FÉRET
ridictionis parisiensis, anno 1689, peint en 1690 et gravé par Duflos, 1711. La soumission aux convertisseurs ne coupa pas court aux persécutions dont sa famille et lui furent l'objet. Sa femme Jacqueline David, sœur du sculpteur de ce nom, lui avait donné plusieurs enfants dont une tille, Marie, épousa, le 1 janv. 1685, le peintre en miniature Simon Le Juge, le fils, et une autre fut mise au couvent à cause de son endurcissement de huguenote, puis emprisonnée au château de Nantes ; la malheureuse était atteinte d'un cancer et son père sollicitait humblement, 1687, la permission de la soigner (E 3373). Il se retira à Rennes où il mourut en 1717.
Pierre, dernier fils de Ferdinand Elle, né le 20 mars 1617 et inhumé le 5 sept. 1665, fut également peintre du roi. Il eut de Anne Cattier sa femme : 1° Marie, 1644-49 ; Louis, 1646-53 ; Paul, mort en 1648 ; Uranib en 1649, Anne en 1652 ; et d'une seconde épouse, Philiberte de Lêpine : Louise, née le 25 déc. 1650, mariée en déc. 1669 avec Jean Rou, avocat au parlement ; remariée en août 1679 avec le peintre Jean Laurent et morte en 1680.
FÉRE (Jean, fils de feu Adrian) « cousturier natifz d'Aumale, » reçu habitant de Genève, 1558. — Paul Ferè, de l'Armagnac, sieur de La Garcjp, et sa femme Anne Ouitard, de Maruège en Cévennes, réfugiée à Berlin avec 3 enfants, 1698 (Dieterici). Paul Ferré de La Garde, écuyer, enseigne dans les invalides de Spandau, 1705 (Erman). — François Ferré, écuyer, s? de la Fayolle, pasteur à La Rochelle, x\im* siècle.
FÉRET [Haag, V 92], nom d'un membre de l'église réformée de Paris des premiers temps, en 1534, lequel était alors un jeune homme ardent, « serviteur d'un apothicaire du roi, » que les fidèles parisiens,
• par un soudain mouvement et sans au-
• tre advis de ceux qui les eussent mieux
* conseillez, » dit Crespin, « l'envoyèrent
* en Suisse où l'Évangile commençoit a es-
• tre presché, pour avoir un sommaire de
♦ ce qu'on donnerait à conoistre au peu-
< pie pour instruction de la foi et religion
< chrestienne. » Féret fit le voyage et rapporta de Neuch&tel, et de la main du ministre neuchâtelois Antoine Marcourt, les fameux Placards, qui montraient les horribles grands et importables abus de la
messe papale, et il osa avec le concours de ses amis les afficher à profusion à Paris, et dans d'autres lieux, jusques sur la porte de la chambre du roi à Amboise. Ce fat le signal d'une horrible persécution dont il conviendra mieux de parler à l'article Marcourt 1. Il n'est plus question de ce Feret. -Un « maistre Guillaume Ferret»
figure le 26™ parmi les suspects ajournés, à Paris, à la suite de cette affaire des placards (V col. 881). — Rolequin Ferr* c compaignon libraire natifz de Paris, • reçu habitant de Genève, 1559. — Pierre Féret, marchand et bourgeois de Paris, prisonnier à la conciergerie, expulsé de Paris c pour le fait de la nouvelle secte ; arrêt du parlem. 26 janv. 1563 (Ar. nat X 2 a, 130, f<> 188). — Jehan Féret dict de Montlaurens, natif de Reims, étudiant à Genève, 1563. — (Pierre), marchand de draps de soie dans la rue S^Denys à Paris, massacré par ses propres neveux, ainsi que si femme, à la St-Barthélemy. — Marie Ferret née à Paris ; âgée de 72 ans, elle est assistée à Amsterdam, 1727. — Martin Feret, pasteur à Flessingue, 1584. — Estienne Féret, sr de Marsilly, trésorier général des finances à La Rochelle, épouse Marie Barbot ; d'où un fils, Estienne, baptisé le 7 août 1590 ; autre Estienne, éc sr de Marsilly, bapt. le 4 déc. 1593 et une fille, Marie-Suzanne, mariée an pasteur Pierre Salbert, écuyer, le 3 mai 1615. Marie Barbot, devenue veuve, épousa Gabriel de Voyen. seigr de MoyneGabet, lieutenant-criminel au présidial de La Rochelle. Les Ferret portaient pour = Armes : d'azur à 3 fers de lance d'argent. En 1674, Etienne Féret, sieur de Marcilly, agent du duc de Weimar près la Cour de France, mort à Paris, est enterré au cimetière des SS. Pères, assistants Daniel Barbot son cousin et Jacques Imbert ancien secrétaire des finances du duc d'Orléans (reg. de Charenton). — (Isaac), du Languedoc, tisserand, réfugié à Wesel, 1698. — (Pierre), de Nérac, chirurgien, assisté à Lausanne, sortant de France pour aller en Allemagne, 1699. — W.-P. Ferret, officier dans l'armée hollandaise, 1746-76; C. Ferret, chirurgien-major, 1765-83. — Ferret, pasteur puni de mort, à Strasbourg, pour avoir
1 Nous en avons déjà dit deux mots, 1. 1, col. 772 et V, 879.
PÉRET — FERRAGtJT
tenté d'exciter à la révolte les protestants d'Alsace pendant la guerre de 1755 (voy. Discours à lire au Conseil du Roy, p. 82).
FÉRIET ou Ferrie t, famille lorraine, originaire de Sl-Nicolas-de-Port, qui vint s'établir à Metz en 1525 et y devint considérable dans la magistrature. = Armes :
d'or à une croix de sable au franc canton de gueules chargé d'une tour d'argent.
Noble homme Jean Fériet épousa en 4563 Barbe fille de Mathieu de Mondelange, aman de Metz (catholique) et eut d'elle six enfants dont les trois premiers, catholiques. Gergonne (ou Georges), aussi leur fils, aman, épousa, 1592, Marie fille de Jacques Lespingal , laquelle se remaria en 1613 avec Paul Lebonhomme. De ce premier mariage naquirent 8 enfants, dont le cinquième Jean, bapt. Iel8fév. 1601, épousa (15 janv. 4623) Jacqueline fille de Jean Charpentier seigr de Bourgstal! et de Bournyer qui figure en 1569 dans le reg. du Conseil de la reine de Navarre (Bull. III. 135) comme trésorier de l'artillerie des princes. Ce Jean fut à son tour aman de Metz et sa femme lui donna six enfants dont l'ainé Paul, bapt. le 27 oc t. 1623, aman, s' de Verny et de Glatigny , épousa !• le 31 janvier 4644 Suzanne Pierrat. 2° le 26 avril 1671, Anne de Flavigny morte en 1728 à Berlin. Le deuxième, Louis, bapt. le 12 oct. 1625, fut colonel d'infanterie après avoir été capitaine au régiment d' Auvergne et mourut à 80 ans ; le troisième, Charles, bapt. le 31 août 1630, fut avocat et épousa, 11 juill. 1655, Elisabeth de Gray de Malmedy; leur fille, Anne, née le 23 mars 1660 épousa, 12 avril 1684, Paul Cornet sr de Lorry, capitaine au régiment de Turenne, mort à Metz en 1747.
Paul, né en 1623, eut dix enfants parmi lesquels : Marie, épouse en 1668 d'Aug. de Montigny, aman ; — Marguerite, née en janv. 1649, mariée le 20 déc. 1676 à Etienne Malchar, banquier, lequel fut mis en prison comme religionnaire, avec un Fériet, en 1688; — Louis, qui resta catholique et de vint président au parlem . de Metz ; — Louise, qui abjura à Metz en 1701; — Jean-Benjamin, conseiller de Cour qui épousa en 4719, à Berlin, Marthe fille de Salomon de Bar et, écuyer, sr de Ruvignan lieutenant - colonel d'infanterie, puis en 1723 Marie -Charlotte Lorenz, de Zell, lectrice de la reine de Hanovre, Sophie-Do-
rothée (t. V, col. 349) ; — Anne, née le 5 nov. 1684, mariée en 1720 à Jacques DeiroUesft Vcol. 196); etc.
Une sœur du premier Fériet ci- dessus nommé, Catherine, épousa, le 42 avril 1592, Gédéon de Lcmud, elle mourut en 1652. (Cuvier.)
FER1N (Fbrrier) , réfugié à Lausanne, 1570 (BuU. XXI 473); — Marie Chavernange femme de Denis Férin, d'Aubenas, secourue à Lausanne, allant le rejoindre à Berlin, 1694. — Thomas' Fermant, de Dieppe, assisté à Londres, 1706. — David Fermandy, de Montcabrier en Languedoc, réfugié à Halle, 1700. — Vincent Fermie « du lieu de Borguet au pays de Provence, • reçu habitant de Genève, 1559. — La femme et les 3 enf. de Paul Fermin assistés à Genève, allant en Suisse, 4703. — La veuve de Daniel Ferminet, de Metz, réfugiée à Berlin avec 3 enf., 4698. — David de Fernes, David Perrot son frère utérin, Jean-Pierre Fernez et Isabeau Vallon sa femme, tous de Romans en Dauphiné, assistés à Lausanne allant en Allemagne, 1697 et 98. — Jean Fernet, d'Issortille près Dijon, assisté à Genève, allant en Wurtemberg, 1706; — Anne Fernay d'Is-sur-Thille, id. 1709. — Arnaud de Fermer sieur du Villa épouse, à l'église réf. de Bédarieux, Suzanne fille d'Olivier de Thessan s? de Pujol, 4602. — Léonard FemouiUety sergent à Céant en Othe en Champagne, attaché et harquebuzé au poteau de la justice, 1562 (Crespin). — René Feran, maçon, massacré près Vendôme et Jean Ferrond notaire, à Manosque. même sort, 1562 (Crespin); conf. Ferron. — François Féron , de Paris , étudiant à Leyde, nov. 1697. — Jean Iferonce étud. en philosophie à Genève, mai 1742. — Marie Fèrondet, de Castres, réfugiée à Berlin, 1700.
FERRAGUT (Benoit), apothicaire, conseiller de la ville àMilhau, 1562 (Tt 236) ; — (Etienne), de Milhau, consacré au ministère pastoral en 1664 ; pasteur de Graissesac, 1664-65; de Mus, 1669-70; de Gallargues, 1670-71; de Baron 1674-73; de Congeniès 1673-75. Sa veuve, condamnée à la déportation , mourut sur mer, en vue de la Martinique (Relation de M. de Serres). — Marthe Ferraline, réfugiée d'Orange, assistée à Genève, 1703. — Ferranche, de Nîmes, réfugié à Yverdon, 1687.
F-ËRRAGtlî — FEÊR1EË
— David et Pierre Ferrât, frères, de Gap, assistés en passant à Lausanne pour gagner l'Allemagne, août 1697. — Ferrand, voy.
col. 474 ci-dessus, Ferand. — Jacques Ferraton, de Dezagny en Vivarais, maître d'école, demande un secours à Lausanne pour donner des leçons de musique, 13 nov. 1689; le mois suivant il est envoyé dans un village en qualité de chantre. — « Honorable Arnaulx Ferrante, natife de Chain* pigni sus Vuende, dioc. de Torrenne, »
reçu habitant de Genève, août 1552. — « Charles Ferré dict la Garaye, natif de l'évéché de Saint-Malo en Bretaigne, » habitant de Genève en octob. 1556; — André Ferré (ou de Fer?) d'Orléans, étudiant à Genève (Andréas Ferreus genabensis), 1563; Françoise Ferré, veuve d'un bourgeois de Poitiers, 50 ans, assistée à Londres, 1705; (Gabriel le) veuve d'un chirurgien de Niort, 61 ans, id. id.; Louise Ferré-La-Coste, du Poitou, fille, 58 ans, id., id. — Rachel Ferré, dame noble de Guyenne, 68 ans, assistée (10 l..st.)àCanterbury, 1702; Test encore en 1710. — Pierre Ferret, de Nérac en Gascogne, chirurgien, sortant de France , ayant attestation de Genève, assisté à Lausanne pour aller en Allemagne, 28 juill. 1699 ; — (la femme du sienr Paul), de Nérac, réfugiée (5 pers.) à Berlin, 1700; — (Pierre), de Normandie, « porteur de chaize, > réfugié à Berlin avec sa femme et 2 enf., 16Stë; (Pierre), d'Elbeuf, assisté à Genève d'un viatique pour l'Allemagne, 1706. — Isaac Ferrus, de S*-Maixcnt, id. 1698. — Donné « 5 sols à Jehan Féru qui a esté cordelier, demeurant chez Belin, » 1552 (Bourse fr. de Genève). — Joseph Féru, sa femme et une fille, assistés à Londres, 1702. Le même, en qualité de « maistre d'escole au quartier de Soho et des libertés de Westminster, » reçoit 151. pour ses gages d'une année finissant le 31 mars 1707.
1 . FERMER (Jean) avocat à Toulouse, pendu, 1562 (Orespin, 668). — Jean Ferrier, d'Agen, étudiant à l'acad. de Genève (J. Ferrerius agenensis), 1564; — (Pierre), d'Agen, étudiant en théologie à Genève (Petrus Ferrerius ageniensis vasco), mars 1607. — (Jacques), de Lyon, apothicaire, reçu habitant de Genève, 7 septemb. 1572, — (Jean de) sieur d'Autremans présent à Passemb. de Lunel, 1613. — (Jacques de), lieutenant du roi au siège de Caste Inau de
Brissac en 1620. — (Paul de) sieur du Terrai 1, capitaine d'une comp" de chevaulégers du régiment du baron de Lunat vers 1620. — (Jean) « marchand de Niâmes, tolléré comme les autres avec permission de trafiquer» à Lausanne, 1687.
— (César et Marie), du Dauphiné, assistés à Lausanne, 1694-97. — (Jacques) ouvrier en bas, de la vallée de PrageUs, pays des Vaudois, réfugié à Berlin, 1606;
— la d"« veuve de M. Ferrier, roédeàt de la vallée de Pragelas en Dauphiné, id. id. — (Antoine), maître serrurier du Vigan, réfugié à Magdebourg, 1698. — (François) dit la Forest, de Moissae en Cevennes, réfugié à Wezel avec sa fille, 1696.
— (Etienne), de S*-Bonnet près Gap, avec sa femme et 2 enf., assisté à Genève d'un viatique pour la Suisse, 1701. — (Jean), de Sommières en Languedoc, chirurgien, 31 ans, mort à l'hôpital de Lausanne, janv. 1711. — (Jean) d'Anduze, maître d'école et chantre, assisté à Genève, 1701, mort à Lausanne, 1719. —(Pierre-Antoine) de Narbonne, étudiant en théologie à Genève (Petrus Antonius Ferrier narbonensis) décemb. 1729. —Paul Férier, officier dans l'armée hollandaise, 1700-1722.
2. FERRIER (Jean-Baptiste) fut un vaillant capitaine, natif de Bonnieux en Provence [Haag, V 93] qui se signala par ses exploits en Languedoc ' sous les ordres du baron d'Allemagne et dont nous avons parlé (t. 1 col. 912) comme ayant pris part aux faits de guerre dont la place de Ménobre fut le centre de 1574 à 1578, faits que sa mort suivit de près (vers 1579) '. Il eut pour fils Jérémie Ferrier, pasteur trop fameux né vers 1570, à Milhaud, village voisin de Nimes.
Après avoir terminé ses études en théologie, Jérémie Ferrier fut, en 1596, donné
1 Voy. Barjavel, Dictionn. de Vauclose; voir aussi de Tbou.
1 Malgré la ressemblance da nom et la similitude du prénom, il faut se garder de le confondre avec Jean- Baptiste Ferrari (et non Ferrier) professeur milanais qui après avoir embrassé le protestantisme dans les vallées vaudoises, enseigna les langues hébraïque et syriaque au collège de Die, de 1611 a 1615, et rentra de nouveau dans le catholicisme en 1616 (Voy. Arnaud, Aead. proUst. de Die, 1872 iu-8°, p. 42). Quoique MM. Haag aient incliné vers oelte opinion, Jérémie Ferrier n'a rien «le commun avec ce Jean- Baptiste.
FERMER
pour ministre à l'église d'Auniessas, mais il ne la desservit que quelques mois et l'année suivante il exerçait les fonctions pastorales dans celle d'Alais. Il ne tarda pas à acquérir une certaine réputation, puisque le P. Cotton lui fit faire sommation d'entrer en dispute publique avec lui. Ferrier, qui était ambitieux, n'eut garde de laisser échapper cette occasion de se produire, et il se rendit à Nîmes, avec l'intention de descendre dans la lice contre le fameux jésuite; mais le sénéchal, à qui le consistoire en avait demandé l'autorisation, afin que tout se passât régulièrement, refusa de l'accorder. Le jeune ministre ent alors recours à la presse et publia sous le titre d'Essais l un petit livre dans lequel il s'escrimait contre les jésuites, mais d'une manière si vague, si peu sérieuse, si pleine de prétention et de pathos, qu'on croirait qu'il se peint lui-même lorsqu'il dit à son adversaire (p. 14) : «... Passe, c'est vostre t humeur de tout hasarder pour estre veu ; < de foire vos restes pour paroistre. Vous t jettes, après vos eslans, vos bouillons « sans mesure ni raison. > Cet opuscule est cependant précédé d'un éloge en vers latins par un autre adversaire du P. Cotton, le ministre Isaao Cheiron (IV, col. 284-85) et d'une épître de l'auteur datée du 20 janv. 1601 . « A Messieurs faisans profession de vraye religion à Nismes, > ce qui prouve qu'il avait toute leur approbation. En effet, il fut presque aussitôt (13 mars) nommé pasteur de Nîmes.
Ce fut sans doute en prenant possession de ses fonctions pastorales dans la chaire de Nîmes qu'il publia ses célèbres thèses de Y Antéchrist y qui soulevèrent une véritable tempête. Le parlement de Toulouse le décréta de prise de corps ; d'un autre côté, le synode national de Gap, auquel il avait été député, prit fait et cause pour lui. Afin de lui donner une preuve éclatante de sympathie, il le nomma vice-président, et il ordonna que la proposition soutenue par Ferrier, que le pape est
« Les Etsais de Jérémie ferrier; l'an 1601 (s. L), in- 16 de 152 pages. Bibliot de l'Arsenal, Théo). 9460. Contenant : 1. Discours de la vanité àm Jésuites. 2. Le pourtil des Jésuites. 3. La papesse Jebsne. 4. Les papes bérétiqnes. 5. Si la saincte Cène est sacrifice. 6. Si la bienheureuse vierge a droict de commander A nostre Seigneur Jeans-Christ.
l'Antéchrist, serait insérée dans la Confession de foi (voy. III, col. 1028). Henri IV, que cette déclaration imprudente blessa vivement, montra cependant assez de sagesse et de prudence pour assoupir cette affaire, et le partage de la Chambre mipartie de Castres, devant laquelle Ferrier s'était pourvu, lui ayant fourni une occasion naturelle d'intervenir, il défendit de continuer les poursuites.
Le 15 avril 1603, au synode d'Uzès, les pasteurs Gigord et Ferrier lurent ordonnés pour professeurs en théologie, lesquels ayant présenté leurs thèses imprimées aux commissaires députés par le synode pour leur faire subir l'examen, c a esté conclud que atandu le con tan terne nt que ceste compagnie a de leurs services et le tesmogniage qu'ilz en ont randu, il n'est besoin d'autre examen, ains qu'elle les reçoit et authorize pour docteurs et professeurs en théologie. M. Gigord pour l'acad. de Montpellier et M. Ferrier pour l'acad. de Nismes > (reg. des Archiv. du Consist. de Nîmes, 7 mai 1603) '. Ce fut pour l'acad. de Nîmes un heureux événement. Elle ne comptait alors que huit étudiants inscrits (Bull. III, 46) : Samuel Toussaint, Isaac des Yssarts, Josué Barbut, Gantelme de Nice, Paul Brillegent, Hipolyte Gentilhomme, Alexandre Pion et Isaac Ferrier.
Un an après le nombre des élèves s'était si fort accru qu'il fallut fonder une seconde chaire de théologie, qui fut donnée à Jean Moynier, et l'année suivante une troisième, pour l'hébreu, que le synode national de Gap jugea nécessaire et dont Alizier de Langlade fut le premier titulaire. L'enseignement de Jérémie Ferrier apporta donc d'heureux fruits à l'académie de Nîmes.
Il était en même temps un pasteur fort rigide. Il prononça en novemb. 1606 un sermon dans lequel les magistrats nimois étaient si rudement tancés an sujet des c vices et malversations publiques » qu'il aurait pu s'ensuivre un soulèvement populaire. Les quatre consuls présentèrent une requête au conseil de ville contre cette prédication ; mais le Consistoire prit hautement le parti de son pasteur, déclara les consuls c grandement censurantes de l'in- « deu recours qu'ils auroient fait au Conc seil et a une compagnie composée de
1 Notes de H. le past. Cb. Dakdisb.
FERRIER
c plusieurs personnes d'autre religion » et les consuls retirèrent humblement leur requête et déclarèrent c au sieur Ferrier « estre infiniment desplaisants d'avoir prô- « sente ladite requête qu'ils déclarent vi- * cieuse... et ont les dits sieurs esté réc conciliez tant avec l'Eglise qu'avec led. « s' Ferrier » (reg. du 21 mars 1607, p. 259). Un autre sermon de lui, prononcé quelques années plus tard, ne causa pas moins d'émotion dans la ville. Il représenta en Consistoire que depuis plus d'un an les jésuites s'efforçaient de dresser un collège à Nîmes, qu'ils avaient institué déjà trois classes et soustrait du collège tous les enfants catholiques et plusieurs de la religion et que cela était contraire au privilège de ce collège lequel était de fondation royale ; il rapporta ensuite que le dimanche précédent (8 août 1610) :
« Faisant le prêche de 8 heures du matin et exposant les versets 7, 8, 9 du ch. VI, liv. I de Samuel où il est dict que les devins et magiciens des Philistins leur conseillaient de renvoyer l'arche du Dieu d'Israël... il feit comparaison, comme le texte le requeroit, de l'idolâtrie de l'Église romaine a celle des Philistins et monstrant comme les idolâtres ont accoustumé par failli miracles se confirmer en leurs erreurs... Que suytte de cella il recita un faulx miracle forgé par les jesuittes touchant ung de leur ordre nommé Henry Garnet, lequel avoit esté exécuté en Angleterre [en 1006] comme convaincu d'avoir volu faire mourir le roy la reyne et leurs enfans... Que le jesuitte qui presche en ceste ville pour les papistes ayant distribué et donné plusieurs exemplaires [du portrait miraculeux de Garnet] despuis la mort de nostre roy [Henri IV] il a donné a cognoistre que suyvant la doctrine de ceulx de son ordre, il approuve telz assassinatz abominables, qualifiant martyrs et bienheureux ceulx qui les commettent; et de là prit occasion de remonstrer au peuple le tort que se font ceulx qui ont des enfans d'en commettre l'instruction a telles personnes et adressant la parole aux magistrats, leur fait voir comme leur charge les oblige a empescher les jesuittes d'enseigner la jeunesse... etc., etc. sur quoi « Tous ceulx du consistoire ont déclaré le dict sieur Ferrier n'avoir aucunement excédé et n'avoir donné subget légitime d'offance a aulcun de quelle qualité qu'il soyt, n'avoir rien dict qui ne serve
a maintenir la paix et le repos de l'Estat, et pourtant ont approuvé et approuvent tout ce qu'il a dict comme ayant esté saine terrien t et devottement dict et a édification... (reg. du Consist.. p. 284).
Jérémie Ferrier était donc comblé de toutes les marques de la confiance de ses coreligionnaires. Le 8 mai 1607, l'église de Paris l'avait demandé officiellement, comme pasteur, au Consistoire de Nîmes.
Celui-ci refusa, mais un peu plus tard (29 juill. 1609 ; registre X, p. 147), on consentit à le prêter pour six mois. En 1605, il avait été député à l'assemblée de Chatellerault ; en 1608 à l'assemblée de Gergeau ; en 1609 il représenta les églises du bas Languedoc au synode national de S*-Maixent qui l'élut vice-président; en 1611, enfin, il fut député de nouveau, avec Henri Hardouin, sieur de La Cal mette, premier consul de Nîmes, à rassemblée politique de Saumur, qui l'adjoignit à 1j% Case, Courtomer, Mirande et Armel, chargés de porter en Cour le cahier des doléances. Ce voyage en Cour rat fatal. Tant d'estime lentement et vaillamment conquise, Ferrier devait la perdre en un jour. Élie Benoit, dans son Histoire de PEdit de Nantes, scrutant les replis de ce caractère, nous dépeint Jérémie Ferrier comme nn homme intéressé *, fourbe, ambitieux, inconstant, brouillon, sans jugement, et peu capable des intrigues dont il eut l'imprudence de s'embarrasser. Mais il avait, ajoute l'historien de l'édit de Nantes, assez de courage, l'esprit vif, l'imagination enflammée, une grande facilité à parler, un ton de voix impérieux, une véhémence dans l'action et dans le discours qui entraînait les auditeurs et qui ne leur laissait presque pas la liberté de lui contredire. Il est curieux de rapprocher de ce portrait celui que Tallemant des Réaux trace du même personnage : « Quoiqu'il ne rat ni docte ni éloquent, lit-on dans les Historiettes, il passoit pourtant pour un grand personnage dans sa province ; il étoit patelin, populaire, et pleuroit à volonté, de sorte qu'il avoit tellement charmé le peuple, qu'il le menoit comme il vouloit. » Tallemant ajoute que c'était l'homme du inonde le plus avare, jusque là que, quand
1 On voit par les notes de M. Dardibe que le* reg. do Consist. abondent en preuves sur oe point.
FERMER
il était député à quelque synode, « il vivoit si mesquinement, et recherchoit avec tant de soin les repues franches, qu'il épargnoit les deux tiers de ce qu'on lui donnoit pour sa dépense. » Avec un tel fond de caractère il était facile à corrompre.
Ce fut pendant son voyage à la Cour qu'il se laissa gagner. Dès son retour à Saumur, il prit ouvertement le parti du gouvernement, soutenant avec beaucoup de vivacité dans l'assemblée que les protestants devaient se contenter de l'édit de Nantes, tel qu'il avait été vérifié par les parlements; aussi, lorsqu'il se présenta devant celle de Sommières pour rendre compte de sa mission, le pasteur d'Uzès, Faucher, se faisant l'écho des bruits qui commençaient à courir sur son compte, l'accusa-t-il de trahison. L'assemblée repoussa cette imputation comme calomnieuse ; mais, dans un voyage que Ferrier fit, en 1612, à Paris, les bruits prirent plus de consistance, on disait hautement qu'il se ferait papiste, en sorte que le synode national de Privas sentit la nécessité d'intervenir, pour prévenir, s'il en était encore temps, un grand scandale. Il rendit d'abord un décret qui exclut, pour l'avenir, les professeurs en théologie des assemblées politiques ; puis, soumettant à une enquête rigoureuse la conduite du pasteur de Nîmes, et considérant qu'il avait quitté, sans congé, l'église de Paris, après avoir promis de la desservir ; qu'il avait apporte beaucoup de négligence dans l'accomplissement de ses devoirs de professeur, à cause de ses fréquents voyages à la Cour et aux assemblées politiques; qu'il s'était ingéré dans le maniement des deniers ecclésiastiques, dont il s'était approprié une assez forte somme, il lui enjoignit d'écrire une lettre d'excuse à l'église de Paris, lui défendit de paraître, pendant six ans, aux assemblées politiques, et lui interdit l'exercice de ses fonctions dans le Languedoc. Dès qu'elle eut connaissance de cette sentence sévère, l'église de Nimes se hâta d'envoyer à Privas à'Agulhon et Barnier, tous deux magistrats, Arnaud Guérand second consul, Vestric-Favier, du corps de la maison de ville, et les pasteurs Su/frein et Chambrun, pour demander qu'on lui laissât son ministre. Sur le refus du synode, les députés s'emportèrent contre les représentants des églises en dé-
clarant que Nimes garderait son pasteur en dépit d'eux. Ce furent les deux ministres Suffrein et Chambrun qui portèrent la peine de cette sortie. Le synode les blâma fortement d'avoir accepté une semblable députation, et il ordonna que Ferrier irait remplacer Charnier dans l'église de Montélimart. Ferrier n'en tint compte ; il continua à remplir ses fonctions comme auparavant, en sorte que le colloque du Lyonnais, assemblé à Ouilins, le 23 août 1612, sous la présidence du pasteur Roy, le condamna comme rebelle, en vertu des pouvoirs qui lui avaient été conférés par le synode national, et suspendit le ministre Mardochée Suffrein comme fauteur de sa rébellion (TV 232). Suffrein se retira à la fois de l'église et de l'académie, où, dès 1607, il avait succédé à Alizier de Lang Iode, et Ferrier partit pour Paris ; mais, n'ayant probablement pas obtenu, tout d'abord, le prix de sa future apostasie, il se présenta devant le consistoire de Charenton , pour protester < de ne rechercher aucune autre vocation que celle du saint ministère, > protestation qui ne l'empêcha pas, fort peu de temps après, d'accepter la place d'assesseur criminel au présidial de Nîmes.
Pour braver ses ennemis avec éclat, il se hâta de retourner dans le Languedoc, et demanda d'être mis immédiatement en possession de sa charge. De son côté, le consistoire, ayant à sa tête le ministre Chambrun et le premier consul Saint-Cèsaire, se rendit en corps auprès des officiers du siège présidial, pour les prier de suspendre la réception, jusqu'à ce qu'on eût reçu la réponse aux remontrances et supplications que le conseil de ville avait envoyées au roi. Tout fut inutile; Ferrier fut installé, à l'heure même, dans la place, non pas d'assesseur criminel, mais de conseiller \ Le consistoire le fit alors sommer, à quatre reprises, par « l'advertisseur » Louis Dupont, par David Guérand apothicaire, par de Monteils avocat, et par le pasteur Olivier, de se présenter devant lui
1 Sa nomination a l'office de « Conseiller du roi au siège présidial de Nismes » fat faite par lettres patentes datées de Fontainebleau, 24 mai 1613. Il succédait à Jean de Lacroix et ce fat Salomon Round qoi fat définitivement pourvu de cette charge le 11 septembre 1613.
(ï*t>ADEL.)
FERRIER
pour répondre à l'accusation d'avoir déserté sa charge. Il refusa d'obéir, en disant que le colloque du Lyonnais l'ayant déposé, il se regardait comme libre. Le consistoire passa outre, et ordonna de procéder contre lui par admonitions publiques, sentence qui lui fut signifiée par les pasteurs Bouton et Villaret, et par les anciens Baile et Fournier. Ferrier répondit par un appel comme d'abus (M 668). Dès lors, le consistoire porta l'affaire devant le synode provincial, qui, le tenant pour « obstiné dans ses péchés, roidi dans ses rébellions et désobéissances, et endurci dans son impénitence, » ordonna au pasteur Brunier de lancer contre lui, du haut de la chaire, le dimanche 14 juillet 1613, un sentence d'excommunication, conçue en ces termes :
« Ledit M. Jérémie Ferrier est. un homme scandaleux, incorrigible, impénitent, indisciplinable ; et, comme tel, après avoir invoqué le nom du Dieu vivant et vrai : au nom et en la puissance de notre Seigneur J.-Ch., par la conduite du Saint-Esprit et l'autorité de l'Eglise, nous l'avons jeté et le jetons hors de la compagnie des fidèles, afin qu'il soit livré à Satan ; nous l'avons retranché et le retranchons de la communion des Saints, déclarant qu'il ne doit plus être censé ni réputé pour membre de J.-Ch., ni de son église, mais tenu comme un païen et un péager, pour un profanateur et contempteur de Dieu ; c'est pourquoi nous exhortons les fidèles, et leur enjoignons, au nom de notre Maître, de ne plus converser avec cet enfant de Bélial ; mais de s'en éloigner et séparer, en attendant, si en quelque manière, ce jugement et cette séparation, à la destruction de sa chair, pourra sauver son ame, et lui donner de l'effroi pour cette grande et redoutable journée, en laquelle le Seigneur viendra avec les milices de ses Saints, pour rendre jugement, et convaincre les pécheurs de tous leurs crimes et impiétés, et tous les méchaus des desseins pernicieux, des mauvaises paroles et des œuvres abominables qu'ils auront commises contre Dieu et contre son Eglise. Amen. — Maudit est celui qui fait l'œuvre du Seigneur lâchement. Amen. — S'il y a quelqu'un qui n'aime pas le Seigneur J.-Ch., qu'il soit anathème. Maranatha. Amen, — Viens, Seigneur Jésus, viens. »
On (lirait une formule d'excommunication empruntée au moyen âge.
Ferrier put braver néanmoins le synode du bas Languedoc. Le lendemain même du jour où il avait été excommunié, il se % rendit au présidial, escorté par quelques archers du prévôt. A son retour, il fut hué par une bande d'enfants auxquels se joignirent bientôt des hommes du peuple, qui le poursuivirent à coups de pierre, en l'appelant traître Judas. Il se réfagia dans la maison du lieutenant principal au siège présidial, et pendant qu'il s'y cachait tout tremblant, l'attroupement, se portant contre sa maison, où se trouvait sa femme prête à accoucher, saccagea tout, brûla les meubles et brisa les fenêtres l. L'intervention des consuls et du consistoire luimême apaisa promptement l'émeute ; mais elle se ralluma lorsqu'on apprit que, pour punir la ville, la Cour avait ordonné la translation du siège présidial à Beaucaire, et avait enjoint à la Chambre de l'édit de Castres d'informer contre les coupables.
Le calme toutefois ne tarda pas à se rétablir, et après cinq mois de sollicitations, le roi consentit à accorder des lettres d'abolition '.
Ferrier, que les consuls avaient fait évader, s'était cependant retiré à Beaucaire. On a dit qu'il y abjura la religion protestante ; mais c'est une erreur, il était trop habile pour tant se presser. De Beaucaire il vint à Paris, où il ne se fit même pas catholique tout de suite, à ce qu'affirme Tallemant des Réaux : il ne se convertit
1 II fit imprimer sur le moment même un récit des faits (en 63 pages in-4°) dont un exemplaire se trouve A la Biblioth. nftt.. mss. fr. n* 20,965, f° 153. En voici le titre : Considérations d' estât sur Us mémoires envoies par le» consuls de Niâmes aux Députez généraux des Eglises P. R. de France residens près de LL. MM., a la justification des calomnies faulsemcnt imposées au sT Ferrier cy -devant ministre au dit Nismes, avec une exhortation a luy mesme le conjurant par des raisons invincibles d'embrasser la Foy et Religion Catholique, 1613 (sans lien). Snivi de : Récit véritable de l'émotion faicte a Nismes le 15 juill. 1613 contre le sieur Ferrier. — Dans le t. XI p. 103 des registres du Consistoire de Nîmes on lit que le 27 août 1614, le libraire-imprimeur Vaginard fat censuré pour avoir imprimé sans permission de la C** nn certain livre intitulé La métamorphose de J. Ferrier. '
* Un écrivain anonyme, mais huguenot, raconte avec détail toute cette affaire dans des Mémoires sur l'esmotion arrivée en la ville de Nismes, lesquels ont été publiés dans les Archives curieuses de Cimber et Danjou. T. I de la 2** série.
FERMER
FERRIÈRES
qae quand le clergé par l'intervention de Du Perron, lai eut assuré une bonne pension. Après son abjuration, il combattit ce qu'il avait avancé an sujet de l'Antéchrist, dans un livre qui parut sous ce titre : De r Antéchrist et de ses marques, contre les calomnies des ennemis de r Église catholique, Paris, 1615, in~4°. Il eut l'audace d'en envoyer on exemplaire à Du Ptessis-Mornoy, qui lui répondit les plus cruelles vérités. Dix ans plus tard, le gouvernement lui fit l'honneur de l'employer, pendant la guerre de la Valteline pour défendre contre les écrivains aux gages du cabinet de Madrid, l'alliance de la France catholique avec la Hollande protestante. C'est alors que sous le titre : Le catholique d'état ou Discours politique des alliances du roi très chrétien, contre les calomnie* des ennemis de son état (Paris, 1625, in-8"; 3™ édit., Paris, 1626), il mit au jour un ouvrage estime un des meilleurs du recueil Du Chatelet, où il prit, contre les partisans de l'Espagne, la défense de la politique de Richelieu et de l'alliance de la France avec les puissances protestantes. Cet onvrage lui gagna la faveur du cardinal, qui le fit nommer, en 1626, conseiller d'état et privé, et qui voulut qu'il accompagnât le roi dans le voyage de Bretagne. A son retour, Ferrier tomba malade de la fièvre et fat emporté le 26 sept, de la même année.
Les actes du synode de Gap parlent d'an livre de Ferrier, intitulé Tttotûwûhju; •toXÔTtxai, qui avait été imp. avant 1603, et dont le synode l'engagea à donner une seconde édition. Il s'agit, sans doute, des fameuses thèses sur l'Antéchrist. Nous n'avons pas trouvé trace de cet ouvrage.
La femme de Ferrier, Isabeau de Guirond, resta fidèle à sa religion jusqu'à la fin de ses jours, car elle rat enterrée le 21 janvr 1659, au cimetière protestant de la me des SS. Pères. Mais deux de ses enfants se firent catholiques, qui tous deux périrent de mort violente. Le fils fut tué, en 1638, par des laquais ; la fille, dont la dixième satire de Boileau a stigmatisé les honteux petits méfaits et ceux de l'avare, son mari, le lieutenant criminel Tardieu, Ait assassinée par des voleurs, en 1665.
Ferrier et sa femme avaient eu 9 enfants l : 1* Arnaude, morte en juill. 1610;
1 Notes de H. Ch. Saorixe.
2° une autre fille baptisée le 30 avril 1601 ; 3° Jehan, né le 27 août 1602, parrain Jehan Ferrier étudiant en théologie, marr.
d"* Catherine du Jardin ; 4° Bernardine, née le 13 août 1603, marraine Bernardine iTAirebaudouze ; 5<> Tristan, 24 juin 1605,— 12 nov. 1606, parrainM. de S. Chaptes et marr. M™ d'Agulhonet; 6° François, né le 11 avril 1607, parrain Mardochée Suffren ministre et marr. Jehannetfr Constant; 7° Fernande, 7 oct., — 17 nov.
1609, parrain M. de Baudan et marr. Fernande de Baudan ; 8° Jehan, né le 9 nov.
1610, parrain Jean de Brueis conseiller au présidial et marr. Esther de Mazandier ; 9° Marie, la lieutenante-criminelle.
Enfin un détail inattendu nous est donné par le cavalier Bernin dans le Journal du Voyage qu'il fit en France en 1665 \ c'est que Ferrier possédait une belle collection de médailles qui passa après lui à un de ses fils, lieutenant d'artillerie, puis à sa fille, Marie, collection assez importante pour avoir été achetée par le roi après le décès des Tardieu.
1. FERRIÈRES (Jean de), seigneur de Maligny [Haag, Y 97], appartenait à Tune des plus illustres maisons de la Bourgogne. = Armes : d'argent au sautoir engrelé de gueules. Ferrières est aujourd'hui un hameau du départem. de l'Yonne ' (environ 220 habit.). Ces de Ferrières étaient des officiers distingués, et très dévoués, de la maison de Bourbon. Jean, grand-père du Jean dont nous vouions parler, mort en 1496 avait été conseiller et chambellan des duc Jean de Bourbon et Pierre de Beaujeu ; il avait épousé en deuxièmes noces, Marie de Damas, dame de Maligny et avait laissé d'elle deux fils : Philippe, qui eut la terre de Ferrières, et François, qui eut celle de Maligny. François, chambellan du fameux connétable de Bourbon, plut à une vertueuse (Brantôme) demoiselle de cette maison princière, Louise de Vendôme, sœur de Louis de Vendôme, prince de Chabanais, vidame de Chartres etc., et les deux amoureux furent officiellement fian-
1 Publié par M. Lud. Lalanne dans la Gazette des Beaux- Arts (1885).
1 II y a des gentilshommes du nom de Ferrières en Bretagne, portant 3 fers a cheval ; en Normandie, 6 fers achevai (3, 2, 1); en Saintonge les fers a cheval se transforment en 6 toussons de gueules.
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ces en 4516. Mais c'était malgré le frère de la future, qui entendait hautement garder pour lui tous les biens de sa sœur et qui pour la punir de s'être passée de son consentement la tint un an et demi dans une dure captivité et ne lui rendit la liberté et la permission de se marier que moyennant une transaction par laquelle François de Ferrièrcs abandonna toute espèce de droit sur les biens de sa future femme. Il signa, mais le jour même (il fév. 1519) et dans tout le cours des négociations qui suivirent, il se rendit chez deux notaires de Paris pour y rédiger et signer de vives protestations contre les actes qui lui étaient arrachés. Le mariage fut conclu au mois de septembre et le beau-frère, Louis de Vendôme, mourut en 1526.
Jkan de Ferrières, le premier fils issu de ce mariage, fut un des plus vaillants et des plus fermes soutiens de la cause protestante, comme l'un des plus illustres par sa naissance puisqu'il était apparenté par sa mère aux maisons de Vendôme, de Bourbon, de Montmorency et de Chastillon. Il était tout jeune homme (né vers 1521) lorsque son père, connaissant « le bon vouloir qu'il avoit aux lettres et aprendre science, » lui conféra (fév. 1538) deux bénéfices qui étoient a la collation du seigneur de Maligny « pour luy aider à s'entretenir aux escoles '. Mais à peine arrivé aux écoles, l'étudiant se laissa gagner aux nouvelles doctrines religieuses et en fit hautement profession comme il est permis de l'induire de l'exhérédation formelle prononcée contre lui par ses père et mère dans le testament conjoint dicté par eux f le %\ déc. 1539. Voici la clause : Sa dureté froide et sans rémission ne nous paraît pouvoir être expliquée par aucune autre cause que l'indignation religieuse : « Pour
- le cas commis contre eulx et leur volunté
- par Jean de Ferrières leur filz, et qui * est contenu en la déclaration par luy « baillée, escripte et signée de sa main, cy » attachée 8, les diz testateurs de leur « pure franche et libre volunté, l'ont dès
1 Acte, aux archives du chai, de Maligny, cité par Léon de Bastard (Vie de J. de Ferrières) L. de Bastard, de l'Ecole de Chartes, mort en Chine, était originaire et habitant de la contrée.
2 Archives d'Eure-et-Loir.
8 Elle n'y est plus, mais il semble bien que ce devait être une profession de foi.
• a présent exhérédé, privé et débouté de « tel droit successif que par leur décès lai <■■ pourroit advenir en leurs biens., sans « qu'ilz entendent que jamais il y paisse
• héréder, prendre et appliquer à son pro- « fit aucune chose. »
Quoi qu'il en soit, on le trouve bientôt (en 1544?) lieutenant d'une comp" de 40 lances commandée par son cousin germain, Fr. de Vendôme, vidame de Chartres, laquelle fit la campagne d'Italie et prit honorablement part à la bataille de Gerisolles (14 avril 1 544) . La mort de son père survint peu après et le rendit, en dépit du testament *, seigneur de Maligny. En 1549, il était à Rome, attaché militaire à l'ambassade de France ; en octobre 1552, il servait en volontaire au siège de Metz défendu par le duc de Guise contre les Allemands ; après quoi il rentra dans sa charge de lieutenant de la comp" de son cousin dont la mort, arrivée le 22 décemb. 1560, le mit en possession du titre de Vidame de Chartres * et de seigneuries considérables.
Ses opinions religieuses bien connues, ses liens étroits avec son frère cadet Edme de Ferrières, que les historiens appellent ordinairement le « jeune Maligny • dont nous parlerons plus loin, surtout la participation très active de celui ci à la conjuration d'Ain boise, persuadèrent Charles IX et Catherine de Médicis de s'assurer, comme d'un dangereux personnage du nouveau Vidame et ils donnèrent l'ordre (6 janv. 1561), au maréchal deTavannes, gouverneur de la Bourgogne, de le faire appréhender en son château de Maligny où il s'était tranquillement retiré. Tavannes, quoique brave à toute épreuve, fit observer que Maligny était un château solidement assis, qu'il était bien pourvu de vivres et d'artillerie, et que le maître du lieu y faisait bonne garde avec 30 ou 40 soldats résolus, que
1 II ût partage, 6 juin 15 3, de la succession paternelle avec sa sœur Beraudb de Ferriôrts qui épousa, 17 avril 1559, le seigneur bourbonnais Jean de La Fin sr de Beauvais-la-Nocle (Arcbiv. d'Eure-et-Loir).
* Le Vidame (vice-dominus) était l'administrateur et le défenseur des biens temporels d'an evécbé, rarement d'une abbaye. Les évoques d'Amiens, Beauvais, Cambrai, Cbalons, Chartres, Laon et six autres en France avaient des Vidâmes. Le Vidomne de Genève jouait un grand rôle dans l'histoire de cette ville lorsqu'elle était épiscopale.
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pour l'attaquer il lui faudrait mettre en mouvement le quart de l'effectif dont il disposait, que mieux vaudrait donc user d'adresse et temporiser ; pendant ces pourparlers, le sire de Maligny s'esquiva du château, se retira dans ses terres du Nivernais puis, au commencement de 1562, rejoignit le prince de Gondé à Meaux. et dès lors il ne quitta plus la fortune de ce chef du parti protestant. Pendant que le prince occupait Orléans, il se rendit en Normandie, d'accord avec lui afin d'y faire s'il était possible • quelque bon service au roi et à la cause. • En effet, il arriva bientôt à Rouen, avec Jean de La Fin, son beau-frère, et dans cette ville ils reçurent une députation des habitants du Havre qui demandaient protection contre leur gouverneur Jean de Cros ou de Croses (V, col. 539) qui les pressurait et contre le duc d'Aumale qui tenait la campagne en dévastateur. La ville offrait de se remettre entre les mains du Vidame. Il y entra le lendemain (46 avril 1561), et fit si bien qu'il entraîna le gouverneur dans son parti. De Crose bien que catholique fut mis à mort un peu plus tard (1562) pour avoir défendu Rouen contre l'armée royale. Peu de temps après, La Barre lui apporta, de la part de Condé, l'ordre de passer en Angleterre (juillet 1562), avec Briquemault et La Haye, maître des requêtes et surintendant de la maison du prince, pour demander des secours à la reine Elisabeth. L'abbé Pleuvri, auteur d'une Histoire du Havre-de-Grâce, raconte que les plénipotentiaires de Condé refusèrent d'accéder à la demande fort naturelle des Anglais qni exigeaient qu'on leur livrât le Havre comme place de retraite, et qu'ils revinrent en France sans rien conclure ; mais que Condé leur enjoignit de retourner en Angleterre et de souscrire à cette condition, récit confirmé par les dépêches de l'ambassadeur de France des 21 et 22 août 1562 l. Ce fut le traité de Hamptoncourt, que les envoyés du prince de Condé signèrent le 20 septemb. et par lequel le Havre devait être livré aux Anglais pour être occupé par 300 hommes de troupes anglaises, conjointement aux. 1000 Français. H était formellement convenu que cette occupation avait lieu seulement pour
1 Bibl. nat. mu. fr., Suppl. 3003, n.
la défense du prince de Condé et de ses partisans, et pour la protection des sujets du roi de France persécutés par les Guise, qui empêchaient, contrairement aux édits royaux, l'exercice du culte réformé ; mais que cette occupation serait temporaire, que l'Angleterre ne changerait rien à l'administration des villes occupées (prévision d'une occupation pareille de Rouen et Dieppe), et qu'elle retirerait ses troupes aussitôt qu'on lui aurait restitué Calais, qui lui appartenait, et cent mille écus de subsides avancés par elle.
Le lendemain de la signature du traité de Hamptoncourt, l'ambassadeur, ce même Paul de Foix qui avait été arrêté avec Du Bourg (V col. 574), demanda l'extradition, non seulement des négociateurs, mais de Saint- Aubin, de La Roque, de Verligny,de Georges de Mare, garde de l'artillerie du Havre, de Jean Feray, du bailli de Dieppe et de Bochart, receveur de Rouen, comme criminels de lèse-majesté; il est inutile d'ajouter que le gouvernement d'Elisabeth rerasa do les livrer. Mais le Vidame de Chartres paya pour tous en ce que la confiscation de tous ses biens fut prononcée et si rigoureusement exécutée qu'il demeura désormais très pauvre.
Dans la suite des guerres civiles, nous le retrouvons servant la cause protestante de ses conseils et de son épée. Il fit glorieusement son devoir (voy. de Thou) à la bataille de S'-Denys (nov. 1567), et à la vaillance il joignait un esprit très fin. t Nourri aux affaires de la Cour, savant aux despens des siens et de lui-mesme, » dit d'Aubigné, il fut un de ceux qui s'opposèrent le plus énergiquement à ce que Condé prêtât l'oreille aux propositions astucieuses que la reine-mère lui avait fait faire par Combaut, en lui prouvant que c'était un piège. Le prince suivit son avis et continua sa marche au-devant de l'armée allemande, commandée par Casimir, que le vidame de Chartres fut chargé d'aller complimenter.
En 1568, la guerre s'étant rallumée, Jean de Ferrières leva un corps de troupes en Normandie et le conduisit à Andelot. La haute position qu'il occupait dans le parti et la connaissance qu'il avait de la Cour d'Elisabeth d'Angleterre, le firent désigner par ses coreligionnaires, dont toutes les ressources financières étaient épuisées,
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pour repasser le détroit et solliciter la continuation des subsides. Dans ce but il s'embarqua avec sa femme, à La Rochelle, vers la mi-avril 1569. Il avait en effet contracté un modeste mariage, vu d'assez mauvais œil par les siens et par la reine de Navarre, avec une dame rocheloise, Françoise Joubert fille de Fr. Joubert s? de Lan ne re y, conseiller et maître des comptes du roi François Ier, laquelle était veuve de Charles Chabot que les huguenots avaient mis à mort comme traître (voy. III col. 988). Le Père Le Laboureur, dans ses Addit. aux Mém. de Castelnau parle d'elle cependant en termes favorables lorsqu'il dit du vidame que c'était « un gentil- « homme vaillant, de grande entreprise et « des plus ardents aux intérêts de sa reli- « gion, aussi bien que sa femme. » Ce voyage en Angleterre ne fut pas sans quelque succès.
Le 13 septembre 1569, une procédure depuis longtemps instruite au Parlem. de Paris contre les chefs du protestantisme aboutit à une condamnation à mort prononcée contre Montgommery et contre lui.
On les pendit en effigie sur la place de Grève. C'était dangereux ; il ne quitta donc pas immédiatement l'Angleterre. Il y était encore au mois de septemb. 1570. Au commencement d'octobre il débarquait à Dieppe et arrivait à Paris, où la populace le reçut si mal, qu'on tua ou blessa plusieurs de ses gens. Cela passa pour une attaque de voleurs, mais il se tint prudemment aux champs plus qu'à la ville. Survint le coup de la Saint-Barthélémy. A la nouvelle de la blessure de l'amiral, tenant pour certain • que c'estoit l'entrée de la tragédie, laquelle se parachèverait bientost, » il pressa, à plusieurs reprises et • avec grande véhémence, » les chefs huguenots de s'éloigner sur-le-champ de Paris ; il ne fut pas écouté ; mais s'il ne réussit pas à soustraire ses compagnons d'armes au sort déplorable qui les menaçait, il sut garantir au moins sa propre vie, grâce à la précaution qu'il avait prise de se loger au faubourg St- Germain. On conserve au Musée britannique (mss. Lansdown., n° 14. 77) la lettre
1 Une quinzaine de Lettres inédites de lui se conservent a la Biblioth. Cotton., Musée britannique, et font partie des recueils cotés Cahgtda e. v, vi, ix, xji. M. de Bastard en a publié quatre.
où il raconte à lord Burghley la manière dont il échappa à la mort '. Strype nous apprend, dans ses Annales, qu'il chercha un asile en Angleterre, où il débarqua le 7 septembre, et qu'Elisabeth, touchée de compassion, écrivit en sa faveur an roi de France. Il ne quitta pas l'Angleterre avant la Gn d'octobre 1574 où il s'embarqua pour Flessingue avec une troupe de réfugiés français qui voulaient aller joindre le prince de Condé en Allemagne. Il rentra en France pour servir la cause de Henri IV. Ce prince le garda auprès de sa personne, dans le Midi, et le nomma commandant de la place de Casteljaloux, poste qu'on le trouve exerçant au mois de janv. 1584 (Corresp. d'Henri IV, t. I, 631) et qui ne manquait pas d'importance étant sur la frontière de Saintonge, mais qui convenait à son âge avancé (65 ans). Sa fin fut pitoyable. Comme il guerroyait le long de la côte, dans les rangs protestants, contre les troupes de terre et de mer de la Ligue, il fut fait prisonnier et conduit a un capitaine de galères, nommé le capitaine Caries, qui exigea d'un prisonnier de cette importance une forte rançon et ne l'obtenant pas, car Jean de Ferrières n'avait rien, le fit enchaîner à fond de cale dans une galère et l'y laissa mourir. D'Aubigné parle (Hitt. unit. t. III) de gentilshommes protestants jetés aux galères qui furent délivrés au mois d'avril 1586 et dont il dit qu'ils avaient été « compagnons du vidame de Chartres que Caries fit mourir lié à la soute, ne pouvant croire qu'un homme de si bonne maison ne put payer rançon. Ce seigneur de grande marque, que le roy de Navarre appelait son oncle, éloit sous la coursie [chemin entre les bancs] quand la batterie se faisoit. »
Il nous reste à parler du jeune Maligny. Edme de Ferrières, plus communément appelé Maligny le jeune, fut un des chefs de la conjuration d'Amboise. Sauvé d'une mort certaine par un écuyer du prince de Condé, nommé de Vaux qui lui devait son emploi, il se retira dans la Provence, tandis que son frère, soupçonné d'avoir aussi trempé dans la conspiration, quittait la Cour de son côté. Maligny, de concert avec Mouvant et par ordre de Condé, à ce que rapporte Davila, conçut l'audacieux projet de se saisir de Lyon, où les Réformés étaient en assez grand nombre. A cet
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effet, il recruta parmi les soldats de Montbrun quelques aventuriers qu'il introduisit dans cette ville par diverses portes et sous divers déguisements. Colonia porte à 1200 le nombre des huguenots qui s'étaient ainsi glissés dans la ville sans être découverts, grâce au mouvement qu'occasionnait la foire d'août. Ils devaient être soutenus, dit-il, par 500 autres domiciliés dans la ville, par 300 Genevois qui avaient ordre de se rendre sous les murs de Lyon au jour marqué, par des troupes de Provence et par un corps de cavalerie qu'on attendait de France. Parmi ces gens de guerre, il y avait plusieurs capitaines expérimentés qui avaient fait les guerres du Piémont, tels que le bourguignon La Rivière, le provençal Châteauneuf, les auvergnats Malcault et Belime, les deux frères PérmuU du Vivarais. Colonia, qui attribue, sans aucune espèce de preuves, nous osons l'affirmer, à Calvin, à Bèze et à Spifame, tout le plan de l'entreprise, passe sous silence le contre-ordre donné par le roi de Navarre, et cependant il est certain que, sans ce contre-ordre, Maligny se serait emparé de Lyon. Sentant l'impossibilité de fcire traverser à ses soldats toute la France, pour les conduire à Limoges, comme on le lui mandait, sans éveiller les soupçons et sans s'exposer à être taillé en pièces, il résolut, après mûre délibération, de congédier les bandes qui s'approchaient de Lyon et d'évacuer la ville ; mais un crocheteur qu'il avait imprudemment introduit dans une des maisons où il avait formé des dépôts d'armes, communiqua an gouverneur les soupçons qu'il avait conçus. La maison fut cernée à l'entrée de la nuit. Il s'y trouvait une cinquantaine de soldats qui se défendirent vigoureusement. Maligny, logé près de là, accourut à leur secours avec une quinzaine de gentilshommes, et les archers furent repoussés josques sur le pont de la Saône dont les protestants s'emparèrent. Selon Davila et Colonia, les catholiques ne tardèrent pas à les en chasser; selon les écrivains protestants et de Thou, pas un seul catholique n'osa sortir de son logis, et Maligny resta maître, pendant plusieurs heures, de toute la ville entre le Rhône et la Saône, en sorte qu'il n'est pas douteux qu'il se fût saisi de Lyon, s'il avait été soutenu ; mais les conjurés qu'il avait con-
tremandés s'imaginèrent que les catholiques leur avaient tendu un piège pour les attirer dehors et les égorger, et ils restèrent barricadés chez eux. Se voyant abandonné et craignant d'être écrasé dès que le jour paraîtrait, Maligny se retira dans son logis ; puis la réflexion lui présentant le danger sous un aspect plus terrible, il s'enfuit secrètement à Genève, dit Colonia, en laissant au capitaine Castelnau le soin de faire disparaître les traces de la conjuration. Presque tous les conjurés sortirent de Lyon sans obstacle, le gouverneur favorisant lui-même leur fuite, de peur de les réduire au désespoir. A la nouvelle de cette entreprise, le maréchal de Saint-André s'empressa de courir à Lyon. Il lit arrêter beaucoup de personnes, entre autres les deux frères Changy et La Brosse, qui fut, à deux reprises, soumis à une torture telle que jamais homme n'en subit une pareille sans mourir. Quelques-uns des prisonniers furent pendus ; les autres rachetèrent leur vie en payant de fortes rançons à l'avide maréchal.
Edme Maligny s'enfuit à Genève, « dont plus ne revint, » dit Bantôme, car en se baignant dans le lac, il se noya dans un sable mouvant; l'on courut après luy, mais il s'en alla grand erre. » (Bran t. éd. Lalanne, IV 340). 11 mourut sans héritier (Collect. Du Chesne, vol. 68), et son frère n'ayant pas laissé non plus d'enfant de sa femme Françoise Joubert. le vidamé de Chartres passa dans la famille de Jean de La fin t mari de Béraude de Ferrières.
(Léon de Bas tard). Vie de Jean de Ferrières, Vidasse de Chartres, par an membre de la Soc. des Se. historiques et nat. de l'Yonne ; Auxerre, Perriqoet et Rouillé, 1858, in-8*. 283 pag. et portrait du Vidame.
2. FERRIÈRES (Pons dk), baron de Bagat l en Quercy [Haag, V 100], second fils de Jean de Ferrières, servit en 1552, sous le roi de Navarre avec le grade de capitaine de cavalerie. Il mourut vers 1561, laissant de son mariage avec Jeanne de Beynac; io François, qui suit; — 2° Antoine, tué à la déroute de Vers ; — 3° Louise, qui mourut avec la réputation d'un des meilleurs esprits de son temps ; — 4° Catherine, femme du sieur de Puyparla ;
1 On a Bagat et Ferrières dans l'arrond. de Oahors (Lot).
PERËIÈRE8
— 5° Jeanne, épouse du sieur de Mont- Lausun ; — 6° Marie, épouse du sieur de Brugnol, après la mort duquel elle se remaria avec le sieur de Marcous.
François de Ferrie ras combattit vaillamment à Dreux, où il fut blessé et fait prisonnier, puis à Jarnac et à Moucontour.
En 4586, le roi de Navarre lui donna une compagnie de cent arquebusiers à cbeval. En 4588, Henri III lui confisqua ses biens, dans la possession desquels il ne rentra qu'en 4595. La même année, il assista à l'assemblée politique de Saumur. De son mariage avec Antoinette de Bonne fous, célébré en 4557, naquirent six enfants : 4° Pons, mort jeune ; — 2° Pierre, qui épousa successivement Jeanne de La Bousier e, Susanne de Mauzac, Marguerite de La Burgade et Angélique Days, mais qui ne paraît pas avoir laissé de postérité ; — 3° Jean, sieur d'Aumont, qui prit pour femme Andiette de Jouan, fille du lieutenant principal au siège présidial d'Armagnac et procureur-général du roi de Navarre, celui-là même qui assista comme député de la Guieime, aux assemblées politiques deSaint-Jean-d'Angély,en 4582, et de La Rochelle, en 4588; Jean était luimême procureur du roi en la sénéchaussée d'Armagnac et il y fut pourvu de l'office de lieutenant particulier, après résignation (45 sept. 4609) d'Henri Leverrier, par lettres patentes du 40 mars 4604 *; — 4° Abel, qui suit; — 5<> Paul, marié avec Claire de Bonnal, fille du sieur de La Bouquette ; — 6° Anne, femme du seigneur de Cezerac. Resté veuf, le baron de Bagat se remaria avec Antoinette de Bains, qui ne lui donna qu'une fille nommée Marie, épouse d'un sieur de La Bouquette.
Abel de Ferrières ayant été appelé par son père à recueillir son héritage, cette préférence, dont le mss. (Fonds S. Magloire, n» 432), où nous puisons nos renseignements, n'explique pas le motif, occasionna un long procès. Abel avait servi avec ardeur la cause de Henri IV ; il avait combattu à Coutras, à Ivry, et avait été grièvement blessé au combat de Villemur. H mourut, en 4644, laissant de sa femme Esther de Vivons, qu'il avait épousée en
1 11 prêta serment, la main levée d Dieu, comme étant de la qualité de ledit. (Pradbl.)
1608, deux enfants, François, qui suit, et Susanne, alliée au sieur de Panatsou.
François apprit le métier des armes en Hollande où il alla servir dès 1628. Il y passa trois ans et y fut fait prisonnier. Rentré dans sa patrie, il fit, en 1635, la campagne de Flandres avec l'armée française. L'année suivante, il épousa Sara de Chandieu, qui lui donna Pierre-Henri, Esther et Marie. Nos renseignements ne s'étendent pas plus loin.
3. FERRIÈRES (de). Une famille dn même nom que les précédentes, mais beaucoup moins notable, existant en Saintonge, au XVI»e siècle. Elle figure abondamment sur les registres de l'église réformée de La Rochelle et ses titres de noblesse, datés de 4683, se trouvent dans les minutes du notaire Juge. = Arme$ : de sable à l'écrevisse d'argent. L'un de ses membres, François de Ferrières, marié avec Colette Moriuon et en deuxièmes noces avec Anne EtveiUard (ci-dessus, col.
474), fut choisi par les Rochellois, en 1574, pour faire partie du conseil extraordinaire du maire et député en 4584 par le Consistoire à rassemblée générale de Chastillon. Il eut du 4«r lit : Samuel, bapt. an prêche, 44 septemb. 4594 ; autre Samuel, bapt. le 40 juill. 4593, conseiller an présidial de 4647 à 4634, qui s'était retiré an camp royal à la fin du siège (Arcère, II 286) et qui eut de son mariage avec Marie Genay une fille, Sara, bapt. le 46 mars 4649 et mariée au prêche avec Charles de Belzunce (ci-dessus, H col. 449). Samuel eut encore : Jeanne, en 4580 ; Jean, nov.
4582 ; Jacques, bapt. en septemb. 4594, écuyer, s** de Roiffé et du Grandfief ; Estien ne, écuyer, sr de Grandfief, gouverneur de St-Martin de Rhé, 4636-50. Ce dernier eut de son mariage (au prêche) avec Marie Du Puy : Estienne, écuyer, sr de Villeneufve, capitaine au régi m. de Navarre; Anne, bapt. au prêche, juill. 4634, femme de René de Gonzabatz, écuyer, sr de Villepart, capitaine de vaisseau; François, bapt. au prêche, 45 janv. 4636 ; parrain, Jaq. de Ferrières ; autre François, 30 nov. 4643, redevenu catholique, capitaine de vaisseau, tué au combat de Messine, 4676, enterré dans la chapelle de Ferrières en l'île de Rhé. (Richbmond.)
4. FKR1UÈRES (Autres seigneurs de), voyez aux nom Bayard, Grantrye, Guillot.
FfcftRÎÈRES — FERRY
5. FERRIÈRES (Pierre de), « de Tholose, » reçu habitant de Genève, 17 juin 1554. — François Ferrière, nommé conseiller clerc an parlem. de Toulouse en 1551, victime de la S^- Barthélémy dans la même ville, 1562. — Autre François Fkrrièret, marchand à Toulouse en 1577, établi en 1579 à Montauban. C'est de lui que parait descendre une nombreuse famille de commerçants qui habita jusqu'à la Révocation cette dernière ville, d'où elle émigra à Genève et en Hollande. D'après lue notice, d'une longueur et d'une importance démesurées, publiée par M. A.-J. Enschedé (Bull, des ég. wall., t. II), elle a produit un seul personnage de quelque notoriété : Jean Ferrières, consul de Montauban en 1638, capitaine d'une compagnie bourgeoise fournie par la ville à l'armée dn roi en 1651, mort en 1652. Son petitfils Isaac (1675-1747) fils de Paul Ferrière, passé en Hollande, fonda aux Indes, dans la colonie de Berbice, une plantation de calé et de cacao qu'il avait nommée « Montauban. » Signalons encore : Jean Ferrière, marchand à Montauban et Jeanne de Bousquet sa femme ainsi que Isaac, fils de Jean, marchand, et Antoinette de Rujol sa femme, tous de Montauban, lesquels tout leurs testaments à Genève, en 1699 (L. Pasteur not. X 41-50). — André Ferrière, ancien de Cournon terrai au colloque de Montpellier, 1562. — (Jean), ministre à Port-Sainte-Marie en Agenois, 1566-78. — (Antoine), seigneur de Chappes, avocat renommé, victime de la St-Barthélemy à Paris, 1572. — (Jean de), secrétaire de Jeanne d'Albret ; Bernardine de Florence, sa veuve, préside au contrat de mariage de leur fille Gratiane de Ferrière avec Bernard d'Estrate, à Lucq. 14 nov. 1572
(Arch. B.-Pyr. E 1425, fo 216). — ( )
ancien d'Aumessas, délégué au synode d'Anduze, 1675. — (Madelaine), du Pragelas, assistée d'un viatique à Genève, 1698. — Les Ferrière sont quelquefois appelés La Ferrière.
PERRON (Jean), ministre à Genève vers 1544-1550, mentionné avec malveillance \ c'est-à-dire comme affectionné à Calvin, aux pages 58 et 67 du catalogue de documents des Archives de Genève formant la « col-
1 Voy. L'école hi* t. de Jér. Boisée, par Henri Bordier; Genève. 1880, in-8*.
lection Galiffe. » — (Jean), ministre à Montflanquin en Agenois, et son fils ministre à Tournon, même colloque, présents tous deux au synode général de Gap, 1603. — Ferron père, ministre à Montflanquin, 1597-160.') ; fils, à Tournon en Agenois, 1603. — (Jean), ministre de Beynac en Agenois, 1620-26. — (Daniel), ancien de Loudun, 1612. — Conf. Feron. On les appelle quelquefois Frèzon. — Isaac Ferruyau, ancien de La Mothe St-Heraye, 1682 (Bull. V, 311).
FERRY, famille notable de Metz [Haag, V 100], qui a donné à l'église réformée un de ses plus illustres pasteurs.
Jacques Ferry, chaussetier dans la petite ville lorraine de Blamont, embrassa la religion évangélique en 1554, et s'établit à Metz où il remplit la charge de t solchier » de l'évéché. Les solcbiers, au nombre de sept, avaieut le monopole de la vente des socs de charrue. C'était une place lucrative et des plus honorables, car l'office anoblissait et se transmettait de père en fils. Le chaussetier de Blamont devint un des gros bourgeois de Metz, car il fut des magistrats municipaux qu'on appelait les Treize, puis conseiller-échevin et, depuis 1593, gouverneur de l'hôpital Saint-Nicolas, en récompense des services qu'il avait rendus pendant la guerre. Du mariage de Jacques Ferry avec Françoise de Corny, naquirent, entre autres enfants, Jacques et Jkrkmik, souches chacun d'une branche.
I. Branche ainèe. Jacques Ferry, né en 1558, succéda à son père dans son office de solchier. Divers registres qui figuraient dans la riche collection du comte E m mer y ■ ont conservé la trace des différentes gestions auxquelles il prit part, sous ces titres : Recueil des diffèrent actes de procédure que Jacques Ferry a été dans le cas de dresser en sa qualité de Treize et de conseiller du maître-èchevin ; — Receptes des droictures et revenus des villages et Qultres lieux ausquels l'hospital S. Nicolas,
1 Catalogue de la collection de lettres autographes et de documents historiques concernant l'histoire de la Réforme pendant les XVI"* et XVII"* siècles, l'histoire de la ville de Metz, de la Lorraine et des Trois Évôchés, dont la vente aura lieu a Paris le jeudi 19 decemb. 1850 etc , Paris, Téchener et Metz, Lecouteux; in-8°, 121 p. — Voy. une description des papiers de Ferry, au Bull. I, 325.
PEftRY
au Neuf- Bourg, a haulteur et seigneurie, 1593, in-fol. ; — Mémoire du sieur Jacques Ferry, gouverneur de l'hospital, 1593-1660, in-4°. ; — Inventaire de toux les biens, meubles et autres choses appartenant et dépendant dudit hospital, depuis 1392 jusques au 1 juillet 1601. Il fut donc, comme son père, membre du conseil des XIII, conseiller échevin et gouverneur du grand hôpital de Saint-Nicolas. Ainsi Bayle a eu raison de dire que la famille Ferry faisait figure à Metz, et que Jacques Ferry, en particulier, passa par tous les degrés de l'ancienne magistrature, jusqu'à la suppression du conseil des XIII, en 1643.
Jacques Ferry jouissait, en outre, d'une grande considération auprès de ses coreligionnaires qui le chargèrent de plusieurs missions en Cour dans des circonstances importantes. Il mourut en 1647, laissant de sa femme, Elisabeth Joly, fille du notaire Paul Joly et sœur du célèbre procureur général de ce nom, une fille nommée Elisabeth, qui épousa, en 1621, Sébastien de Mageron, docteur en médecine, plus tard apostat, et deux fils, appelés Pierre et Paul, qui suivirent l'un et l'autre la carrière ecclésistique.
Pierre Ferry, reçu ministre au mois d'oct. 1605, à l'âge de 23 ans, après avoir fait ses études à Sedan et les avoir terminées par une thèse De tertio prsecepto decalogi, fut donné pour pasteur à l'église de Tonnay-Charente. Il la desservait encore en 1620 ; mais deux ans plus tard, nous le trouvons ministre à Francheval dans la principauté de Sedan, et c'est en celte qualité qu'il assista, en 1642, avec ses collègues Du Moulin, Rambours, Gantois, Sacrelaire, Benoist et Brazi à la prise de possession de Sedan par Fabert. Il mourut le 30 oct. 1650, sans laisser de postérité à ce qu'il semble, bien qu'il ait été marié deux fois. M. le pasteur Othon Cuvier, notre excellent collaborateur et qui l'était déjà de MM. Haag en 1855 [V, 101 b], possède un recueil des Actes des synodes nationaux (1559-1617) et une discipline ecclésiastique copies entièrement par Pierre Ferry et annotés par son frère Paul. On conserve aussi un mss. de lui à la Biblioth. d'Epinal.
Beaucoup mieux connu que Pierre, Paul Ferry naquit à Metz, le 24 fév. 1591, dans l'endroit appelé Fournirue où leur père
tenait son commerce. Il fut confié de bonne heure aux soins d'un instituteur habile, nommé Jacques Renvoy et mis ensuite an collège des jésuites, seule école supérieure ouverte aux enfants des Réformés de Metz '. Ses humanités terminées, le jeune Ferry partit pour La Rochelle où il fit sa philosophie en 1607-1609 et d'où il se rendit à Montauban, afin d'y suivre les coure de théologie. Il y fut immatriculé le 8 juin 1609 et obtint de ses professeurs un certificat portant qu'il a suivi les cours « avec « un tel succès et avancement qu'on es- « père que Dieu, qui l'a préparé, en fera * un jour un excellent instrument pour « avancer son Eglise et illustrer son saint « nom. » Reçu proposant en 1611, il reprit la route de sa ville natale en passant par Paris, et le 1er janv. 1612, il Ait consacré au saint ministère par l'imposition des mains du pasteur Le Qoulon. La vie de Paul Ferry n'offre aucune particularité digne de fixer l'attention de l'histoire ; elle s'écoula modeste, paisible et studieuse, dans l'accomplissement des devoirs de sa profession. Il atteignit un âge avancé, n'étant mort que le 28 déc. 1669, malgré les cruelles douleurs de la gravelle, dont il souffrit pendant de longues années, sans que l'aménité de son caractère en fut altérée. Dans sa Vie de Bossuet, l'évoque d'Alais, Bausset, affirme que, sur son lit de mort, il déclara à sa famille et aux anciens du consistoire qu'il désirait abjurer entre les mains de Bossuet. C'est une fable digne de figurer à côté de celle de la conversion de Bèze et de toutes les prétendues conversions du même genre qu'on persiste à nous conter, comme celle des illustres libres penseurs Littré ou Paul Bert. « On n'a peut-être guère vu d'homme, lit-on dans les Mélanges d'Ancillon, plus généralement regretté que M. Ferry. Il estoit considéré comme le père aussi bien que
1 Quelques années pins tard, malgré les réclamations du consistoire portées en Cour par Ferry, Jean Jauoy, ministre de Courcelles-Cbanssy, et Bennclle, un arrêt du 5 nov. 1634 interdit même les régents et les pédagogues réformés. L'année suivante, un arrêt du Conseil défendit aux protestants de Mets d'ouvrir un collège, et au mois de fév. 1636, défense fut faite a Ferry, à Qoffm et autres c de ne faire enseigner aucune science ni tenir pensionnaires à peine de 100 Ht. d'amende. » Le clergé catholique a toujours appelé l'ignorance à son aide.
FERRY
coojme le pasteur de son troupeau. Il s'en estoit acquis l'amitié et l'estime d'une façon toute particulière. > Ce témoignage est confirmé par la chronique inédite de Joseph Ancillon, qui se conserve à la biblioth. de Metz sous ce titre : Recueil de ce qui g est passé de plus mémorable dans la cité de Metz et pays Messin depuis Pan 1324 jusque Pan 1683 *. Voici ce qu'on y lit : c Le 28 décembre mourut un peu avant une heure du matin, tourmenté de la pierre, Paul Ferry, ancien pasteur de Péglise, fort regretté des siens et des plus honnêtes gens de l'autre côté. Le jour de sa mort et le lendemain, toute la ville fut si triste et si abattue qu'il semblait que ce flot un deuil public. > Le chroniqueur, qui avait connu particulièrement le collègue de son frère (Voy. tome I, col. 212), ajoute : « C'était un personnage majestueux, grand de corps et d'esprit, éloquent et savant, très bien versé dans toutes les sciences. » Selon dom Calmet, Ferry était l'homme le pins éloquent de la province et dont les discours touchaient le plus. Sa belle taille, son visage vénérable et ses gestes naturels donnaient une nouvelle force à son éloquence.
Ces éloges, qui ne peuvent être suspects d'exagération, expliquent la réputation dont Paul Ferry a joui à Metz, et justifient le surnom de Bouche d'or que ses contemporains lui avaient donné. On conçoit même, sans peine, que le souvenir d'un pareil homme vive encore dans la mémoire de ses concitoyens et que son nom continue à être entouré de vénération dans sa ville natale, qui s'est honorée elle-même en plaçant son médaillon en marbre blanc dans une des salles de son hôtel de ville. Un talent oratoire remarquable, des connaissances étendues et variées, beaucoup de sagesse, de douceur, de prudence, un esprit de tolérance rare en tout temps, une grande pureté de mœurs, tant de qualités naturelles ou acquises suffisent certes pour fonder une réputation solide.
Mais Ancillon dit encore : Habile politique aussi bien que grand théologien, il avait su par son adresse et par sa prudence « se mettre en crédit chez les puissances qui le considéraient beaucoup, ce qui ne
1 Cette chronique a été rédigée par Joseph AaoâUon depuis l'année 1656.
pouvoit estre que très avantageux à son troupeau. >
Cette considération qu'on lui témoignait en haut lieu, Ferry la devait sans aucun doute à la complaisance avec laquelle il se prétait aux projets de réunion que l'on caressait à la Cour. Guy Patin l'a calomnié, en répétant, dans une lettre du 14 mars 1670, le bruit que le pasteur de Metz s'était vendu à Richelieu au prix d'une pension. Ancillon déclare < qu'il n'a jamais fait la moindre démarche qui ait donné lieu à le soupçonner de vouloir trahir son parti. > Toutefois il est certain que Ferry prit une part active à la discussion du projet de réunion qui fut remis sur le tapis en 1667 ; la correspondance qu'il entretint à ce sujet avec Bossuet a été imp. dans le T. XXV des Œuvres de celui-ci, édit. de Versailles. Certes il était de l'intérêt des catholiques de grandir un ministre qu'ils pouvaient espérer de gagner tôt ou tard. Au reste leur espoir fut déçu. Quelque ami que Ferry fût de la paix et de la tolérance, et quelque soin que le grand archidiacre de l'église de Metz mit à adoucir ce qu'il y avait de plus choquant dans les dogmes catholiques pour le pasteur huguenot, l'accommodement ne se conclut pas. Un accord plus facile, à ce qu'il semble, c'est celui que Ferry travailla, tout aussi inutilement, à établir entre les deux communions protestantes, et au sujet duquel il entretint pendant des années une correspondance avec Dury qui se rendit même à Metz, en 1662, pour conférer avec lui sur les moyens d'éteindre une division dont ils gémissaient l'un et l'autre. Tant il est vrai que jamais réunion ne s'opérera sur le terrain du dogme, avant que le temps ait calmé l'effervescence des esprits. Paul Ferry n'a fait imprimer qu'une très faible partie de ses ouvrages. En voici le catalogue :
I. Les premières couvres poétiques de Paul Ferri messin, où sous la douce diversité de ses conceptions se rencontrent les honestes libertez d'une jeunesse; Montaub., 1610; réimp. la même année, à Lyon, in-8°. — A part quelques beautés, ces poésies trahissent la jeunesse de l'auteur, qui n'avait alors que 19 ans. Le recueil comprend 16 sonnets latins et français, les uns de Ferry, les autres de Gasc, de L'Escale, David Yver, F. Durieu et d'autres de ses amis ; des vers adressés à des per-
vi. 17
FERRY
sonnes de Montauban, les Sonis, les Tenant, les Cruvel ou à de ses condisciples : des stances, nne ode à son honneur par Bauldoyn, de Saint-Jean-d' Angély , des chansons, des épigrammes et une pastorale en six chants intitulée Isabelle ou le dédain de l'amour. C'est sans doute cette dernière pièce qu'il avait composée pendant le cours de ses études à La Rochelle et qui fut imprimée à Poitiers en 1609 (chez Ant. Mercier, pour Fr. Lucas libraire) sous le titre de L'amour aveugle.
II. Schoslatici orthodoxi spécimen, hoc est, salutis nostrœ methodus analytica, ex ipsis scholasticorum veterum et recentiorum intimis juxtà normam Scripturarum adomata et instructa, Gottstadtii [Genève], L. Lambert, 1616, in-8<>; 2e édit., Leyde, 1630, in-8° ; trad. en français sous ce titre : La scholastique orthodoxe, c'est-à-dire, un traité méthodique de nostre salut fourny et recherché des plus profonds des scholastiques, tant anciens que modernes, le tout selon la régie de l'Ecriture sainte, par Paul Ferry messin, ministre de la parole de Dieu, mis en françoys par Claude de Xonot, seigneur de Maiserey, gentilhomme lorrain, msc. autog., in-fol. qui faisait partie de la collection d'Emmery, ainsi que la première ébauche du travail de Ferry, sous ce titre : Analysis theologica et scholastica, et la copie autographe qui avait servi à la première édit. de ce livre de controverse. — Le but de l'auteur est de montrer que la doctrine des protestants sur la grâce a été enseignée par les scolastiques. Le vol. contient un grand nombre de pièces de vers à l'éloge de Ferry et de son livre, par Simon Lahière. membre du Conseil, Jacques Couet Du Vivier, P. Contault, J. de Vigneulles avocat au parlement de Paris, Théophile Coulon pasteur à Metz, Jean Braconnier médecin. Ajoutons que Ferry dédia à l'électeur palatin, Frédéric V, cet ouvrage qui le mit en relation avec Du Plessis-Mornay.
III. Le dernier désespoir de la tradition contre l'Écriture, où est amplement réfuté le livre du P. François Vèron jésuite, par lequel il prétend enseigner à toute personne, quoique non versée en théologie, un brief et facile moyen de rejetter la Parole de Dieu et convaincre les églises réformées d'abus et d'erreur en tous et un chacun poinct de leurs doctrines; Sedan, J. Jannon, 1618,*
in-8° de 812 p. sans la table et les pièces prélim. — Dès les débuts de son ministère Ferry avait été entraîné dans des controverses avec le jésuite Gontier et avec le carme Pétri ni prédicateur du roi ; il en eut plus tard avec les jésuites Lescossois, Seveste, Maudhui. Ce dernier l'attendit une fois au sortir du temple (1656, 22 sept.) et le poursuivit d'invectives le long des rues. Il est juste de dire qu'à cette occasion le roi fit écrire à M. de la Contour gouverneur de Metz (10 juin 1657) de défendre à Maudhui de « contro verser dans
< les lieux et places publiques et d'oser de
< paroles injurieuses contre les ministres > (0. Cuvier, Notice sur P. Ferry dans les Mém. de lacad. de Metz, 1869). Un antre jésuite dont nous avons souvent parlé1, Véron, que Guy Patin appelle un clabaudeur de controverses et Tallemant un fou, avait publié en 1617 un pamphlet intitulé « Brief et facile moyen... de faire paraître « à tout ministre qu'il abuse et à tout rei ligionnaire qu'il est abusé. » Le dernier désespoir de la tradition était une réponse de Ferry. Ses adversaires lui répliquèrent, notamment un certain père récollet de Metz, Isaac Le Gault, qui fit imprimer en 1625 (S. Mihiel, chez Fr. et Jean Dubois) un volume in-8° de 859 p. intitulé : De la « sainteté de l'Église romaine et l'impiété « calviniste... et maximes huguenottes en- « nemys de toutes loix divines et humai-
< nés, pour réponse au Dernier désespoir, « de Paul Ferry, ministre de la Prétendue c de Metz. » La Réfutation qui suit (n° IV) est sans doute la repartie de celui-ci.
IV. Réfutation des calomnies semées nouvellement contre certain endroit d'un livre publié il y a plusieurs années et intitulé Le dernier désespoir, etc. Sedan, Hubert Raoull, 1624. — Paru sous le voile de l'anonyme, comme le suivant.
V. Remarques d'histoires sur le discours île la vie et de la mort de saint Livier, et le récit de ses miracles, 1624.
VI. Vindiciœ pro scholastico orthodoxo adv . Léon . Perin um jesu ita m , justœ, plenx, amicœ, in quibus agitur de prsedestinatione et annexis, de gratid et libero arbitrio, de causa peccati et justiftcatione, Lugd. Bat., 1630, in-8o.
» II. col. 650; III, 1039; IV, 479 et 975; V,
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VU. Lettre aux ministre* de Genève, publ. dans le T. II de la Bibliotb. anglaise. — Écrite en faveur du malheureux Anfftotue (Voy. tome I, col. 284).
Vill. Quatre sermons prononcés en divers lieux et sur diffèrent sujets; La Ferté-au-Col, François Chayer, 1646, in- 12. — Le !" fat prononcé à Charenton, le 8 oct. 1634 ; le «• a pour titre : Le mariage spirituel; le 3* est un sermon sur la mort de Louis XIII, et le 4e, un sermon de jour de jeûne. — Ces quatre sermons. les seuls qu'il a publiés, ne suffisaient pas asnrément pour conquérir à Ferry, hors de son étroite sphère d'activité, la réputation d'an éloquent prédicateur. M. Cuvier dit qu'en improvisant il touchait quelquefois jusqu'aux larmes. Il ajoute qu'on a trouvé de loi 2500 sermons écrits, et qu'il en dût prononcer an moins le double.
IX. Catéchisme général de la rèformation de la religion; Sedan, F. Chayer, 1654, in-a»; * édit., P. Chouet, 1656, in-8°. — Instruction précbée dans le temple de Metz, le 17 mai 1654. Ferry se propose de prouver 4° qu'il n'y a de saint à espérer que dans l'Eglise chrétienne ; 2° que l'Église réformée est la véritable Église telle que Jésns et ses Apôtres l'ont instituée ; 3° qoe la Réformation était nécessaire et que ceux qui avaient reconnu cette nécessité ne pouvaient se sauver qu'en s'y rangeant; enfin 4° que ceux de nos ancêtres, qui avaient été élus de Dieu, ont été sauvés dans l'Église romaine, mais que nous ne pourrions aujourd'hui y rentrer avec l'espoir d'y faire notre salut, parce qu'il ne noms serait plus permis d'y mourir en nous fiant aux seuls mérites de Jésus-Christ. Bossnet, alors grand archidiacre de l'église de Metz, se chargea de réfuter ce catéchisme, mais il se fît vraiment la partie trop belle. Laissant de côté les deux premières propositions, et se contentant, en qnelqoe sorte, d'affirmer, contre la troisième, que la Réformation a été pernicieuse, il s'attache particulièrement à démontrer (c'était le côté faible de son adversaire) que si l'on a pu se sauver en la communion de l'Église romaine avant la prétendue Réforme, on y peut encore faire son saint, rien n'ayant changé ni dans ses dogmes, ni dans ses rites, ni dans sa discipline. Les catholiques regardent cette réponse comme étant victorieuse ; cependant
Ferry ne se tint nullement pour battu ; et il prépara une réponse qui n'a point été imprimée, quoiqu'il « prétendit, Dieu aidant, la continuer et achever bientost. >
Indépendamment de ses ouvrages imprimés, Paul Ferry a laissé une très grande quantité de mss.. que l'on peut diviser en cinq classes.
lo Sermons en nombre vraiment prodigieux : 96 sur Gen. Mil ; 30 sur Ruth ; 6 sur Ps. XC ; 15 sur Ps. XCI; 7 sur Ps. CXXX; 25 sur Esaïe XXXVfll; 110 sur Jean XII et suiv. ; 30 sur Apoc. XII ; 21 sur Act. XVI ; 300 sur Philipp. ; 1100 sur Hébr. ; 36 sur la passion ; 75 sur la résurrection ; 70 prononcés les jours de Cène; 10 à l'occasion de la réception de membres du consistoire ; une centaine sur les dimanches du catéchisme ; 424 sur divers textes; l'oraison funèbre de Louis XIII; celle d'Anne d'Autriche; 1 vol. in- 4<> de sermons sur divers textes ; un sermon pour la dédicace du temple du Retranchement ', etc.
2° Histoire de Metz. Chargé de répondre à l'Hist. mensongère de la naissance et de la décadence de l'hérésie dans la ville de Metz par Martin Meurisse (1670), Ferry avait entrepris une Hist. de la réformation au pays Messin ; et il avait recueilli et préparé, à cet effet, de riches matériaux, mais il n'a point exécuté son projet. Ces matériaux sont des extraits on copies des Annales de Simon Lahiére, des chroniques de Guérin, de celles de Jean Le Goulon, etc. ; — Observations séculaires sur r histoire de Metz, de la province et des pays voisins, 3 vol. in- fol., recueil d'extraits, d'actes publics, de notes historiques et littéraires, entièrement de la main de l'auteur, cons. aujourd'hui à la Biblioth. de Metz, voy. Bull. V, 149 et suiv. — Plusieurs particularitez relatives à fhist. dé Metz, in-fol.; — Annales M etenses, commençant an siècle avant J.-Ch. etcontin. jusqu'à Tannée 1649, aujourd'hui à la Biblioth.
d'Epinal ; — Chroniques de Metz, depuis
1 Une ordonnance du 20 mars 1 633 ayant interdit le temple de Chambière, les protestants de Mets mirent an zélé extraordinaire A élever nne autre église sur l'emplacement qni leur avait été assigné. Elle fat bâtie en huit jours comme par enchantement. Ferry en posa la première pierre le 11 juillet ; mais les chicanes du parlement, du bureau des finances, de l'intendant, en retardèrent la dédicace jusqu'au 26 mars suivant
FERRY
l'an 1646 à 1663 ; — Droits de l'évêque de Metz, in -fol. ; — Catalogue des ministres originaires de Metz, selon l'ordre de leur réception ; — De r adjonction de l'église de Metz avec celle de France ; — Création de la justice de Metz depuis tan 1557 jusques et y compris 1641. Recogneu sur les registres du consistoire, in-fol. ; — Mémoire de ce qui s'est passé avec ceux de la religion à Metz lors dé ^arrivée du roy, le 1" déc. 1631 ; — Ordonnances de ïévêchè de Metz;
— Histoire des évêques de Metz ; — Généalogies de plusieurs familles de la Lorraine et une foule de pièces détachées.
3° Écrits théologiques. Nous signalerons comme les plus remarquables : Commentaire historique et critique sur HA. et le N.-T., 7 vol. in-4<> ; — Des controverses avec les Luthériens, in-fol. ; — Des moyens de réunion des Calvinistes avec les Luthériens, in- 4° ; — De l'Église et de ses marques, in-fol. , — Réponse à la déclaration de Gaspard Lalouette (conseiller au parlement de Metz qui avait abjuré la religion protestante), in-4° ; — Réponse impartiale à un avertissement donné à l'église réformée de Metz, in-fol. ; — Observations sur les 55 dimanches du catéchisme ; — Observations sur la prédestination ; — Prières et Méditations ; — Commentaire sur ÏApocalypse, in-fol. ; — Miscellanea in ecclesiarum gallicarum catechismum, in-fol.
4<> Poésies. Le Cat. de la Biblioth. du comte Emmery mentionne : Poésies chrestiennes dédiées à maistre Pierre Joly, conseiller du roy, et son procureur général à Metz, Tout et Verdun, Metz, 1606; — Mélanges chrestiens dédiés à ma dame et mère Elisabeth Joly, Vehen, 1606, msc. in-8<>;
— Saincts enthousiasmes dédiés à M. Ferry, soulchier de l'évêché de Metz, ancien de l'église que Dieu a recueillie à ladite ville, Vehen, 1606, msc. in-8° ; — Les lamentations de Jèrémie, mises en vers, in-4° ; — Hymne de la Nativité, jour de Noël 1606 ;
— Les Fiâmes chrestiennes ; — Paraphrase de la prière de Jonas, XIII dixains, Paris, 1634 ; imp. à ce qu'il parait, sous le titre : Le cantique de Jonas, paraphrase, XIV dixains, in-8° , — Mélanges poétiques latins français, La Rochelle, 1608, msc., in-4° ; — Pièce de vers latins, adressée à son cousin David Friart.
5° Mélanges, formant des recueils si considérables que nous devons nous bor-
ner à indiquer les principaux : Diction' naire universel, par ordre alphabétique, in-fol. ; — Discours abrégé de la maladie et de la mort de damoiseUe Elisabeth Ferry, ma très chère et vertueuse sœur ; — La douce et glorieuse issue de damoiseUe Esther de Vigneulles, ma très chère et tris regrettée moitié ; — Recueil de plusieurs allégories, allusions, comparaisons et autres pensées servant à la prédication, % vol. in-4°; — Journal d'un séjour à Montauban, in-8o ; — Lettres en très grand nombre et à toutes sortes de personnages, traitant d'une foule de sujets et en particulier la question de la réunion des deux communions protestantes; — Prières pour la santé du roi, 1643, in-4<> ; — Notes sur l'histoire et la religion, in-fol. ; — Réponse faite au nom du consistoire à une requête présentée au grand prieur de Toulouse par les gouverneurs de la maladrerie de Longeaux aux fins d'exclure C usage de la maladrerie à ceux de la R. P. R.f 1629, in-fol., etc., etc.
Grâce à un legs de feu Atbanase Coquerel fils et à une généreuse donation de M. Henri Lutteroth, la plus grande partie des précieux papiers de Paul Ferry qui composaient la collection du comte Emmery»
sont aujourd'hui conservés à la Biblioth. du Protestantisme (rue des SS. Pères, n° 54) à Paris.
Paul Ferry avait été marié deux fois.
Le 21 avril 1613, il épousa Esther de Vigneulles, fille de Philippe de Vigneulles, sieur de Mont-lès-Pange et d'Araincourt, qui lui donna dix enfants. Resté veuf en 1636, il se remaria, le 22 fév. 1637, avec Susanne Lespingal, veuve de Jérémie Le Goulon, capitaine au régiment de Batilly. 11 perdit sa seconde femme en 1662, comme nous l'apprend une lettre de condoléance que lui écrivit le pasteur d'Allemagne (Biblioth. du Prot.). Du premier lit sortirent : 1° Esther, née en 1613, présentée au baptême par Philippe de Vigneulles, Elisabeth Joly, et Sara Busselot, et morte en 1615 ; — 2° Susanne, née en 1616, qui épousa le 11 déc. 1633, Jacques Couet Du Vivier, avocat au parlement de Metz (IV, col. 771); — 3° Madelaine, morte enfant, ainsi que 4° Louise et 5° Anne ; — 6° Paul, avocat, né en 1624, mort à l'âge de 20 ans ; — 7° Pierre, qui ne vécut que quelques jours; — 8<> Louis, avo-
FERRY — FESQUET
né en 1626 et mort en 1666 (vers seulement selon la Biogr. du parlede Metz), laissant de sa femme Marie M», trois filles : Elisabeth, Susanne mil, qui se réfugièrent dans le Branirg, et an fils nommé Paul, qui suioarrière des armes 1 et passa en Antc, an rapport de Bayle ; en lui s'éit la postérité masculine de Paul r; — $• Charles, mort jeune ; — iOo mmte. Du second lit vint une fille sçnt le nom d'ÀNNE et qui épousa, Ai, le ministre François Bancelin.
Branche cadette. Jérémie Ferry, soue cette branche, laissa un fils nomlasi Jeremie, qui épousa, en 1613, \ Mainette. Jean-Paul, issu de cette i, fat receveur de la bullette. Il mou- 12 mars 1664 , ayant eu sept enfants n mariage avec Elisabeth Bennelle, r six filles : Elisabeth, Marie femte Louis de Marsal, marchand de Aitvb, Esther mariée à Paul Couet 'wkr, Madeleine épouse de Pierre oillon, sieur d'Angecourt, Susanne ; fils, nommé David, sieur de Jussy.
nier, avocat au parlement, se conavec son fils Jean, à la révocation dit de Nantes et se réfugia, vers la i siècle, à Cassel et sa fille, Marie, a dans la même ville, en 1693, Jean hm Du Collet, fils de Marc Perachon, iller au parlem. de Grenoble et luii chambellan du landgrave Charles.
sa femme, Anne Le Bachellè, resta à où elle persista courageusement dans rfession de la religion protestante et [fermée dans le couvent de Sainte- >. Qoick prétend que cette dame et emoiselle Goflin, seules parmi les rés de Metz refusèrent d'abjurer. Il est n que beaucoup faiblirent dans cette qui comptait jusqu'à mille commut, mais l'auteur du Synodicon exa-
[Jne famille de médecins du nom de , mais originaire du Languedoc, la aussi un asile dans la Hesse. — Ferry, massacré à Orléans, à la Slelemy. — • Le sieur Ferry dlssonlm Berry, tolléré icy jusques aux anps soit jusqnes au bon vouloir »
n troore dans les rôles de l'armée hollan- Panl de Ferry, officier, 1714*1730.
(man. de Lausanne, 10 septemb. 1685).
— (Marie), de Rouen, fille de 53 ans, assistée à Londres, 1705. — (Isaac), de Picardie, tisserand, réfugié à Wezel avec sa femme et 3 enf., 1698.