FLOTTARD
cherchée et procurée de la part des adversaires de la vérité.
Soit que la fermeté des huguenots en imposât à Sansac, soit plutôt qu'il craignît de se compromettre et que, comme tant d'autres fonctionnaires, il voulût attendre que la reine-mère se prononçât pour se prononcer à son tour, il quitta Angoulôme sans donner aux chanoines, qui l'avaient appelé, la satisfaction qu'ils attendaient de loi.
La détention de Jean de Voyon n'interrompit d'ailleurs en aucune façon les exercices religieux des protestants. Au mois de nov. 1561, l'église d'Angouléme avait pour pasteur Dumont, et elle était si nombreuse qu'il fallait songer à lui donner un aide (nus. de Genève 197™, carton 1). On s'adressa donc au consistoire de Genève. Cest apparemment sur cette demande, que le sieur de Florac fut envoyé, si toutefois il n'est pas le môme que Jean de Voyon. Quoi qu'il en soit de cette supposition, Florac desservait l'église d'Angouléme lorsque la guerre civile éclata.
Pendant quelque temps, les sectateurs des deux religions vécurent en assez bonne harmonie ; mais lorsque la nouvelle de la prise de Poitiers se répandit, les huguenots, frappés de terreur, ne songèrent plus qu'à fuir. Sansac rentra dans la ville avec un corps de troupes, « et lors corn mencèrent toutes sortes d'excès et d'oppressions qu'il est possible d'imaginer. » Des soldats furent lancés dans la campagne à la poursuite des fugitifs. Florac qui s'était réfugié aux environs d'Angouléme, eut le bonheur d'échapper avec ses deux frères aux soldats envoyés pour l'arrêter ; mais sa maison fut pillée. Moins heureux, Jean Barraut, homme de lettres, et son neveu Florentin, tombèrent entre les mains des catholiques avec trois dames de qualité qui les accompagnaient dans leur faite : les femmes furent livrées à la brutalité du soldat, et les deux hommes pendus. Laurent Mallar, Paul M tissant, Mathurin Feugnant, Pierre Just, âgé de 20 ans, < jeune homme fort docte et de bon esprit, » subirent le même sort, et leur exécution rat suivie de celle du bourreau qui avait osé refusé son ministère. Jacob Mânes, vieillard de 80 ans, fut conduit bore de la ville au sou du tambourin,
abattu d'un coup de pistolet et laissé pour mort sur la place ; mais la blessure n'était pas mortelle, et il guérit. Et, ajoute Crespin, c pendant qu'on besongnoit ainsi dans la ville, c'estoit une horreur de ce qui se faisoit aux champs. »
FLORET (André), ministre à Montbéliard, 1574. — Flori ou Flory, pasteur et professeur à Nîmes, 1651 ; — Elie Flory, d'Aumessas, pasteur à Aumessas, 1660-65; à Valleraugue, 1665 ; à S^Laurent-du-Meynier, 1669 ; à Aulas, 1675-76. — (David), d'Anduze, assisté d'un viatique à Genève, 1701. — Michel Floris ministre à Toulouse, 1558; à Castres, 1561 ; à Belestat, 1572. — Josias Floriet de Beaune, étudiant à Genève (J.Florietusbelnensis), 1622; épouse à Metz, en 1632, Sara fille d'Isaac MarUm, et en 1637 Anne fille d'Adam Le Duchat. — Flostier ou Flottier, médecin à Sauve en Cévennes, « fort misérable et mal vêtu, » assisté à Lausanne, oct. 1690. — Catherine Flot, de Pragelas en Dauphiné, assistée à Genève et à Lausanne, allant en Suisse,
1. FLOTTARD, vicomte de Gourdon, seigneur de Genebrières, un des principaux chefs huguenots du Quercy [Haag, V 119]. On lit dans l'Histoire du Rouergue par Gaujal, que le vicomte de Gourdon marcha, en 1567, au secours des calvinistes de Montpellier et qu'il contribua à la prise du fort Saint-Pierre. Si le fait est vrai, et nous n'avons aucune raison pour le révoquer en doute, Gourdon devait à peine sortir de l'adolescence lorsqu'il fit cette première campagne ; car, sous la date de 1572, Marturé nous le peint comme un jeune seigneur dont le bouillant courage et le caractère impétueux avaient besoin d'être modérés par une prudence qu'il ne possédait pas encore. Aussi le voyons-nous servir à cette époque, sous les ordres de Regniès, « à qui il déférait pour son expérience. » Cette modestie était chez lui d'autant plus louable qu'eu 1569, il avait été compté parmi ces fameux Vicomtes du Quercy qui soutinrent avec tant d'éclat la cause protestante. Il est vrai que jusque là il ne s'était particulièrement signalé par aucun exploit.
Après la Saint-Barthélémy, Gourdon rendit un service immense à la Cause, en travaillant avec Regniès à relever le courage des habitants de Montauban que la