel il fit longtemps croupir en un cul de fosse et en fin mourir misérable.
ERMET (Jean), de Couches en Bourgogne, assisté à Genève, 1705. — Antoine Ernal, de Nîmes, td., 1701. — Pierre Emaudon, notaire de S1 -Marcel lin en Dauphiné, reçu habitant de Genève, il nov. 4572. — ErnauU, famille de marchands de Rouen, 1680, « religionnaires endurcis » (Tt 261 ; BuU. XI 292 ; Bianquis, La révoc. à Rouen, 1885). — M*1* d'Erne, mise aux Nouv. cathol. de Caen, 1688 (Tt 317). — Ernont, dit Judas, martyr, pendu à Valenciennes en 1567, avec Allard Barre, drapier, Jean Matieu, marchand de vin, Pierre Le Poivre et antres (BuU. VIII 272).
ERONDELLE (Antoine), < natif de Paris, • reçu habitant de Genève, nov. 1559. — (Jean) ; le roi lui permet, à cause de sa conversion, de tenir boutique d'orfèvre à Paris, 1688. — (Pierre), natif de la Normandie, pasteur [Haag, IV 541], a publié à Londres, selon Watt :
I. Remonstrance et exhortation aux Princes ehrestient à donner secours à l'Église de Dieu et royaulme de France, en franc, et en angl., Londres, 1586, in-8°. II. Nova Francia ; or the Description of that part of New-France, which is one continent with Virginia, transi, out of french, Lond., 1609, in-4°. — Autre Pierre Erondelle, étudiant en théologie à Sedan en 1607 ; pasteur à Sedan, 1610; à FranchevaJ près Sedan, 1619; puis à Rouen ; envoyé en cette dernière qualité comme député des églises de Normandie au synode de Castres en 1626 ; épouse Marie François; leur fille, Charlotte, est mariée, 1641, au temple de Charenton, avec Pierre Cattaigne, marchand drapier.
ERSIGNY (d'), famille parisienne emprisonnée et forcée à l'abjuration en 1686 ;
ERSIGNY
ESCANDE
voy. ci-dessus, t. V, col. 259 et les Archives de la Bastille, t. VIII, p. 389, 392, 412. Marie d'Ersigny, < femme de Cattard, » réfugiée à l'étranger, obtient en 1712 la permission de vendre les biens qu'elle a laissés en France (E 3396). — Jeanne et Madeleine d'Erval fugitives du royaume, 4688 (E 3374). — Pierre Etvieux, de Villeneuve de Berg, assisté à Lausanne, allant en Allemagne avec femme et enfant, avril 4699 ; — Ervieux (ou Hervieux), pasteur à Nanteuil, donne la cène à Courcelles près Metz, de 1760 à 1780 ; pasteur à La Ferté sous Jouarre en 1788 (Bull. Vin 569). — Ervin, de Beaune (Petrus Ervinus belnensis), étudiant à Genève, 1607.
ESGAMBOUX (Elisabeth d*), de la société des dames françaises réfugiées à Haarlem en 1719 et de celle de La Haye en 1763 ; morte dans cette dernière ville en 1770. — Antoine Escaphit, de Toulouse, admis à l'habitation à Genève, 23 oct. 1559. — David Escaffi, assisté à Genève, 1704. — Etcajfre de la Veiuière, du Mas d'Agenois, fugitif à la Révocation (Tr 267).
ESCALE ou Escale (Bernard), de Castres, étudiant à l'acad. de Puylaurens, 1660-63, puis à Genève (B. Scaleus castrensis apud Albios) en 1664, pasteur à St-Rome du Tarn en 1667, à Sableyroles et délégué comme tel au synode de S*- Aubin, 1668 (Tr 315), enfin à Lac rouie l te, 1672-85. — Jean Escalle, de S t- Vincent en Poitou, assisté à Genève d'un viatique pour l'Allemagne, 4685 ; (Franç.-Guill.), avocat, viguier de Bedarieux, 1765. — Escallez, fugitif de Castres, 1686. — Autre, Bernard Escale, manufacturier à Réalmont et Élizabeth Camille*, du même Heu, sont emprisonnés et condamnés à 1500 liv. d'amende pour s'être mariés au désert et y avoir fait baptiser un de leurs enfants, 1751 (archiv. du consist. de Nîmes). Arrêt prononcé par M. de S'-Priest à Montpellier, 26 oct. 1754, par lequel sont condamnés : « La femme du nommé Estalé et la veuve d'Austry Lagrandeur (voy. I, col. 588 et IV, 98) à être enfermées à la tour de Constance, plus J. B. La Chaume fils et Jean Barran fils, bourgeois de Réalmont, Jean Albigez, peigneur de laine, du même lieu et le sieur Guill. de Nanionnier s' de Castelfranc sieur de Loi-
marié au consulat de Venez, aux galères perpétuelles, plus Marin perruquier, Canalisé cordonnier et Mauriès fils, à la même peine par contumace, plus les nouveaux convertis des arrond. de Réalmont et Montredin actuellement prisonniers au château de Ferrières, à 600 liv. d'amende et 509 1. de frais, pour avoir assisté pendant la nuit du 5 au 6 juill. 1754, à une assemblée religieuse tenue au bois de Mirai, dans le taillable de Venez (arch. du cons. de Nîmes). — Jean Escallier, ancien moine franciscain, brûlé vif à Toulouse comme hérétique, en 1554. D est omis dans le martyrologe de J. Crespin *.
ESCANDE (Matthieu), métayer de la métairie del Puech (consulat de Montlédier, dioc. de Castres), convaincu d'avoir fait partie d'une assemblée religieuse tenue près du château de Montlédier et d'y avoir fait, à défaut de ministre, la lecture de la Bible, est, pour ce fait, condamné à être pendu et étranglé sur la place publique de Mazamet, son corps brûlé, ses cendres jetées au vent, ses biens acquis et confisqués au profit de Sa Majesté après prélèvement de 100 liv. d'amende et des frais du procès, par jugement du 14 avril 1689 (Archiv. de l'Hérault, C 169). — Un autre Etcande, supplicié de même, vers 1720. Une relation rédigée par un catholique à cette époque (Bibliot. de Nîmes, mss. 13838) nous apprend que des protestants de La Case et de Vabre célébraient souvent le culte sur une montagne du voisinage. On les surveilla et on en arrêta un certain nombre ; plusieurs curés des environs les livrèrent eux-mêmes à la justice, notamment « trois jeunes hommes bien faits résidants à la Case, » un cordonnier nommé Escande, né à Sablairolle et marié depuis peu de temps, un boulanger marié à La Case depuis deux ans, et un cardeur de laine nommé Samson. Ils furent condamnés à être pendus, Escande à Castelnau de Brassac, l'un de ses compagnons à Esperausses et le troisième à Vabres. < Leur fermeté ne diminua pas en chemin, dit l'auteur du mémoire. Attachez sur des chevaux, ils s'entretenoient à cœur ouvert avec une liberté surprenante pour des paysans. Arrivez à Castel-
1 Ainsi que beaucoup d'autres martyrs des premiers temps de la Réforme; on Ta fait remarquer, t V, ool. 1189.
ESCÀNDE
E8CHALLARD
nau, celai qui devoit être exécuté en ce lien prit congé de ses camarades dans l'espérance de les revoir bientôt an ciel. Il fut remis entre les mains dn curé de la paroisse, très honnête homme, qui, le même soir, avoua n'avoir jamais vu tant de constance, que toutes ses remonstrances avoient été vaines et que bien loin de se rendre à ses discours le patient avoit voulu disputer avec lui. Étant sur l'échelle, prêt à être jette, il déclara qu'il mouroit protestant et qu'il prioit les assistants d'en porter témoignage » (Bull. XIV, 464).
ESCARGEL (Nycolas), t cousturier, natife de Noyon en Picardie, » reçu habitant de Genève, 5 nov. 4554. — Pierre Escarman, c sargier de Bergerac, • reçoit à Genève diverses assistances, 4692. — Escayrae, pasteur de Flaix, 4665 ; de La Sauvent, 4674. — IXEsch, famille échevinale de Metz (Armes = burelé d'argent et de gueules), dont un membre, le chevalier Nicolas d'Esch, fut un ami de Farel et joua un rôle important lors de rétablissement de la Réforme au pays messin et dans les contrées voisines. Voy. Herminjard, Corresp. des réf., t. I, p. 352, 342 ; V, 385 à 447 et paum. — Constantin Eschaliêr, du Vivarais, faiseur de bas, réfugié en Suisse, puis venu en Hollande, 4699, pour se rendre à la Floride. — Jacques et Benjamin d'Eschalon, de Falaise, 23 et 48 ans, fils de Gabriel d'Eschalon, s? des Essards, réfugiés en Danemark (Tt 270).
ESGHALLARD [Haag, IV 544], t l'une des familles nobles les plus considérables de la généralité de Poitiers, » écrivait en 4664 le maître des requêtes Golbert du Terron dans son rapport au Roi sur la noblesse de cette province. Selon Beauchet- Filleau, elle commence à paraître en 4285 et dès la fin du XIVm* siècle, elle rend hommage pour divers fiefs importants, notamment celui de Maillé, aux châteaux de SLMaixent et de Thouars. = Armes :
d'azur au chevron d'or.
Antoine Eschalard, écuyer, seig* de La Boulaye et de Maillé rendit un aven au château de LaGuierche, 44septemb. 4499.
Il était lieutenant dans une compagnie d'ordonnance et se maria dans une famille qui rat bientôt protestante, celle d' Appelvoisin ; sa femme, Guyonne d'Appelvoisin dame de Chaligné, lui donna plusieurs fils.
L'alné, Honorât, épousa aussi une protestante avérée comme nous l'avons montré (IV, col. 4073), par une pièce de l'année 4565 qui fait voir qu'elle s'appelait Lucrèce de Puyguyon, qu'elle était déjà veuve à cette date, et que son mari l'avait laissée avec un fils unique appelé M. de La Boulaye, baron de Chasteaumur. Ce dernier était Charles, dont nous allons reparler. François, frère puîné d* Honorât, avait épousé de même, 4" avril 4554, une dl>* protestante, de la Normandie, Jeanne d'Aussy (I, col. 587). Celui-ci poussa plus loin son zèle pour la Réforme, car il était à Genève très peu de temps après son mariage, et donnait lieu à l'inscription suivante, sur le registre des nouveaux habitants :
1551, 4 septembre. Noble François Eschallet de La Bolayie, gentil homme du pays de Poictou, estant desja para van t avec sa supplication, aoys * est esté admys, et a juré comme les aultres [fidélité & la République].
Charles, fils d'Honorat et de Lucrèce de Puyguyon, fut élevé à la cour de Navarre comme enfant d'honneur du jeune Henri.
Au rapport de d'Aubigné, ce prince lui témoigna toujours une grande faveur, dont Eschal lard sut d'ailleurs se montrer digne. En 4576, il prit Civray par escalade, secondé par Boisragon, qui y fut tué ; c'est le premier de ses hauts faits dont l'histoire nous ait conservé le souvenir. En 4580, il emporta Montaigu, que la trahison de son lieutenant Butterie faillit lui enlever peu de temps après, et qui fut démantelée à la conclusion de la paix, après avoir soutenu un long blocus. La même année»
il défit un corps de Ligueurs logés dans Attigny, et assista à la déroute du duc de Mercœur. En 4585, il suivit le prince de Condè dans son expédition contre Brouage, où il se signala d'une manière particulière en forçant le pas d'Hiers, exploit qui ne lui coûta que quelques hommes, entre autres, le capitaine VignoUes. Eschallard accompagna ensuite Coudé devant Angers, et fut chargé de couvrir la retraite sur Beaufort. Placé à la tête de l'avant-garde, il passa la Loire avant l'arrivée des trou-
1 Audituê, ayant été entendu. Sur le français de Génère avant l'éducation protestante, voy. t. V, col. 522 note.
ESCHALLARD
pet catholiques, opéra sa jonction avec Laval, et prit avec lui la route de S*-Jeand'Àngély, où ils arrivèrent heureusement, le 2 sept., selon de Thon, ayant conservé intactes leurs deux compagnies, qui formaient un corps d'environ 130 chevaux et de 300 arquebusiers. Nous ayons raconté ailleurs (IV, col. 239) la part qu'il prit à la délivrance de Mme de La Trèmoille; nous ajouterons qu'au rapport de Fié f brun (S. Germ. franc., no 1019), c'est lui qui se chargea d'escorter jusqu'à La Rochelle la future princesse de Coudé.
fin 1586, Eschallard prit part à la défaite du régiment de Tiercelin. L'année suivante, il combattit à Contras sous les ordres du roi de Navarre, avec qui il fit, en 1588, la campagne du Poitou, durant laquelle il trouva de nombreuses occasions de signaler son courage, notamment à la reprise de Marans et à la levée du siège de Montaigu par Mercœur.
En récompense de ses services, La Boulaye avait été nommé gouverneur de Taillebourg et de Fontenay, titre auquel il ajouta plus tard ceux de chevalier de l'ordre du roi, de vice-amiral de Guienne et de capitaine de 50 hommes d'armes. Lorsque Henri IV eut en son pouvoir Charles de Bourbon, le roi des Ligueurs, il confia la garde de ce compétiteur à la fidélité du compagnon de son enfance. Eschallard se montra digne de cette confiance, et le roi en récompense le nomma son lieutenant dans le bas Poitou. En cette qualité, Eschallard fit une rude guerre aux Ligueurs. En 1591, il prit La Grève par surprise, s'empara de La Boucherie, battit les Bretons venus au secours, et se rendit maître d'un grand nombre de petites places. En 1593, il força Le Vigean à capituler, et défit le gouverneur de La Garnache ; mais la mort, 1594, interrompit le cours de ses succès1.
La Boulaye laissa cinq enfants de son
1 Inscription sur son tombeau : Charles Eschallart, chevalier, seigr baron de la Boulaye, Chasteaumor, Chaligné, Pierrefitte, La Tour d'Oiré, Cbandolent, Boistercinye et la Grosallière, consttller et chambellan ord. du Roy, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur et lieoten. gén. pour S. af . de Fontenay-le- Comte et pays du bas Poitou et vice-admiral en Guienne, décédé and. Fontenay le 5* jour de juin é onse heures du matin, l'an 1594. (Rxqhsvojd.)
mariage avec Marie Du Fou, fille de François Du Fou, baron du Vigean, et de Louise Robertet, et veuve de René de Talensac s* de la Bretonnière, savoir : 1° Philippe, qui suit ; — 2° François, baron de Ghampdolent, qui épousa Louise de Constant, et succéda à son beau-père comme gouvernenr de Marans. Suivant le Mercure françois c'est bien lui, et non pas Augustin de Constant (voy. IV, col. 594) qui, en 1621, porta les clefs de cette place de sûreté au roi Louis XIII, dès son arrivée à Fontenay, empressement qui lui valut d'être maintenu dans son gouvernement ; — 3<> Suzanne ' ; — 4© Louisr, mortes filles.
Philippe Eschallard, seigneur de La Boulaye, baron de Chateaumur, gouverneur de Fontenay-le-Comte après son père, et lieutenant des gendarmes de la reine, n'intervint pas d'une manière active dans les affaires des protestants. Il venait de prêter, par écrit, serment de fidélité à la cause des églises, lorsqu'il mourut à Loudun, an commencement de l'année 1616.
Instruite de sa mort par Sully, l'assemblée de La Rochelle nomma son fils aîné pour le remplacer, « sans tirer à conséquence, » en lui donnant pour curateur son oncle, le sieur de Loudrière, et en priant le prince de Gondé de faire expédier les provisions nécessaires. En 1621, le nouveau gouverneur fit écrire à l'assemblée de La Rochelle, par son lieutenant Valedan, « qu'il vouloit entièrement dépendre d'elle > (Brienne, n<> 225), ce qui ne l'empêcha pas de faire, bientôt après, sa soumission et, plus tard, de se convertir.
Outre ce fils, nommé Maximilien, Philippe Eschallard avait eu de son mariage avec Marie Hurault, fille de François, sieur du Marais et de Ghâteaupers, et de Rachel de Coche filet, contracté en 1604, trois filles, Louise, Marie et Marguerite. L'aînée épousa le marquis d'Allègre, les deux autres entrèrent dans des couvents par lettres de cachet probablement ; pour l'une d'elles au moins, la contrainte est
i Le dimanche 26* d'avril 1587 a esté baptixée par M. FUury, ministre en l'église d'Angiers, Susane fille de nob. homme Charles Eschalart et de dame Marie du Four, stetir et dame de la Bonllay, pairain Henry de Bourbon, roy de Navarre, premier prince dn sang, mai raine Loyse Oelfyer dame de Montosoir (Reg. de La Rochelle).
ESCHALLAKD — ESCODÉCA
prouvée par Tordre que nous avons eu sous les yeux (E 3372).
Une autre franche de cette famille, fondée par Antoine Eschallard,  frère d' Honorât, embrassa également la religion protestante. Du mariage de cet Antoine avec la dame de Châtillon-sur-Clain, naquirent deux fils, 1° Jacques, 2° Balthasar, sieur de Chatillon-d A vailles, qui défendit Maillezais contre Joyeuse, en 4586, mais qui dut bientôt capituler, sa garnison ayant été réduite à 27 hommes par le rappel de la compagnie de La Pienne. En 1596, il prêta le serment d'union à l'assemblée de Loudun, et mourut en 1609, laissant de son mariage avec Françoise Eschallard, un fils, Benjamin, et deux filles, Marie et Anne, qui ne semblent pas avoir persisté dans la profession des doctrines évangéliques. Le rameau dont Balthasar fut Fauteur, resta plus longtemps fidèle à la foi protestante. Balthasar Eschallard, sieur d* A vailles, épousa, en 1573, Louise Du Oouret, fille unique de Pierre Du Couret et de Catherine Àrembert. Il en eut Marie, femme de Jean de Rochechouart, et Benjamin, qui se maria, en 1624, avec Sylvie de Remigioux, puis, en 1635, avec Madelaine de Saint-Georges. Du premier lit sortit Balthasar, sieur d'Availles, qui épousa Madelaine, fille de Philippe de Saint-Georges sieur de Suaulx, et de Louise Gourjault, et qui en eut un fils, nommé Antoine-Louis, vivant en France, c'est-à-dire converti, en 1691.
Eschallart (L*). D*Aubigné cite un ministre de ce nom, en Bretagne, mort en
ESCHARD (Raymond), « citoien de la ville de Bloys, » reçu habitant de Genève, 15 oct. 1554. Jean Eschart, de Bloys, id., 19 septembre 1572. Yves fils de Yves Eschard, « libraire, natif de Tours en Touraine, » id., 24 avril 1569.
ESCHASSERIAUX (Jean), notaire à Saintes en 1520; François Eschasseriaux s' de Conteneuil, de la même famille, juge du bourg de Glion, puis conseiller au présidial de Saintes, élu échevin en 1569 et garde des sceaux-échevin de cette ville de 1576 à 1592. Guy fils de François avocat au parlem. de Bordeaux et Suzanne Johanneau sa femme font baptiser leurs enfants (1604-1609) au temple de Saintes alors établi à Bussac. Un de ses descen-
dants, Charles Eschasseriaux sieur du Ramet (paroisse des Gonds) épouse Marie Marchais sœur du président en l'Élection, Moïse Marchais, qui fut interdit de son office pour cause de religion vers 1 651 . Charles mourut aux Gonds vers 1671. Cette famille parait avoir abjuré à l'époque de la Révocation. Joseph Eschasseriaux né en 1753, reçu avocat au parlem. de Bordeaux en 1775, prit une part active aux événements de la Révolution de 1789, fut député à l'assemblée législative, puis à la Convention, membre du comité de salut public, puis du Tribunal et baron de l'empire en 1810 ; mort en 1823. La famille est rentrée aujourd'hui dans le protestantisme (Richbmond).
ESCHAUZIER (Samuel), chapelain du prince d'Orange, pasteur de l'église wallonne de La Haye et membre de la Société des sciences de Flessingue, est auteur d'un recueil de sermons qu'on a publiés après sa mort sous le titre de Sermons sur divers textes de V Écriture sainte ; La Haye, 1795, in-8°. — François d'Esclaud sieur de Myrigaux et Marguerite Dexant sa femme font baptiser leur fille Marguerite dans le temple de Rochebeaucourt, 1596 ; — d'Esclaud (ou des Claux) ancien de Laparade au synode de S^-Foy, 1681 (Tt 340).
ESCODÉCA (D1), noble et importante famille de Périgord, Agenais, Quercy; les nobles Escodéca étaient seigneurs de Boisse (ou Boesse), Montsavignac, Villebeau, Soussignac, barons d'Allemans, marquis de Mirambeau, de Pardaillan, Mauvezin, Hautcastel, etc. = Armes : de gueules à 3 chiens courants diffamés (sans queue) posés l'un sur l'autre.
Ni le père Anselme, ni d'Hozier n'ont donné de généalogie de cette maison et La Chenaye des Bois s'est borné à la mentionner. Les renseignements que nous présentons sur elle sont tirés principalement des archives du château de Mauvezin. Nous les devons à la bienveillance de M"»* la c"« M. de Raymond et de M. Tam. de Larroque.
Un Izarn d'Escodéca, chevalier, seigneur de Boisse en Périgord, vivait en 1066 et c'est de lui que parait être descendu : I. Hector d'Escodéca seigneur de Boisse qui épousa en 1298 Antoinette de Mourre, dont il eut ;
E8C0DÉCA
Izarn, qui sait et Béatrix, épouse d'un sr de Roquefort.
H. Izarâ, 1" du nom, sr de Boisse, marié 4° en 1344 avec Honorine Paga, fille de Fonçant Paga chevalier, 2° en 1348 avec Guillermine de Roquefort, fille de Pierre, d'où : Izarn, Bertrand, Hélie, Béatrix.
III. Izarn, 2»« nom, épousa Marguerite de Roquefort, d'où Izarn qui suit.
IV. Izarn, 3me du nom ; épousa Philippe de Biron fille de Guillem de Biron et de du* de Montagut, dont 1° Jean, 2<> Gaston, 3o Aimeri, 4° Ursin, 5<> Hélie, 6° Esclarmonde.
V. Hélie d'Escodéca, seigr de Boisse, épousa Julienne de Sammoniac et fut père de Izarn qui suit et Alquier.
VI. Izarn 4»« du nom, épousa Jeanne de Beinac dont il eut Raimond.
VII. Raimond d'Escodéca fut père (femme inconnue) de 1<> Bertrand qui suit ; $> Mathurin prêtre ; 3° Jean moine ; 4° Pierre prêtre ; 8* Catherine, femme d'Antoine de la Tour de Renier ; 6« Hélène, femme de Robert de Beauville.
VIII. Bertrand d'Escodéca sr de Boisse épousa, 1477, Marguerite, fille de Charles de Caumont et veuve de Jean de Cardaillac sr de Brengues. D'où 1° Jean qui suit; 2° Geoffroi; 3° autre Geoffroi (père de François et Isabeau) ; 4<> Charlotte ; 5° Marie, femme de Gaston de La Lande sr de La Taste en Agenais ; &> Hélène, femme du §r de Sl-Jory en Albigeois ; 7° Jeanne, femme de Pierre d'Aspremont.
IX. Jean d'Escodéca sr de Boisse [Haag IV 543] combattit vaillamment dans les rangs protestants au temps des guerres civiles, car il fut choisi pour gouverneur de la ville de Pons après que Boueard et de Piles s'en furent emparés (1568) ; il était l'année suivante à La Rochelle et y assistait aux séances du Conseil de la reine de Navarre {Bull. III, 124-131). Il eut de sa femme, Marguerite d'Atpremont, quatre fils : 1° Armand sr de Boisse, Cugnac et Roquépine, gentilhomme ordre de la chambre, marié avec Jeanne de BourzoUes qui lui donna deux filles : Marguerite, épouse, 17 oct. 1602, de Henry Nompar de Caumont de Casteldan duc de La Force, et Marie, épouse de J. de Lescours seigr de Savignac en Roussillon et baron d'Auradour ; — 2° Jean sr deMontsavignac mort
sans postérité ; — 3» François sr de Villebeau tué en 1588 au siège de Beauvoir-surmer; — 4© Pierre, qui suit ; — 5<> Catherine, femme de Jean de Ségur.
X. Pierre d'Escodéca, baron de Boisse joua un rôle considérable dans les guerres de religion sous Henri IV et Louis XIII. Il se distingua en 1587 à la bataille de Cou* tras. Il servait depuis longtemps déjà dans le régiment de Navarre, avec le grade de capitaine, lorsque, en 1592, il leva un régiment d'infanterie de son nom avec lequel il assista aux sièges de Dreux et de Rouen, et fit la campagne du Périgord en 1593. Son régiment, qui avait été fort maltraité sous les murs de Rouen, ayant été incorporé dans celui de Navarre, il en devint colonel et commanda aux sièges de Laon et de Dijon, au combat de Fontaine- Française, en 1595, et au siège de La Fère, en 1596. La même année, il prêta le serment d'union à l'assemblée politique de Loudun ; toutefois il n'hésita pas à se séparer de ses coreligionnaires et à suivre le roi au siège d'Amiens, en 1597. En 1598, il rat employé à l'armée de Picardie. En 1600, il fit la campagne de la Bresse et fut nommé par Henri IV gouverneur de la citadelle de Bourg, malgré Biron qui en conçut un vif mécontentement. Il signala son gouvernement de Bourg par des singularités qui soulevèrent l'indignation de l'évéque de Belley, J.-P. Camus, qui s'en plaint dans un de ses ouvrages & en ces termes : « Il y avait (dans le diocèse de Belley), une abbaye de moines richement fondée (abb. de Sl-Sulpice, ord.
de Citeaux) dont l'abbé était un capitaine huguenot marié, gouverneur d'une citadelle voisine et qui tenoit tout le pays en échec et en alarme. Il lui prit envie de faire un haras dans le couvent... L'église, grande comme une cathédrale servit à resserrer les foings ; à peine restoit-il une partie du chœur autour du grand autel qui fût libre pour les moines affin qu'ils y chantassent leur office... Monsieur l'abbé prétendu refibrmé pour fermer la bouche aux religieux et aller au devant de leurs plaintes haussoit un peu le chevet de leurs prébendes ou portions canoniques, les caressoit extraordinairemenU les recevoit à sa table dans la citadelle et les protégeoit
1 Intitulé L' Anti-Basilic. Voy. «oari le Diotionn. de Bayto A l'artieU BaU>r, »oU B.
E8C0DÊCA
contre tonte la noblesse voisine... Ce beau train dura près de hait ou neuf ans. » Ces 9 ans doivent probablement être comptés de 1602 jusqu'à 1611 année où la forteresse de Bourg fnt rasée. Nous ne retrouvons Boisse qu'en 1615, alors que le parti huguenot, allié à Gondé et aux autres mécontents, prit les armes pour s'opposer aux mariages espagnols. Après l'assemblée de Villefranche, à laquelle il assista, il conduisit son régiment à Tannée du maréchal de Bois-Dauphin • plus porté, dit La Force, d'ambition et d'avarice que de religion. > Une entreprise conduite par lui contre l'abbaye de Saint-Ferme, qu'il convoitait, échoua. L'année suivante, il servit sous les ordres du duc de Guise et mena du secours à La Force attaqué par Grammont. Au mois de décembre de la même année, il se démit de son régiment. 11 est fort probable que, dès cette époque, il commença à prêter une oreille complaisantes aux séductions de la Cour, qui, pour se l'attacher, le créa maréchal de camp, par brevet du 22 mars 1619. Ce fut en cette qualité qu'il servit en Guienne sous le duc de Mayenne, sans rompre ouvertement néanmoins avec le parti huguenot. Loin de là, les députés des églises «'étant assemblés à La Rochelle, malgré les défenses du roi, Boisse, d'accord avec son fils Mirambeau, avec La Forett gouverneur de Castillon, et avec les consuls de Sainte-Foy, Lajonie, Guigniard et J.
CappelU, leur écrivit, dès le mois de février, pour protester < de sa dévotion et fidélité en l'union des églises et en exécucuuon des résolutions de ladite assemblée. > Ces promesses, renouvelées encore le mois suivant, étaient, de sa part au moins, dictées par une odieuse hypocrisie. Boisse était dès lors vendu à la Cour, et il avait déjà reçu des ordres du roi pour fortifier Sainte-Foy et Monheurt contre les huguenots. A l'époque de l'assemblée de Sainte-Foy, dans le but évident d'affaiblir le parti protestant, il avait eu recours à toutes sortes d'intrigues pour faire nommer député à La Rochelle son affidé Penchât ou Penchât, qui ne tarda pas à abjurer, et pour se faire donner à lui-même le commandement en chef de la Guienne, de préférence à La Force. L'assemblée de Sainte-Foy, redoutant de mécontenter l'un ou l'autre avait renvoyé la nomina-
tion à l'assemblée de La Rochelle qui avait élu La Force général de la basse Guienne en lui adjoignant Boisse comme lieutenant. Peu satisfait de cette résolution qui rompait ses projets ce dernier refusa le poste qu'on lui assignait, tout en renouvelant d'ailleurs à l'assemblée l'assurance « d'employer sa vie et ses amis pour l'avancement de la gloire do Dieu et maintien de ses églises avec autant de zèle et fidélité que par le passé » (Brienne, n° 225). Or, dans le même temps, il fit partir pour la Cour Malleret de Feuilku, de Bordeaux, chargé de protestations d'obéissance et de fidélité de la part des villes de la Guienne. Maître de Montflanquin par Saint-Léger, qui y commandait ; de Tonneins-Dessus, par Jacques de Bruet, sieur de La Garde, qui lui était dévoué ; de Sainte-Foy, de Gensac, de La Mothe, de Castillon, de Montravel, il pouvait, jusqu'à un certain point, promettre à Louis XIII qu'il n'éprouverait nulle part de résistance; mais Rohan sut déjouer ses manœuvres, en sorte qu'à l'arrivée du roi, il ne put plus lui livrer que Monheurt et Sainte-Foy dont la garde lui fut laissée.
Boisse accompagna Louis XIII au siège de Montauban. Le connétable et les personnes les plus distinguées de la Cour, raconte le Vassor, lui faisaient des caresses extraordinaires pour l'engager à changer de religion, et il n'en paraissait pas éloigné. Selon Fontenay-Mareuil on lui promettait, pour prix de son abjuration, le bâton de maréchal de France et la lieutenance du roi en Guienne. Sur ces entre faites arriva la nouvelle que Mirambeau, son fils aine, et Théobon, son gendre, avaient profité de son absence pour se saisir de Monheurt et de Sainte-Foy. Boisse s'empressa de partir, par ordre du roi, et il fit une telle diligence qu'il arriva à l'improviste à Monheurt et s'assura sans peine de la place; puis il s"achemina vers Sainte-Foy où commandait Théobon. Mais en passant à Gensac, il y trouva Savignac d'Eynesse, huguenot exalté qui s'était promis de punir le traître. A peine était-il descendu dans le logis de l'avocat Nauze qu'il y fat attaqué et tué avec un prêtre, qu'au rapport du Mercure, « il avait toujours avec lui. » L'éloge que fait Pinard de cet ambitieux, c'est qu'il s'était battu vingt-deux fois et avait toujours tué son
E8C0DÉCÀ
adversaire. Fontenay-Mareuil réduit à sept le nombre de ses duels; c'est déjà trop.
Pierre d'Escodéca avait épousé Marie, fille de Jean de Ségur seigr de Pardaillan et de Madeleine de Lavergnc; sa femme ayant hérité de la terre de Pardaillan, en prit le titre. De ce mariage naquirent : 4° Armand qui suit ; — 2° Hector, auteur de la branche des marquis de Mauvesin ; — 3° Louis, écuyer, seigr de Soussignac, terre achetée par son père le 6 déc. 1617, moyennant 157,000 livres, à François Nompar de Caumont comte de Lauzun. Il épousa Judith de La Rochefoucaud (Le p. Anselme IV, 446) et en eut un fils, mort sans alliance en 1679, plus une fille, Maris, dame de Soussignac qui épousa François de Pons, baron de S*-Maurice, fils de Pierre de Pons et de Louise de Ségur ; — 4° Jeanne qui épousa, par contrat du 30 oct. 1616, Charles de Rochefort de Saint- Angel marquis de Théobon1 captai de Puichagut.
XI. Armand d'Escodéca, de Boisse de Pardaillan, marquis de Mirambeau en Saintonge par son mariage, septemb. 1617, avec Madeleine de Pons, dame de Mirambeau, Campagnac, Beaumont et autres terres, fille de Jacques de Pons et de Marie de La Porte. Après le meurtre de son père, auquel on F accusa faussement d'avoir consenti, il se saisit de nouveau de Monheurt que Louis XIII fit bientôt investir pour se venger sur cette petite ville de l'affront que ses armes avaient reçu devant Montauban. Le jeune marquis sembla d'abord disposé à vendre la place, au prix de 4000 écus ; mais bientôt, revenant à des sentiments plus honorables, il rompit la négociation, et bravement secondé par le capitaine Labroue, il se défendit avec courage. Les attaques furent conduites vigoureusement. La mort de Labroue, emporté, le 10 déc., par un boulet de canon, et la blessure de Mirambeau démoralisèrent les assiégés et, avec le découragement, l'esprit d'insubordination se répandit dans Monheurt. On parla donc de se rendre, mais le roi refusa d'abord toute composition. Il finit cependant par accorder la vie aux gentilshommes et permit à la garnison de sortir un bâton blanc à la main ;
1 Archiv. de Lot-et-Garonne ; Insinuations B 42. Mariage de leur fille, Anne, 1669, avec Henri de Labaig comte de Vialla; ibid. B 79.
mais il refusa de comprendre les habitants dans la capitulation. La ville fut livrée à la discrétion du soldat et réduite en cendres le 12 déc. Selon le P. Daniel, Mirambeau défendit ensuite Argenton qu'il fut forcé de rendre au duc de Luxembourg.
Le Mercure français appelle, en effet, Boisse ou La Boisse le capitaine huguenot qui commanda dans cette place en 1622, en ajoutant que, peu de temps après, il tomba en frénésie et mourut. Nous croyons qu'il s'agit de deux personnes différentes, Castelnaut nous apprenant dans ses Mémoires, et il devait être bien renseigné, que Mirambeau, irrité de ce que La Force ne voulait pas consentir à lui livrer le meurtrier de son père, passa dans le camp ennemi en 1622, tandis que selon l'Histoire journalière du voyage du roi en 1621, il fut tué en essayant de se jeter dans Sainte-Foy avec le vicomte de Castets.
Quoiqu'il en soit de cette contradiction, Armand de Boisse avait épousé en 2«»
noces, le 26 juin 1631, Victoire de Bourbon-Malauze '. Il n'eut d'enfants que de ce dernier mariage, savoir : Henry; Charlotte morte sans alliance ; Madeleine, épouse, 12 septemb. 1654, de Jean de Bardonin, comte de Sansac.
XII. Henry, marié le 14 fév. 1668 avec Elisabeth, fille de Jean de Bretinauld (ou Bertinaud) sieur de Saint-Seurin et de Marie Patrie, dont deux enfants, Henry, né le 19 juill. 1670, baptisé au temple de Charenton, et Victoire.
XIII. Henry répudia la succession de son père, et Victoire devint seule héritière ; mais étant sortie du royaume, avec sa mère, pour cause de religion, sa propre succession fut ouverte, et sa cousine germaine, Henriette de Bardonin, catholique, en recueillit le profit.
Branche cadette, d'AUemanset Mauvesin.
XI. Hector d'Escodéca de Boisse, baron d'Allemans, marquis de Mauvesin (Agenais), comte de Montblanc, seigr de Hautcaste 1 s, mestre de camp des armées du roi,
1 Ceci d'après les archivée du château de Mauvesin. On a vu plus haut (II col. 1086) que d'après les registres de Charenton, Armand d'Escodéca aurait épousé en secondes noces Rachel de Ma$sy, en sorte que son union avec Victoire de Bourbon-Malanze serait un troisième mariage, à ce qu'il semble.
1 En Quercy ; dans la commune de Pellagal, canton de Lauzerte, Tarn-et-Garonne.
ESCODÉCA — È&COLLÏERS
était le 3»« fils de Pierre de Boisse et de Marie de Ségur. Il épousa, 13 nov. 1624, Marguerite, fille et héritière de Gaston de Ferrand, baron de Manvesin et d'Antoinette du Faur, fille de Pierre dn Faur, seigneur de St-Jorry premier président du parlera, de Toulouse (V, col. 669), cousin germain du célèbre Guy du Faur seigr de Pibrac et de Charlotte de La Jugie. De ce mariage naquirent Henry qui suit, et deux filles ; Claude qui épousa Biaise de Verdusan dont elle n'eut pas d'enfants et Marguerite, mariée le 26 nov. 1663 avec Alexandre de Benquet seigr d'Arblade (voir Cauna, Nobiliaire des Landes, 1, 109).
XII. Henry eut (d'une épouse dont le nom reste ignoré) deux fils, Jean-Henry et Bonavbnture, ce dernier cité en 1690 dans un état des propriétaires de fiefs nobles de lasénéch. de Montauban.
XIII. Jean-Henry épousa Marthe de Comminges-Péguilhem dont il eut trois enfants, peut-être quatre : 1° Gilbert- Bo- NAVENTURE qui suit ; 2° Pierre, seigr de Montblanc, assassiné en 1677 ; 3° Anne, mariée le 10 fév. 1695, avec François de La Barthe baron de Lahaye ; 4<> ? Louis- Alexandrb-Josbph , reçu chevalier de Malte en 1735.
Le meurtre de Pierre, commis à S. Anthonin de Rouergue, est l'objet d'un dossier des archives de Mauvesin. Le jeune homme était en pension dans une Académie l dite de la ville (l'académie protestante du sieur Pierre Barthe escuier). Il fut « proditoirement et cruellement assassiné et tué sur le pont de la ville de S. Anthonin, le soir du 9* juin 1677 par le nommé Teyssier, pensionnaire des Carmes de la dicte ville de S. Anthonin, a la faveur de ses adhérans et complices » (Plainte du père de la victime). Ce crime doit être imputé à la rivalité existant entre l'académie protestante et le couvent des Carmes, qui tenaient aussi des pensionnaires (Procès -verb. dressé le lendemain par Ravalhe, juge de S. An th.). Procès -verbal de deux médecins. La justice voulant faire des recherches au couvent des Carmes, les religieux refusent d'ouvrir et les gens du roi, obligés d'entrer de force, après vaine recherche dans la maison d'habitation, découvrent le sr Teyssier dans la chapelle, caché sous le maître autel. Le
1 Voy. sur ces pensions, dites académies, t. V, col. 773.
prieur des Carmes expose immédiatement le S. Sacrement promettant néanmoins de remettre le criminel à la justice le lendemain (Procès -verb. du 11 juin). Le lendemain, autre procès -verbal des gens du roi attestant que le prieur et ses religieux confessent avoir cru faire un acte de charité en laissant évader le sieur Teyssier. Arrêt de la cour de Villefranche de Rouergue en date du 7 août 1677, qui condamne le sr Teyssier à avoir la tête tranchée, par contumace, et les pères Carmes aux dépens.
XIV. Gilbert-Bonaventure d'Escodéca, marquis de Boisse, baron de Mauvesin et Hautcastel, comte de Montblanc épousa (suivant La Chenaye des Bois, généalogie de Roissiac) Jeanne de Durand de Cominges dame de Yernoze, duquel mariage naquit une fille unique.
XV. Françoisk-Louisb-Marir , épouse, 8 juill. 1760, de François-Germain de Rossiac, baron de Verlhac ; dont un fils :
XVI. Henri- Alexandre de Verlhac, dit le comte de Verlhac, mort pendant la Restauration, sans enfant.
ESCOFFIER (Robert) étudiant à Genève (Rob. Ëscoferius) en 1567 ; — (Guillaume) ministre de Jametz, délégué aux colloques de Sedan, avril 1572 et juin 1576; — (Guillaume) ministre de Mussidan, 1591-1617; — (Isaac) professeur de philosophie à Die, 1620-34; — (Jean) pasteur d'Aimargnes en avril 1624 ; de Lunel, 1626-31 ; — (Jean) né à Lunel, pasteur à SuGiIles en mai 1664, interdit à perpétuité en 1680 (Tt 244), réfugié à Lausanne en 1688 ; — (Jean), de Sommiéres, étudiant à Genève (J. Scoffierus tectosagus Sommedriensis) en 1653 ; — Veuve Excouler et sa fille, de La Baume en Dauphiné, assistées à Genève, 1704 ; (André), de Chovas en Provence, id., 1704; Sa veuve, id., 1710 et suiv. ; (Marie) de Livron, id., 1710.
ESCOLLIERS (Claude d'), dit le capitaine Pastoureau [Haag, IV 545], capitaine de cent arquebusiers à cheval et commandant du château d'Alençon en 1589.
Pastoureau vivait en mauvaise intelligence avec le gouverneur de la ville, René de Renty, baron de Landelles. Celui-ci, pour se débarrasser d'un ennemi, répandit sourdement le bruit que Pastoureau, bien que huguenot, entretenait des intelligences avec Mayenne, et il fit si bien que quel-